Khalifa Haftar

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Khalifa Haftar
Le général Khalifa Belqasim Haftar en avril 2011.
Le général Khalifa Belqasim Haftar en avril 2011.

Origine Libyen
Allégeance Flag of Libya (1977-2011).svg Jamahiriya arabe libyenne
(1978-1987)
Drapeau de la Libye Conseil national de transition
(2011)
Drapeau de la Libye État de Libye
(2011-2014)
Drapeau de la Libye Armée nationale libyenne
(2014)
Grade Lieutenant-général
Conflits Conflit tchado-libyen
Première guerre civile libyenne
Deuxième guerre civile libyenne
Commandement Chef d’état-major de l'l'ANL (2011)
Commandant en chef de l'ANL (2015)
Faits d'armes Bataille du golfe de Syrte
3e bataille de Brega
Combat de Benghazi (2014)

Khalifa Belqasim Haftar (en arabe : خليفة بن قاسم حفتر) est un officier supérieur libyen, chef d’état-major (2011), puis commandant en chef de l'Armée nationale libyenne (2015).

Carrière[modifier | modifier le code]

Formation et premiers engagements[modifier | modifier le code]

En 1963, Khalifa Haftar entre à l'académie militaire royale de Benghazi, où il fait la connaissance de Mouammar Kadhafi. Adhérant au Mouvement des officiers libres, il participe avec lui et d'autres camarades au coup d'État du 1er septembre 1969 contre le régime clientélisme et corrompu du roi Idri Ier. À ce titre, il neutralise la base aérienne américaine Wheelus, située non loin de Tripoli, qui est alors un pilier de la présence des États-Unis en Méditerranée. Elle sera finalement prise sans qu'un coup de feu ne soit tiré[1].

Il affirme a posteriori avoir cependant rapidement ses distances avec Mouammar Kadhafi, dont il juge le comportement trop autoritaire. En 1973, ce dernier l'envoie comme négociateur auprès du président Anouar el-Sadate pour préparer la participation libyenne à la guerre du Kippour, contre Israël. Lors de ce conflit, il commande une unité de char qui franchit la ligne Bar-Lev, chaîne de fortifications construite par l'État hébreu le long du canal de Suez[1].

En 1978 puis en 1983, il est envoyé à Moscou pour suivre la formation de prestigieuses écoles de l'état-major soviétique[1],[2].

Sous le régime de Kadhafi[modifier | modifier le code]

Chef de corps du corps expéditionnaire libyen de l'armée de Mouammar Kadhafi, il participe aux opérations visant à maintenir la présence illégale de la Libye sur la bande d'Aouzou, à la frontière tchado-libyenne. La Libye d'Hissène Habré, soutenu par la France et les États-Unis lors de l'opération Manta puis de l'opération Épervier dirige 11 200 hommes contre 21 400 aux Tchadiens et ses alliés. Ils sont battus le 13 avril 1987 au cours de la bataille de Ouadi-Doum et Khalifa Haftar est fait prisonnier à N'Djamena. Il demande finalement à rencontrer Hissane Habré et lui déclare qu'il est désormais opposé à Khadafi, ce qui lui permet d’être libéré avec la majorité des autres prisonniers. Soutenu par les États-Unis, il est dans les années 1980 le chef de la « Force Haftar » basée au Tchad. Constitué des quelque 2 000 Libyens capturés avec leur chef, ce groupe équipé par Washington était destiné à envahir la Libye pour renverser Kadhafi. Mais la Force Haftar dut être exfiltrée en urgence en 1990, à l'arrivée au pouvoir à N'Djamena d'Idriss Déby. Le nouvel homme fort tchadien était soumis à de fortes pressions de Kadhafi pour livrer le général renégat. Par ailleurs, la fin de la guerre froide rebat les cartes diplomatiques, la France souhaitant développer ses relations avec la Libye, rendant son renversement plus à l'ordre du jour[1].

Les États-Unis organisèrent un pont aérien, avec escales au Nigeria et au Zaïre pour ses hommes ; il s'exila aux États-Unis, atterrissant à Washington le 20 décembre 1990[3]. Les anciens soldats libyens bénéficient alors d'un programme destiné aux réfugiés (cours d'anglais, formation professionnelle et aide médicale) et sont dispatchés dans plusieurs États du pays. Khalifa Haftar s'installe à Vienna, près de Langley (Virginie), le siège de la CIA[4]. Répondant à une interview en décembre 1991, il confirme que les anciens combattants libyens reçoivent un entraînement militaire régulier. En 1995, il publie un fascicule : Le changement en Libye, une vision politique du changement par la force[1].

Il s'active, se déplaçant à Genève, Madrid ou encore Sofia, pour préparer un nouveau coup d'État contre Kadhafi. Cleui-ci doit avoir lieu le 19 octobre 1993 mais finalement, une vague d'arrestations lancée une semaine avant l'opération compromet le projet. Certains des conjurés sont exécutés ; deux des frères de Khalifa Haftar sont condamnés à 15 et 20 ans de prison[1].

Après la révolution de 2011[modifier | modifier le code]

En 2011, il retourne en Libye pour soutenir l'insurrection. Le 24 mars, un porte parole de l'armée annonce qu'il a pris le commandement de l'armée rebelle. Il participe à la bataille du golfe de Syrte et à la troisième bataille de Brega. À Benghazi, il est l'un des chefs militaires du Conseil national de transition (CNT), avec le général Abdelfattah Younès (assassiné en 2011). Après la chute de Kadhafi, il est nommé le 18 novembre 2011 chef de l'état-major de l'armée, provoquant la colère des islamistes, qui le considèrent comme « l'homme des Américains ». Il se retire finalement dans sa maison de Benghazi[1].

En 2014, l'État n'étant pas arrivé à unifier les nombreux groupes armés, qui refusent de se placer sous l'autorité de l'armée régulière, il crée sa propre force armée. Il reproche aux étrangers de venir s'enrichir en Libye puis repartir et critique l'inaction du gouvernement concernant l'insécurité. Initialement présenté comme un « général de pacotille » par les médias, il gagne en crédibilité en unifiant des une partie de l'armée et des tribus contre les islamistes d'Al-Qaida. Dans sa conquête du pouvoir, il a le soutien des fédéralistes du Conseil de Cyrénaïque (dirigés par Ibrahim Jebran et basés à Tobrouk), des forces spéciales de la région orientales, d'unités de l'armée de l'air et de certaines milices[4],[1].

Le 14 février 2014, il annonce, dans une vidéo diffusée sur Internet, une initiative qui prévoit le gel du Congrès général (le Parlement), le gouvernement et la constitution provisoire. Il affirme qu'il ne s'agit pas d'un coup d’État. Aussitôt, les autorités libyennes ont démenti les rumeurs sur un coup d'État dans le pays après les déclarations de Haftar.

Le 18 mai, la milice paramilitaire qu'il dirige attaque le Parlement. Il mène parallèlement une offensive contre des islamistes de Benghazi, qu'il qualifie de « terroristes »[5].

Le 2 mars 2015, il est nommé commandant en chef de l'Armée nationale libyenne[6]. Le pays est alors divisé en deux, entre l'Ouest, au mains des islamistes et l'Est (dont Benghazi), dirigé par le général Haftar[7].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h Roumania Ougartchinska, « Khalifa Haftar, seul contre Al-Qaïda », Vanity Fair n°15, septembre 2014, pages 172-179 et 242-244.
  2. Zine Cherfaoui, « Khalifa Haftar désigné chef d'état-major de l’armée libyenne », sur El Watan,‎ (consulté le 19 novembre 2011)
  3. Pierre Prier, « Le nouvel état-major libyen sous tension », sur Le Figaro,‎ (consulté le 19 novembre 2011)
  4. a et b Thierry Oberlé, « Libye : la petite guerre d'un ex-allié de la CIA », Le Figaro, mercredi 21 mai 2014, page 9.
  5. « Tripoli : le Parlement libyen pris par des hommes armés », Le Figaro, lundi 19 mai 2014, page 6.
  6. « Libye: le général Haftar à la tête de l'armée », Le Figaro, 02-03-2015.
  7. Maryline Dumas, « À Benghazi, la vie malgré la guerre », Le Figaro, samedi 18 / dimanche 19 avril 2015, page 6.