Kathleen Lonsdale

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Kathleen Lonsdale née Yardley ( - ) est une chimiste britannique renommée pour ses travaux en cristallographie. Elle est l'une des deux premières femmes à être admises à la Royal Society en 1945.

Biographie[modifier | modifier le code]

Kathleen Lonsdale est née en 1903 à Newbridge, dans le comté de Kildare en Irlande, dixième enfant d'Harry Yardley, directeur de la poste de la ville, et de Jessie Cameron. Sa famille déménage en Angleterre en 1908. Elle est scolarisée à la Woodford County High School pour filles, puis à l'Ilford County High School pour garçons afin d'étudier les mathématiques et les sciences, car ces disciplines ne figurent pas au programme des écoles de filles.

Elle obtient son B.Sc. au Bedford College for Women en 1922, étudiant par la suite la physique et obtenant un M.Sc. à l'University College de Londres en 1924. Elle rejoint ensuite l'équipe de recherche en cristallographie dirigée par William Henry Bragg à la Royal Institution. En 1927, elle épouse Thomas Jackson Lonsdale. Ils ont trois enfants (Jane, Nancy et Stephen), le dernier deviendra médecine et travaillera plusieurs années au Malawi.

Bien qu'élevée dans la religion baptiste, Kathleen Lonsdale devient Quaker en 1935, avec son mari. Tous deux sont engagés dans la mouvance pacifiste et sont attirés par le quakerisme pour cette raison. Elle est emprisonnée un mois à la prison de Holloway durant la Seconde Guerre mondiale pour refus de s'inscrire au registre des devoirs de défense civile ou de payer une amende pour refus d'inscription. À la réunion annuelle des Quakers britanniques en 1953, elle prononcera le discours d'ouverture (Swarthmore Lecture) titré Removing the Causes of War.

Elle travaille à l'Université de Leeds à la fin des années 1920, puis est presque une mère au foyer à temps plein au début des années 1930 et retourne travailler dans l'unité de recherche de Bragg à la Royal Institution en 1934. Elle obtient son doctorat en sciences à l'University College de Londres en 1936, alors qu'elle travaille à la Royal Institution. En plus de la découverte de la structure du benzène et de l'hexachlorobenzène, Lonsdale travaille sur la synthèse de diamants. Elle est une des pionnières dans l'utilisation des rayons X pour étudier les cristaux. Lonsdale devient l'un des deux premières femmes Fellows of the Royal Society en 1945 (l'autre étant la biochimiste Marjory Stephenson).

En 1949, Lonsdale devient professeur de chimie à la tête du département de cristallographie de l'University College de Londres. Elle est la première femme professeur de cette université, poste qu'elle conservera jusqu'en 1968 où elle est nommée professeur émérite.

Royal Society[modifier | modifier le code]

En 1902, Hertha Ayrton avait été la première femme à être proposée en tant que fellow de la Royal Society, mais les avocats de la Society étaient parvenus à justifier qu'une femme ne puisse pas y être admise. Le Sex Disqualification (Removal) Act 1919 et le Privy Council établissent, en 1929, l'égalité de la femme et rendent ces arguments obsolètes, mais ce n'est qu'en 1943 que, interpellée par un article critique de Jack Haldane dans le Daily Worker, la Royal Society reconnaît que les femmes peuvent être admises comme fellows. Lonsdale est ainsi élue en 1945, en même temps que Marjory Stephenson [1].

Publications partielles[modifier | modifier le code]

  • "The Structure of the Benzene Ring in Hexamethylbenzene," Proceedings of the Royal Society 123A: 494 (1929).
  • "An X-Ray Analysis of the Structure of Hexachlorobenzene, Using the Fourier Method," Proceedings of the Royal Society 133A: 536 (1931).
  • Simplified Structure Factor and Electron Density Formulae for the 230 Space Groups of Mathematical Crystallography, G. Bell & Sons, London, 1936.
  • "Diamonds, Natural and Artificial," Nature 153: 669 (1944).
  • "Divergent Beam X-ray Photography of Crystals," Philosophical Transactions of the Royal Society 240A: 219 (1947).
  • Crystals and X-Rays, G. Bell & Sons, London, 1948.
  • Removing the Causes of War, 1953.

Postérité[modifier | modifier le code]

Le cratère vénusien Lonsdale a été nommé en son honneur.

Une des formes allotropiques du carbone pur a été nommée en son hommage, la Londsaléite.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. J. Mason 1996 Marjory Stephenson,1885–1948. In E. Shils and C. Blacker (eds.) Cambridge Women. Cambridge: Cambridge University Press, 113-135.

Liens externes[modifier | modifier le code]