Katzenthal

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Katzenthal
Katzenthal : château du Wineck, avec le village en contrebas. À l'arrière-plan: la plaine d'Alsace, où s'étire l'agglomération colmarienne.
Katzenthal : château du Wineck, avec le village en contrebas. À l'arrière-plan: la plaine d'Alsace, où s'étire l'agglomération colmarienne.
Blason de Katzenthal
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine
Département Haut-Rhin
Arrondissement Colmar-Ribeauvillé
Canton Sainte-Marie-aux-Mines
Intercommunalité C.C. de la Vallée de Kaysersberg
Maire
Mandat
Claude ARNOUX
2015-2020
Code postal 68230
Code commune 68161
Démographie
Population
municipale
539 hab. (2013)
Densité 154 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 06′ 30″ N 7° 16′ 58″ E / 48.1083, 7.282848° 06′ 30″ Nord 7° 16′ 58″ Est / 48.1083, 7.2828
Altitude Min. 210 m – Max. 660 m
Superficie 3,5 km2
Localisation

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Katzenthal est une commune française située dans le département du Haut-Rhin, en région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine.

Cette commune se trouve dans la région historique et culturelle d'Alsace.

Géographie[modifier | modifier le code]

Vue depuis le sommet du Galtz, regard vers l’est. À gauche, le village de Katzenthal, reconnaissable à son svelte clocher blanc. Au loin, la plaine d’Alsace, où s’étale l’agglomération de Colmar.

Katzenthal se situe au pied du versant oriental des Vosges, en retrait de la RN 415 (Route des vins d'Alsace) reliant Ingersheim (lointaine banlieue nord-ouest de Colmar) et Ammerschwihr, à l’entrée d’un vallon de 1,5 à 2 km, qui s’étire selon un axe est-ouest et que clôt, à l’ouest, le sommet vosgien du Galtz (alt. 731 m).

C'est une des 188 communes[1] du Parc naturel régional des Ballons des Vosges.

Le vallon s’ouvre à l’ouest sur la plaine d’Alsace, tapissée ici de vignobles[2] sur plusieurs kilomètres vers l’ouest, jusqu’à la zone industrielle nord de Colmar.

Le château de Wineck, sis en contrehaut, surplombe le village et les coteaux de vigne de Katzenthal.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des découvertes néolithiques (c'est-à-dire remontant à 2000 à 1700 av. J.-C.), faites en 1899 sur la colline du Dorfbourg, à quelques centaines de mètres au sud-est du village, et consistant en trois tombes préhistoriques contenant des squelettes et des fragments de vases, attestent que le vallon de Katzenthal a été habité dès la préhistoire.

Vue générale du village, avec l'église Saint-Nicolas. La colline du Dorfbourg est la colline coupée d'une tranchée blanche au second plan à droite. À l'arrière-plan, la plaine d'Alsace et une partie de l'agglomération colmarienne.

Le château du Wineck, autrefois appelé aussi Weineck ou Windeck, qui date de la fin du XIIe siècle, est à l’origine de la localité actuelle. La première mention du village, sous la forme Chacindale, figure dans une charte de 1185 du pape Lucius III. Il se pourrait que cette désignation dérive du nom du premier habitant de l’endroit, un dénommé Chazzo, propriétaire du vallon. En 1212, la localité est évoquée sous la graphie Kancendale, puis, par altérations successives, — où, sans doute, l’étymologie populaire joua un rôle (Katzenthal voulant dire littéralement 'Val-aux-Chats'), — sous les graphies Kazzindal en 1233, Cazzendale en 1240, Kazendal en 1286, Katzental en 1328, et Katzentall en 1659.

Le territoire de Katzenthal, qui était à l’origine propriété d’Eguisheim, fut réuni à celui d’Ingersheim et le resta jusqu’à la Révolution française. Purent par la suite acquérir, par voie de donation, des biens sur le territoire de Katzenthal : l’abbaye de Pairis (fin XIIe et milieu XIIIe), le couvent de Marbach (début XIIIe), et le couvent Saint-Jean de Colmar.

En 1220 fut fondé le couvent des dominicaines Sainte-Catherine (les « Catherinettes »), assemblée de femmes pieuses dont sainte Catherine était la patronne. Une querelle opposa en 1249 ce couvent au seigneur local Reichard vom Winneg, querelle qu’arrangea un seigneur de Schauenberg. En 1288, le couvent des dominicaines Sainte-Catherine fut transféré à Ammerschwihr, puis, en 1312, d’Ammerschwihr à Colmar, où il se maintint jusqu’en 1790. À l’heure actuelle, le couvent est une école, et l’église a été aménagée en salle de concert municipal (salle des Catherinettes).

En 1251, la seigneurie de Windeck fut donnée en fief à Ulrich Ier, comte de Ferrette, qui la vendit en 1271 à l’évêque de Bâle, Heinrich de Neuchâtel, mais l’obtint de nouveau en fief. En 1324, par suite de mariage, la seigneurie du Windeck, ainsi que le Sundgau, revint à Albert II le Sage, duc d’Autriche, époux de la comtesse héréditaire Jeanne de Ferrette. À partir de 1349 et jusqu’à 1364, une partie de la seigneurie de Windeck est administrée par les seigneurs de Ribeaupierre. En 1361, Rudolf IV, archiduc d’Autriche, fait cadeau du château de Windeck aux seigneurs de Rathsamhausen.

Dans différents documents à partir de 1502, le château du Wineck était donné pour une ruine. En 1595, il fut procédé, par les seigneurs de Rathsamhausen, à l’édification d’un nouveau château dans l’actuelle Grand’Rue[3].

Katzenthal fit définitivement partie, après 1521, de la seigneurie de Hohlandsbourg détenue, tour à tour, par les comtes de Lupfen, le baron Lazare de Schwendi (1563), ses descendants, puis par la ville de Colmar jusqu’en 1789.

En 1914, des chasseurs alpins français, descendus de Trois-Épis, s’emparèrent le 20 août de Katzenthal et y jouèrent la Marseillaise. Cependant, les Allemands reprirent le village huit jours plus tard après un combat qui se solda par 16 morts côté français.

À la Libération, lors des combats et des bombardements associés à la bataille de la Poche de Colmar, qui fit rage du 5 décembre 1944 au 4 février 1945, le village fut dévasté à 90 %. Les dégâts nécessitèrent des travaux de reconstruction qui se prolongèrent jusqu’en 1956. À Colmar, le 14 juillet 1949, le général de Lattre de Tassigny décerna aux représentants de la commune la croix de guerre avec étoile de vermeil[4].

Depuis 1986, Katzenthal, avec plusieurs autres communes de Haute-Alsace, est membre de la Fédération des villes de Lazare de Schwendi, qui réunit des communes et des villes de France, de Belgique et d’Allemagne, qui ont fait partie des anciennes seigneuries du diplomate et humaniste Lazare de Schwendi ou qui, de quelque manière, ont eu des rapports très étroits avec lui.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Katzenthal

Les armes de Katzenthal se blasonnent ainsi :
« D'azur à une lune versée d'argent sommée d'une croix pattée d'or. »[5]

La matérialisation la plus ancienne connue du blason de Katzenthal date de 1659, à savoir un sceau frappé aux armes du village et conservé au musée de Colmar. La commune est représentée par une croix dorée sur fond bleu avec une demi-lune argentée.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Budget et fiscalité 2014[modifier | modifier le code]

Mairie-école. Remarquer à l'arrière-plan le donjon du château du Wineck, entouré des vignobles du Schlossberg-Wineck.

En 2014, le budget de la commune était constitué ainsi[6] :

  • total des produits de fonctionnement : 475 000 €, soit 855 € par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 371 000 €, soit 667 € par habitant ;
  • total des ressources d’investissement : 280 000 €, soit 503 € par habitant ;
  • total des emplois d’investissement : 155 000 €, soit 279 € par habitant.
  • endettement : 2 000 €, soit 4 € par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d’habitation : 14,13 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 15,03 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 69,86 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 0,00 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 0,00 %.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001 avril 2008 Marius Eckle    
avril 2008 juin 2015 Nicole Tisserand   (démission)
septembre 2015 2020 Claude Arnoux    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2013, la commune comptait 539 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
432 492 570 520 609 652 611 608 609
1856 1861 1866 1871 1875 1880 1885 1890 1895
555 578 600 571 541 535 550 544 553
1900 1905 1910 1921 1926 1931 1936 1946 1954
534 521 509 475 469 462 462 316 417
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2008 2012
463 483 528 505 505 497 544 553 538
2013 - - - - - - - -
539 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[7] puis Insee à partir de 2004[8].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Le Château du Wineck[modifier | modifier le code]

Article principal : Château de Wineck (Katzenthal).
Château du Wineck.

Le château-fort ruiné de Wineck[9], que l’on retrouve dans les documents anciens également sous les noms de Windeck ou Weineck (et qu'il faut se garder de confondre avec le Château de Wineck, sur la commune de Dambach, tout au nord de l'Alsace, dans le département du Bas-Rhin), surplombe le village et le vignoble de Katzenthal[10],[11]. Il est le seul château d’Alsace à être cerné de coteaux de vignes, et le célèbre grand cru Wineck-Schlossberg en tire son nom.

Construit vers 1200 par les comtes d’Eguisheim-Dabo, il est cité pour la première fois dans les annales en 1251, lorsque le comte Ulrich de Ferrette donne le château à l’évêque de Strasbourg. Tenu en arrière-fief par les chevaliers de Wineck, famille patricienne de Colmar, il devient au milieu du XIVe siècle propriété des barons de Rathsamhausen, qui le conservent jusqu’en 1828, c’est alors la famille de Gail qui en est propriétaire jusqu’en 1864[12].

Se composant à l’origine seulement d’un donjon et d'un modeste logis, le château fut ensuite, au XIVe siècle, agrandi et entouré d’une muraille d’enceinte, tandis qu’une seconde enceinte fut érigée qui délimitait la basse cour. Le château comprend aujourd’hui un rempart en fer à cheval et, se dressant sur la face nord, un donjon de 21 mètres de haut.

La Société pour la conservation des monuments historiques d'Alsace l’acquiert en 1866 ; elle en est toujours propriétaire. La commune de Katzenthal a contracté, le 22 juin 2013, un bail emphytéotique de 19 ans avec la Société pour la Conservation des Monuments Historiques d'Alsace[13]. Occupé durant 250 ans, le château est cité comme « démoly » en 1502. Ce témoin de l’Histoire médiévale d’Alsace est restauré depuis 1972 par les Amis du Wineck, « Société pour la Restauration et la Conservation du Château de Katzenthal », qui l’ont tiré de l’oubli et sauvé de la destruction. Il est illuminé tous les soirs de 21 à 24 heures[14].

Église Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

Église Saint-Nicolas.

Katzenthal devint paroisse autonome en 1690, et une nouvelle église — l’édifice actuel —, dédiée à saint Nicolas, fut construite en 1719, à l’initiative du curé Jean Staedler. Le campanile, qui renferme un carillon de 4 cloches, n’a été érigé qu’en 1895. L’église subit de graves dommages en 1944, mais des travaux de reconstruction furent entrepris après la guerre, qui durèrent jusqu’en 1955[15].

L'orgue de l'église, de 1827, était de Jean-Frédéric Verschneider[16],[17].

Autres sites[modifier | modifier le code]

  • Le cimetière attenant à l’église fut créé en 1723.
  • Le presbytère date de 1823[18].
  • La chapelle Notre-Dame-des-Douleurs[19],[20].
  • Monument aux morts[21].
  • Les enseignes de la Grand'Rue[22].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Le chanoine de Lys, cousin de Jeanne d’Arc, administrateur de la paroisse, a laissé un magnifique ciboire classé monument historique[23],[24] .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Liste des 188 communes adhérentes au parc naturel régional des ballons des Vosges, 3ème Charte 2012 - 2024
  2. Le vallon de Katzenthal
  3. « Ancienne cour noble des Rathsamhausen, dite Schlössle », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. Commune décorée de la Croix de guerre 1939 - 1945
  5. Archives Départementales du Haut-Rhin
  6. Les comptes de la commune
  7. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  8. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2007, 2008, 2012, 2013.
  9. Wineck, château-fort
  10. « Château de Wineck », base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Château fort de Wineck », base Mérimée, ministère français de la Culture
  12. « Château du Wineck »
    « Château du Wineck, Katzenthal »
  13. http://www.lalsace.fr/haut-rhin/2013/06/28/la-commune-reprend-les-renes-du-chateau-du-wineck
  14. Texte établi d’après une notice d’information affichée à l’entrée du château.
  15. « église paroissiale Saint-Nicolas », base Mérimée, ministère français de la Culture
  16. « Notice no IM68007340 », base Palissy, ministère français de la Culture Orgue de l'église paroissiale Saint-Nicolas
  17. L'orgue de Jean-Frédéric Verschneider
  18. « presbytère », base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. « Chapelle Notre-Dame-des-Douleurs », base Mérimée, ministère français de la Culture
  20. « Chapelle Notre-Dame-du-Bon-Secours, détruite », base Mérimée, ministère français de la Culture
  21. Monument aux morts
  22. Les belles enseignes de la Grand'Rue
  23. « Notice no PM68000130 », base Palissy, ministère français de la Culture ciboire église paroissiale Saint-Nicolas
  24. « Notice no IM68007348 », base Palissy, ministère français de la Culture Ciboire