Kim Ki-duk

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Kim Ki-duk
Description de cette image, également commentée ci-après
Kim Ki-duk en 2012
Naissance (59 ans)
Bonghwa, Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Nationalité Drapeau de la Corée du Sud Corée du Sud
Profession réalisateur, producteur, scénariste, monteur
Films notables L'Île,
Adresse inconnue,
The Coast Guard,
Printemps, été, automne, hiver… et printemps,
Samaria,
Locataires,
L'Arc

Kim Ki-duk
Hangeul 김기덕
Hanja 金基德
Romanisation révisée Gim Gi-deok
McCune-Reischauer Kim Ki-dŏk

Kim Ki-duk est un scénariste, producteur, réalisateur et monteur sud-coréen né le à Bonghwa.

L'homme se distingue par des origines modestes, une éducation relativement autodidacte et une biographie variée. Le cinéaste, quant à lui, se distingue par un style personnel, onirique et poétique, puis une peinture iconoclaste et sans aucune concession sur la société de son pays.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Kim Ki-duk est né le dans la province de Gyeongsang à Bonghwa en Corée du Sud. Il passe son enfance dans un village perdu dans les montagnes qu’il quitte en 1969 pour Séoul où il fait ses études. À 17 ans, il est obligé de quitter le lycée agricole pour travailler comme ouvrier.

Trois ans plus tard, il s’engage dans la marine pendant cinq ans. Il en ressort profondément transformé et passe alors deux ans dans un monastère pour devenir prêtre.

Il part ensuite visiter la France pendant un an. Après un an, il n'a plus d'argent et vit en vendant les toiles qu'il réalise. Il entre pour la première fois dans un cinéma où il est notamment marqué par Le Silence des agneaux, L'Amant et Mauvais sang[1].

Carrière[modifier | modifier le code]

De retour de Corée en 1993 et désormais passionné par le cinéma, il s’intéresse à l’écriture de scénario. A Painter and a Criminal Condemned to Death est remarqué et lui vaut le prix de la création attribué par l’Association des Scénaristes. Il reçoit enfin en 1994 pour Double Exposure puis en 1995 pour Jaywalking des prix du scénario délivrés par la très puissante Commission du Film coréen.

Il commence alors la réalisation, et achève en 1996 Crocodile le premier film inspiré de sa propre vie.

À partir de là, Kim tourne au rythme d’un film par an des films à petit budgets. Après Wild Animals qu’il tourne à Paris, il sort en 1998 son troisième film Birdcage Inn.

L'Île, réalisé en 2000 est son premier grand succès. Celui-ci est sélectionné au Festival de Venise ce qui lui permet de faire parler de lui en Europe alors que les critiques coréennes rejettent violemment son film. La même année, il réalise avec peu de moyens et en temps record Real Fiction qui prouve son grand talent pour l’improvisation. Il sort les années suivantes deux autres films Adresse inconnue et Bad Guy son plus grand succès en Corée. Ses films sont invités aux Festivals de Venise et de Berlin.

En 2002, il sort The Coast Guard appuyé par une grosse promotion due notamment à la présence de la star Jang Dong-gun. Cependant les recettes commerciales sont décevantes.

Dans Printemps, été, automne, hiver… et printemps, Kim tout en s’intéressant toujours aux marginaux apporte une touche spirituelle et aborde des thèmes comme la rédemption et le pardon.

Il gagne le prix de meilleur réalisateur au Festival de Berlin pour Samaria et au Festival de Venise pour Locataires (3-Iron) qui sort en 2004.

La force du cinéma de Kim vient probablement de ses images évocatrices et sa capacité à créer des histoires sans dialogues.

Les films et Kim Ki-duk sont marqués par leur caractère déconnecté dû à ses origines modestes et à son ignorance des règles formelles. Ses personnages principaux sont souvent des marginaux, à l’écart de la société coréenne. Il est un des rares réalisateurs coréens à avoir réussi à percer à l’étranger sans pourtant plaire aux critiques et au public de Corée.

Il a dit après le tournage de Samaria : « J’ai une idée obsessionnelle, obstinée du cinéma en tant que mélange de tension, de crise, de paix, d’ironie et de destruction. Pour moi le cinéma, c’est tout ça à la fois. »

Accusations de violences sexuelles[modifier | modifier le code]

En août 2017, une actrice ayant souhaité garder l'anonymat porte plainte contre Kim Ki-duk pour violences physiques et sexuelles dont elle l'accuse d'avoir fait preuve pendant le tournage de Moebus. Celles-ci ont eu lieu avant que l'actrice, remplacée par la suite par Lee Eun-woo ait, selon les sources, quitté le tournage, ou en ait été renvoyée[2],[3]. Ces accusations incluent plusieurs coups portés à l'actrice (et notamment des gifles) mais également une pression à tourner une scène de sexe n'apparaissant pas dans le script initial et à laquelle elle n'avait ni souhaité participer, ni donné son accord préalable[2]. Par manque de preuves, Kim Ki-duk n'est condamné que pour les démonstrations de violences physiques en décembre 2017. Il doit payer une amende de 5 millions de won.

Néanmoins, deux autres actrices accusent elles aussi publiquement le réalisateur de violences psychologiques, sexuelles et de viol à la suite du premier procès. La première d'entre elles l'accuse notamment de l'avoir violée conjointement avec l'acteur Cho Jae-hyeo dans une chambre d’hôtel lors de ce que qui était censé être une discussion par rapport a un script[3]. La seconde elle, accuse le réalisateur de l'avoir forcé à auditionner nue, l'humiliant publiquement[3].

Les accusations et leur médiatisation ont notamment pour conséquence le report pour une durée indéfinie de la sortie en salle du film Human, Space, Time and Human[3].

Réfutant l'intégralité de ces accusations et clamant son innocence, Kim Ki-duk a lui aussi porté plainte pour diffamation et fausses accusations contre ces femmes[4]. Celle-ci n'a pas donné lieu à l'ouverture d'un procès, le manque de preuves pouvant donner raison aux actrices n'ayant pas été jugé comme prouvant la fausseté de leurs accusations[5].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Réalisateur[modifier | modifier le code]

Scénariste et producteur[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Référence[modifier | modifier le code]

  1. Interview Kim Ki Duk sur cinemasie.com
  2. a et b (en) « South Korean Director Kim Ki-duk Sued for Alleged Violence on Set, Adding Unscripted Sex Scene », sur The Hollywood Reporter (consulté le 26 mai 2020)
  3. a b c et d (en) « Three women accuse Korean director Kim Ki-duk of rape and assault », sur the Guardian, (consulté le 26 mai 2020)
  4. (en) The Korea Herald, « Kim Ki-duk fires back at accusers », sur www.koreaherald.com, (consulté le 26 mai 2020)
  5. (en) Sonia Kil et Sonia Kil, « Court Dismisses Kim Ki-duk Case Against Actress, TV Show », sur Variety, (consulté le 26 mai 2020)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]