Karma Gön

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Karma Gön
ཀརྨ་དགོན
噶玛丹萨寺
Karma Dansa
Hall principal de Karma Gön
Présentation
Culte Bouddhisme tibétain
Type Monastère
Rattachement école Karma Kagyu
Début de la construction 1147 ou 1184 (selon les sources)
Style dominant Tibétain, Naxi et chinois
Date de démolition durant la révolution culturelle
Géographie
Pays Drapeau de la République populaire de Chine Chine
Région autonome Tibet
Ville-préfecture Chamdo
District Karuo
Canton Karma (zh)
Coordonnées 31° 49′ 50″ nord, 96° 54′ 51″ est

Géolocalisation sur la carte : Région autonome du Tibet

(Voir situation sur carte : Région autonome du Tibet)
Karma Gönཀརྨ་དགོན噶玛丹萨寺

Géolocalisation sur la carte : Chine

(Voir situation sur carte : Chine)
Karma Gönཀརྨ་དགོན噶玛丹萨寺

Le monastère de Karma ou Karma Gön (tibétain : ཀརྨ་དགོན, Wylie : karma dgon, THL : karma gön ; chinois simplifié : 噶玛寺 ; chinois traditionnel : 噶瑪寺 ; pinyin : gámă sì), aussi appelé Karma Dansa, (tibétain : ཀརྨ་གདན་ས, Wylie : karma gdan sa, 噶玛丹萨寺 / 噶瑪丹薩寺, gámă dānsà sì), est un monastère de l’école Karma Kagyu du bouddhisme tibétain. Le monastère est situé à une altitude de 3 800 m à environ 120 km au nord de la ville-préfecture de Chamdo à proximité du Dza Chu (Mékong) non loin de Nangchen, dans le Canton de karma (zh) (嘎玛乡), district de Karuo, à l'Est de la région autonome du Tibet. Il fut fondé en 1147[1],[2] ou, selon d’autres sources[3], en 1184, par le 1er Karmapa [4] Chödzin Gemphel Düsum Khyenpa (chos ‘dzin dge ‘phel dus gsum mkhyen pa) dans l'ancienne province tibétaine du Kham. Par la suite, Düsum Khyenpa transféra son siège principal près de Lhassa au monastère de Tsourphou, resté le siège au Tibet central du Karmapa.

Histoire[modifier | modifier le code]

Un grand Tertön, Chogyur Lingpa, visitant le monastère de Karma à Nangchen à l´Est du Tibet, eut de Padmasambhava la vision prophétique des 21 incarnations du Karmapa[5],[6].

En dépit des destructions de la révolution culturelle, au moins le complexe de bâtiments, ainsi que le hall principal de la tombe des reliques de certains lamas furent préservés dont le stupa de Düsum Khyenpa, ainsi que celui où les restes d'un Taï Sitou Rinpoché se trouvent[7],[8].

Les monastères Karma-gdan-sa de l’école Karma Kagyu ont bénéficié, pour leur entretien et leur restauration, de fonds de l’État et de la région autonome[9]

Dans le monastère, en grande partie reconstruit, vivent aujourd'hui en permanence quelque 200 moines, tandis que 500 sont en étroite collaboration avec lui[10].

Tenzin Phuntsok, un ancien moine du monastère de Karma et âgé de 46 ans s'immole le 1er décembre et meurt le 6 décembre 2011 à Chamdo, dans la région autonome du Tibet[11],[12].

Selon Tendar Tsering, citant un exilé tibétain, en mai 2012, les autorités chinoises, reprenant les méthodes de la révolution culturelle, ont forcé les moines du monastère de Karma à quitter l'habit monastique et renforcé les mesures de sécurité dans le monastère. Des responsables chinois et le personnel de sécurité en nombre ont procédé à une campagne de rééducation patriotique. Forcé de dénoncer le dalaï-lama, de nombreux moines ont fui le monastère. Bien qu'aucune victime n'ait été signalée dans un attentat à la bombe visant un bâtiment municipal en octobre 2011, les autorités locales chinoises avaient porté leurs soupçons sur le monastère. Le monastère avait été fermé et des restrictions avaient été imposées aux moines, entraînant l'arrestation de 70 d'entre eux, tandis que plus de 40 se seraient échappés dans les collines. Selon Tsering Tsomo, le directeur du Centre tibétain pour les droits de l'homme et la démocratie, une ONG tibétaine en exil, le monastère avait initialement plus de 300 moines, mais il en reste très peu à présent[13].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. https://books.google.fr/books?id=xul-VmZBUKoC&pg=PA400
  2. Communication de moines à Karma Gon lors d’une interview au cours d’une visite en 2005.
  3. karma dgon in TBRC resource base
  4. Vgl. dus gsum mkhyen pa in the TBRC resource base, Yang & Ma 1992 and Gruschke 2004, S. 45.
  5. The Vision of Terchen Chogyur Dechen Lingpa, site Kagyuoffice.org
  6. La vision de Terchen Chogyur Déchen Lingpa, site Kagyuoffice.org
  7. (en) Lea Terhune, Karmapa: the politics of reincarnation, Wisdom Publications, , 153–154 p. (ISBN 0-86171-180-7, lire en ligne)
  8. Terhune, p.261,Appendix 2 -Karmapa Incarnations
  9. « New Progress in Human Rights in the Tibet Autonomous Region », Tibet’s Past and Present (consulté le 2 mai 2010)
  10. Dans les monastères Kagyüpa, tous les moines ne sont pas présents en permanence dans le monastère.
  11. Immolations au Tibet : un ancien moine bouddhiste succombe à ses blessures, Le Monde, 9 décembre 2011
  12. (en) Tendar Tsering, Tenzin Phuntsok passes away in Chinese hospital, Wife feared arrested Phayul.com, 9 décembre 2011
  13. (en) Tendar Tsering, China forces Karma Monastery monks to disrobe, Phayul.com, 8 mai 2012.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Georges de Roerich (en), The Blue Annals, Calcutta 1949, p. 479.
  • (en) Andreas Gruschke, Karma Dansa, the cradle of the Karma-Kagyüpas, in The Cultural Monuments of Tibet’s Outer Provinces: Kham, vol. 1, Bangkok 2004, pp. 45-49.
  • (zh) Yang Guiming & Ma Jixiang, Zangchuan Fojiao Gao Seng Chuanlüe [Biographies of Eminent Monks of Tibetan Buddhism], Xining 1992, pp. 106-108.
  • (zh) Cao Ziqiang, Mao Xiang & Xirao Nima [Sherab Nyima], Xizang De Simiao He Senglü [Monasteries and Monks of Tibet], Beijing 1995.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens internes[modifier | modifier le code]