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Kamouraska (film)

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Kamouraska

Réalisation Claude Jutra
Scénario Anne Hébert
Claude Jutra
Acteurs principaux Geneviève Bujold
Richard Jordan
Philippe Léotard
Huguette Oligny
Olivette Thibault
Pays de production Drapeau du Canada Canada
Drapeau de la France France
Genre Drame
Durée 210 minutes
Sortie 1973

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Kamouraska est un film franco-québécois de Claude Jutra produit en 1973. Le film est une adaptation du célèbre roman d'Anne Hébert, Kamouraska, publié en 1970.

Le film se déroule au début du XIXe siècle entre 1830 et 1840 au Québec. La jeune Élisabeth d'Aulniere épouse Antoine Tassy, le seigneur de Kamouraska. Après une courte lune de miel, les beuveries et les brutalités de son mari infidèle détruisent son sentiment pour lui. Elle se réfugie chez ses tantes, mais son mari l’y suit. Sa domination physique et sexuelle et ses assauts rendent Élisabeth malade. Il la présente à son vieil ami, George Nelson, un médecin américain exilé dans la petite localité.

Élisabeth devient aussitôt amoureuse de cet homme fort et sensible. Les deux amants utilisent la jeune servante Aurélie pour s’échanger lettres et rendez-vous. Enceinte, Élisabeth tente de convaincre son mari que l’enfant est de lui et qu’il devrait réunir la famille. Pendant ce temps, les deux amants ont décidé qu’ils doivent tuer Antoine pour pouvoir vivre leur amour au grand jour.

Un premier attentat, confié à la jeune Aurélie, échoue. George se rend donc lui-même à Kamouraska pour tuer Antoine et s’enfuit ensuite à l’étranger. Élisabeth est acquittée du crime, mais pour échapper au scandale, elle est condamnée à vivre un mariage sans amour avec Jérôme Rolland.

Fiche technique

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La maison Lebel-Langlais utilisée comme « manoir seigneurial ».

Distribution

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Autour du film

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Kamouraska est le premier long-métrage adapté d'un roman d'Anne Hébert. Publié en 1970, ce livre est inspiré d'une histoire réelle survenue en 1839 : l’assassinat d'Achille Taché, seigneur de Kamouraska. Le roman connait un réel succès et vaut à Hébert de reçevoir le prix des Libraires de France[1].

Anne Hébert et Claude Jutra travaillent ensemble à l'adaptation du livre. Dans la filmographie de Claude Jutra, Kamouraska fait suite à Mon oncle Antoine (1971), film qui avait connu un très bon accueil critique et commercial et est maintenant considéré comme une œuvre majeure de la cinématographie québécoise et canadienne[2].

Kamouraska marque l'ultime collaboration entre Claude Jutra et Michel Brault, qui signe la photographie du film. Brault avait participé au tout premier film réalisé par Jutra, le moyen-métrage amateur Le Dément du lac Jean-Jeunes, datant de 1948[3]. Par la suite, les deux hommes travaillent ensemble à plusieurs reprises, notamment sur Les Mains nettes (1958), À tout prendre (1963) et Mon oncle Antoine.

Le film est lancé au Québec en et est aussi présenté hors compétition au Festival de Cannes en . Film particulièrement onéreux dans le contexte du cinéma québécois de l'époque, Kamouraska est pourtant un semi-échec commercial.

Accueil critique

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Dans une critique en demie-teinte Luc Perreault, du quotidien La Presse, juge la photographie remarquable, mais que « le film souffre peut-être d’être trop fidèle à l’original. On a l’impression que l’intérêt dramatique est très faible par moments ». Il termine en disant que « le film reste un extraordinaire document d’époque, très fouillé et très beau ».

Claude Daignault, du Soleil de Québec, mentionne « qu'il existe peu d'exemples de films tirés de livres qui se soient révélés de grands films ». Tout en louant, lui aussi, les « images superbes de Michel Brault », Daignault dit voir dans Kamouraka « une oeuvre attachante mais qui ne parvient pas à susciter un magnétisme irrésistible ».

Par contre, Christiane Berthiaume, de l'hebdomadaire Dimanche-Matin, est élogieuse. Selon elle, « Kamouraska est un spectacle pour l'oeil et pour l'esprit qui a la décence de prendre des risques », ajoutant que « Claude Jutra vient de signer un film non seulement beau, bien fait et bien joué mais également intelligent ».

Distinctions

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Références

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  1. Watteyne, Nathalie, Le centenaire d'Anne Hébert : approches critiques, Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, (ISBN 978-2-7606-3942-3 et 2760639428, OCLC 1061149950, BNF 45603827, lire en ligne)
  2. « Huit prix à « Mon oncle Antoine » - Les Archives de Radio-Canada », sur archives.radio-canada.ca (consulté le ).
  3. Catherine Perreault, « Michel Brault (1928-2013) », sur Lire ONF, (consulté le )

Liens externes

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