Korè (sculpture)

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Une korè (du grec ancien κόρη, kórê (« jeune fille »)[1] ; pluriel κόραι, kórai) est la statue d'une jeune femme, datant de la période archaïque de la sculpture grecque (de 650 à 500 av. J.-C.)[2]. Le terme doit s'écrire en français : korè[3], corê (rarement), ou corè[4]. Masculin kouros.

Toutes les dates indiquées sont sous-entendues avant l'ère commune (AEC).

Attitudes[modifier | modifier le code]

Les attitudes sont un peu plus variées que celles du kouros : la korè peut serrer une main contre sa poitrine, elle peut présenter une offrande (fleur, fruit, petit animal...). Elle peut saisir de l'autre main les plis de sa tunique.

Typologie[modifier | modifier le code]

Ce type de sculpture peut être fait en bois, en terre cuite, en calcaire ou en marbre blanc. Quoi qu'il en soit, il représente toujours une jeune femme debout, les jambes réunies, vêtue d'un chiton et d'un himation. Contrairement à leur pendant masculin, le kouros, elles ne montrent aucune forme d'étude anatomique, mais de l'étude du drapé et de la recherche d'effets vestimentaires, plus ou moins colorés.

Si certaines statues semblent sobres de prime abord, il faut, en effet, garder à l'esprit que les korai pouvaient être peintes, comme c'est le cas pour la « Korè boudeuse » (ou « aux yeux de sphynx ») du musée de l'Acropole à Athènes.

Évolution[modifier | modifier le code]

Comme pour les kouroï, elles ont été classées après étude des détails du visage et du traitement du vêtement. Les korai sont graphiques au départ, puis gagnent au fil du temps en naturel et en modelé. Le corps est d'abord relativement discret sous le costume, mais les plis s'animent et révèlent le corps qui se trouve en dessous. Quant au visage, il est lui aussi marqué par l'apparition du sourire archaïque, puis par sa disparition qui annonce le passage au pré-classicisme.

Particularismes régionaux[modifier | modifier le code]

Les korai sont également marquées par des caractéristiques régionales. Ainsi, les korai samniques ont le corps fuselé, et portent un chiton en corolle et une ceinture relevée. Les korai attiques ont l'arcade sourcilière et l'arrête du nez régulières, et la distinction entre l'ossature et l'épiderme du visage est visible.

Fonction[modifier | modifier le code]

La signification de ce que représentent ces sculptures féminines est encore incertaine. Elles sont la plupart du temps votives et dédiées dans les sanctuaires féminins, mais il existe quelques exemples de korai funéraires, surtout dans la région d'Athènes et représentant des familles riches.

Koré est désignée par Hermès Trismégiste dans le texte du Discours parfait[9], comme étant la déesse de la Moisson : « Et Zeus-Ploutonios, c’est lui qui est Seigneur sur la terre et la mer. Mais il ne détient pas la nourriture de tous les vivants mortels, car c’est Korè qui porte les moissons ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bernard Holzmann et Alain Pasquier, L'Art grec, École du Louvre. Réunion des musées nationaux - Grand Palais, coll. « Manuels de l'École du Louvre », (1re éd. 1998), 365 p. (ISBN 2-11-003866-7)