Khaira Arby

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Khaira Arby
Khaira arby 2012.jpg

Khaira Arby à Tombouctou en 2012, lors du Festival au désert

Biographie
Naissance
Nationalité
Activité

Khaira Arby, née en 1959 à Tombouctou, est une chanteuse malienne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d’un père touareg et d’une mère songhaï, elle chante depuis son jeune âge pour les mariages et les fêtes traditionnelles, puis, à onze ans, en 1972, dans une troupe de la ville de Tombouctou. C’est l’époque de la présidence de Moussa Traoré. La politique culturelle de l’Etat malien veut sauvegarder et développer la culture malienne traditionnelle. Prenant cette activité à cœur, Khaira Arby quitte un moment sa ville natale pour intégrer la troupe artistique de Gao, une ville à 400 km à l’est, située comme Tombouctou sur le fleuve Niger et dans ce territoire de transition, le Sahel, entre le Sahara au nord et la savane au sud. Son père puis son mari tente de lui faire abandonner son rêve d’une carrière artistique, mais, après une pause, elle reprend cette activité musicale qui la passionne au sein du groupe Badema National[1],[2]. Elle divorce de ce mari réticent à lui voir emprunter cette voie, puis se remarie ultérieurement[3].

En 1992, elle se lance dans une carrière sous son nom, et est la première femme malienne à faire ce choix, ouvrant la voix[2],[3]. À partir des années 2010, elle commence à se faire connaître au-delà du Mali et sa musique reçoit notamment un accueil favorable en Amérique du Nord. Elle effectue des tournées aux États-Unis, se produit au Pop Montréal en 2010, et au FIJM en 2011[2],[4].

En 2012, les djihadistes, aidé d’ex-mercenaires Touareg revenant de Lybie, envahissent le nord du Mali, et poussent leur avantage en s’emparant du Sahel [5]. Khaira Arby doit prendre l’exil et s’installer temporairement dans la capitale du Mali, Bamako. Dans sa ville natale de Tombouctou, les djihadistes menacent les membres de sa famille, et détruisent ses instruments. Trois ans plus tard, en 2015, elle peut retourner dans sa ville de Tombouctou. « Notre religion n’a jamais interdit la musique. Le Prophète a été accueilli avec des chansons lorsqu’il est arrivé à La Mecque. Nous couper la musique, c’est comme nous empêcher de respirer. Mais on continue à lutter, et ça va aller, inch’Allah. » affirme t-elle[6].

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Elle écrit et chante dans les langues indigènes de la région, le songhaï, le tamachek, le bambara, l’arabe. Sa voix spécifique, robuste et légèrement rayée, la caractérise. Ses paroles directes, abordent souvent des questions sensibles. Alors que les rébellions touarèges se succèdent, en 1990-1996, 2006, en 2007-2009, elle prône la paix. Elle chante également sur les droits des femmes à l’autonomie, à la formation, au bonheur et à l’épanouissement, mais aussi contre les mutilations génitales féminines [3]. Musicalement, elle mêle uneinstrumentation traditionnelle, recourant par exemple aux n'goni, njarka et tambours, à une instrumentation électrique[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Chabasseur 2012, RFI.
  2. a, b, c et d Stoudmann 2013, p. 205.
  3. a, b et c Eyre 2010, NPR.
  4. rédaction LP 2012, La Presse.
  5. Rédaction LM 2013, Le Monde.
  6. Commeillas 2016, Libération.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Contexte.

Liens externes[modifier | modifier le code]