Kinésiologie

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Page d'aide sur l'homonymie Ne doit pas être confondu avec kinésithérapie ni kinésiologie appliquée.

La kinésiologie (du grec ancien κίνησις, kinēsis, « mouvement » et λόγος, logos, « parole ») est un terme qui désigne l'étude des mouvements humains. En Amérique du Nord, le kinésiologue (on parle aussi alors de human kinetics) est un professionnel paramédical en rééducation physique et sportive (on parle aussi alors de human kinetics), qui utilise le mouvement à des fins de prévention, de traitement et de performance. En France, le terme est communément utilisé pour désigner divers courants de kinésiologie appliquée. Le kinésiologue y est davantage un thérapeute alternatif aux assises scientifiques plus diffuses.

Définitions[modifier | modifier le code]

La kinésiologie a été fondée dans les années 1960 par un chiropracteur américain, Ryke Geerd Hamer. Mélangeant des théories New Age, des principes de chiropraxie, de nutrition alternative, de développement personnel et différentes pseudo-sciences, le but affiché de cette méthode est « d’optimiser le capital « ressources personnelles » avec l’accompagnement d’un thérapeute, et de parvenir à l’auto-guérison des difficultés existentielles et des maladies »[1]. La discipline a proliféré depuis, avec des ramifications plus scientifiques et d'autres plus spiritualistes (voire carrément sectaires[1]), sans réelle unité institutionnelle, méthodologique ou doctrinale.

  • Kinésiologie : relative à l'étude des mouvements du corps humain, de ses composants biologiques (anatomiques, physiologiques, neurologiques, biochimiques, biomécaniques) et sociaux (sociologie, histoire, psychologie). Le rapport entre la qualité du mouvement et la santé humaine globale est également étudié. Elle est issue des facultés d'Education Physique et Sportive au Québec et de la faculté de Médecine à l'Université Laval.
  • La Fédération des kinésiologues du Québec offre aussi une définition bien précise de ce qu'est un kinésiologue : « Le kinésiologue est le professionnel de la santé, spécialiste de l’activité physique, qui utilise le mouvement à des fins de prévention, de traitement et de performance[2]. »
  • Au Canada et aux États-Unis, le terme « kinésiologie » désigne une science qui étudie le corps lors de la pratique d'activités physiques (domestiques, de travail, de transport ou de loisirs) et rejoint cette définition.
  • En France, le terme « kinésiologie » est utilisé pour faire référence à la kinésiologie appliquée : technique de mieux-être qui a le même rôle qu'une thérapie, avec un accompagnement de la personne, et qui permettrait, selon ses utilisateurs, de dissoudre les blocages émotionnels et mentaux grâce à un dialogue corporel à la recherche des solutions les plus adaptées. Le principe est que le corps conserve toutes les informations de son histoire et que la personne elle-même peut choisir de changer pour retrouver un équilibre.

Réglementation et reconnaissance officielle[modifier | modifier le code]

Canada et États-Unis[modifier | modifier le code]

En Amérique du Nord, la kinésiologie désigne l’étude du mouvement humain dans la pratique de l’activité physique, et ce, dans des contextes et des desseins variés : loisirs, sport, réadaptation, travail, entraînement, et activités de la vie quotidienne. L'intervenant en kinésiologie est le kinésiologue.

En kinésiologie, il est généralement question de santé et de médecine sportive.

Les années 1980 ont vu des éducateurs physiques se regrouper et former une association de spécialistes en activité physique intervenant surtout auprès des adultes. Le kinésiologue s’intéresse avant tout à l'activité physique, mais est un professionnel de la santé ne doit pas être confondu avec un éducateur physique qui est avant tout formé comme éducateur.

Depuis le milieu des années 1990, les universités canadiennes (facultés d’Éducation Physique et Sportive et de Médecine) décernent des diplômes en kinésiologie. Les programmes universitaires offrent des cours tels que :

  • Cinésiologie en éducation physique et santé
  • Physiologie en éducation physique et santé
  • Biomécanique humaine en éducation physique et santé
  • Développement et croissance physique
  • Évaluation de la condition physique et des habitudes de vie
  • Intervention en kinésiologie et populations symptomatiques
  • Alimentation, condition physique et santé
  • Physiopsychologie du comportement moteur
  • Intervention en conditionnement physique
  • Principes, méthodes et outils de recherche en kinésiologie
  • Études de cas en kinésiologie
  • Les muscles : bilan fonctionnel et anomalies posturales
  • Méthodes et planification de l'entraînement personnel et sportif
  • Introduction à l'ergonomie
  • Stages et internat de plus de 600 heures.

La kinésiologie fait appel à plusieurs domaines reliés à l'activité physique et au sport telles les sciences exactes et naturelles (biologie, physiqueetc.) et les sciences humaines et sociales : psychologie, sociologieetc. Son cadre théorique est fondé sur les données issues de la littérature scientifique, son intuition et sur son expérience clinique.

L'usage du terme « clinique » est hérité de la médecine : si le kinésiologue est dit clinicien, c'est parce qu'il sort de son laboratoire pour rencontrer l'individu dans sa réalité contextuelle.

France[modifier | modifier le code]

La kinésiologie n'est encadrée par aucune autorité, et n'importe qui peut se proclamer « kinésiologue » sans la moindre formation - même si plusieurs écoles privées proposent des formations, dont le diplôme n'a aucune valeur institutionnelle.

La kinésiologie n'a pas de définition institutionnelle concrète, et un grand nombre de pratiques sans lien entre elles peuvent être proposées par des individus sous cette bannière. En conséquence, elle est pointée du doigt par la commission de l'Assemblée Nationale sur les dérives sectaires (MIVILUDES) dans le cadre des thérapies pseudo-médicales à risque de dérive sectaire ou de récupération malintentionnée[3].

Plusieurs dérives sectaires radicales issues de ce mouvement ont débouché sur des condamnations en France, notamment pour la mort d'un nourrisson soumis à un régime fantaisiste inspiré des « lois biologiques » de Ryke Geerd Hamer)[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]