Karl Philipp Sebottendorf

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Karl Philipp Sebottendorf
Naissance 17 juillet 1740
Luxembourg
Décès 11 avril 1818 (à 77 ans)
Vienne, Autriche
Origine Luxembourgeois
Allégeance Drapeau des Habsbourg Monarchie des Habsbourg
Drapeau de l'Autriche Empire d'Autriche
Arme Infanterie
Grade Feldmarschall-Leutnant
Années de service 1758 – 1818
Conflits Guerre de Succession de Bavière
Guerres de la Révolution française
Faits d'armes Lodi
Borghetto
Bassano

Karl Philipp Sebottendorf van der Rose est un officier général autrichien au service de la monarchie des Habsbourg et de l'Empire d'Autriche, né le 17 juillet 1740 à Luxembourg et mort le 11 avril 1818 à Vienne. Entré dans l'armée à l'âge de 18 ans, il accède à tous les grades inférieurs avant d'être nommé général en 1793. Affecté en Italie comme divisionnaire, il participe à plusieurs engagements et perd la bataille de Lodi face à Napoléon Bonaparte. Il mène ensuite une carrière militaire discrète jusqu'à sa mort en 1818.

Biographie[modifier | modifier le code]

De l'enseigne au général-major[modifier | modifier le code]

Karl Philipp Sebottendorf van der Rose naît le 17 juillet 1740 à Luxembourg[1]. Il est issu d’une famille de militaires renommés : son père est Johann Moritz Sebottendorf van der Rose, oberst dans l'armée impériale, marié à Maria Anna Bodek von Ellgau. Après avoir étudié à l’académie militaire de Wiener-Neustadt, le jeune Sebottendorf rejoint le régiment no 35 Waldeck à 18 ans avec le grade d'enseigne. Il ne passe capitaine qu’en 1779, au moment de la guerre de Succession de Bavière ; accusé de couardise lors d'un engagement à Gebersheim, il est lavé de tout soupçon à l'issue d'une enquête[2]. Promu major en 1784, il devient lieutenant-colonel en mars 1787 et colonel en octobre[1]. Il est finalement élevé au grade de général-major le 27 février 1793[1]. Il commande alors une brigade au Luxembourg et se distingue le 2 septembre près d'Öttringen en poursuivant une colonne ennemie en retraite[2].

Campagnes en Italie[modifier | modifier le code]

Le 4 mars 1796, il est nommé Feldmarschall-Leutnant et reçoit une affectation pour l'armée autrichienne d'Italie. Le général en chef Beaulieu confie à Sebottendorf l'aile gauche de son dispositif, composée des brigades Kerpen, Schübirz, Nicoletti et Rosselmini[3]. Au début du mois d'avril, Beaulieu ouvre les hostilités en envoyant deux colonnes à l'attaque de Voltri, l'une forte de 3 200 hommes aux ordres de Sebottendorf qui s'avance au sud par le défilé de Turchino, et l'autre sous la direction du général Pittoni qui se dirige plus à l'est en empruntant le défilé de Bochetta avec 4 000 hommes[4]. Les deux formations se rejoignent le 10 avril devant Voltri et en chassent les troupes françaises du général Cervoni. Les Autrichiens ne perdent qu'une cinquantaine d'hommes contre environ 250 chez leurs adversaires, mais de l'avis de Boycott-Brown, « l'attaque a été mal organisée, mal coordonnée et n'a impliquée que des contingents étonnamment faibles »[5].

Le général Bonaparte pointant le tir de ses canons pendant la bataille de Lodi, par Felician Myrbach.

Au commencement de mai, Bonaparte tourne l'armée de Beaulieu par le sud et remporte la bataille de Fombio. Cet événement contraint la majeure partie des forces autrichiennes à se replier sur la rive est de l'Adda, à hauteur du village de Lodi. Sur ordre de Beaulieu, Sebottendorf occupe la localité avec 10 000 soldats afin de couvrir la retraite[6]. L'avant-garde française dirigée par le général Dallemagne refoule promptement l'arrière-garde autrichienne dans Lodi et Sebottendorf se prépare à défendre le pont qui enjambe l'Adda à l'est du village. L'artillerie de Bonaparte pilonne sa position pendant plusieurs heures, délai qui laisse le temps à la division Masséna d'arriver sur les lieux. La bataille du pont de Lodi s'ensuit le 10 mai et les Français plus nombreux remportent une nette victoire sur leurs adversaires. Malgré la perte de 14 canons et de 2 036 tués, blessés ou disparus, Sebottendorf parvient à reculer en bon ordre[7].

Le 30 mai, le général participe à la bataille de Borghetto où il commande le centre-gauche autrichien. L'indisponibilité temporaire de Beaulieu pour raisons de santé le jour précédent sème le trouble au sein du haut commandement impérial. En l'absence d'une coordination d'ensemble, chaque commandant est livré à lui-même dans son propre secteur. Leurré par une diversion, Sebottendorf perd le village de Valeggio sous le coup d'une attaque française. Plus tard dans la journée, il tente de reprendre le contrôle de la position mais ses troupes se heurtent à une résistance tenace de la part des Français. Il parvient finalement à replier sa division quasiment intacte et à rejoindre le reste de l'armée sur le cours supérieur de l'Adige[8].

Lors de la première tentative mise en oeuvre par le maréchal Wurmser pour libérer la ville de Mantoue, Sebottendorf est affecté à la colonne centre-droite du général Melas avec le commandement des brigades Pittoni et Nicoletti[9]. Une seconde tentative a lieu au mois de septembre : Sebottendorf y participe avec une division de 4 086 hommes postée dans la vallée de la Brenta. Il sert à la bataille de Bassano le 8 septembre, à la suite de laquelle sa division « est réduite à seulement un bataillon un tiers, cinq compagnies et demie et deux escadrons »[10].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Entre 1801 et 1806, Sebottendorf remplit les fonctions d'assistant auprès du commandement général en Autriche intérieure et au Tyrol. À partir de 1813, il devient également adjoint au président de la cour militaire d'appel, charge qu'il conserve jusqu'à sa mort à Vienne le 11 avril 1818[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d (en) Digby Smith et Leopold Kudrna, « Biographical Dictionary of all Austrian Generals during the French Revolutionary and Napoleonic Wars, 1792-1815 », sur napoleon-series.org (consulté le 22 juillet 2016).
  2. a et b (en) Martin Boycott-Brown, « Sebottendorf van der Rose, Carl Philipp », sur historydata.com,‎ (consulté le 22 juillet 2016).
  3. Fiebeger 1911, p. 8.
  4. Boycott-Brown 2001, p. 194.
  5. Boycott-Brown 2001, p. 194 ; 197 à 199.
  6. Chandler 1966, p. 81.
  7. Boycott-Brown 2001, p. 314 et 315.
  8. Boycott-Brown 2001, p. 352 à 355.
  9. Boycott-Brown 2001, p. 378.
  10. Boycott-Brown 2001, p. 433.


Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) G. J. Fiebeger, The Campaigns of Napoleon Bonaparte of 1796–1797, West Point, US Military Academy Printing Office, (lire en ligne). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) Martin Boycott-Brown, The Road to Rivoli, Londres, Cassell & Co, (ISBN 0-304-35305-1). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • (en) David Chandler, The Campaigns of Napoleon, New York, Macmillan, . Document utilisé pour la rédaction de l’article