Kompromat (film)

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Kompromat
Description de l'image Kompromat (film).png.
Réalisation Jérôme Salle
Scénario Caryl Férey
Jérôme Salle
Musique Guillaume Roussel
Acteurs principaux
Sociétés de production Super 8 Production
SND Groupe M6
Pays de production Drapeau de la France France
Genre Thriller
Durée 127 min
Sortie 2022

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Kompromat est un film français réalisé par Jérôme Salle sorti en 2022.

Synopsis[modifier | modifier le code]

En 2017, Mathieu Roussel, un expatrié français, travaille en Russie à Irkoutsk (Sibérie) en tant que directeur de l'Alliance française.

Un jour, Mathieu est soudainement et violemment arrêté, sous les yeux de sa fille, par les autorités locales. Incarcéré, il découvre qu'il est victime d'un kompromat[1], une méthode habituellement employée par les services de sécurité russes pour nuire à des opposants en créant notamment de faux documents compromettants.

L'avocat de Mathieu obtient sa mise en liberté provisoire sous bracelet électronique, mais il apprend qu'il risque une longue peine de prison, au cours de laquelle il craint d'être maltraité et de perdre la vie à tout moment, du fait de la violence inhérente au milieu carcéral russe. Il ne lui reste alors qu'une seule solution : la fuite du pays.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

icône image Médias externes
Images
Affiche promotionnelle, sur Ecran Large
Affiche promotionnelle 2
Vidéos
Bande-annonce officielle sur le compte YouTube de la SND

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Distribution[modifier | modifier le code]

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Production[modifier | modifier le code]

Inspiration[modifier | modifier le code]

Le scénario du film est très librement inspiré du krompromat subi par l'écrivain Yoann Barbereau. Cependant, ce dernier n'a pas participé au projet et son livre (Dans les Geôles de Sibérie) n'a pas été à la source du film (les producteurs n'en possédant pas les droits), c'est dans ce contexte que la presse relève les aspects caricaturaux et malhabiles du scénario[3],[4],[5],[6].

Genèse et développement[modifier | modifier le code]

Le scénario s'inspire très librement d'une histoire vraie, celle de Yoann Barbereau et de son livre Dans les geôles de Sibérie[7],[8]. Toutefois, le film n'est pas à proprement parler une adaptation, les producteurs ne possédant pas les droits d’adaptation du livre[4]. Le Parisien évoque une polémique autour du vrai héros du film[5].

Le réalisateur découvre la Russie lors de la promotion de son nouveau long-métrage Largo Winch. Il est frappé par l'ambiance qui y règne, au début des années 2000. Une ambiance associée à la violence et au rapport de force[9].

« C’était à la fin des années 2000, à l’époque où Poutine n’avait peut-être pas encore tout verrouillé et nous ne nous déplacions jamais sans un garde du corps armé et un chauffeur... »

Le réalisateur refait le même constat lorsqu'il retourne en Russie pour Largo Winch 2 et L'Odyssée. Là encore, la violence et un climat hostile aux Occidentaux l'interpelle. Sa curiosité est éveillée. Quelque temps plus tard, le réalisateur entend parler de l'histoire d'un français victime d'un kompromat, c'est-à-dire un dossier compromettant établis par les autorités russe à partir de documents dont l'authenticité est relative, voire frauduleuse. Ce fut pour lui l'occasion d'écrire un thriller politique[9].

« J’avais envie d’évoquer le fossé qui existe entre deux visions opposées du monde »

Bien que le scénario soit « très librement inspiré de faits réels », l'homme qui a vécu réellement le kompromat, Yoann Barbereau, prend ses distances avec le film. Ainsi, l'écrivain y décèle principalement des clichés et une absence de connaissance de la culture russe[10]. Il déclare notamment « La formule empesée “Ce film et ces personnages sont très librement inspirés de faits réels” donne une indication. Tout cela est loin de moi, diablement loin du livre, je ne parle pas seulement de points de détail ni de quelques faits vérifiables ». Il précise : « C’est un dur labeur que de parler contre le sot discours viriliste, contre ses tranchées, ses fictions puissantes faites de “camp occidental” et de “Russie éternelle” »[11].

Distribution des rôles[modifier | modifier le code]

Avec la fin de l'écriture du scénario, vient le temps de choisir les personnes qui vont porter à l'écran l'histoire. Pour le rôle principal, le réalisateur cherchait un acteur qui soit « très français ». Jérôme Salle porte son dévolu sur la personne de Gilles Lellouche, acteur qu'il avait déjà brièvement dirigé pour son film Anthony Zimmer, et qui, selon lui, « est très très français... Au-delà de ce trait de caractère, c’est surtout un formidable acteur qui n’a cessé de se bonifier au fil des années. »[9]. L'acteur accepte le rôle facilement. Gille Lellouche est un grand adepte des rôles d'homme ordinaire dont la vie bascule subitement - ce qui est le cas de son personnage dans le film, « mais il y avait surtout la possibilité de jouer des scènes que je n’avais jamais interprétées avant », raconte-t-il lors d'une interview[12].

L'actrice Joanna Kulig est repérée, elle, après le visionnage du film Cold War. Polonaise d'origine, elle jouait certes en russe et en français, mais communiquait avec le reste des équipes en anglais. Chose qui n'était en rien inédit pour l'actrice, qui avait déjà joué de cette manière en 2011 dans un autre film de Pawel Pawlikowski, La Femme du Vème[9].

« Joanna possède ce charisme, cette énergie, cette beauté et cette personnalité incroyables... Pour ce personnage, je cherchais une actrice qui dégage cette complexité et pas le cliché de la femme blonde russe qu’on a vu dans les thrillers depuis des années »

Tournage[modifier | modifier le code]

Le tournage débute le à Vilnius en Lituanie[13],[14],[15]. Le lieu ne fut pas choisi au hasard. En raison du sujet, les équipes ont délibérément choisi de ne pas tourner en Russie, notamment dans la région d'Irkoutsk, là où se déroule l'action du long-métrage. Qui plus est, le tournage eut lieu pendant la pandémie de Covid-19, ce qui n'a fait que rajouter des difficultés[9]. Le réalisateur rapporte avoir conservé le souvenir d'un « tournage rude »[9]. Des prises de vues ont également lieu à Paris[16].

Accueil[modifier | modifier le code]

Critique[modifier | modifier le code]

Kompromat
Score cumulé
SiteNote
Allociné3.1 étoiles sur 5
Compilation des critiques
PériodiqueNote
aVoir-aLire.com3 étoiles sur 5
Le Figaro1 étoiles sur 5
Le JDD2 étoiles sur 5
Cinema Teaser2 étoiles sur 5
Première3 étoiles sur 5

En France, le site Allociné propose une moyenne de 3,25, après avoir recensé 22 critiques presse[9]. L'accueil critique est mitigé.

Pour Ouest-France, le film est une grande réussite et il voit dans cette adaptation une « course-poursuite haletante qui rappelle beaucoup Le Fugitif », film d'ailleurs cité par l'acteur principal, lorsqu'il accepta le rôle[12]. Pour la critique de 20 Minutes, « Gilles Lellouche est éblouissant dans ce suspense haletant »[17]. La prestation de Gilles Lellouche fait cependant débat. Les Inrockuptibles relève : « Le résultat est loin d’être dépourvu de tares, la première étant le choix d’un Gilles Lellouche manifestement bien décidé, quelques mois après Goliath, à s’acharner dans des partitions de dramas hollywoodoïdes, qui font pourtant toujours chez lui l’effet d’un énième sketch des Césars, comme si l’on avait incrusté sa sympathique trogne en lieu et place de celle Kassovitz dans une scène du Bureau des Légendes – effet redoublé dans les scènes où apparaît Aleksey Gorbunov, l’officier du FSB dans la série de Rochant. »[6]

Le film est classé dans le registre cinéma d'action. Pour L'Obs, c'est tout simplement du « cinéma d’action comme on aime : sans relâche »[18]. aVoir-aLire.com souligne toutefois que « l’interprétation remarquable de Gilles Lellouche permet de faire oublier les excès d’une mise en scène aux allures parfois rocambolesques et radicales. »[19]. C'est une vision plus critique encore qui apparaît dans Le Monde : « Le recours au romanesque ne réussit pas à Jérôme Salle. Les clichés y volent très bas, depuis la bestialité primitive des Russes jusqu'au coup de foudre qui tombe du ciel, en passant par la transformation d'un fonctionnaire français en combattant capable de mettre hors d'état de nuire un membre des unités d'élite russes mesurant deux fois sa taille et chargé de l'éliminer. »[20] Sur Europe 1, on estime que « les ficelles scénaristiques sont grossières »[21]. Écran Large relève le même problème : « Une partie du film se saborde toute seule, avalant avec elle intérêt et suspense. »[22]

Le film en effet concentre un nombre important de critiques négatives, certaines d'entre-elles soulignent le contraste entre « un très beau livre, introspectif et kafkaïen », salué par la critique littéraire au moment de sa sortie[4],[23],[24],[25], et un film qui cumule les clichés et les invraisemblances. Ainsi, Le Figaro estime que « Jérôme Salle s'inspire de son histoire [à Y. Barbereau] dans Kompromat mais la transforme en thriller bas de gamme avec Gilles Lellouche en simili Jason Bourne. On comprend que Barbereau se sente trahi par cette version mal romancée »[26]. Pour Les Echos, « ce film incarné par Gilles Lellouche croule sous les invraisemblances et les clichés. Un ratage »[27]. « Ce film distrayant préfère ne pas s’embarrasser d’un scénario crédible pour embarquer le spectateur dans la fuite de l’homme traqué », considère de son côté Le Journal du dimanche[28]. La critique souligne souvent l'absence de propos politique, à l'instar de Mondocine.net : « Aucune conscience politique ne s’échappe de Kompromat, qui se contente d’éructer ses clichés occidentalistes avec peu de subtilités. Dès lors, aucune possibilité de réellement se projeter dans ce thriller d’évasion qui doit beaucoup à ses ainés (de La Grande Evasion à Papillon), dont la simple ambition se résume à montrer, sans jamais interroger ou élever, une histoire rocambolesque pourtant hautement politique. »[29]

Les Inrockuptibles remarque « la direction artistique pire que lourdingue de Jérôme Salle, résolu à nous rappeler à chaque plan dans quel pays se déroule l’intrigue, à l’aide d’un pull-over moche et d’un étalonnage désaturé ». Le journaliste note en conclusion : « C’est la cruelle ironie du film : il ressemble finalement autant au thriller based on a true story qu’il prétend être que le dossier monté contre Barbereau ressemblait à une véritable accumulation de preuves. Reste à déterminer si l’on a envie, ou non, de faire semblant d’y croire. »[6]

Box-office[modifier | modifier le code]

Pour son premier jour d'exploitation, Kompromat réalise 37 034 entrées (dont 10 508 en avant-première), pour 544 copies. Avec ce résultat, le film se classe deuxième du box-office des nouveautés, derrière Le Visiteur du futur (45 247) et devant Revoir Paris (24 752)[30]. Au bout d'une semaine d'exploitation, le long-métrage s'impose en tête du box-office avec 205 447 entrées, devant Le Visiteur du futur (147 188)[31]. Au bout d'une seconde semaine d'exploitation, pour 551 copies, Kompromat réalise 136 417 entrées supplémentaires tout en se maintenant à la première place du box-office français, devant Chronique d'une liaison passagère (119 790) et Revoir Paris (114 784)[32], [33].

Le film passe de la première à la cinquième place du box-office en troisième semaine avec 126 665 entrées, derrière Les Enfants des autres (137 167) et devant Revoir Paris (117 695)[34]. Le film chute à la dixième place du box-office en semaine, franchissant le demi-million d'entrées avec ses 81 146 entrées supplémentaires, derrière Revoir Paris (82 084).

Pays ou région Box-office Date d'arrêt du box-office Nombre de semaines
Drapeau de la France France 549 675 entrées 4

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kompromat (en russe : компромат, abrégé de компрометирующий материал), signifie littéralement « dossier compromettant ».
  2. (en) Release info sur l’Internet Movie Database
  3. « « Tout est loin de moi »… Yoann Barbereau amer envers le film Kompromat », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  4. a b et c « Revoir Paris, Plan 75, Tout le monde aime Jeanne… Les films à voir ou à éviter cette semaine », sur LEFIGARO, (consulté le )
  5. a et b Par Benoît Daragon et Yves Jaeglé Le 5 septembre 2022 à 19h34, « «Kompromat» : polémique autour du vrai héros du film », sur leparisien.fr, (consulté le )
  6. a b et c « “Kompromat” : un thriller malhabile inspiré de l’affaire Yoann Barbereau », sur Les Inrocks (consulté le )
  7. (en) Elsa Keslassy, « Jerome Salle’s Spy Thriller ‘Kompromat’ Sold in Key Markets by SND (EXCLUSIVE) », sur Variety, (consulté le )
  8. F.B., « Tout cela est loin de moi », réagit Yoann Barbereau, qui a inspiré le film « Kompromat », sur 20 Minutes, (consulté le )
  9. a b c d e f et g « Kompromat », sur Allociné (consulté le ).
  10. Par Benoît Daragon et Yves Jaeglé Le 5 septembre 2022 à 19h34, « «Kompromat» : polémique autour du vrai héros du film », sur leparisien.fr, (consulté le )
  11. « « Tout est loin de moi »… Yoann Barbereau amer envers le film Kompromat », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  12. a et b Gaël Golhen, « Gilles Lellouche - Kompromat : "Depuis Bac Nord je me méfie des histoires vraies" », sur Première, (consulté le )
  13. Jérôme Salle (@jerome_salle), « Vilnius 19 octobre 2020 - Premier jour de tournage ! » [archive], sur Twitter,
  14. (en) Locations sur l’Internet Movie Database
  15. « Gilles Lellouche et Joanna Kulig réunis dans un thriller romanesque par Jérôme Salle », sur Le Film français, (consulté le )
  16. « #figuration femmes et hommes 35/60 ans pour tournage film avec Gilles Lellouche et Joanna Kulig », sur Figurants.com, (consulté le )
  17. Caroline Vié, « « Kompromat »: Comment Gilles Lellouche se retrouve pris au piège d'une machination en Russie », sur 20 Minutes, (consulté le )
  18. François Forestier, « « Revoir Paris », « le Tigre et le Président », « Rodeo »… Les films à voir (ou pas) cette semaine », sur L'Obs, (consulté le )
  19. Laurent Cambon, « Kompromat - Jérôme Salle - critique » Accès libre, (consulté le )
  20. « « Rodeo », « Revoir Paris », « Tout le monde aime Jeanne »… Les films à voir au cinéma cette semaine » Accès limité, sur Le Monde, (consulté le )
  21. « Faut-il aller voir : Le visiteur du futur, Kompromat, Revoir Paris et Rodéo », sur Europe 1 (consulté le )
  22. « Kompromat : critique bons baisers de Russie », sur EcranLarge.com (consulté le )
  23. « Yoann Barbereau raconte sa vie de taulard en Sibérie, et son livre est incroyable », sur L'Obs, (consulté le )
  24. « Yoann Barbereau : les sibériades », sur Livres Hebdo (consulté le )
  25. « « Dans les geôles de Sibérie » : le roman russe de Yoann Barbereau », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  26. Etienne Sorin, « Revoir Paris, Plan 75, Tout le monde aime Jeanne… Les films à voir ou à éviter cette semaine » Accès libre, sur Le Figaro, (consulté le )
  27. « « Kompromat » : thriller paranoïaque », sur Les Echos, (consulté le )
  28. « « Revoir Paris », « Tout le monde aime Jeanne », « Rodeo »… Les critiques des films en salles cette semaine » Accès libre, sur Le JDD, (consulté le )
  29. Mondociné, « KOMPROMAT de Jérôme Salle : la critique du film », (consulté le )
  30. Brigitte Baronnet, « Le Visiteur du futur démarre fort pour son 1er jour France », sur Allociné, (consulté le )
  31. Brigitte Baronnet, « Box-office France : Kompromat avec Gilles Lellouche s'impose devant Le Visiteur du futur », sur Allociné, (consulté le )
  32. « Chronique d'une liaison passagère et Revoir Paris le suivent de près. (Source : Le Film Français) », sur Première, (consulté le )
  33. Maximilien Pierrette, « Box-office France : Kompromat conserve la tête, un podium 100% français », sur Allociné, (consulté le )
  34. Maximilien Pierrette, « Box-office France : ce film retrouve la tête du classement 13 ans après son triomphe en salles », sur Allociné, (consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]