Khentkaous II
| Khentkaous | ||||||
Relevé d'un relief représentant la reine Khentkaous II trouvé dans son temple funéraire d'Abousir. | ||||||
| Nom en hiéroglyphe | ||||||
|---|---|---|---|---|---|---|
| Transcription | Ḫnt-kȝ.w=s | |||||
| Période | Ancien Empire | |||||
| Dynastie | Ve dynastie | |||||
| Fonction principale | Reine d'Égypte | |||||
| Famille | ||||||
| Père | Sahourê (?) | |||||
| Mère | Méretnebty (?) | |||||
| Conjoint | Néferirkarê Kakaï | |||||
| Enfant(s) | ♂ Néferefrê♂ Niouserrê♂ Iryenrê (?)♂ Néferseshem (?)♂ Râhotep (?)♀ Nébouibnebty (?) | |||||
| Sépulture | ||||||
| Nom | Pyramide de Khentkaous II | |||||
| Type | Pyramide à faces lisses | |||||
| Emplacement | Abousir | |||||
| Date de découverte | 1976 | |||||
| Découvreur | Miroslav Verner | |||||
| Fouilles | 1976 - 1986 | |||||
| Objets | Fragments du sarcophage en granite de la reine Archives du temple funéraire |
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La reine Khentkaous II est la femme du roi Néferirkarê Kakaï de la Ve dynastie. Elle est la mère des rois Néferefrê et Niouserrê.
Attestations
[modifier | modifier le code]La reine est attestée par plusieurs éléments[1] :
- son propre complexe funéraire situé à Abousir,
- le complexe pyramidal de Néferirkarê Kakaï (un bloc du temple funéraire, les archives, un graffito dans la pyramide, fragments d'une table d'offrandes en albâtre),
- la tombe située à Abousir d'un certain Idou, chargée du culte de la « mère des deux rois, Khentkaous ».
La tombe située à Abousir d'un personnage anonyme au beau nom Ptahmersetjef, « sous-directeur des serviteurs du ka de la mère du roi Khentkaous » ; un bloc provenant très probablement de la tombe mentionne la chapelle de la « mère du roi »[2]. Si Michel Baud attribuait cette attestation à Khentkaous II[2], le fait que la reine soit simplement qualifiée de « mère du roi » et non de « mère de deux rois » pourrait en fait renvoyer à la « mère du roi » Khentkaous III dont l'existence a été découverte après la publication de Michel Baud[3].
Titulature
[modifier | modifier le code]La reine porte les titres suivants[1],[4] :
- « Épouse du Roi » (ḥm.t-nsw.t),
- « Épouse du Roi sa bien-aimée » (ḥm.t-nsw.t mry.t=f),
- « Aimée de Néférirkarê tous les jours » (mr.t Nfr-jr-kȝ-Rˁ rˁ nb),
- « Mère du Roi » (mw.t-nsw.t),
- « Mère de deux Rois de Haute et Basse-Égypte » (mw.t-nsw.t-bity-nsw.t-bity),
- « Celle qui voit Horus et Seth » (mȝȝ.t Ḥrw Sts̆),
- « Grande des louanges » (wr.t ḥs.t),
- « Grande du sceptre-hétès » (wr.t ḥts),
- « Suivant d'Horus » (ẖt-Ḥrw),
- « Celle qui s'assoit avec Horus » (tjst-Ḥrw),
- « Compagnon d'Horus » (smr.t-Ḥrw),
- « Prêtresse de Bapef » (ḥm.t-nṯr Bȝ-pf),
- « Prêtresse de Tjasépef » (ḥm.t-nṯr Ṯȝ-spf),
- « Prêtresse de Thot » (ḥm.t-nṯr Ḏḥwty),
- « Directrice des bouchers de la maison de l'acacia » (ḫrp.t ss̆mtiw jmȝt/s̆nḏt),
- « Fille du dieu » (sȝ.t-nṯr),
- « Celle pour qui toute chose qu'elle ordonne est accomplie » (ḏdt ḫt nb(.t) jr.tw n.s).
Comme la reine Khentkaous Ire, sa titulature, « mw.t-nsw.t-bity-nsw.t-bity », donne lieu à deux interprétations : « Mère de deux rois de Haute et Basse-Égypte » ou « Mère du roi de Haute et Basse-Égypte et roi de Haute et Basse-Égypte »[5]. De ce fait, elle fut assimilée à son ancêtre, mais les études récentes menées par l'équipe tchèque qui fouille le site d'Abousir, nécropole royale de la Ve dynastie, permettent clairement d'écarter cette hypothèse et donnent plus de sens à l'interprétation de cette titulature. Étant la mère de deux rois, c'est donc la première interprétation qui serait à retenir[5].
Aujourd'hui, on peut donc restituer la véritable place de cette reine qui, épouse d'un roi mort prématurément, assura la régence pendant la minorité de ses deux fils qui se succédèrent sur le trône de leur père. Elle devint de ce fait une personnalité révérée et à laquelle un culte fut rendu, homonyme de l'ancêtre dynastique Khentkaous Ire dont elle pourrait être une descendante[6].
Généalogie
[modifier | modifier le code]De part ses titres, Khentkaous II est assurément l'épouse du roi Néferirkarê Kakaï — dont il est d'ailleurs la seule connue — et la mère des rois Néferefrê et Niouserrê[7],[8],[9].
Aucun autre enfant n'est connu avec certitude[8], mais le « fils du roi » Iryenrê semble être son fils car il est représenté sur une scène du temple funéraire de la reine, et il est mentionné dans les archives d'Abousir avec elle[10]. Les « fils du roi » Néferseshem et Râhotep pourraient être des fils de Néferirkarê, bien que cela ne soit pas certain[10]. Enfin, la « fille du roi de sa chair » Nébouibnebty pourrait être une fille de Néferirkarê ou bien une fille de Niouserrê[10].
La reine a été considérée comme pouvant descendre de la reine Khentkaous Ire[11]. Elle a également été considérée comme pouvant être la fille de Sahourê, mais cela est réfutée par Vivienne Callender car elle ne porte jamais le titre de fille du roi[11].
Sépulture
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Ces fouilles ont ainsi révélé qu'elle se fit édifier un complexe pyramidal complet à Abousir, non loin des complexes funéraires de son époux et de son premier fils Néferefrê, comprenant une pyramide, un temple funéraire et une pyramide satellite.
Parmi les découvertes faites dans son complexe funéraire, il faut mentionner celle d'une partie des archives sur papyrus du temple qui démontrent que le culte de la reine fut actif pendant trois siècles au moins.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- 1 2 Baud 2005, p. 553.
- 1 2 Baud 2005, p. 553 et 623.
- ↑ Verner 2017, p. 108.
- ↑ Callender 2011, p. 175-176.
- 1 2 Baud 2005, p. 552.
- ↑ Verner 2017, p. 91-108.
- ↑ Baud 2005, p. 553-554.
- 1 2 Callender 2011, p. 177.
- ↑ Verner 2014, p. 49.
- 1 2 3 Verner 2014, p. 52.
- 1 2 Callender 2011, p. 178.
Bibliographie
[modifier | modifier le code]- Michel Baud, Famille royale et pouvoir sous l'Ancien Empire égyptien, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, , 2e éd. (1re éd. 1999), 678 p. (ISBN 2-7247-0250-6) ;
- (en) Vivienne Gae Callender, In Hathor's Image : The Wives and Mothers from Egyptian Kings from Dynasties I-VI, vol. I, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 406 p. (ISBN 978-80-7308-381-6) ;
- (en) Miroslav Verner, Sons of the Sun : Rise and Decline of the Fifth Dynasty, Prague, Czech Institute of Egyptology Charles University, , 308 p. (ISBN 978-80-7308-541-4) ;
- (en) Miroslav Verner, Abusir : The Necropolis of the Sons of the Sun, Le Caire, The American University of Cairo, , 2e éd. (1re éd. 2002), 420 p. (ISBN 978-977-416-790-4).