Katia Krafft

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Katia Krafft
KatiaKrafft.jpg
Katia Krafft sur le Kīlauea en 1990.
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 49 ans)
Mont UnzenVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Volcano devilsVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Conjoint
Autres informations
Domaine
Distinction
Prix Liotard ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Katia Krafft, née Catherine Joséphine Conrad le à Soultz-Haut-Rhin (Haut-Rhin, Alsace) et morte accidentellement le au Japon, est une volcanologue française à l'origine de l'invention du chromatographe de terrain pour analyser les gaz volcaniques.

Outre le fait que son mari et elle ont beaucoup œuvré pour la démocratisation de la connaissance des volcans[1] en mettant leur propre vie en danger (conditions extrêmes, risques de cratères en fusion), leurs productions et missions de sensibilisation ont permis de sauver des milliers de vies à travers le monde[2].Enfin, en tant que vulcanologue émérite, Katia Krafft permis de démocratiser le métier de volcanologue auprès de la gente féminine.

Une partie de la collection Krafft est à retrouver au Muséum d'histoire naturelle de Paris, qui accueille par dation à l'État une riche collection d'ouvrages originaux et d'iconographies anciennes. Près de deux cent mille clichés et plusieurs centaines de films sont aujourd'hui la propriété de l'association Images et Volcans. À Vulcania, une part de leur très belle collection d'échantillons est présentée au sein de l'exposition permanente, dans un espace qui leur est spécialement consacré[3].

Biographie[modifier | modifier le code]

Dès son enfance, Katia Krafft montre un caractère affirmé jusqu'à parfois être turbulente. Son père et sa mère, respectivement ouvrier et institutrice, souhaitent que leur fille s'assagisse et ils l'envoient donc effectuer une partie de sa scolarité dans une école religieuse. Elle devient institutrice, puis professeur de mathématiques, pour finalement passer le concours de l'École normale en 1957 et suivre des études de physique et de géochimie à l'université de Strasbourg. Elle obtient à vingt ans, pour ses travaux de volcanologie, le prix de la Fondation de la Vocation.

En 1970, elle épouse Maurice Krafft, géologue aussi passionné qu'elle par les volcans.

Durant 25 ans, ils parcourent ensemble le monde, lui privilégiant la caméra, elle l'appareil photo ; ils sont surnommés volcano devils (diables des volcans) par les volcanologues américains et se rendent auprès de tous les volcans en éruption (au maximum huit par an, 175 sur toute leur carrière) excepté ceux d'URSS pour des raisons politiques. Ils donnent de très nombreuses conférences en France et à l'étranger, notamment avec Connaissance du Monde.

En plus d'étudier les volcans, ils s'attachent à transmettre leur savoir, notamment en s'investissant dans le projet Volcania, qui constituera les prémices du Parc Vulcania. Plus particulièrement, Katia est à l'origine de nombreux films qui ont pour but d'expliquer le plus clairement possible les dangers des volcans et est pour cela soutenue par l'UNESCO. Elle illustra également le Guide des volcans d'Europe de son époux, qui participa au renouveau des études géologiques en France et à la vulgarisation de la théorie de la tectonique des plaques.

Elle meurt aux côtés de son mari ; ils sont tous deux emportés par une nuée ardente sur les flancs du mont Unzen au Japon le , tout comme Harry Glicken, spécialiste américain des nuées ardentes. Cette éruption fait également 41 autres victimes. Leurs corps sont retrouvés deux jours après.

Hommages[1][modifier | modifier le code]

Katia Krafft et son époux ont œuvré pour la démocratisation des connaissances sur les volcans et furent souvent récompensés pour leurs travaux comme le où ils reçoivent des mains du président de la République, Valéry Giscard d'Estaing, le Prix Liotard de l'Exploration.

Plusieurs lieux portent également leurs noms : le hall de la Cité du Volcan situé sur l'île de La Réunion au Bourg-Murat dont les deux volcanologues avaient initié le projet, l'école de Soultz-Haut-Rhin (Haut-Rhin, Alsace), le collège de Pfastatt (Haut-Rhin, Alsace), le collège du quartier de La Devèze à Béziers (Hérault), l'école primaire d'Houdemont en Meurthe-et-Moselle.

Enfin, une stèle est visible au pied du mont Unzen, où sont également inscrits en caractères japonais et latin les noms des autres victimes.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Avec Maurice Krafft :
    • À l'assaut des volcans, Islande, Indonésie, Paris, Presses de la Cité, 1975, 112 p.
    • Préfacé par Eugène Ionesco, Les Volcans, Paris, Draeger-Vilo, 1975, 174 p.
    • La Fournaise, volcan actif de l'île de la Réunion, Saint-Denis, Éditions Roland Benard, 1977, 121 p.
    • Volcans, le réveil de la Terre, Paris, Hachette-Réalités, 1979, 158 p.
    • Dans l'antre du Diable : volcans d'Afrique, Canaries et Réunion, Paris, Presses de la Cité, 1981, 124 p.
    • Volcans et tremblements de terre, Paris, Les Deux Coqs d'Or, 1982, 78 p.
    • Volcans et dérives des continents, Paris, Hachette, 1984, 157 p.
    • Les plus beaux volcans, d'Alaska en Antarctique et Hawaï, Paris, Solar, 1985, 88 p.
    • Volcans et éruptions, Paris, Hachette-Jeunesse, 1985, 90 p.
    • Les Volcans du monde, Vevey-Lausanne, Éditions Mondo, 1986, 152 p.
    • Objectif volcans, Paris, Nathan Image, 1986, 154 p.
    • Führer zu den Virunga Vulkanen, Stuttgart, F. Enke, 1990, 187.
  • Avec Gilles Bachelet (illustrations) :
    • Le monde merveilleux des volcans, Paris, Éditions Hachette Jeunesse, Collection Réponses aux « dis, pourquoi..? » des 5-8 ans, 1984, 58 p.
  • Avec Maurice Krafft et François-Dominique de Larouzière :
    • Guide des volcans d'Europe et des Canaries, Neuchätel : Delachaux et Niestlé, 1991, 455 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b J. Fiasson, « Maurice Krafft. — Guide des volcans d'Europe [compte rendu] », Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, vol. 44, no 8,‎ , p. 248-249 (lire en ligne, consulté le 16 octobre 2020).
  2. Pénélope Bagieu, Les culottées.
  3. « Biographie des volcanologues Maurice et Katia Krafft : Vulcania Science », Science.vulcania.com (consulté le 16 octobre 2020).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Madeleine Conrad, Maurice et Katia Krafft, histoires d'une passion, Jérôme Do Bentzinger, 2001, 141 p. (ISBN 978-2846290395).
  • Michel Loetscher, « Katia et Maurice Krafft, danseurs de volcans », in Saisons d'Alsace, no 11, 2001.
  • Christine Muller, « Katia Krafft » in Femmes d'Alsace : de Sainte Odile à Katia Krafft... Portraits de femmes rebelles, Éditions Place Stanislas, 2009, p. 273-282 (ISBN 978-2-35578-039-4).
  • Jean Vogt, « Katia et Maurice Krafft, », in Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 22, p. 2097
  • Pénélope Bagieu, « Katia Krafft, volcanologue », dans Culottées 2 - Des femmes qui ne font que ce qu'elles veulent, Gallimard, (ISBN 9782075079846) (bande dessinée)
  • Katia Krafft, volcanologue, sur le blog de P. Bagieu

Liens externes[modifier | modifier le code]