Kazuo Kuroki

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kuroki.
Kazuo Kuroki
Nom de naissance Kazuo Akimaru
Naissance
Matsusaka (Japon)
Nationalité Drapeau du Japon Japonais
Décès (à 75 ans)
Tokyo (Japon)
Profession réalisateur
Films notables Rōnin-gai

Kazuo Kuroki (黒木 和雄, Kuroki Kazuo?), né le et mort le , est un réalisateur japonais. Fortement marqué par la guerre, Il est connu pour ses films sur les bombardements d'Hiroshima et Nagasaki.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kazuo Kuroki est né le à Matsusaka dans la préfecture de Mie[1], son vrai nom est Kazuo Akimaru[2]. Sa famille déménage en 1934 en Mandchourie où il passe la majeure partie de son enfance, son père est ingénieur pour la société d'électricité Manden (Manchukuo Power Generation Company)[2]. Kazuo Mori connait là un premier drame puisque sa petite sœur âgée de trois ans se tue en tombant d'une fenêtre de l'appartement familial située au troisième étage à Changchun. La mort de sa sœur est son premier souvenir[1],[2].

Changeant d'école au gré des mutations de son père, Kazuo Kuroki est un élève peu assidu, il fait souvent l'école buissonnière pour aller voir des films au cinéma. Inquiets, ses parents le renvoient au Japon en 1942 auprès de ses grands-parents maternels à Ebino dans la préfecture de Miyazaki[1],[2]. Il est scolarisé à l'école de Kobayashi puis, vers la fin de la guerre, il est mobilisé pour travailler à l'usine Kawasaki Kōkuki qui fabrique des avions militaires[2]. Le , Kazuo Kuroki va vivre ce qu'il appellera « la pire tragédie de sa vie » lorsque se rendant à l'usine avec des camarades, un raid de bombardiers américains survient. Onze de ses amis perdent la vie[1],[2].

Après avoir entamé des études de sciences politiques à l'université Dōshisha, Kazuo Kuroki s'oriente rapidement vers le cinéma et s'engage avec Iwanani Production (Iwanami Eiga), une branche de Iwanami Shoten consacrée à la réalisation de documentaires éducatifs et de relations publiques, où il travaille comme monteur et assistant réalisateur[3]. Il réalise son premier film en 1958, un documentaire de relations publiques nommé Electric Rolling Stock of Toshiba[1]. Kuroki quitte Iwanani au début des années 1960 et travaille par la suite en indépendant. Un des plus remarquables documentaires réalisés durant cette période est sans doute Chronique d'un coureur de marathon (1964) sur l'athlète olympique japonais Kenji Kimihara[3].

En 1966, il réalise Le Silence sans ailes, son premier long métrage de fiction, un film qui explore les thèmes de l'héritage de la guerre et de la montée du crime organisé international[3]. Dans les années 1970, quatre de ses films sont produits par la société de production indépendante Art Theatre Guild : L'Esprit malin du Japon (1970), L'Assassinat de Ryōma (1974), En attendant la fête (1975) et La Guerre atomique/L'Amour perdu (1978).

Fortement marqué par son expérience vécue le , il est l'auteur d'une trilogie, le Requiem de guerre, comprenant les films Demain - Asu (1988), qui décrit les derniers jours d'une famille vivant à Nagasaki juste avant le bombardement, L'Été d'un garçon en 1945 (2002) qui se rapproche de sa propre expérience durant la guerre et La Face de Jizo (2004) qui décrit une série de discutions imaginaires entre une survivante de Hiroshima et son père tué lors du bombardement[4],[5],[2],[3].

Il meurt le d'une crise cardiaque[4].

Filmographie[modifier | modifier le code]

Courts métrages et documentaires[modifier | modifier le code]

  • 1958 : Electric Rolling Stock of Toshiba (東芝車輌?)
  • 1959 : Le Mur de la mer (海壁, Kaiheki?)
  • 1959 : Arau: Okusama techō (洗う―奥様手帖?)
  • 1960 : Ruporutāju: Honoo (ルポルタージュ・炎?)
  • 1961 : Koi no hitsuji ga umi ippai (恋の羊が海いっぱい?)
  • 1962 : Waga ai Hokkaido (わが愛北海道?)
  • 1962 : Nihon 10 doru ryoko (日本10ドル旅行?)
  • 1963 : Taiyō no ito (太陽の糸?)
  • 1964 : Chronique d'un coureur de marathon (あるマラソンランナーの記録, Aru marason rannā no kiroku?)
  • 1965 : Tanin no chi (他人の血?)
  • 1968 : Isu o sagasu otoko (椅子をさがす男?)

Longs métrages[modifier | modifier le code]

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e (en) « Documentarists of Japan, #16 - Kuroki Kazuo », sur Yamagata International Documentary Film Festival (consulté le 27 juillet 2018)
  2. a b c d e f et g (en) Roman Rosenbaum et Yasuko Claremont, Legacies of the Asia-Pacific War: The Yakeato Generation, Routledge, , 258 p. (ISBN 9781136936210, lire en ligne), p. 201
  3. a b c et d (en) Alexander Jacoby, A Critical Handbook of Japanese Film Directors - From the Silent Era to the Present Day, Stone Bridge Press, , 398 p. (ISBN 978-1-933330-53-2), p. 137-138
  4. a et b « Mort du Japonais Kazuo Kuroki », La Libre Belgique,‎ (lire en ligne)
  5. « Mort du cinéaste japonais Kazuo Kuroki », Libération,‎ (lire en ligne)
  6. Le Silence sans ailes : titre français du film lors de la rétrospective « Le Cinéma japonais » du 19 mars au 29 septembre 1997 au Centre George-Pompidou
  7. Mon amour de Cuba : titre français du film lors de la rétrospective « Le Cinéma japonais » du 19 mars au 29 septembre 1997 au Centre George-Pompidou
  8. L'Esprit malin du Japon : titre français du film lors de la rétrospective « Le Cinéma japonais » du 19 mars au 29 septembre 1997 au Centre George-Pompidou
  9. Les Esprits maléfiques du Japon : titre français du film lors de la rétrospective « Art Theatre Guild of Japan (ATG) ou la fabrique d'auteurs » du 7 juin au 23 juillet 2011 à la MCJP, voir le Catalogue en ligne de la rétrospective sur issuu.com
  10. L'Assassinat de Ryōma : titre français du film lors de la rétrospective « Le Cinéma japonais » du 19 mars au 29 septembre 1997 au Centre George-Pompidou
  11. En attendant la fête : titre français du film lors de la rétrospective « Le Cinéma japonais » du 19 mars au 29 septembre 1997 au Centre George-Pompidou
  12. Les Préparatifs de la fête : titre français du film lors de la rétrospective « Art Theatre Guild of Japan (ATG) ou la fabrique d'auteurs » du 7 juin au 23 juillet 2011 à la MCJP, voir le Catalogue en ligne de la rétrospective sur issuu.com
  13. La Guerre atomique/L'Amour perdu : titre français du film lors de la rétrospective « Le Cinéma japonais » du 19 mars au 29 septembre 1997 au Centre George-Pompidou

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]