Karl Ove Knausgård

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Karl Ove Knausgaard
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Photographie de Karl Ove Knausgaard en 2011.
Naissance (50 ans)
Oslo Drapeau de la Norvège Norvège
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Norvégien
Genres

Œuvres principales

Mon combat

Karl Ove Knausgård (/kɑɭ ˈuːvə ˈknæʉsˌgɔɾ/), né le à Oslo, est un romancier norvégien connu pour son cycle de romans autobiographiques intitulé Mon combat (en norvégien Min kamp).

Biographie[modifier | modifier le code]

Karl Ove Knausgård a été élevé à Tromøya (Arendal) et à Kristiansand. Il étudie l'art et la littérature à l'université de Bergen. Il publie son premier roman, Ute av verden, en 1998 et reçoit pour son livre le prix de la Critique. Son deuxième ouvrage, En tid for alt, publié en 2004 reçoit lui aussi de multiples prix (il est même en nomination au International IMPAC Dublin Literary Award) et un accueil critique favorable. C'est ainsi que le journal Dagbladet le classe en 2006 dans sa liste des 25 meilleurs romans publiés dans les 25 dernières années[1].

Knausgård habite dans l'Österlen, en Suède, avec sa femme Linda Boström Knausgård, qui est aussi auteur, et leurs quatre enfants[2].

Min kamp : 2009-2011[modifier | modifier le code]

La carrière de Knausgård a changé avec la publication de son troisième ouvrage, un roman autobiographique intitulé Min kamp[N 1], divisé en six tomes publiés entre 2009 et 2011. Il a connu un succès commercial en Norvège, et un succès critique dans plusieurs pays[3]. À l'origine de ce cycle littéraire, une frustration liée à la figure paternelle : il explique que « depuis des années, je voulais écrire sur la mort de mon père. J’ai tout essayé. Rien ne fonctionnait. C’était comme si je n’y croyais pas. Et puis, j’ai commencé à écrire quelque chose de totalement différent, une sorte de confession, où je disais tous les secrets que je n’avais jamais racontés. L’esthétique n’avait plus d’importance. Et c’est comme si une énergie se dégageait. Je me suis mis à écrire très vite »[4]. Afin de réussir à écrire son ouvrage, Knausgård a voulu, selon ses propres dires, abandonner toutes « idées littéraires » et a donc en conséquence adopté un réalisme rigoureux. Il justifie ce choix en affirmant que « c’était exactement cela, le point de départ du roman : je voulais dépeindre le quotidien, tout ce qui, d’habitude, n’est pas littéraire. De la sorte, le livre tente d’exorciser le monde réel »[5].

Réception critique[modifier | modifier le code]

La série de livres Min kamp a rencontré un succès fulgurant et massif en Norvège : ils se sont vendus à un demi-million d'exemplaires dans un pays comptant 5 millions d'habitants[4] et l'ouvrage a été traduit en plusieurs langues. L'auteur a également été récompensé entre autres du prix Brage, du prix des Critiques et du prix des Libraires pour son premier tome, traduit en français sous le titre La Mort d’un père[1]. Certains critiques littéraires ont même rapproché l'auteur de Marcel Proust[6] et ont qualifié son œuvre de « proustienne »[7].

Cependant, ses romans, particulièrement le premier volume de son cycle, ont également été la cible de critiques. Ces dernières proviennent tout d'abord de la famille de Knausgård, étant donné que La Mort d'un père raconte une partie de son adolescence et surtout les suites de la mort de son père tyrannique et alcoolique. Or ce récit a provoqué des remous dans sa famille, dont quatorze membres ont qualifié son ouvrage de « littérature de Judas » dans une lettre publiée dans le journal Klassekampen. Plus largement, l'auteur a provoqué un grand débat sur ce que devrait être la littérature et la place à accorder au privé dans une écriture rendue publique. C'est ainsi qu'à Copenhague, l'auteur danois Jeppe Brixvold a protesté, affirmant que « nous devons nous consacrer aux grandes questions de la vie au lieu de cultiver la sphère privée »[4],[5]. De l'autre côté, son réalisme exhaustif a aussi été fortement critiqué ; l'auteur français Pierre Assouline le lui reproche en ces termes : « sa phrase est longue, digressive, clichesque, détaillée, énumérative, hyperréaliste, conçue dans une logique d’inventaire », en somme son ouvrage serait d'un « ennui sans qualité »[8].

Les critiques et controverses ayant suivi la publication des premiers tomes de Min kamp ont considérablement modifié le style de son cycle et il a abandonné la spontanéité qui a fait son succès originel[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

En 2015, Knausgård reçoit le prix littéraire du journal allemand Die Welt[9]. La même année il reçoit le prix Malaparte à Capri.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C'est-à-dire Mon combat, le même titre que celui de l'ouvrage d'Adolf Hitler, Mein Kampf, une référence que Knausgård a reconnue et assumée.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « « La Mort d’un père » de Karl Ove Knausgård », sur http://www.norvege.no/, (consulté le 13 juillet 2014)
  2. « Hennes kamp är explosiv » (consulté le 9 mars 2015)
  3. (en) Parks Tim, « Raise Your Hand If You’ve Read Knausgaard », The New York Review of Books,‎ (www.nybooks.com/blogs/nyrblog/2014/jul/19/raise-your-hand-if-youve-read-knausgaard)
  4. a b et c Anne-Françoise Hivert, « Père de claques », Libération,‎ (lire en ligne)
  5. a b et c Léa Korsgaard, « Un combat de longue haleine », Courrier international,‎ (lire en ligne)
  6. (en) Lisa Abend, « Norway’s Proust », sur http://time.com/, (consulté le 14 juillet 2014)
  7. (en) Emily Stokes, « The Proustian achievement of Norwegian writer Karl Ove Knausgaard », sur http://www.ft.com/, (consulté le 14 juillet 2014)
  8. Pierre Assouline, « Karl Ove Knausgaard, Proust norvégien, phénomène de société », sur http://larepubliquedeslivres.com/, (consulté le 14 juillet 2014)
  9. (nb)Article de NRK du 06.11.2015 Knausgård mottok tysk litteraturpris (consulté le 07/11/2015).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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