Koceila

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Koceila
Titre
Chef des Awraba
Prédécesseur Yabdas
Successeur Dihya Tadmut
Biographie
Nom de naissance Aksil
Date de naissance 640?
Lieu de naissance Aurès
Date de décès
Lieu de décès Mems près de Kairouan (Tunisie)
Résidence Aurès

Koceila, Kusaila ou Kasila, nommé aussi Agssila, Aksil, Aksel ou Caecilius, est un chef de la tribu berbère Aouraba et de la confédération des Sanhadja au VIIe siècle. Il est chef de la résistance berbéro-byzantine à la conquête arabe de l'Ifriqiya. Ensuite il se convertit à l'islam puis s'oppose à Oqba Ibn Nafi Al Fihri. Il réussit à prendre le contrôle de Kairouan, la base militaire des Omeyyades en Ifriqiya. Il est tué en 686 lors d'une bataille contre les Omeyyades. À sa mort, une femme, Dihya, dite La Kahina, reprend la lutte contre les Omeyyades.

Étymologie[modifier | modifier le code]

En berbère, son nom est le plus communément orthographié Agssila. En revanche son nom est orthographié de différentes façons par les auteurs musulmans : KWSYLT (Kûsîla(h)), Kosayla, Qosayla, Uksayl, Kusila. On l'a rapproché du nom latin Caecilius, cognomen très répandu en Afrique Romaine et à Volubilis, prononcé Kaïkilyus en latin classique et évolution du ci (ki) en ci (si) en latin tardif et dans les langues romanes (cf. en français Caecilia : Cécile) et entendu par les Arabes « Kacilia ». C'est une hypothèse vraisemblable si on admet que Koceila était chrétien, mais son nom peut aussi provenir du berbère. Les différents dialectes berbères de l'Aurès, dont serait issu Koceila, connaissent de nos jours une racine KSL dont dériverait aksel (guépard). Un autre nom berbère du guépard, (a)ghilas, est aussi employé comme nom propre au mont Chenoua, à l'ouest d'Alger et dans le grand Sud signifiant « lionceau ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Koceila, s'opposant à la progression des Omeyyades, est décrit comme le chef de la puissante tribu des Aouraba des Aurès en Algérie.

À la suite de la défaite à la bataille d'Al Alurit, aux sources de Tlemcen, Koceila se convertit à l'islam (675). Il aurait gagné la confiance du chef musulman Abû al Muhadjîr Dinâr et serait devenu même l'un de ses proches collaborateurs.

En 681, Oqba Ibn Nafi Al Fihri, conquérant de l'Afrique du Nord rappelé quelques années plus tôt en Orient, revient au Maghreb. Il se serait vengé de son successeur Abû Dinâr et aurait traité avec dureté Koceila[1]. Il l'aurait fait couvrir de chaînes et l'aurait traîné comme un trophée vivant tout au long de sa chevauchée à travers le Maghreb.

« Parmi les traits insultants qu'il se serait permis envers lui, on raconte le récit suivant : il venait de recevoir des moutons et, voulant en faire égorger un, il ordonna à Koceila de l'écorcher"
« Que Dieu dirige l'émir vers le bien ! dit le chef berbère, j'ai ici mes jeunes gens et mes serviteurs qui pourront m'éviter cette peine »
Uqba lui répondit par des paroles offensantes et lui ordonna de sortir : Koceila se retira avec colère et ayant égorgé le mouton, il essuya sa main encore sanglante sur sa barbe.
Quelques Arabes s'approchèrent alors et lui dirent : « Que fais-tu berbère ? »
À quoi il répondit: « Cela est bon pour les poils »
Mais un vieillard d'entre les Arabes passa et s'écria : « Ce n'est pas la raison, c'est une menace que ce berbère vous lance ! »
Alors, Abu Muhadjir Dinar s'adressa à Uqba et lui dit : « Que viens-tu de faire ! Voilà un homme des plus distingués parmi son peuple, un homme qui était encore polythéiste il y a peu de temps et tu prends à tâche de faire naître la rancune dans son cœur ! Je te conseille maintenant de lui faire lier les mains derrière le dos, autrement tu seras victime de sa perfidie. »» (D'après Al-Nowaïri.)[2]

Koceila aurait réussi à s'enfuir et à rejoindre ses hommes. Il aurait selon les auteurs arabes abjuré l'islam et, s'alliant aux Byzantins musulmans, repris la guerre contre les Omeyyades, à la tête d'une importante armée.

Il aurait surpris Oqba près de Tehuda, non loin de Biskra et, après une terrible bataille, il l'aurait tué ainsi que la plupart de ses hommes en 683[2].

À la suite de sa marche et de sa prise de Kairouan, la place forte des Omeyyades, il aurait berbérisé son nom en « Taqirwant » [2],[3] et en aurait fait sa capitale. Il aurait régné pendant trois ans, de 683 à 686, c'est-à-dire jusqu'à sa mort à la bataille de Mems, près de Kairouan. Son autorité aurait été reconnue selon l'avis même de certains auteurs musulmans, comme quelqu'un qui traitait avec justice ses sujets berbères et arabes. Il aurait laissé chacun pratiquer librement sa religion[2],[3].

Cependant, Koceila réussit à regrouper les Berbères et à créer un état à Kairouan uniquement de 683 à 686. En 686, le calife Abd al-Malek envoie des renforts avec pour mission de reprendre Kairouan. Le chef berbère, devant l'importance des forces ennemies, se replie, appelant à l'aide diverses tribus des Aurès et les Byzantins, mais il ne reçoit pas les renforts attendus. Les Musulmans, plus nombreux, remportent finalement la victoire. Koceila est tué et son armée est dispersée.

Quelques années plus tard, la région s'enflamme de nouveau, avec cette fois-ci, une femme à la tête de la résistance, la Kahina. Selon Ibn Khaldoun, elle venge la mort de Koceila en ordonnant de tuer Oqba Ibn Nafi Al Fihri après la victoire de Oued Nini[4],[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. "Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique Septentrionale", Traduction francaise par le Baron de Slane du livre "Kitab el 'ibar" (livre des exemples) de Ibn Khaldoun, p. 211 Livre en ligne
  2. a, b, c et d http://matoub.kabylie.free.fr/histoire-kabyle.htm
  3. a et b http://membres.lycos.fr/cercleauressiens/IMG/_article_PDF/article_4.pdf
  4. Ibn Khaldoun, Histoire des Berbères, partie des Zénètes, traduit par Slane, édition Berti, Alger 2003
  5. [PDF]http://membres.lycos.fr/cercleauressiens/IMG/_article_PDF/article_4.pdf[réf. incomplète]