Kernascléden

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Kernascléden
Kernascléden
L'église Notre-Dame, vue de la façade ouest.
Blason de Kernascléden
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Pontivy
Intercommunalité Communauté de communes Roi Morvan Communauté
Maire
Mandat
Christophe Cararic
2020-2026
Code postal 56540
Code commune 56264
Démographie
Gentilé Kernascléen, Kernascléenne
Population
municipale
391 hab. (2018 en diminution de 15 % par rapport à 2013)
Densité 42 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 00′ 25″ nord, 3° 19′ 11″ ouest
Altitude 100 m
Min. 89 m
Max. 163 m
Superficie 9,26 km2
Type Commune rurale
Aire d'attraction Commune hors attraction des villes
Élections
Départementales Canton de Gourin
Législatives Sixième circonscription
Localisation
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Kernascléden

Kernascléden [kɛʁnaskledɛn] est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Cette commune doit sa renommée à son église de style gothique flamboyant surnommée la « chapelle aux mille clochetons ». Des gens viennent parfois de très loin pour y admirer notamment une de ses fresques du XVe siècle représentant une danse macabre. La construction d'un édifice de cette importance dans un endroit aussi isolé n'aurait sans doute pas été rendu possible sans la volonté des Rohan, la famille princière alors la plus puissante de Bretagne après celle des ducs.

Toponymie[modifier | modifier le code]

L’orthographe bretonne du nom de la commune est Kernaskledenn. Sur place et dans les communes alentour, les gens disent Karnasenn (prononcé [ˈkaːɾnasən]). Vers 1420, dans l'acte autorisant la construction de l'actuelle chapelle, ce nom est orthographié Kernasquéden. Il pourrait s'agir de la contraction de l'expression bretonne « Ker-ar-Skéden » dont la traduction en français est « village de la statue »[1]. Autre hypothèse, il pourrait s'agir de la contraction de « Ker-an-askledenn » dont la traduction en français serait « village de l'écluse ».

Il faut retenir Ker an ascloedenn signifiant éclat de bois, référence donnée par Jean Yves Le Moing dans les noms de lieux de Bretagne. Par éclat de bois on entend plusieurs parties d'un grand bois qui furent conservées lors des grands défrichements des XIIIe et XIVe siècles.

Géographie[modifier | modifier le code]

Kernascléden est une commune rurale relativement peu étendue située dans la vallée du Scorff et se rattachant par ses traditions au pays Pourlet. Le bourg est de taille modeste. La commune compte, outre le bourg, une vingtaine d'écarts : Brangolo, Kerchopine, Kerbourg, Manéglau, Canquisquelen, Manério, Porh Pimpec, Guernebos, La Maison Blanche, Kerven Cleuzio, Kerven er Lann, Kerihuel, Kerlouarny, Kermaria, Kermonac'h. Le cours du Scorff matérialise la limite sud de la commune et la sépare d'Inguiniel. Le bourg est situé à vol d'oiseau à 12,6 km à l'est du Faouët, à 10,8 km à l'ouest de Guémené-sur-Scorff et à 29,3 km au nord de Lorient [2].

carte de la commune de Kernascléden.
Communes limitrophes de Kenascléden
Saint-Caradec-Trégomel
Berné Kenascléden Lignol
Inguiniel

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Kernascléden est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[3],[4],[5]. La commune est en outre hors attraction des villes[6],[7].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Le tableau ci-dessous présente l' occupation des sols de la commune en 2018, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC).

Occupation des sols en 2018
Type d’occupation Pourcentage Superficie
(en hectares)
Tissu urbain discontinu 3,0 % 28
Terres arables hors périmètres d'irrigation 31,8 % 294
Prairies et autres surfaces toujours en herbe 14,0 % 129
Systèmes culturaux et parcellaires complexes 22,0 % 203
Surfaces essentiellement agricoles interrompues par des espaces naturels importants 13,3 % 123
Forêts de feuillus 3,8 % 35
Forêts de conifères 6,3 % 58
Forêts mélangées 1,0 % 9
Landes et broussailles 0,9 % 8
Forêts et végétation arbustive en mutation 4,0 % 37
Source : Corine Land Cover[8]

Climat de Kernascléden[modifier | modifier le code]

Le climat de Kernascléden est un climat tempéré de type océanique. Les hivers y sont majoritairement doux (moyenne des températures (1981-2010) sur l'hiver : 9,6 °C) et assez pluvieux (moyenne pluviométrique 1981-2010) sur l'hiver : 422,4 mm).

Les étés sont doux et peu pluvieux (moyenne des températures (1981/2010) sur l'été: 21,9 °C) et peu pluvieux (moyenne pluviométrique (1981/2010) sur l'été: 191,1 mm).

Sur l'année, Kernascléden reçoit environ 1 230 mm de pluie, la température moyenne est de 11,9 °C[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

La construction à Kernascléden d'un premier sanctuaire chrétien, dédié à la Vierge Marie, fut à l'origine de la création d'un pèlerinage à une date indéterminée dans la localité. L’importance de ce pèlerinage a nécessité la construction d’un hôpital pour accueillir pèlerins et malades. Le commerce a pris un essor important et ceci a amené à la construction d’une halle où s'y tenait un marché hebdomadaire. Vers 1420, la première chapelle devenue trop petite, vu l’importance du pèlerinage, ou menaçant ruine, la famille de Rohan, propriétaire des lieux, a pris la décision de construire la chapelle actuelle. Le vicomte Alain VIII de Rohan ouvrit un chantier qui allait durer environ 44 ans. La famille de Rohan fit venir ici les meilleurs ouvriers de l’époque. Alain VIII mourut en 1429 et son fils Alain IX prit la suite. Mais la construction fut interrompue, à une certaine période, la famille de Rohan manquant d’argent. La consécration de l’église eut lieu le en présence de Mgr Yves de Pontsal, évêque de Vannes, des membres de la famille de Rohan, de nombreux autres seigneurs des environs et d'une foule certainement considérable. Postérieurement à la consécration, furent appelés les artistes pour réaliser les fresques de la voûte et les peintures murales. La construction de la nouvelle chapelle va autoriser la tenue de quatre grandes foires dans l’année. Ces foires se perpétueront jusqu'au vingtième siècle[1].

« Kernascléden était une simple trève au cœur du domaine des Rohan-Guémené. En 1430, le pape autorise Alain IX à y installer des chapelains. Un "hôpital" [hospice] est créé à côté de l'église, qui était un lieu de pèlerinage. La croisée est timbrée aux armes de Jean V et de Jeanne de France (décédée en 1433). Une grande inscription dans le chœur, datée de 1454, indique une dédicace par l'évêque de Vannes, Yves de Pontsal (...) ; des armoiries (Guémené, Rohan, Bretagne) aux clefs du chœur donnent les dates 1457 - 1462[10]. »

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Henri de Cossé Brissac, qui avait hérité de son père du vaste domaine de Pontcallec, fit construire en 1860 l'école de Kermathias. Par la suite il acheta les halles et les masures qui serraient de trop près la chapelle Notre-Dame de Kernascléden et les fit raser. L'accès a l'édifice en fut ainsi facilité et l'édifice mis visuellement en valeur. Il obtint en 1874 de Monseigneur Becel, évêque de Vannes, l'érection de Kernascléden en paroisse mais ce fut un succès de courte durée. Dès 1883, Monseigneur Becel retira le privilège qu'il avait accordé et Notre Dame de Kernascléden redevint simple chapelle trêviale. Il fut même un temps question d'ériger Kernascléden en commune par démembrement des communes de Saint-Caradec-Trégomel, Berné et Lignol. Une pétition circula en ce sens. Les habitants de Kernascléden firent valoir que 14 foires par an y avaient lieu. Mais le projet n'aboutira pas. Le conseil municipal de Berné s'y opposera fermement. Il écrira noir sur blanc : «S'opposer énergiquement à la distraction demandée qui lui parait présenter plus d'inconvénient que d'utilité pour la section de Pontcallec »[11].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

début du XXe siècle[modifier | modifier le code]

Scènes de la vie quotidienne à Kernascléden au début du XXe siècle.

Kernascléden, jusqu'alors simple trève de Saint-Caradec-Trégomel, sera érigé en paroisse indépendante en 1908 et en commune en 1955.

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Blason ville fr Kernascléden (Morbihan).svg

Les armoiries de Kernascléden se blasonnent ainsi :

Ecartelé : au premier d'azur aux trois chevrons d'argent, au deuxième d'or aux trois macles de gueules, au troisième d'or aux trois mouchetures d'hermine de sable, au quatrième d'azur à la bande ondée d'argent ; sur le tout de gueules à la chapelle du lieu d'argent essorée et maçonnée de sable.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 1989 25 mai 2020 Jean-Jacques Tromilin[12]    
25 mai 2020 En cours Christophe Cararic[13]    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1962. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2006[15].

En 2018, la commune comptait 391 habitants[Note 2], en diminution de 15 % par rapport à 2013 (Morbihan : +2,32 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011 2016
480468468434382355379434404
2018 - - - - - - - -
391--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

    • à l'extérieur, le magnifique chevet plat, le « porche des Hommes » et le « porche des Dames » supportant chacun un gâble délicatement dentelé d'une profondeur leur permettant d'abriter les statues des saints autrefois polychromes. Ces entrées annexes sont situées en façade sud de l'édifice (les femmes, séparées des hommes pendant la messe, se tenaient au fond de la nef avec les enfants), devant un espace dédié aux grandes foires et fêtes du canton. La multitude de pinacles sommant contreforts et autres éléments verticaux est à l'origine du surnom de « chapelle aux mille clochetons ». Le clocher proprement dit, aux dimensions modestes, se trouve dans le même plan que la sobre façade ouest.
    • à l'intérieur, une des deux[18] fresques de la Bretagne représentant une danse macabre persiste et souligne encore le traumatisme de la grande peste de 1356 ; elle se composait à l'origine de 31 personnages (l'Ankou, 15 vifs et 15 morts) auxquels on a ajouté, peints à l'écart, un prédicateur et un mort jouant de la trompette. Cette œuvre peut être datée de la construction de l'église, c'est-à-dire du milieu du XVe siècle et est la seule dans la région à être accompagnée, sur un mur voisin, d'une représentation de l'enfer, particulièrement évocatrice et effrayante pour des fidèles de la fin du Moyen Âge ; fresques d'anges musiciens et d'apôtres recouvrant les voûtes de la nef et du chœur, scènes de la vie de la Vierge et de celle de Jésus scandent piliers et parois.
    Plusieurs éléments du décor peint ont été recopiés au milieu du XXe siècle et seront, peut-être, réinstallés dans le Musée des monuments français rénové de la Cité de l'architecture et du patrimoine (Palais de Chaillot, Paris).
    Selon plusieurs historiens de l'architecture, cette église serait de l'architecte ayant conçu la chapelle Saint-Fiacre, près de la petite ville voisine du Faouët.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Voir Transports à Roi Morvan Communauté

Économie[modifier | modifier le code]

Voir Économie à Roi Morvan Communauté

Télécommunications[modifier | modifier le code]

Voir Télécommunications à Roi Morvan Communauté

Santé[modifier | modifier le code]

Voir Santé à Roi Morvan Communauté

Enseignement[modifier | modifier le code]

Voir Enseignement à Roi Morvan Communauté pour les collèges et lycées.

Culture et loisirs[modifier | modifier le code]

Voir Culture et loisirs à Roi Morvan Communauté

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b bulletins municipaux, HISTOIRE DE KERNASCLÉDEN suivant les écrits de Bénoni LAVOLÉ
  2. « Calcul de distance entre deux villes » (consulté le 8 décembre 2018)
  3. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 31 mars 2021).
  4. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 31 mars 2021).
  5. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 31 mars 2021).
  6. « Base des aires d'attraction des villes 2020. », sur insee.fr, (consulté le 31 mars 2021).
  7. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 31 mars 2021).
  8. « Données statistiques sur les communes de Métropole ; Répartition des superficies en 44 postes d'occupation des sols (métropole) », sur CORINE Land Cover, (consulté le 19 avril 2021).
  9. Meteo France, « CLIMAT %%% par Météo-France - Normales et relevés sur la station de %%% », sur www.meteofrance.com (consulté le 14 septembre 2017).
  10. André Mussat, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Editions Ouest-France, , 380 p. (ISBN 978-2-737-31932-7, OCLC 34611255).
  11. Pontcallec, un lieu d'histoire et de mémoire, sœur Marie Béatrice, Liv'éditions, pages 293-294, 2017
  12. « Municipales à Kernascléden. Jean-Jacques Tromilin a été réélu maire », Ouest-France, 30 mars 2014.
  13. « Kernascléden. Christophe Cararic est élu nouveau maire », sur Ouest-France, (consulté le 26 mai 2020).
  14. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  18. La seconde est visible dans la chapelle de Kermaria an Iskuit en Plouha (Côtes-d'Armor)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Huitorel (J.-M.), Herléan (C.), Kernascléden, éditions Ouest-France, Rennes, 1996, (ISBN 2-7373-1938-2).

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]