Kate Devlin

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Kate Devlin, née Adela Katharine Devlin est une informaticienne britannique spécialisée dans l'intelligence artificielle et l'interaction homme-machine (HCI). Elle est surtout connue pour son travail sur la sexualité humaine et la robotique et a coprésidé la convention annuelle Love and Sex With Robots en 2016 tenue à Londres[1] et est la fondatrice du tout premier hackathon[2] dédié au sexe tenu à 2016 à Goldsmiths, Université de Londres[3]. Elle est maître de Conférences en Intelligence Artificielle Sociale et Culturelle au Department of Digital Humanities, King's College London (en)[4] et est l'auteur de Turned On: Science, Sex and Robots en plus de plusieurs articles académiques.

Éducation[modifier | modifier le code]

Devlin commence sa carrière universitaire en sciences humaines et a obtenu un baccalauréat spécialisé en archéologie de l'Université Queen's de Belfast en 1997. Après avoir décidé que l'archéologie présentait des perspectives d'avenir limitées, elle retourne à l'Université Queen's pour étudier l'informatique et, en 1999, elle obtient une maîtrise dans ce domaine. Elle rejoint l'Université de Bristol, où elle obtient en 2004 un doctorat en informatique[5].

Devlin devient maîtresse de conférences au Département d'informatique de Goldsmiths, Université de Londres et tuteur principal du département[6], et le 1er septembre 2018, Devlin devient maîtresse de conférences en IA sociale et culturelle dans le département des humanités numériques au Kings College de Londres[7].

Carrière académique[modifier | modifier le code]

En 2003, Devlin commence des recherches en infographie en archéologie à l'Université de Bristol, rendant des modèles informatiques 3D de sites archéologiques tels que Pompéi en veillant à rendre réaliste les effets d'éclairage causés par la couleur spectrale (en) des sources de lumière disponibles. Cela implique une archéologie expérimentale, recréant des sources lumineuses et analysant la gamme spectrale pour chaque type de bougie ou de lampe à combustible[8].

À partir de 2007, Devlin travaille dans le domaine de l'interaction homme-machine et de l'intelligence artificielle chez Goldsmiths, qui comprend la programmation, les graphiques et l'animation[5]. En 2018, elle est devient maîtresse de conférences en intelligence artificielle sociale et culturelle au département des humanités numériques du King's College de Londres[9].

En 2015, Devlin s'est entretenue avec des diffuseurs d'informations au Royaume-Uni sur le sexisme institutionnalisé dans la recherche scientifique et le milieu universitaire après les commentaires de Sir Tim Hunt concernant les femmes scientifiques travaillant dans des laboratoires mixtes. Alors que Devlin, avec de nombreux autres commentateurs, reconnait que les commentaires étaient des « plaisanteries », elle exprime la frustration que de nombreuses femmes éprouvent avec le sexisme dans les domaines de la science, de la technologie, de l'ingénierie et des mathématiques[10] et tweete en plaisantant qu'elle ne peut pas présider une réunion ministérielle parce qu'elle est « trop occupée à s'évanouir et à pleurer »[11]. Devlin parle également publiquement et écrit pour encourager plus de femmes à poursuivre des carrières technologiques[12],[13].

En 2016, Devlin copréside le Congrès international sur l'amour et le sexe avec des robots qui s'est tenu à Londres, au Royaume-Uni, une conférence annuelle tenue depuis 2014, cofondée par Adrian David Cheok (en) et David Levy, auteur du livre du même nom, Love and Sex with Robots (en)[14],[15]. La même année, elle crée le premier hackathon britannique sur la technologie du sexe (en), une conférence où des scientifiques, des étudiants, des universitaires et d'autres personnes de l'industrie des technologies du sexe se rencontrent pour mettre en commun des idées et construire des projets dans le domaine du sexe et de l'intimité avec des les partenaires[16].

En 2016, Kate Devlin apparait à plusieurs reprises dans les médias pour débattre de questions éthiques concernant les robots sexuels avec Kathleen Richardson, membre de l'éthique de la robotique à l'Université De Montfort et fondatrice de Campaign Against Sex Robots qui cherche à interdire les robots sexuels au motif qu'ils encouragent l'isolement, perpétuent l'idée de la femme comme propriété et sont déshumanisantes[17]. Elle fait valoir que non seulement une interdiction serait irréalisable, mais que la technologie se développant, davantage de femmes doivent être impliquées pour diversifier un domaine dominé par les hommes qui créent des produits pour les hommes hétérosexuels. Elle souligne également que la technologie peut être utilisée comme thérapie, citant l'utilisation de l'intelligence artificielle pour traiter l'anxiété[18] et son application possible pour comprendre la psychologie des délinquants sexuels[19].

Devlin prend souvent la parole lors de conférences et ses domaines d'intérêt scientifique incluent : les problèmes sociaux et éthiques de l'intégration de l'intelligence artificielle dans l'expérience sexuelle avec les systèmes informatiques et les robots[20],[5], les conséquences humaines et sociales de l'IA à mesure qu'elle devient plus sophistiquée[21], et l'amélioration des relations sexuelles humaines en s'éloignant d'une « vision masculine hétéronormative » du sexe et de l'intimité à l'aide de jouets sexuels, de robots et de logiciels informatiques[22],[23]. Elle soulève des problèmes qui, selon elle, doivent être résolus à mesure que cette technologie se développe. Par exemple, ses préoccupations incluent cette interrogation : si les robots acquièrent une conscience de soi, seront-ils en mesure de donner un consentement éclairé et auront-ils le droit de faire des choix concernant leurs propres désirs, et devraient-ils être fournis aux personnes âgées dans des établissements de soins résidentiels pour la compagnie et le sexe[24] ?

Devlin est nommée parmi les personnes les plus influentes de Londres en 2017 selon le London Evening Standard[25].

En 2018, Devlin publie son livre, Turned On: Science, Sex and Robots. Le livre commence comme une recherche sur le développement technologique des robots sexuels et explore la relation entre la technologie et l'intimité[26]. Le magazine Engineering & Technology (E&T) décrit le livre comme « une exploration créative, optimiste et ouverte d'esprit des robots sexuels », en particulier dans sa discussion sur la technologie sexuelle actuelle[27]. Le Times le décrit comme « éclairant, plein d'esprit et écrit avec un esprit très ouvert »[28].

Publications[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Articles (sélection)[modifier | modifier le code]

  • (en) Alan Chalmers, Vali Lalioti, ACM Digital Library et SIGGRAPH, Proceedings of the 1st International Conference on Computer Graphics, Virtual Reality and Visualisation : 2001, Camps Bay, Cape Town, South Africa, November 05-07, 2001., Association for Computing Machinery, (ISBN 1-58113-446-0 et 978-1-58113-446-9, OCLC 71497114, lire en ligne)
  • (en) E. Reinhard et K. Devlin, « Dynamic Range Reduction Inspired by Photoreceptor Physiology », IEEE Transactions on Visualization and Computer Graphics, vol. 11, no 01,‎ , p. 13–24 (ISSN 1077-2626, DOI 10.1109/TVCG.2005.9, lire en ligne, consulté le 14 mars 2021) [29]
  • (en) Alice Chuter et Kate Devlin, « Current Practice in Digital Imaging in UK Archaeology », VAST: International Symposium on Virtual Reality,‎ , p. 7 pages (ISSN 1811-864X, DOI 10.2312/VAST/VAST06/187-193, lire en ligne, consulté le 14 mars 2021)
  • (en) Kate Devlin, Alan Chalmers et Erik Reinhard, « Visual calibration and correction for ambient illumination », ACM Transactions on Applied Perception, vol. 3, no 4,‎ , p. 429–452 (ISSN 1544-3558 et 1544-3965, DOI 10.1145/1190036.1190042, lire en ligne, consulté le 14 mars 2021)
  • (en) Janet K. Gibbs et Kate Devlin, « Investigating Sensorimotor Contingencies in the Enactive Interface », dans Contemporary Sensorimotor Theory, vol. 15, Springer International Publishing, (ISBN 978-3-319-05106-2, DOI 10.1007/978-3-319-05107-9_13, lire en ligne), p. 189–200
  • (en) Karsten Seipp et Kate Devlin, « One-Touch Pose Detection on Touchscreen Smartphones », Proceedings of the 2015 International Conference on Interactive Tabletops & Surfaces - ITS '15, ACM Press,‎ , p. 51–54 (ISBN 978-1-4503-3899-8, DOI 10.1145/2817721.2817739, lire en ligne, consulté le 14 mars 2021)

Médias[modifier | modifier le code]

Devlin écrit pour le New Scientist[30], The Conversation[19],[13] et a présenté une conférence TEDx intitulée Sex Robots[31].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Devlin parle publiquement de sa vie avec un trouble bipolaire et de son épilepsie et de la façon dont le stress peut affecter sa vie universitaire et professionnelle, ainsi que de l'importance d'introduire les problèmes de santé mentale dans le débat public pour réduire la stigmatisation qui y est associée[32],[33].

Devlin est ouverte sur ses relations consensuellement non monogames et a écrit sur ses expériences de polyamour[34].

Elle s'intéresse également à l'histoire de la vie d'Adela Breton (en), l' archéologue et exploratrice victorienne, et contribué à l'exposition Raising Horizons sur les femmes « flamboyantes à la truelle » tout au long de l'histoire de l'archéologie et de la géologie[35],[36].

Voir également[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « LSR 2017 », Love and Sex With Robots (consulté le 18 mai 2017)
  2. (en) « Sex Tech Hack II – The Secong Coming », Hacksmiths, Goldsmiths Tech Society (consulté le 18 mai 2017)
  3. (en) Fay, Joe, « Will AI lead to the rise of the love machines? », The Register, Situation Publishing (consulté le 18 mai 2017)
  4. (en) « King's College London, Faculty of Arts and Humanities, Department of Digital Humanities: staff. » (consulté le 17 août 2019)
  5. a b et c (en) « Sex Robots. Kate Devlin. TEDxWarwick », sur YouTube (consulté le 22 mai 2017)
  6. (en) « Dr Kate Devlin », doc.gold.ac.uk (consulté le 10 juin 2019)
  7. (en) « Kate Devlin - Research Portal, King's College, London », kclpure.kcl.ac.uk (consulté le 10 juin 2019)
  8. (en) « Seeing the light », University of Bristol (consulté le 23 mai 2017)
  9. « 2019 FREEDOM OF EXPRESSION AWARDS », Index on censorship, (consulté le 30 janvier 2019)
  10. (en) « Nobel scientist Tim Hunt criticised for chauvinist remarks », Channel Four News (consulté le 22 mai 2017)
  11. (en-US) Dan Bilefsky, « Women Respond to Nobel Laureate’s ‘Trouble With Girls’ (Published 2015) », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 14 mars 2021)
  12. (en) « Women in technology », Inspire (consulté le 14 juin 2017)
  13. a et b (en) Kate Devlin, « Titstare proves there are still too many dicks in tech », sur The Conversation (consulté le 14 mars 2021)
  14. (en-GB) Eva Wiseman, « Sex, love and robots: is this the end of intimacy? », The Observer,‎ (ISSN 0029-7712, lire en ligne, consulté le 14 mars 2021)
  15. (en) « The race to build the world’s first sex robot », sur the Guardian, (consulté le 14 mars 2021)
  16. (en) Ferreira, Elsa, « At the first Sex Tech Hack, a hackathon on sexuality in London », Makery (consulté le 18 mai 2017)
  17. (en) Wosk, Julie, « Love and Sex With Robots Conference Sparks Controversy », HuffPost, (consulté le 14 juin 2017)
  18. (en) Wordsworth, Matt, « Lateline: Panel, Kathleen Richardson and Kate Devlin », ABC News, (consulté le 13 juin 2017)
  19. a et b (en) « In defence of sex machines: why trying to ban sex robots is wrong », The Conversation (consulté le 14 juin 2017)
  20. (en) Fay, Joe, « Reg Lecture: Sex, AI, Robots and You », The Register (consulté le 22 mai 2017)
  21. (en) « Will Machines Rule the World? », London School of Economics (consulté le 22 mai 2017)
  22. (en) Rutherford, Adam, « Rise of the Robots: Series one », BBC (consulté le 23 mai 2017)
  23. (en) Scholefield, Antony, « Sex Robots Will Help Human Sexuality Evolve », Virtual Futures, (consulté le 22 mai 2017)
  24. (en) Reisz, Matthew, « The sexbots are coming: Scholars reflect on ethics and mechanics of a possible 'sex tech' future », Times Higher Education, (consulté le 23 mai 2017)
  25. (en) « The Progress 1000 », London Evening Standard, (consulté le 20 octobre 2017)
  26. (en) Law, Katie, « King's College's Kate Devlin on the future and ethics of the sex tech revolution », Evening Standard, (consulté le 12 octobre 2018)
  27. Lamb, « Book review: 'Turned On: Science, Sex and Robots' by Kate Devlin », Engineering and Technology, (consulté le 18 janvier 2019)
  28. Jackie Annesley, « Review: Turned On: Science, Sex and Robots by Kate Devlin — illuminating and written with a wide open mind », The Times,‎ (lire en ligne, consulté le 19 janvier 2019)
  29. (en) Kate Devlin et Erik Reinhard, « Dynamic Range Reduction inspired by Photoreceptor Physiology », IEEE Transactions on Visualization and Computer Graphics,‎ (lire en ligne)
  30. (en) « Why shows like Westworld only show dark side of our robot future », New Scientist (consulté le 14 juin 2017)
  31. (en) « Sex Robots », sur YouTube (consulté le 14 juin 2017)
  32. (en) Murray, Jenni, « Staying Sane: Healthy Minds in a Mad World », BBC Radio 4 Woman's Hour (consulté le 23 mai 2017)
  33. (en) Devlin, Kate, « Academic life and mental illness is not a smooth ride but it can be done (blog post) », Time to change, (consulté le 23 mai 2017)
  34. (en) Kate Devlin, « I have other men. He has other women. We’re both happy », The Times,‎ (ISSN 0140-0460, lire en ligne, consulté le 14 mars 2021)
  35. (en) « Adela Catherine Breton », Trowelblazers
  36. (en) « The Eccentric Miss Breton », Trowelblazers (consulté le 14 juin 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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