Kissidougou
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530 |
| Coordonnées |
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167 985 hab. |
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Kissidougou est une ville du sud de la Guinée, située dans la région de Faranah et dans la région naturelle de Guinée forestière. Elle est le chef-lieu de la préfecture de Kissidougou.
Géographie
[modifier | modifier le code]Kissidougou se trouve à environ 600 kilomètres de Conakry. La ville est située à une altitude moyenne d’environ 530 mètres[1].
La préfecture de Kissidougou se trouve dans une zone de transition entre savane et forêt humide. Les villages de la région sont entourés par des îlots forestiers. Ces îlots ne sont pas seulement des restes d’une ancienne forêt : plusieurs travaux de James Fairhead et Melissa Leach montrent que des habitants ont aussi créé, protégé et entretenu ces formations végétales autour des villages[2].
Administration
[modifier | modifier le code]Kissidougou est une commune urbaine et le chef-lieu de la préfecture du même nom. En juillet 2026, Marie Louise Konan Sidibé est élue maire de la commune urbaine pour un mandat de cinq ans[3].
Population
[modifier | modifier le code]La population de Kissidougou connaît une forte croissance entre la fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle. Le recensement de 1996 donne 66 028 habitants pour la ville. Une estimation de 2008 donne 119 909 habitants.
À partir des données du troisième recensement général de la population et de l’habitation de 2014, l’Institut national de la statistique estime la population de Kissidougou-Centre à 109 959 habitants en 2016[4].
Le , les résultats préliminaires du quatrième recensement général de la population et de l’habitation de 2025 donnent 167 985 habitants pour la commune urbaine de Kissidougou. Cette population comprend 79 748 hommes, soit 47,5 %, et 88 237 femmes, soit 52,5 %[5],[6].
Peuplement et langues
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La ville et sa région sont associées au peuple kissi. Denise Paulme décrit les Kissi comme une société organisée autour de lignages, de villages et d’autorités locales[7].
Plusieurs langues sont parlées à Kissidougou et dans les localités proches. On y rencontre le kissi, le malinké, le lélé et le kouranko.
Histoire
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La tradition mandingue rattache Kissidougou à Dankaran Toumani, frère aîné de Soundiata Keïta. Dans cette tradition, le nom de la ville est associé à l’idée de refuge ou de survie. Le terme dougou désigne une terre, un village ou une localité dans plusieurs langues mandingues[8].
Au XIXe siècle, la région garde la mémoire de Kissi Kaba Keita, chef kissi associé à la résistance contre la pénétration coloniale française. Un monument qui lui est consacré est inauguré à Kissidougou en 2018[9].
Pendant les guerres civiles au Liberia et en Sierra Leone, Kissidougou devient un lieu d’accueil et de transit pour des réfugiés. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés installe son bureau régional à Kissidougou en 1997, après le déplacement de son bureau de Guéckédou pour des raisons de sécurité. Le bureau est fermé en 2006 après le rapatriement d’une grande partie des réfugiés libériens présents dans la région[10]. En 2001, l’UNHCR organise aussi le déplacement de réfugiés du camp de Massakoundou, à l’ouest de Kissidougou, vers Albadaria[11].
Climat
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Kissidougou connaît un climat tropical avec une saison des pluies marquée. Les pluies sont faibles en décembre, janvier et février. Elles deviennent plus fortes pendant l’hivernage, avec un maximum au mois d’août[12].
Culture
[modifier | modifier le code]L’Annuaire statistique 2016 de l’Institut national de la statistique mentionne l’existence d’un musée public à Kissidougou dans le répertoire des musées de Guinée en 2015[4].
Personnalités nées ou liées à Kissidougou
[modifier | modifier le code]- Bolokada Condé, percussionniste guinéen ;
- Mama Sany Béavogui (née en 1985), militaire et femme politique guinéenne ;
- Mamba Sano (1903-1985), homme politique ;
- Maxime Camara (1945-2016), footballeur ;
- Mory Kanté (1950-2020), chanteur et musicien ;
- Fodé Baro (né en 1976), chanteur et producteur de musique.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ (en) « Kissidougou, Guinea », sur GeoNames (consulté le )
- ↑ (en) James Fairhead et Melissa Leach, Misreading the African Landscape: Society and Ecology in a Forest-Savanna Mosaic, Cambridge, Cambridge University Press, (ISBN 978-0-521-56499-1, DOI 10.1017/CBO9781139164023)
- ↑ Souleymane TaÏré Diallo, « Kissidougou : Marie Louise Konan Sidibé élue Maire de la commune urbaine ! », sur Guinéenews©, (consulté le )
- 1 2 République de Guinée et Institut national de la statistique, « Annuaire statistique 2016 » [PDF], (consulté le ), p. 51.
- ↑ Ministère du Plan, de la Coopération internationale et du Développement, « Quatrième recensement général de la population et de l'habitation (RGPH-4) 2025 en République de Guinée »
[PDF], sur Institut national de la statistique, (consulté le ) - ↑ @kamiss, « RGPH4 : le Président Mamadi Doumbouya confirme par décret les résultats préliminaires », sur Infochrono.org, (consulté le )
- ↑ Denise Paulme, « La société kissi : son organisation politique », Cahiers d'études africaines, vol. 1, no 1, , p. 73-85 (lire en ligne, consulté le )
- ↑ Daouda Mane, « La Question des origines et de l’émergence de l’État de Kaabu », dans Mamadou Fall, Rokhaya Fall et Mamadou Mane, Bipolarisation du Sénégal du XVIe au XVIIe siècle, Dakar, HGS Éditions, , p. 251
- ↑ Souleymane Taïré Diallo, « Kissidougou : le monument dédié à Kissi Kaba Kéita inauguré », sur Guinéenews, (consulté le )
- ↑ (en) « UNHCR shuts its office in the Kissidougou region of southern Guinea », sur UNHCR, (consulté le )
- ↑ (en) « Guinea: race against time to move refugees », sur UNHCR, (consulté le )
- ↑ (en) « Average Weather in Kissidougou, Guinea », sur WeatherSpark (consulté le )
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Michel Agier, « Un dimanche à Kissidougou. L’humanitaire et l’Afrique du postcolonial au global », in Cahiers d'études africaines, nos 198-199-200, 2010, p. 981-1001, [lire en ligne].
- Denise Paulme, « La société kissi : son organisation politique », in Cahiers d'études africaines, 1960, p. 73-85, [lire en ligne].
- James Fairhead et Melissa Leach, Misreading the African Landscape: Society and Ecology in a Forest-Savanna Mosaic, Cambridge University Press, 1996.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]- (en) « Kissidougou », sur Encyclopædia Britannica (consulté le )