Kamouraska (roman)

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Kamouraska
Auteur Anne Hébert
Pays Drapeau du Canada Canada
Genre Roman
Éditeur éditions du Seuil
Collection Cadre Rouge
Date de parution
Nombre de pages 250
ISBN 2020011468

Kamouraska est un roman de l'écrivaine québécoise Anne Hébert publié le aux éditions du Seuil et ayant reçu le Prix des libraires l'année suivante.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Il est basé sur des événements historiques qui se sont déroulés en 1839. Achille Taché, le seigneur de Kamouraska et petit-fils de Pascal Taché, est assassiné à l'âge de 26 ans par le Dr Georges Holmes. Éléonore d'Estimauville, son épouse, est soupçonnée de complicité sans en être formellement reconnue. Éléonore d'Estimauville était la tante du célèbre journaliste et pamphlétaire Arthur Buies.

Résumé[modifier | modifier le code]

À la faveur d'une nuit d'angoisse au chevet de son deuxième mari, Elisabeth (d'Aulnières) Rolland revit les événements dramatiques qui ont conduit, vingt ans plus tôt, au meurtre de son premier mari, Antoine Tassy. D'abord confus, son récit apparaît éclaté comme un miroir brisé. L'histoire est racontée par bribes, au hasard de ses souvenirs qui se bousculent et parfois se confondent dans le maelstrom des hallucinations et des cauchemars. Puis peu à peu, les faits se précisent sous l'impulsion de la conscience qui décide d'assumer entièrement la maîtrise de la narration.

À l'âge de seize ans, Elisabeth d'Aulnières épouse Antoine Tassy, seigneur de Kamouraska. La violence de son mari, ses habitudes de débauché et sa neurasthénie, lui feront fuir Kamouraska avec ses deux enfants, pour aller trouver refuge chez sa mère et ses trois tantes dans la maison de Sorel où elle avait passé son enfance. Soignée pour ses blessures par le docteur George Nelson, ancien compagnon de collège de son mari, elle devient sa maîtresse et se retrouve bientôt enceinte de lui. Pour sauver sa réputation d'épouse et préserver les apparences face à la bonne société de Sorel, Elisabeth doit alors feindre une réconciliation amoureuse avec son mari, malgré l'horreur qu'il lui inspire.

La haine croissante d'Elisabeth pour son mari et le ressentiment de George depuis l'enfance à l'égard d'Antoine, pousseront les deux amants à vouloir s'en débarrasser à tout jamais. L'empoisonnement apparaît d'abord comme le moyen le plus discret et le plus sûr. On en charge Aurélie, la servante, qui doit tenter de séduire Antoine pour ensuite lui servir à boire le breuvage mortel. Mais peine perdue: Antoine vomira tout sans en mourir.

C'est à George que revient alors la sale besogne de l'assassiner. Commence pour lui une folle équipée en traîneau à travers la neige et le froid. Tiré à vive allure par son fougueux cheval noir, Nelson franchit en quelques jours les deux cents milles qui séparent Sorel de Kamouraska, et tue Antoine le 31 janvier de l'année 1839 dans une des pires boucheries qui soit. Cet accroc au plan initial contraint George à retourner en toute hâte vers sa maîtresse, le temps de lui dire adieu avant d'aller chercher asile au-delà de la frontière canadienne.

Restée seule pour faire face à la justice, Elisabeth est traduite devant les tribunaux pour complicité, mais bénéficie d'un non-lieu faute de preuves. Finalement, l'absence prolongée de George dont elle demeure sans nouvelles, l'oblige à "se refaire une réputation" en épousant Jérôme Rolland, notaire de Québec.

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

Adaptation cinématographique[modifier | modifier le code]

Classique de la littérature québécoise, le roman a été traduit en sept langues. Il a été adapté au cinéma par Claude Jutra en 1973. Anne Hébert a collaboré à l'écriture du scénario du film.

Éditions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Émond, La femme à la fenêtre : l'univers symbolique d'Anne Hébert dans Les chambres de bois, Kamouraska et Les enfants du sabbat, Québec, Presses de l’Université Laval, collection « Vie des lettres québécoises », 1984, 390 p.
  • Alex Gagnon, « Mémoire traumatique et mémoire collective dans Kamouraska », Voix et images, no 125, hiver 2017, p. 137-150. (ISSN 0318-9201) DOI:10.7202/1039922ar
  • Robert Harvey, Remémoration et commémoration dans Kamouraska d’Anne Hébert, Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1980, 144 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]