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Komuz (luth)

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Komuz (au centre) sur un billet de banque kirghiz.

Le komuz (kirghiz : комуз) est un luth à manche long d'Asie centrale, principalement utilisé dans la musique kirghize. C'est le seul luth de cette région à avoir trois cordes et non deux.

Il est différent de ses homonymes tels que le luth sibérien komus, à deux cordes, la guimbarde du même nom ou le kobyz, vièle dont le nom est parfois utilisé pour désigner ce luth.

Cet instrument est joué principalement dans des groupes turcophones, dissiminés entre la turquie et la Chine. Dans ce dernier pays, les Naxi en jouent des variantes nommées Huobusi, Hebisi et Hunbusi.

C'est à la fois l'instrument national kirghize et l'un de ses symboles nationaux les plus connus.

Il est généralement fabriqué à partir d'une seule pièce de bois, souvent à partir d'un abricotier ou d'un genévrier. La caisse de résonance de 90 cm est ainsi taillée, parfois avec le manche, sans frettes. Une ouverture est pratiquée à l'arrière.

Traditionnellement, ses trois cordes sont en boyau. Mais, la ligne de pêche est maintenant également de plus en plus utilisé. Elles sont accordées de différentes manières. La corde du milieu est généralement la plus aigüe.

Il est recouvert, sur ses deux tiers, de cuir. Le tiers restant est recouvert d'une fine couche de bois, ainsi que la table d'harmonie.

Sa longueur totale est d'environ 81 cm. Son corps est de 41 cm, sa largeur de 24 cm, avec une épaisseur d'environ 2 cm.

Jeune fille jouant du komuz à Bishkek en 2010.

Cet instrument est joué en solo, ou accompagnant d'autres instruments de musique. Les cordes peuvent être indifféremment pincées ou grattées.

La position de jeu habituelle est assis, avec l'instrument tenu horizontalement. Cependant, les virtuoses peuvent en jouer dans toutes les positions : par-dessus l'épaule, entre les genoux ou à l'envers.

Ses styles musicaux sont variés. Ils vont de l'aytysh, concours de chants entre akyns, à la récitation d'épopées. Une pièce (« mash botoy ») consiste en une mélodie simple, répétée plusieurs fois. Chaque répétition est effectuée avec un nouveau coup de médiator, mettant en valeurl'habileté et la créativité de l'interprète.

Le komuz possède de nombreux accordages différents. Chaque accordage correspond à un style de musique :

Kambarkan d-a-d
Kerbez e-a-e
Shingrama d-a-e
Ongu e-a-b
Ters d-a-g
inconnu d-d'-a

Ethymologie

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Le mot komuz est apparenté aux noms d'autres instruments de la musique d'Asie centrale, notamment le kobyz Kazakhs (qo'biz ouzbek), instruments à archet, et le xomus touvain, sakha ou yakoute, sorte de guimbarde.

Il est à noté que le kirghiz qui se traduit par « komuz de bouche », komuz de métal » ou « komuz de fer » est également une guimbarde, n'ayant aucun lien avec le komuz.

Le plus ancien instrument connu ressemblant au komuz date du IVe siècle.

Cependant, dans les années 1960, des archéologues américains travaillant sur le mont Chahdagh, en Azerbaïdjan iranien, ont découvert des plaques d'argile datant d'environ 6000 av. J.-C. Certaines d'entre elles représentant des musiciens tenant des instruments de musique ressemblant également à un komuz.

Les noms des différentes parties du komuz se refèrent des parties du corps, notamment celui des chevaux. Par exemple, le manche se dit [mojun] « encolure », les chevilles se disent [qulɑq], ou « oreilles ». Le mot kirghize кыл/qyl signifie à la fois « corde d’un instrument » et« crin de cheval ».

Comme d'autres familles de lutes, le komuz peut avoir deux ou trois cordes.

Le gil gopuz, komuz à deux cordes ou « iklyg », était utilisé dans les plaines de l'Altaï, dans certaines parties du Turkménistan et sur le territoire chinois habité par le peuple ouïghour.

Le golcha gopuz, komuz à trois corde, était très répandu dans l'ancien Azerbaïdjan et en Anatolie. Il est également cité dans le Livre de Dede Korkut.

Il est tombé en désuétude lors de l'expansion de l'empire soviétique. Jugée trop rudimentaire, on tenta de l'assimiler à la balalaïka russe, notamment en lui ajoutant des frettes. Puis, après la fin du Soviétisme, il fut de nouveau enseigné dans les Conservatoires, muni de certaines de ces modifications.

Puis, au XXe siècle, le joueur de dotar iranien Haj Ghorban Soleimani (en), a inventé une nouvelle forme de komuz, connaissant un certain succès.

Liens externes

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