Kenzō Takada

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Kenzō Takada
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Kenzō Takada en 2017
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
高田賢三Voir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Domicile
Formation
Himejinishi High School (d)
Université municipale de langues étrangères de Kōbe
Bunka Fashion College (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Domaines
Distinctions

Kenzō Takada (高田 賢三, Takada Kenzō?), né le à Himeji (Japon) et mort le à Neuilly-sur-Seine (France), est un styliste japonais ayant fait carrière en France. Il est le fondateur de la marque de vêtements, d'accessoires et de parfums Kenzo.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Cinquième d'une famille de sept enfants, Kenzō Takada naît le à Himeji au Japon[1]. Son enfance se déroule dans le village de Hyago, près du château médiéval de Himeji[2]. Son père y possède une machiya, maison de thé. Kenzō Takada se passionne très tôt pour la mode, notamment à travers les magazines de ses sœurs. Il est étudiant à l'université de Kobe, mais il s'y ennuie considérablement. Contre l'avis familial, il quitte alors l'université pour rejoindre une école de mode, le Bunka Fashion College (en) de Tokyo, qui vient d'ouvrir ses portes à la gent masculine[3].

Débuts parisiens[modifier | modifier le code]

Une fois son diplôme acquis, Kenzō Takada s'installe à Paris vers le milieu des années 1960, non sans quelques difficultés d'adaptation. Il lui faut alors se faire une place dans le milieu de la mode. Il est embauché chez Pisanti, marque de prêt-à-porter féminin. Il commence à assister à des défilés, à se faire des contacts dans le milieu et parvient à vendre quelques croquis à Louis Féraud[3] et à Jacques Delahaye. Il obtient un stage de styliste chez Renoma, marque de prêt-à-porter très en vogue à l'époque.

Premiers défilés[modifier | modifier le code]

Ce n'est qu'en 1970 que Kenzō Takada présente son premier défilé dans sa première boutique baptisée JAP, dans la galerie Vivienne. En 1971, il ouvre une seconde boutique JAP, à Saint Tropez (Var). En 1972, il ouvre une nouvelle boutique JAP, dans le passage Choiseul (2e arrondissement de Paris)[3] puis en 1973, une boutique JAP au 2 rue du Cherche-Midi à Paris 6e. Et ce n'est qu'en automne 1977 qu'il s'installe dans l'immeuble de la place des Victoires à Paris 1er, sous le nom de JUNGLE JAP.

Boutique Kenzo, 1 rue du Pont-Neuf, Paris.

Pour ses premières réalisations, en , il utilise des cotonnades japonaises et des coupons achetés au marché Saint-Pierre. Les couleurs et les fleurs de ses collections semblent venir de nulle part et secouent le milieu de la mode parisienne. « J'ai délibérément cherché à créer des formes non structurées, à introduire une ampleur nouvelle, en m'appuyant sur la technique du kimono » explique-t-il[4]. Chandails empruntés aux Slaves en 1973, boubous africains en 1976, robes de maharani en 1978, son inspiration est métissée[2].

Diversification[modifier | modifier le code]

Dès 1977, Kenzō Takada se lance dans la commercialisation de parfums avec King Kong qui ne connaît pas le succès espéré, malgré des passages publicitaires remarqués en salles de cinéma, et ce premier parfum est vite abandonné. Ce n'est qu'en 1988, que sort Kenzo de Kenzo, puis d'autres jus encore, les années suivantes, Parfum d'été, Le monde est beau, L'eau de Kenzo, Kenzo Homme, Kashaya, Jungleetc.[2]

En 1993, il vend la marque Kenzo au groupe LVMH de Bernard Arnault[5]. Toutefois, il demeure propriétaire des droits sur nom complet : Kenzo Takada[6].

De 1980 à 1990, il est le compagnon de l'architecte Xavier de Castella de Delley.

En , il lance la marque K3, consacrée à la maison[7].

Mort[modifier | modifier le code]

Le , Kenzō Takada meurt des suites de la Covid-19 à l'hôpital américain de Paris, à l'âge de 81 ans[8],[9]. Sa mort se produit pendant la semaine de la mode parisienne[10].

Il est inhumé dans le caveau de Fabrice Emaer, fondateur de la célèbre boite de nuit « le Palace » rue Montmartre, dans la 95e division du cimetière du Père Lachaise à Paris.

Décorations[modifier | modifier le code]

Préfaces[modifier | modifier le code]

  • Préface de Souvenirs du Japon en couleurs, Éditions Chêne, 2008.
  • Préface de Look at me Tokyo d'Antoine Kruk, Éditions Eyrolles, 2009.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Prisma Média, « Kenzo Takada - La biographie de Kenzo Takada avec Gala.fr », sur Gala.fr (consulté le )
  2. a b et c Quilleriet 1999.
  3. a b et c Boulay 1999.
  4. Sainderichin 1989.
  5. « Kenzo, l'éloge du multiculturalisme », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. Neuer 2013.
  7. « Kenzo Takada ou la fête à la maison », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  8. « Le créateur japonais Kenzo Takada est mort des suites du Covid-19 », sur BFMTV (consulté le )
  9. « Le créateur japonais Kenzo Takada est mort des suites du Covid-19 », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  10. « Le créateur japonais Kenzo Takada est décédé des suites du coronavirus », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  11. Décret du 31 décembre 2015 portant nomination

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Ginette Sainderichin, Kenzo, Éditions du May, .
  • Ginette Sainderichin, Kenzo, Éditions Assouline, .
  • (en) Alicia Drake, The Beautiful Fall: Fashion, Genius and Glorious Excess in 1970s Paris, Bloomsbury Publishing, (lire en ligne), p. 121-122.
  • Kazuko Masui, Kenzo Takada, éditions du Chêne, 2018.

Articles de presse[modifier | modifier le code]

  • Françoise Chirot, « Perspectives Luxe. Le modèle Kenzo. », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Anne-Laure Quilleriet, « Kenzo sans Kenzo. », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Anne Boulay, « Kenzo Takada, 60 ans, quitte le monde de la mode et ses fleurs pour se concocter une existence sans soucis. Au Japonais absent. », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Mylène Sultan, « Dans les murs de... Kenzo. », L'Express,‎ (lire en ligne).
  • Laurence Neuer, « Marque patronymique : comment garder le contrôle ? », Les Échos,‎ (lire en ligne).

Liens externes[modifier | modifier le code]