Katherine Johnson

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Katherine Johnson
Katherine Johnson in 2008.jpg
Katherine Johnson en 2008.
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Médaille présidentielle de la Liberté ()
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Katherine Coleman Goble Johnson est une physicienne, mathématicienne et ingénieure spatiale américaine, née le à White Sulphur Springs en Virginie-Occidentale. Elle contribue aux programmes aéronautiques et spatiaux de la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) puis de la National Aeronautics and Space Administration (NASA).

Réputée pour sa fiabilité dans la navigation astronomique informatisée, elle conduit des travaux techniques à la NASA qui s'étalent sur des décennies. Durant cette période, elle calcule et vérifie les trajectoires, les fenêtres de lancement et les plans d'urgence de nombreux vols du programme Mercury, dont les premières missions de John Glenn et Alan Shepard, et des procédures de rendez-vous spatial pour Apollo 11 en 1969[1] jusqu'au programme de la navette spatiale américaine[2],[3],[4]. Ses calculs furent essentiels à la conduite effective de ces missions[2]. Elle travaille enfin sur une mission pour Mars.

En 2005, elle reçoit la médaille présidentielle de la Liberté.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse et formation[modifier | modifier le code]

Katherine Coleman est née en 1918 à White Sulphur Springs, dans le comté de Greendrier en Virginie-Occidentale[5], et est la cadette de trois frères et sœurs. Son père, Joshua Coleman, est bûcheron et fermier et travaille à l'hôtel The Greenbrier. Sa mère, Joylette Coleman, est anciennement enseignante[5],[6].

Très tôt, Katherine montre un talent pour les mathématiques. Ses parents l'encourage à étudier. Comme le comté de Greenbrier ne propose pas d'établissement scolaire public pour les jeunes Afro-Américains après le collège, les parents Coleman envoient leurs enfants au lycée communal d'Institute (en), dans le comté de Kanawha, toujours en Virginie-Occidentale, et sur le campus de la West Virginia State College (WVSC), sur l'actuelle université d'État de Virginie-Occidentale. Katherine n'a que dix ans à l'époque de son admission. La famille partage ainsi son temps entre Institute pendant l'année scolaire et White Sulphur Springs durant l'été.

Katherine obtient son baccalauréat à l'âge de quatorze ans, puis elle intégre l'université d'État de Virginie-Occidentale, une université traditionnellement noire[7]. Elle s'inscrit à tous les cours de mathématiques proposés par l'université. De nombreux professeurs la prennent sous leur aile, dont la chimiste et mathématicienne Angie Turner King (en) et W.W. Schiefflin Claytor, troisième étudiant afro-américain à obtenir un doctorat en mathématiques. Claytor rajoute de nouveaux cours de maths spécialement pour Johnson et est son mentor durant tout le lycée[8]. Elle obtient son diplôme de mathématiques et de français avec summa cum laude (« avec la plus haute louange ») en 1937, à l'âge de dix-huit ans[6],[9]. Elle déménage ensuite déménagé à Marion, en Virginie, pour enseigner les mathématiques, le français et la musique dans une école publique en Virginie[7].

En 1939, après un premier mariage avec James Goble, elle quitte son poste d'enseignante pour intégrer le programme de mathématiques de l'université de Virginie-Occidentale, à Morgantown, puis elle arrête au bout de la première session pour fonder une famille. À l'époque, elle est l'une des trois étudiants afro-américains, et la seule femme, à être sélectionnée pour intégrer l'université, par le président de l'État de Virginie-Occidentale John W. Davis[7] sur décision de la Cour suprême des États-Unis[6],[10]. D'après la décision de la Cour, rendue lors de l'affaire Missouri ex rel. Gaines v. Canada (en)[11] (1938), les États qui comptent une école pour étudiants blancs doivent également fournir une éducation publique aux étudiants noirs, soit en autorisant Blancs et Noirs à fréquenter le même établissement, soit en créant une seconde école pour les Noirs.

Carrière[modifier | modifier le code]

Katherine Johnson en 1966, à la NASA.

Après un début dans l'enseignement qui ne la satisfait pas, Katherine Johnson se lance dans une carrière de chercheuse mais aussi de mathématicienne, un domaine difficile d'accès pour les Afro-Américains et les femmes. Lors d'une réunion de famille en 1952, elle apprend que le National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) — ancêtre de la NASA — a publié une annonce pour recruter des mathématiciens pour le centre de recherche Langley. Katherine Johnson s'est vu proposer un emploi en 1953 et l'accepte immédiatement.

D'après les archives du National Visionary Leadership Project :

« Au début, elle travaillait dans un groupe de femmes affecté aux calculs mathématiques. Katherine surnommait ces femmes les "ordinateurs avec des jupes". Leur travail principal consistait à lire les données des boîtes noires d'avions et d'autres travaux mathématiques. Puis, un jour, Katherine et une collègue ont été temporairement affectées pour aider l'équipe de recherche masculine sur les vols. Les connaissances de Katherine en géométrie analytique lui ont permis de s'intégrer rapidement au sein de ses nouveaux collègues et supérieurs, au point qu'ils ont "oublié de me renvoyer dans le groupe des femmes". Les barrières de race et de genre étaient toujours présentes, mais Katherine dit les avoir ignorées. Elle s'affirmait dans l'équipe, demandait à participer aux réunions où aucune femme n'avait encore été admise. Elle disait simplement aux gens qu'elle avait fait le travail et mérité sa place. »[5],[12]

De 1953 à 1958, elle travaille comme calculateur humain, analysant des sujets tels que l'atténuation des rafales de vent pour les aéronefs. Affectée à l'origine à la section informatique des West Area Computers sous la supervision de la mathématicienne Dorothy Vaughan, Johnson est réaffecté à la division de guidage et de contrôle de la division de recherche en vol de Langley.

De 1958 jusqu'à sa retraite en 1986, Johnson travaille en tant que technologue en aérospatiale, passant au cours de sa carrière à la branche de contrôle des engins spatiaux.

En 1961, elle effectue des analyses de trajectoire de lancement de la mission Mercury-Redstone 3 (Freedom 7), le premier lancement d'un américain — Alan Shepard — dans l'espace[4].

Katherine Johnson en 1971.

En 1962, elle vérifie à la main les calculs de trajectoire informatisés de la première mission américaine envoyant un homme en orbite autour de la Terre : Mercury-Atlas 6 (Friendship 7). John Glenn, qui connait sa réputation et a une confiance limitée dans les premiers programmes de suivi de trajectoire, demande expressément que cette vérification manuelle soit faite par Katherine Johnson, en tant que procédure standard dans la « checklist » précédant le vol[4].

En 1969, durant la mission Apollo 11, Katherine Johnson aide à préciser les trajectoires de rendez-vous spatial entre le module de commande et le module lunaire Apollo quand celui-ci remonte de la surface de la Lune[4].

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1939, Katherine (alors Coleman) épouse James Francis Goble. Ils ont trois filles : Constance, Joylette et Katherine. En 1953, elle et James déménagent leur famille à Newport News afin de rechercher un nouvel emploi. En 1956, James Goble meurt des suites d’une tumeur au cerveau inopérable.

Katherine Goble se remarie en 1959 avec James A. Johnson, qui a été sous-lieutenant dans l'armée et ancien combattant de la guerre de Corée. Johnson et son mari, qui ont six petits-enfants et onze arrière-petits-enfants, vivent à Hampton, en Virginie.

Elle chante dans la chorale de l'église presbytérienne Carver pendant cinquante ans.

Elle est membre d'Alpha Kappa Alpha (en) depuis le collège, la première association créée par et pour les femmes afro-américaines.

Postérité[modifier | modifier le code]

Katherine Johnson reçoit la médaille présidentielle de la Liberté en 2015, des mains du président des États-Unis Barack Obama[13]. L'année suivante, elle est intégrée dans la série les 100 femmes d'exception de la BBC.

Elle est l'objet du livre intitulé Hidden Figures de Margot Lee Shetterly, adapté au cinéma en 2017 sous le titre Les Figures de l'ombre, où elle est incarnée par l'actrice Taraji P. Henson[13].

Le centre de recherche informatique Katherine G. Johnson à Hampton, en Virginie, est nommé en l'honneur de Johnson[14].

Disctinctions[modifier | modifier le code]

En 2015, le Président Obama attribue la médaille présidentielle de la Liberté à Katherine Johnson, alors âgée de 97 ans.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.nasa.gov/audience/foreducators/a-lifetime-of-stem.html
  2. a et b Smith, Yvette (November 24, 2015). "Katherine Johnson: The Girl Who Loved to Count". NASA. Her calculations proved as critical to the success of the Apollo Moon landing program and the start of the Space Shuttle program, as they did to those first steps on the country's journey into space.
  3. "Katherine G. Johnson Biography". Biography.com. 10 octobre 2016.
  4. a b c et d Shetterly, Margot Lee (December 1, 2016). "Katherine Johnson Biography". NASA. NASA. Retrieved March 2, 2017. When asked to name her greatest contribution to space exploration, Katherine Johnson talks about the calculations that helped synch Project Apollo’s Lunar Lander with the moon-orbiting Command and Service Module.
  5. a b et c « Katherine Johnson - Oral History », sur National Visionary Leadership Project (consulté le 12 février 2016)
  6. a b et c (en) David Gutman, « West Virginian of the Year: Katherine G. Johnson », sur Charleston Gazette-Mail, (consulté le 8 mars 2017)
  7. a b et c (en) « Katherine Johnson Biography », sur https://www.nasa.gov, (consulté le 8 mars 2017)
  8. (en) « Katherine Johnson Biography », sur https://www.nasa.gov, (consulté le 8 mars 2017) : « At eighteen, she enrolled in the college itself, where she made quick work of the school’s math curriculum and found a mentor in math professor W. W. Schieffelin Claytor, the third African American to earn a PhD in Mathematics. »
  9. (en) David Gutman, « WV native, NASA mathematician to receive Presidential Medal of Freedom », sur Charleston Gazette-Mail, (consulté le 8 mars 2017)
  10. « Missouri ex rel. Gaines v. Canada 305 U.S. 337 (1938) », sur Justia US Supreme Court, (consulté le 12 février 2016)
  11. (en) « Missouri ex. rel. Gaines v. Canada 305 U.S. 337 (1938) », sur https://supreme.justia.com (consulté le 8 mars 2017)
  12. “She Was a Computer When Computers Wore Skirts”, by: Jim Hodges, published by NASA Langley, 2008
  13. a et b Isabelle Hontebeyrie, « L’histoire secrète de la NASA », (consulté le 7 janvier 2017)
  14. (en) Michael Harriot, « NASA Dedicates Building to Hidden Figures Heroine Katherine Johnson », sur The Root (consulté le 15 octobre 2018)