Kevin McCarthy (homme politique, 1965)

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Kevin McCarthy
Illustration.
Kevin McCarthy en 2023.
Fonctions
55e président de la Chambre des représentants des États-Unis
En fonction depuis le
(27 jours)
Législature 118e
Prédécesseur Nancy Pelosi
Chef de la minorité à la Chambre des représentants des États-Unis

(4 ans)
Législature 116e et 117e
Prédécesseur Nancy Pelosi
Successeur Hakeem Jeffries
Whip de la majorité à la Chambre des représentants

(4 ans, 5 mois et 2 jours)
Législature 113e, 114e et 115e
Prédécesseur Eric Cantor
Successeur Steny Hoyer

(3 ans, 6 mois et 29 jours)
Législature 112e et 113e
Prédécesseur Jim Clyburn
Successeur Steve Scalise
Représentant des États-Unis
En fonction depuis le
(16 ans et 1 mois)
Élection 7 novembre 2006
Réélection 4 novembre 2008
2 novembre 2010
6 novembre 2012
4 novembre 2014
8 novembre 2016
6 novembre 2018
3 novembre 2020
8 novembre 2022
Circonscription 22e district de Californie
(2007-2013)
23e district de Californie
(2013-2023)
20e district de Californie (depuis 2023)
Législature 110e, 111e, 112e, 113e, 114e, 115e, 116e, 117e et 118e
Prédécesseur Bill Thomas (22e district)
Lois Capps (23e district)
Jimmy Panetta (20e district)
Successeur Devin Nunes (22e district)
Jay Obernolte (23e district)
Biographie
Nom de naissance Kevin Owen McCarthy
Date de naissance (58 ans)
Lieu de naissance Bakersfield (Californie, États-Unis)
Nationalité Américaine
Parti politique Parti républicain
Diplômé de Université d'État de Californie
Religion Baptisme

Signature de Kevin McCarthy

Kevin McCarthy (homme politique, 1965)
Présidents de la Chambre des représentants des États-Unis

Kevin McCarthy, né le à Bakersfield (Californie), est un homme politique américain, président de la Chambre des représentants des États-Unis depuis janvier 2023.

Membre du Parti républicain, il est représentant de la Californie au Congrès des États-Unis depuis 2007. Il est également majority leader à la Chambre des représentants de 2014 à 2019, majority whip de 2011 à 2014 et minority leader de 2019 à 2023.

En , il est élu président de la Chambre des représentants au quinzième tour de scrutin. Cette situation, inédite depuis 1859, est due à l’opposition de membres du Freedom Caucus qui le jugeaient trop modéré.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

La famille de McCarthy est modeste : son père est pompier et sa mère est femme au foyer. Kevin McCarthy fait ses études à l'université d'État de Californie, où il obtient un B. Sc. en marketing en 1989.

Début de carrière politique[modifier | modifier le code]

McCarthy commence sa carrière politique jeune : en 1995, il est le chef de la branche jeunesse du Parti républicain en Californie, les Young Republicans (en). Il travaille ensuite dans l'équipe du représentant au Congrès des États-Unis pour le 22e district de Californie, Bill Thomas.

En 2002, McCarthy est élu à l'Assemblée de l'État de Californie, représentant le 32e district (comtés de Kern et Kings). Il devient chef de l'opposition républicaine à l'Assemblée en .

Représentant des États-Unis[modifier | modifier le code]

En 2006, Thomas annonce qu'il ne se représentera pas et soutient la candidature de McCarthy pour le remplacer. Ce dernier remporte facilement l'élection avec 70 % des voix et devient représentant du 22e district. Il est réélu sans opposition réelle en 2008 et 2010.

En 2010, les Républicains redeviennent majoritaires au Congrès et McCarthy devient majority whip (chef adjoint de la majorité) et Eric Cantor, ancien chef de la minorité (minority leader), devient chef de la majorité (majority leader).

Un redécoupage électoral a lieu en Californie avant l'élection de 2012 et l'ancien 22e district où McCarthy est élu devient le 23e district. McCarthy est facilement réélu.

Le , Eric Cantor démissionne de son poste de chef de la majorité au congrès après sa défaite lors d'une primaire républicaine contre Dave Brat. McCarthy est élu au poste de Cantor par les membres républicains du Congrès en juin face au candidat du Tea Party Raúl Labrador (Idaho) et après l'abandon de Pete Sessions (Texas)[1],[2]. Il prend ses fonctions les 1er août. Steve Scalise, représentant de Louisiane, est élu majority whip en remplacement de McCarthy[3],[4],[5].

Kevin McCarthy en 2016.

McCarthy est le majority leader avec le moins d'ancienneté de l'histoire du Congrès (7 ans et 7 mois d'ancienneté), il n'a jusqu'à son arrivée à ce poste présidé aucune sous-commission du Congrès et a défendu 3 propositions de loi dont 2 ont été entérinées[4],[6],[7]. Il est réputé pour sa très bonne connaissance des districts électoraux et sa capacité à lever des fonds pour les candidats[5].

Le , le représentant républicain et président de la Chambre des représentants, John Boehner, annonce sa démission. Il déclare que McCarthy ferait un excellent speaker[8]. Le 28, McCarthy annonce sa candidature pour remplacer Boehner[9]. Il la retire le , devant la difficulté de convaincre les représentants républicains les plus à droite et proches du Tea Party de soutenir sa candidature, après une gaffe devant les journalistes, et devant la rumeur qu'il aurait une relation hors mariage avec la représentante de Caroline du Nord Renee Ellmers[10],[11].

Les républicains perdent la majorité à la Chambre des représentants lors des élections de et en , pour la première session du nouveau congrès, McCarthy devient minority leader.

Le , à la veille du verdict du procès en destitution de Donald Trump devant le Sénat, la représentante républicaine Jaime Herrera Beutler déclare que Kevin McCarthy lui avait dit que l'ancien président s'était rangé du côté des émeutiers lors d'un appel téléphonique au moment de l'assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump le 6 janvier[12]. Selon le récit de Herrera Beutler, Kevin McCarthy a appelé Donald Trump frénétiquement le 6 janvier alors que le Capitole était assiégé par des milliers de partisans pro-Trump qui essayaient d'empêcher le Congrès de compter les votes du Collège électoral qui confirmeraient sa défaite[12]. Dans cet appel téléphonique, McCarthy a demandé à Trump « d'annuler publiquement et avec force l'émeute »[12],[13]. Trump a répondu en disant que c'était Antifa, et non ses partisans, qui était responsable. Quand McCarthy a dit que ce n'était pas vrai, Trump a été cassant : « Eh bien, Kevin, je suppose que ces gens sont plus contrariés par l'élection que toi »[12],[13].

Le 18 mai 2021, McCarthy s'oppose à la constitution d'une commission d'enquête bipartite (en) sur les évènements du 6 janvier au Capitole[14]. Il menace aussi tout représentant républicain qui participerait à cette commission bipartite de le retirer des commissions auxquelles il siège[15].

Il suscite une controverse en août 2021 après avoir blagué sur son envie d’agresser physiquement Nancy Pelosi, la présidente démocrate de la Chambre des représentants[16].

Président de la Chambre des représentants des États-Unis[modifier | modifier le code]

McCarthy brandissant le marteau après son élection comme président de la Chambre des représentants.

Les Républicains reprennent le contrôle du Congrès après les élections de 2022 avec 222 sièges contre 213 aux Démocrates. McCarthy est candidat pour devenir speaker du 118e congrès, et succéder à la démocrate Nancy Pelosi. Néanmoins, plusieurs représentants républicains, conservateurs et « anti-establishment » formant le Freedom Caucus, jugeant McCarthy trop modéré et pas assez aligné sur les idées politiques de l'ancien président Donald Trump, annoncent qu'ils voteront contre son élection (en) (Andy Biggs, Matt Gaetz, Ralph Norman, Matt Rosendale, Bob Good et possiblement Mike Collins (en)). McCarthy obtient néanmoins le soutien de Donald Trump qui de plus demande aux républicains dont il est proche, de ne plus s'opposer à cette candidature[17],[18]. Le , en raison de la défection de 19 républicains, il n'obtient que 203 votes en sa faveur au premier tour, et à nouveau 203 votes au second tour sur les 218 nécessaires pour être élu président de la Chambre, tandis que le candidat démocrate Hakeem Jeffries en obtient 212. C'est la première fois depuis 1923 que le speaker n'est pas élu dès le premier tour de scrutin[19],[20]. Il échoue à nouveau le lendemain avec 202 votes contre 212 pour Jeffries, et 20 pour le républicain Jim Jordan. Les cinquième et sixième tours de scrutin donnent les mêmes résultats. Le , il n'obtient que 201 votes au septième tour malgré des concessions politiques. Il tombe à 200 voix au neuvième tour, et conserve ce score durant les deux tours suivants. Après avoir vu son score progresser à 213 puis 214 voix durant le , ce n'est que le qu'il élu président de la Chambre avec 216 voix, au quinzième tour de scrutin[21],[22]. C'est l'élection qui a demandé le plus de tours de scrutin depuis les 44 tours de l'élection de William Pennington (en) à la présidence de la Chambre pour le 36e congrès en 1859-1860[23].

Positionnement politique[modifier | modifier le code]

Environnement[modifier | modifier le code]

Kevin McCarthy défend des positions climatosceptiques[24]. Il est en 2014 l'un des principaux opposants au Clean Power Plan visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre des centrales au charbon. Il s'est opposé aux réglementations sur les fuites de méthane des installations de forage de combustibles fossiles, les jugeant « bureaucratiques et inutiles ». En 2015, lors de l'Accord de Paris sur le climat, McCarthy s'est opposé à la participation des États-Unis aux efforts mondiaux de lutte contre le changement climatique. En 2011, il est l'auteur principal du "Wilderness and Roadless Area Release Act", une législation qui retirerait le statut protégé de 60 millions d'acres de terres publiques.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

Kevin McCarthy a reçu des dons de campagne de la part de lobbyistes de l'Arabie saoudite pour le financement de ses campagnes électorales[25].

En juin 2016, il affirme lors d'une réunion avec des élus républicains que Donald Trump est « payé par Poutine »[26].

Il exprime en 2019 son soutien aux manifestations à Hong Kong contre le gouvernement chinois[27]. Il applaudit l'assassinat du général iranien Qassem Soleimani en janvier 2020[28].

Il se déclare favorable à l'annexion de la Cisjordanie par Israël. Il signe en 2020 une lettre adressée au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou réaffirmant « l'alliance inébranlable entre les États-Unis et Israël »[29].

Questions sociales[modifier | modifier le code]

Il milite pour l'abrogation de la loi sur la protection des patients et les soins abordables, surnommée l'Obamacare[30].

Face à l’administration Biden, il combat notamment la loi « Build Back Better » (en). La loi, avec un budget de 1,7 mille milliards de dollars, prévoit l’école maternelle pour tous les enfants de 3 et 4 ans, l'amélioration de la couverture maladie et des investissements significatifs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. McCarthy qualifie la loi d’« arnaque dépensière socialiste »[31]. En , le jour du vote à la Chambre, McCarthy parle pendant près de 8 heures et demi pour empêcher le vote. Il établit un nouveau record du discours le plus long à la Chambre. La loi est approuvée par la Chambre après le discours de McCarthy[32].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié depuis 1992 avec Judy Wages, avec qui il a deux enfants, un garçon et une fille[33],[34].

Il est baptiste et membre de la Valley Baptist Church (Southern Baptist Convention) à Bakersfield (Californie)[réf. nécessaire].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Susan Cornwell, « Republican Rep. Labrador running for House majority leader post », sur Reuters,
  2. (en) Matt Fuller, « Pete Sessions Drops Out of Majority Leader Race, Clearing Way for Kevin McCarthy », sur Roll Call,
  3. (en) Markus Schmidt, « Cantor to resign from Congress Aug. 18 », sur Richmond Times-Dispatch,
  4. a et b (en) « Can Kevin McCarthy instill a California mind-set in his House GOP colleagues? », sur Los Angeles Times,
  5. a et b (en) Anna Palmer, John Bresnahan et Jake Sherman, « Kevin McCarthy wins House majority leader race », sur Politico,
  6. (en) Eric Ostermeier, « Kevin McCarthy Becomes Least Tenured Floor Leader in US House History », sur Smart Politics — Université du Minnesota,
  7. (en) Igor Bobic, « Kevin McCarthy Is The Least Tenured House Majority Leader Ever », sur Huffington Post,
  8. (en) Elahe Izadi, « Boehner: McCarthy would make excellent speaker », sur The Washington Post,
  9. (en) Paul Kane, « Kevin McCarthy formally announces bid for House speaker », sur The Washington Post,
  10. (en) Jennifer Steinhauer et David M. Herszenhorn, « Kevin McCarthy Withdraws From Speaker’s Race, Putting House in Chaos », sur The New York Times,
  11. (en) Jake Sherman, Anna Palmer et Lauren French, « Ellmers thanks lawmakers for 'prayers' amid affair rumors », sur Politico,
  12. a b c et d (en) Nicholas Fandos, « Herrera Beutler Says McCarthy Told Her Trump Sided with Capitol Mob », The New York Times,
  13. a et b (en) Louise Hall, « Jaime Herrera Beutler: Who is congresswoman who revealed Trump-McCarthy call? », The Independent,
  14. Gilles Paris, Les républicains s'opposent à une enquête sur l'assaut du Capitole, Le Monde, 20 mai 2021, p. 5
  15. (en) Jamie Gangel, « McCarthy threatens to strip GOP members of committee assignments if they accept an offer from Pelosi to serve on 1/6 commission », CNN,
  16. « Kevin McCarthy blague sur son envie de frapper Nancy Pelosi », sur La Presse,
  17. (en) Julia Shapero, « Trump tells GOP congressional supporters to cease McCarthy opposition: Breitbart interview »,
  18. (en) Nathaniel Rakich, « How Kevin McCarthy Could Lose The Election For Speaker Of The House », FiveThirtyEight,
  19. « Le républicain Kevin McCarthy, mis en difficulté par son camp, échoue à devenir dès le premier tour « speaker » de la Chambre des représentants des Etats-Unis », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. « Les républicains se déchirent, McCarthy pas élu Speaker après deux tours », sur www.20minutes.fr, (consulté le )
  21. « Congrès américain : Kevin McCarthy élu président de la Chambre des représentants », sur France 24, (consulté le )
  22. « Etats-Unis : le républicain Kevin McCarthy devient finalement président de la Chambre des représentants, au prix de concessions à l'aile conservatrice de son parti », sur Franceinfo, (consulté le )
  23. (en) « Speaker Elections Decided by Multiple Ballots », Chambre des représentants des États-Unis
  24. (en) « Meet the Republicans in Congress who don't believe climate change is real », sur the Guardian,
  25. https://www.voanews.com/a/report-says-saudi-hired-lobbyists-give-millions-to-influence-us-congress/4635576.html
  26. https://www.washingtonpost.com/world/national-security/house-majority-leader-to-colleagues-in-2016-i-think-putin-pays-trump/2017/05/17/515f6f8a-3aff-11e7-8854-21f359183e8c_story.html
  27. https://apnews.com/article/nba-ap-top-news-sports-asia-houston-basketball-9c3df9a26a464a86990b59f89602b854
  28. https://www.factcheck.org/2020/01/pelosi-did-not-defend-soleimani/
  29. https://www.jpost.com/middle-east/republicans-sign-letter-backing-israels-right-to-set-its-own-borders-632426
  30. https://www.cbsnews.com/news/house-republicans-confident-new-health-care-bill-will-pass/
  31. Pierre Barbancey, « États-unis. La question du plan social divise les démocrates », sur L'Humanité,
  32. (en) Kieran Corcoran, « Kevin McCarthy breaks record for longest House speech, talking for more than 8 hours to obstruct Biden's social-spending bill », Business Insider,
  33. (en) Barbara L Crider, « Who Is Kevin McCarthy’s Wife, Judy Wages? Where Is She Now? », sur vizaca.com,
  34. (en) Vincent Appiah, « Kevin McCarthy Children: Meet Connor McCarthy And Meghan McCarthy », sur abtc.ng,

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]