Kinkaku-ji

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Kinkaku-ji
Photo couleur d'un édifice religieux carré à trois étages et aux façades dorées, se reflétant dans l'eau d'un étang, au premier plan, sur fond de forêt verdoyante.
Le Pavillon d'or
Présentation
Nom local 金閣寺
Culte Bouddhisme
Type Temple bouddhique
Rattachement Rinzai
Début de la construction 1397
Site web http://www.shokoku-ji.jp
Géographie
Pays Drapeau du Japon Japon
Région Kansai
Préfecture Kyoto
Ville Kyoto
Coordonnées 35° 02′ 22″ nord, 135° 43′ 42″ est[1]

Géolocalisation sur la carte : Japon

(Voir situation sur carte : Japon)
Kinkaku-ji

Géolocalisation sur la carte : Kyoto

(Voir situation sur carte : Kyoto)
Kinkaku-ji

Le Kinkaku-ji (金閣寺?, litt. « temple du Pavillon d'or ») est le nom usuel du Rokuon-ji (鹿苑寺?, litt. « temple impérial du jardin des cerfs ») situé à Kyōto au Japon.

Situation[modifier | modifier le code]

Le temple du Pavillon d'or, ou Kinkaku-ji, est situé dans le Sud de l'arrondissement Kita de la ville de Kyoto (préfecture de Kyoto), sur l'île de Honshū, à environ 370 km, à vol d'oiseau, au sud-ouest de Tokyo, capitale du Japon[2]. Au pied de la face nord-est du mont Kinugasa[l 1] (201 m[5],[6]), une colline recouverte d'une forêt nationale de pins[7], il s'étend sur une superficie de 93 000 m2 (9,3 ha)[8],[2]. La route qui débute le long du mur d'enceinte est du temple, communément appelée la route Kinukake[l 2], s'étire vers le sud-ouest, au pied du mont Kinugasa, et relie le Kinkaku-ji au Ryōan-ji et au Ninna-ji[4],[9].

Vue panoramique et réflexion dans l'eau du temple Kinkaku-ji, un jour ensoleillé. Juin 2019.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le pavillon incendié (1950).

Dans les années 1220, le site abrite la villa Kitayamadai de Saionji Kintsune (1171-1244, chef du clan Saionji qui fait partie d'une branche des Fujiwara) ainsi que le temple Saionji, inauguré en 1224[10]. Après le déclin des Saionji, la villa et le temple ne sont plus entretenus ; seule une mare demeure de cette époque[11].

Yoshimitsu (1358-1408), le 3e des shoguns Ashikaga, abdique en 1394 pour laisser la place à son fils Yoshimochi. Trois ans plus tard, en 1397, il achète le site au clan Saionji et commence à y construire une nouvelle villa, Kitayamaden, en faisant de son mieux pour en faire un lieu exceptionnel, destiné à accueillir plusieurs reliques bouddhistes. Il y réside jusqu'à sa mort. Après sa mort et conformément à ses volontés, son fils Yoshimochi en fait un temple Zen de l'école Rinzai qu'il baptise Rokuon-ji[12],[13].

Le temple a été incendié plusieurs fois pendant la guerre d'Ōnin (1467-1477) et seul le pavillon d'or a survécu. Le jardin a cependant gardé son aspect de l'époque[12].

Le , l'État japonais promulgue une loi portant sur la protection des sanctuaires et temples anciens[14]. Le Kinkaku-ji devient la même année l'un des premiers trésors nationaux[15].

Le , le Pavillon d'or a été entièrement incendié, par un moine mentalement déficient ; cet événement est au centre du roman de Yukio Mishima : Le Pavillon d'or[16]. Le bâtiment actuel, reconstruit à l'identique, date de 1955[12]. L'inauthenticité de ses matériaux ne le qualifiant plus comme patrimoine national exceptionnel, il a été retiré de la liste des trésors nationaux[15],[17]. Cependant, le parc du temple, classé depuis 1925, est reclassé, en 1956, site historique spécial du Japon et lieu spécial de beauté pittoresque[18].

En 1987, il est rénové et reçoit une nouvelle couche, cinq fois plus épaisse, de feuilles d'or[10]. Il semblerait[réf. nécessaire] que la nouvelle couche de feuilles d'or aurait été enduite d'un vernis-laque à base d'urushiol (l'huile produite par le sumac vénéneux) pour ainsi préserver la couche d'or contre les intempéries. Cette laque était utilisée autrefois pour protéger différentes choses utilisées par l'homme, comme les armes, œuvres d'art, objets ménager et même les meubles.

En 1994, le Pavillon d'or est inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l'UNESCO, parmi les monuments historiques de l'ancienne Kyoto[19].

Architecture[modifier | modifier le code]

Le pavillon d'or[l 3], qui donne son nom, « Kinjaku », au temple et situé dans son jardin, a rendu le temple célèbre. Le bâtiment est entièrement recouvert d'or pur, à l'exception du rez-de-chaussée. Il sert de shariden, contenant des reliques de Bouddha.

D'un point de vue architectural, c'est un bâtiment harmonieux et élégant qui regroupe trois types d'architecture différents :

  • le rez-de-chaussée (Hō-sui-in) est de style Shinden-zukuri, le style des palais de l'époque Heian ;
  • le premier étage (Chō-on-dō) suit le style Buke-zukuri des maisons de samouraï ;
  • le deuxième étage (Kukkyō-chō) est de style Karayō, celui des temples Zen.

Au sommet du toit couvert de bardeaux se trouve la sculpture d'un fenghuang doré, ou « phénix chinois »[l 4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes lexicales bilingues[modifier | modifier le code]

  1. Le mont Kinugasa (衣笠山, Kinugasa-yama?, litt. « mont recouvert d'un chapeau chinois »), aussi appelé « mont Kinukake (衣掛山, Kinukake-yama?) »[3],[4], toponyme qui s'écrit aussi « 絹掛山 (Kinukake-yama?, litt. « mont couvert de soie »)». Selon une légende, au cours de l'époque de Heian (794 - 1185), le cinquante-neuvième empereur du Japon : Uda, installé à Heian-kyō, voulait jouïr, en plein été, de la vue d'un sommet de montagne enneigé. Pour satisfaire son désir, le mont Kinugasa fut recouvert d'un drap de soie blanc[4].
  2. La route Kinukake (きぬかけの路, Kinukake no michi?).
  3. Pavillon d'or (金閣, kinkaku?).
  4. « Phénix chinois » (鳳凰, hōō?).

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Institut d'études géographiques du Japon, « GSI Maps », sur www.gsi.go.jp (consulté le 15 octobre 2016).
  2. a et b Michiko Ishiguro, « Pavillon d’Or Kinkaku-ji », Albums de Moritomi Saegusa, Musée national des arts asiatiques - Guimet, (consulté le 20 février 2019).
  3. (ja) Asahi Shinbun, « 衣掛山 » [« Mont Kinukake »], sur Kotobank,‎ (consulté le 20 février 2019).
  4. a b et c (en) Rekishi Kaidō Promotional Council, « Walking the Kinukake-no-michi Trail in the foothills of Mt. Kinugasa (Kinukake-no-michi, Kyoto) » [« Parcourir la route Kinukake, au pied du mont Kinugasa, à Kyōto »], sur www.rekishikaido.gr.jp, (consulté le 20 février 2019).
  5. (ja) Institut d'études géographiques du Japon, « GSI Maps », sur www.gsi.go.jp (consulté le 20 février 2019).
  6. (ja) Asahi Shinbun, « 衣笠山 » [« Mont Kinugasa »], sur Kotobank,‎ (consulté le 20 février 2019).
  7. (ja) Ministère de l'Agriculture, des Forêts et de la Pêche, « 遊々の森「きぬかけの森」にかける巣箱づくりを体験 » [« Jeux en forêt : fabrication de nichoirs à poser dans la forêt Kinukake »], sur www.rinya.maff.go.jp,‎ (consulté le 20 février 2019).
  8. (en) UNESCO (centre du patrimoine mondial), « Historic Monuments of Ancient Kyoto (Kyoto, Uji and Otsu Cities) - Maps of inscribed property » [PDF], sur whc.unesco.org, (consulté le 20 février 2019), p. 1.
  9. (ja) Asahi Shinbun, « きぬかけの路 » [« La route Kinukake »], sur Kotobank,‎ (consulté le 20 février 2019).
  10. a et b (en) Kyoto Prefectural Government Tourism Division, « Kinkaku-ji Temple (Rokuon-ji Temple) » [« Le temple Kinkaku (Rokuon-ji) »], sur www.pref.kyoto.jp, (consulté le 15 octobre 2016).
  11. (en) Kinkaku-ji: The Saionji Clan.
  12. a b et c (en) Louis Frédéric et Käthe Roth, Japan Encyclopedia [« Encyclopédie du Japon »], Cambridge, Harvard University Press, coll. « Harvard University Press reference library », , 1102 p. (ISBN 9780674017535 et 0674017536, OCLC 48943301), p. 522.
  13. (en) Siegfried R. C. T. Enders, Niels Gutschow et Christoph Henrichsen, Hozon : architectural and urban conservation in Japan [« Conservation architecturale et urbaine au Japon »], Stuttgart, Édition Axel Menges, , 207 p. (ISBN 9783930698981 et 3930698986, OCLC 40840501), p. 68.
  14. (ja) Ministère de l'Éducation, de la Culture, des Sports, des Sciences et de la Technologie, « 古社寺保存法(明治三十年六月十日法律第四十九号) » [« Loi sur la protection des anciens sanctuaires et temples (no 49, ) »], sur www.mext.go.jp,‎ (consulté le 2 octobre 2016).
  15. a et b (en) Katharina Weiler et Niels Gutschow, Authenticity in Architectural Heritage Conservation : Discourses, Opinions, Experiences in Europe, South and East Asia [« Authenticité dans la conservation du patrimoine architectural : discours, opinions et expériences en Europe et en Asie du Sud et de l'Est »], Springer International Publishing, , 345 p. (ISBN 3319305239 et 9783319305233, OCLC 953233325), p. 8.
  16. (en) Reiko Tachibana, Narrative as Counter-Memory : A Half-Century of Postwar Writing in Germany and Japan, New York, State University of New York Press, coll. « EBSCO eBook Collection », , 345 p. (ISBN 9780791436646 et 0791436640, OCLC 36857597), p. 122.
  17. (ja) Agence pour les Affaires culturelles, « 鹿苑寺(通称:金閣寺) » [« Le Rokuon-ji, aussi nommé Kinkaku-ji »], sur Cultural Heritage Online (consulté le 15 octobre 2016).
  18. (ja) Agence pour les Affaires culturelles, « 鹿苑寺(金閣寺)庭園 » [« Parc du Rokuon-ji (Kinkaku-ji) »], sur www.bunka.go.jp (consulté le 15 octobre 2016).
  19. UNESCO (centre du patrimoine mondial), « Monuments historiques de l'ancienne Kyoto (villes de Kyoto, Uji et Otsu) », sur whc.unesco.org, (consulté le 20 février 2019).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) David et Michiko Young, The Art of the Japanese Garden, Tuttle Publishing, 2005 (ISBN 0-8048-3598-5)