Kinhin

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Kinhin à Salt Lake City aux É.U.A.

Kinhin (經行; japonais: kinhin ou kyōgyō, chinois : jingxing) est un terme du bouddhisme Zen et Chan qui désigne la méditation en marchant[1], qui est pratiquée entre les périodes de zazen.

La pratique de kinhin[modifier | modifier le code]

La vitesse de la marche diffère entre l'école Sōtō, où elle est très lente et Rinzaï où elle est rapide[2].

Les pratiquants marchent autour de la pièce, dans le sens horaire, en tenant leurs mains en shashu (叉手) : le poing gauche fermé enserre le pouce, la main droite couvre le poing gauche. Les poignets sont légèrement cassés mais souples. Sur l'expiration, on pousse les deux mains l'une contre l'autre, tandis que la racine du pouce de la main gauche appuie sur le plexus solaire.

Chaque pas, de la longueur d'un demi-pied, est effectué après une respiration complète, ce qui donne une impression de course de lenteur. Le commencement de kinhin est annoncé par deux coups de cloche (kinhinsho), la fin par un seul coup (chukaisho 抽解鐘 « le carillon à s'en retirer »). On commence par le pied droit. Sur l'expiration, on pousse le sol avec la jambe avant ferme et tendue et la jambe arrière décontractée. Le talon de la jambe arrière reste au sol ou presque: on dit qu'une fourmi peut passer dessous. Plus on avance dans l'expiration, plus le poids du corps se porte sur la jambe avant, et particulièrement sur la racine du gros orteil. À la fin de l'expiration, on relâche les tensions, on inspire spontanément et la jambe arrière passe devant.

Kinhin, c'est le zen dans l'action. Le menton est rentré comme en zazen, la colonne droite. On pousse le ciel avec le sommet du crâne. Les épaules sont détendues. Le regard porte à environ trois mètres. Kodo Sawaki, le maître de Taisen Deshimaru, a dit que « le kinhin est la source de tous les pouvoirs magiques ». C'est lui qui avait relancé au Japon cette antique pratique plus ou moins tombée en désuétude dans le zen Soto.

Le mot Kin hin vient des Kanjis kin (経 ‘œuvres classiques’) ou kyō (教 ‘enseignements dharmiques’), suivi par hin/gyō (行 ‘marche’). Littéralement cela signifie « marcher selon les œuvres/enseignements ». On peut les traduire aussi comme la « marche méditative » ou la « méditation marchée ». Dans son Dictionnaire du bouddhisme, Philippe Cornu précise que « ce terme signifierait soit "marche du sutra", allusion à une pratique qui consistait à scander un sutra en marchant, soit "marche de la navette d'un métier à tisser" ce qui renvoie au mouvement en navette de la marche de kinhin »[3]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. A Dictionary of Buddhism par Damien Keown publié par Oxford University Press, ISBN 9780192800626, page 142
  2. Jacques Brosse, Zen et Occident, Albin Michel, (lire en ligne), p. 99
  3. Philippe Cornu, Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme, Paris, Seuil, 2006 (nouvelle édition augmentée), 949 p. (ISBN 2020822733), p. 310.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien interne[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]