Kim Campbell

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Kim Campbell
Illustration.
Kim Campbell en 2012.
Fonctions
Première ministre du Canada

(4 mois et 10 jours)
Monarque Élisabeth II
Gouverneur Ramon John Hnatyshyn
Gouvernement Campbell
Prédécesseur Brian Mulroney
Successeur Jean Chrétien
Chef du Parti progressiste-conservateur
du Canada

(6 mois et 1 jour)
Prédécesseur Brian Mulroney
Successeur Jean Charest
Biographie
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Port Alberni (Colombie-Britannique, Canada)
Nationalité Canadienne
Parti politique Parti progressiste-conservateur
Conjoint Nathan Divinsky
Howard Eddy
Hershey Felder
Diplômée de Université de la Colombie-Britannique
London School of Economics
Profession Avocate
Enseignante
Religion Anglicanisme

Signature de Kim Campbell

Kim Campbell Kim Campbell
Premiers ministres du Canada

Avril Phaedra Campbell connue sous le nom de Kim Campbell, née le à Port Alberni (Colombie-Britannique), est une femme d'État canadienne. Elle est première ministre du Canada du 25 juin au , première femme à accéder à la fonction.

Bien que son mandat n'ait jamais été confirmé par une élection populaire, elle demeure la seule femme chef d'un gouvernement national nord-américain jusqu'à présent. Elle fut aussi la deuxième femme, après la Première ministre britannique Margaret Thatcher, à prendre place à la table des chefs d'État ou de gouvernement du Groupe des sept (économie) lors de leur réunion en 1993.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Kim Cambell est la fille de Phyllis "Lissa" Margaret (née Cook; 1923–2013) et de George Thomas Campbell (1920–2002)[1]. Parce qu'elle n'aimait pas ses prénoms (Avril Phædra Douglas), elle adopta celui de Kim pendant son adolescence[2].

Après ses études secondaires, elle entre à l'Université de la Colombie-Britannique[3],[4],[5], obtenant en 1969 le Bachelor of Arts (licence) et le Bachelor in Social Sciences (licence en sciences politiques), et poursuivit des études en vue d'un doctorat sur le système de la gouvernance soviétique à la London School of Economics[6],[7].

Campbell enseigne la science politique à l'Université de la Colombie-Britannique et au Vancouver Community College, et fait son entrée dans la vie politique en tant qu'administratrice de la Commission scolaire de Vancouver[8].

En 1983, elle obtient le Bachelor of Laws (maîtrise de droit) qui lui permet de s'inscrire au barreau de la Colombie Britannique, elle ouvre son cabinet à Vancouver[7].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Elle est élue en 1986 à l'Assemblée législative de la Colombie-Britannique, députée créditiste[9] ; elle fait ensuite campagne sans succès pour devenir la leader de ce parti. Quelques années après, elle démissionne de l'assemblée législative pour être candidate lors de l'élection fédérale de 1988 pour le Parti progressiste-conservateur du Canada.

À la suite de son élection à la chambre des communes, elle devient la première femme ministre de la Justice du Canada (1990-1993). Ensuite, elle occupe brièvement le ministère de la Défense nationale.

Première ministre[modifier | modifier le code]

Elle se lance dans la course pour succéder à Brian Mulroney[10],[11] à la direction progressiste-conservatrice, et de ce fait, au poste de première ministre, après la démission de Mulroney en 1993. Campbell défait Jean Charest au congrès du Parti progressiste-conservateur en juin et elle devient la première femme à être première ministre du Canada[12],[13].

La montée rapide de cette ministre méconnue jusqu'à devenir première ministre étonne le public canadien. Elle jouit d'abord d'une grande popularité, due au fait d'être la première femme à atteindre un tel poste. Pendant un certain temps, elle paraît être en mesure de réparer la réputation du Parti progressiste-conservateur du Canada, sérieusement compromise par une suite de scandales et de mesures impopulaires pendant le mandat du premier ministre Mulroney.

L'élection fédérale canadienne de 1993[14] est annoncée pour l'automne. Le parti s'attend, soit à conserver le pouvoir, soit à former l'opposition officielle. Or la popularité de Campbell se détériore rapidement. La première ministre paraît avoir des difficultés à s'entretenir avec les Canadiens « ordinaires » ; on l'accuse d'un ton supérieur et prétentieux. Elle fait l'observation fameuse qu'« une élection n'est pas le moment pour discuter des affaires sérieuses. » On l'accuse aussi de suivre les attitudes et les positions de son prédécesseur détesté ; les activistes scandent « Kim, Kim, you're just like him » (Kim, vous êtes pareille à lui).

Elle a une tendance fâcheuse à faire des gaffes de relations publiques. Le comble des malheurs est une publicité conservatrice largement perçue comme se moquant de la paralysie faciale dont souffre le chef libéral Jean Chrétien.

Défaite par les libéraux[modifier | modifier le code]

Malgré tout, les conservateurs restent forts dans les sondages. Le monde politique canadien est donc complètement bouleversé par le résultat des élections : le , les libéraux gagnent une majorité massive, tandis que les conservateurs tombent de la plus grosse majorité en sièges jamais obtenue au Parlement jusqu'à un caucus de deux, la pire défaite de l'histoire parlementaire canadienne. Campbell perd même son siège à Vancouver. Bien que les conservateurs aient obtenu le troisième résultat du vote populaire, un peu en arrière du Parti réformiste, la concentration du soutien pour les réformistes dans l'Ouest canadien ainsi que pour le Bloc québécois au Québec prive les conservateurs de leurs bases d'appuis traditionnels.

La majorité des commentateurs perçoivent sa défaite sans précédent comme étant le résultat de l'impopularité de son prédécesseur plutôt que de la gouvernance de Campbell elle-même ; toutefois, elle démissionne de la chefferie conservatrice quelques semaines après les élections, le , nommant Jean Charest chef intérimaire.

Carrière après la politique[modifier | modifier le code]

Campbell reprend le professorat en science politique pendant quelques années, cette fois à l'université Harvard. En 1996, le gouvernement libéral la nomme au poste de consul général canadien à Los Angeles. Elle tient ce poste jusqu'en 2000[15].

Elle est la présidente du Council of Women World Leaders (en)[16] et la secrétaire générale du Club of Madrid (en)[17], un organisme indépendant d'anciens chefs d'État et de gouvernement qui promeut la démocratie dans le monde.

Elle demeure en fonction comme maître de conférence en politique publique à la Kennedy School of Government de l'université Harvard[18], et fait partie de plusieurs conseils d'administration de sociétés de haute technologie et de biotechnologie.

Son portrait officiel dans la galerie des premiers ministres de l'édifice du Parlement est dévoilé le . Elle dit alors ressentir l' « honneur profond » d'être la seule femme représentée dans cette galerie et dit : « J'ai vraiment hâte au jour où mon portrait sera accompagné de beaucoup d'autres visages féminins. »

Le , le bureau du premier ministre Justin Trudeau annonce la formation d'un comité non-partisan visant à reformer le processus de nomination des juges à la Cour Suprême du Canada. Kim Campbell est nommée à la tête de ce groupe visant à élaborer la courte liste qui sera soumise au bureau du premier ministre[19],[20],[21].

Autobiographie[modifier | modifier le code]

En 1996, elle publie ses mémoires (en) Time and Chance: The political memoirs of Canada's first woman prime minister, Doubleday Canada, , 434 p. (ISBN 978-0385255271).

Vie personnelle[modifier | modifier le code]

En 1972, elle épouse le professeur de mathématiques Nathan Divinsky (en)[22], le couple divorce en 1983.

En 1986, elle épouse l'avocat Howard Eddy, le couple divorce en 1993[23],[2],[24].

En 1997, elle épouse l'acteur et pianiste Hershey Felder (en)[25],[26].

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Chambres des communes[modifier | modifier le code]

Élection Circonscription Parti Voix % Résultats
Fédérales de 1988 Vancouver-Centre Progressiste-conservateur 23 620 37,2 Élue
Fédérales de 1993 Vancouver-Centre Progressiste-conservateur 16 274 25,2 Échec

Assemblée législative de la Colombie-Britannique (2 députés par circonscription)[modifier | modifier le code]

Élection Circonscription Parti Voix % Résultats
1983 Vancouver Centre Crédit social 12 740 19,3 Échec
1986 Vancouver-Point-Grey Crédit social 19 716 23,2 Élue

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « Lissa VROOM », sur Legacy
  2. a et b (en-US) E. KAYE FULTON,MARY JANIGAN, « The Real Kim Campbell | Maclean's | MAY 17, 1993 », sur Maclean's | The Complete Archive (consulté le 2 juin 2020)
  3. (en) « Kim Campbell | Biography, Education, & Accomplishments », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 10 mars 2020)
  4. Written by Veronika Bondarenko, « The Right Honourable Kim Campbell: From Brock Hall to Parliament Hill », sur The Ubyssey (consulté le 2 juin 2020)
  5. (en-US) Mar 8 et 2018, « Why Kim Campbell is still fighting for women in the #MeToo era », sur UBC News, (consulté le 2 juin 2020)
  6. (en) « Kim Campbell | The Canadian Encyclopedia », sur www.thecanadianencyclopedia.ca (consulté le 2 juin 2020)
  7. a et b (en) « https://www.leg.bc.ca:443/wotv/pages/featured-women/kim-campbell.aspx », sur www.leg.bc.ca (consulté le 2 juin 2020)
  8. Encyclopædia Universalis, « KIM CAMPBELL », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 2 juin 2020)
  9. (en-US) « Kim Campbell », sur The Canada Guide (consulté le 2 juin 2020)
  10. (en) « Avril Kim Campbell », sur Oxford Reference (DOI 10.1093/oi/authority.20110803095545161, consulté le 2 juin 2020)
  11. (en-US) Clifford Krauss, « Canada Still Has Mulroney to Kick Around », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 2 juin 2020)
  12. (en) « Campbell Biography »
  13. (en-US) Clyde H. Farnsworth, « Kim Campbell Takes Oath As Canada's Prime Minister », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 2 juin 2020)
  14. (en) History com Editors, « Kim Campbell becomes Canada’s first female prime minister », sur HISTORY (consulté le 2 juin 2020)
  15. (en) « Kim Campbell | Munk School of Global Affairs and Public Policy », sur munkschool.utoronto.ca (consulté le 2 juin 2020)
  16. (en) « Kim Campbell », sur Council of Women World Leaders (consulté le 2 juin 2020)
  17. (en) « Kim Campbell is the former Prime Minister of Canada, club madrid member », sur World Leadership Alliance - Club de Madrid (consulté le 2 juin 2020)
  18. (en-US) « Kim Campbell », sur The Institute of Politics at Harvard University (consulté le 2 juin 2020)
  19. Zone Politique - ICI.Radio-Canada.ca, « Un comité indépendant recommandera les candidats à la Cour suprême », sur Radio-Canada.ca (consulté le 11 août 2016)
  20. (en) « Kim Campbell to chair Supreme Court advisory board - Macleans.ca », sur www.macleans.ca (consulté le 2 juin 2020)
  21. (en) « Prime Minister announces Advisory Board to select next Supreme Court Justice »
  22. (en) « Divinsky Nathan | The Chess Federation of Canada - La Fédération Canadienne des Échecs », sur chess.ca (consulté le 2 juin 2020)
  23. (en-US) Clyde H. Farnsworth, « For Canada's New Chief, the Fight Has Just Begun », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 2 juin 2020)
  24. « Kim Campbell , 19e premier ministre du Canada »
  25. « Kim Campbell », sur IMDb (consulté le 2 juin 2020)
  26. « Kim Campbell », sur www.nndb.com (consulté le 2 juin 2020)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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