Kamel Chouaref

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Kamel Chouaref
Image illustrative de l'article Kamel Chouaref
Fiche d’identité
Nom complet Kamel Chouaref
Surnom Monsieur 100 000 volts[1]
Nationalité Drapeau de la France France
Date de naissance 22 novembre 1969[2]
Lieu de naissance Nador
Style Savate, kick boxing, full-contact
Taille 1,72[3]
Catégorie Poids légers, poids super-légers
Palmarès
  Professionnel
Combats 135
Victoires 130
Victoires par KO 88[4]
Défaites 4
Matchs nuls 1
Titres professionnels Boxe française :
Champion de France
Champion d'Europe
Champion du monde
Kick-boxing :
Champion de France
Champion d'Europe (WKA)
Champion du monde (WKA, WAKO, WPKL, ISKA)
Full-Contact :
Champion du monde WKN
Titres amateurs Full-contact :
Vice-champion du monde amateur
Dernière mise à jour : 9 février 2014

Kamel Chouaref (ou Lotfi Kamel Chouaref[5]), né le [3],[2] à Nador [6] (Maroc), est un sportif français pratiquant différentes boxes pieds-poings et ayant obtenu de très nombreux titres de champion du monde, champion d'Europe et champion de France dans ces différentes disciplines, la plupart dans les années 1990. Il boxait dans les catégories légers et super-légers. Surnommé le « Monsieur 100 000 volts » des sports de combat[1], il est l'un des sportifs les plus titrés au monde dans les catégories pieds-poings, entre autres en boxe française, qu’il a portée à un haut niveau de perfection ; il a notamment battu le record de titres détenus[7] et est considéré comme possédant le plus beau palmarès de ce sport[8].

Carrière[modifier | modifier le code]

Kamel Chouaref arrive en France à l'âge de quatre ans[6], ses parents étant restés au Maroc ; il habite chez sa tante à Paris[9]. En 1985, alors encore passionné par le football[8] (neuf ans de football, meilleur buteur de son équipe sur une saison[5]), il commence sa carrière de boxeur au Kajyn Club. Son entraîneur le trouve si doué qu'il lui paie sa cotisation[8].Son premier combat en professionnel a lieu en juin 1985 à Athis-Mons : après trois victoires consécutives, Chouaref décide d'arrêter complètement la pratique du football pour se consacrer complètement aux sports de combat[10]. Il pratiquera également un temps la boxe anglaise[5].

Le choix du sport à haut niveau lui permet en 1990 de faire ses classes au bataillon de Joinville[5] et ainsi de passer par l’INSEP, entre 1990 et 1992, pour suivre un cursus sport étude qui lui permettra d’obtenir deux diplômes d’État et de se concentrer sur sa carrière sportive professionnelle. Pour la pratique du sport, il s'établira d'abord au CS Clichy[11], puis à Levallois[9].

Savate/boxe française[modifier | modifier le code]

Après avoir conquis les titres régionaux, membre de l'équipe de France, Chouaref décroche son premier titre de champion de France en 1987[9],[5]. Il gardera ce titre les trois années suivantes, puis sera vice-champion en 1991 et à nouveau champion entre 1992 et 1996[12]. Il redeviendra vice-champion en 1997 et en 1998, date de son dernier titre dans cette discipline.

Durant cette période, il sera également vainqueur de la Coupe de France de style en 1988, 1992 et 1993, et sera sacré meilleur combattant en 1987 et 1988[5] et meilleur styliste en 1988 (Trophée Solignac)[5]et 1992. Il participera également aux Internationaux de France en 1991.

Sur le plan international, il devient champion d'Europe junior en 1989[5]. Il décroche son premier titre européen senior en 1990 et récidivera tous les deux ans jusqu'en 1996 inclus. Il sera sacré champion du monde en 1993 et en 1995.

Distinction honorifique, il recevra 5 fois le Katana d’or décerné au meilleur boxeur de l’année toutes catégories confondues[8],[11]. Il sera également invité aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992[3], ainsi qu'aux Jeux olympiques d'Atlanta en 1996 et aux Jeux Olympiques d'Athènes en 2004.

Il tentera en 1990 sa seule incursion dans la catégorie super-plumes, afin de rencontrer son camarade Sébastien Farina, champion de cette catégorie. Mais Farina se casse la main et doit déclarer forfait, rendant caduque la tentative de Chouaref, qui restera désormais léger[5].

Kick-boxing[modifier | modifier le code]

Il commence le kick-boxing américain au Kajyn club en 1985, en même temps que la savate, avec André Zeitoun qui sera son préparateur pour les championnats du monde et les combats professionnels à partir de 1998.

Il décroche son premier titre de champion de France en 1988 et son premier titre de champion d’Europe en 1990. Champion de France pro WKA (1988, 1989 et 1990), champion d’Europe pro WKA (1990), il devient champion du monde WKA en 2003.

Bien que le kick-boxing offre des bourses plus importantes que la savate boxe française, il mettra sa carrière de kick-boxeur entre parenthèses quelques années, notamment parce que la reconnaissance de la savate boxe française par le ministère des Sports permet de recevoir des bourses du ministère et du CNOSF, ainsi que des bourses fédérales en fonction des résultats, et surtout que le Ministère le rémunère en tant qu'athlète de haut niveau[3]. Il reprend du service en 1997.

Le pari des ceintures[modifier | modifier le code]

Souhaitant marquer son nom dans cette discipline reconnue mondialement, et être l’un des meilleurs boxeurs polyvalent titré dans différentes boxes pieds-poings, Kamel Chouaref se lance un challenge : obtenir les ceintures de chacune des fédérations reconnues mondialement dans la discipline du kick-boxing[7]. Il va chercher sa première victoire à Cherbourg en 1997 auprès du champion du monde WAKO, Bruno Chesnot, tenant du titre de la catégorie depuis 1992[13]. Après sa victoire, il garde le titre les deux années suivantes (1998 et 1999). Il remporte également les ceintures WPKL (en) (1997, 1998, 1999 et 2000), ISKA (1998, 1999 et 2000), et à nouveau WKA (2003).

Full-contact[modifier | modifier le code]

Il se mettra également à pratiquer le full-contact, étant un véritable boulimique des sports de combat, et connaîtra un parcours similaire aux autres disciplines pratiquées : membre de l’équipe de France de full-contact, il participe aux Championnats du monde amateurs en 1990 à Venise. Il y fait cinq combats en trois jours et perd son dernier combat par disqualification en assénant à son adversaire un low-kick, ce qui n'est pas autorisé en full-contact[14]. Il ne décroche donc que la Médaille d'argent, le titre de vice-champion.

Il sera également champion d'Europe et du monde WKN en 2000 et en 2001. Pour le Championnat du monde 2000, il gagne son combat contre Charles Aubry (Suisse) par jet de l'éponge au 7e round à la suite d'une fracture du nez du Suisse.

Pratique[modifier | modifier le code]

Sa souplesse[5], sa fluidité et sa rapidité d’exécution seront ses atouts majeurs pour remporter ses combats, un style qui lui vaudra le surnom de « Mr 100 000 volts »[1] et celui du « Mozart de la Savate »[15] en étant l'un des sportifs les plus titrés au monde dans les catégories pieds-poings, notamment en boxe française, qu’il a portée à un haut niveau de perfection (il a notamment battu le record de titres détenus[7] et est considéré comme possédant le plus beau palmarès de ce sport[8]).

Les propositions de contrats publicitaires et de sponsors s’enchaînent avec ce parcours hors du commun, notamment après ses victoires en kick-boxing[8]. Il signera notamment avec les équipementiers, boutiques et marques suivantes[16] : Sport 7, Safar Tours (compagnie aérienne), Adidas, Walter Ce lien renvoie vers une page d'homonymie, Baliston, [réf. nécessaire]Sphinx USA, SDI et surtout Redskins, qui mettra sa personnalité et ses titres en lumière.

En parallèle de sa carrière bien remplie, Kamel Chouaref mène auprès des jeunes un grand travail d'insertion[17]. Il participe à de nombreuses associations et festivals[18],[19]. Son charisme et son dévouement bénévole lui vaudront de rencontrer les présidents de la République François Mitterrand et Jacques Chirac, ainsi que les rois du Maroc Hassan II et Mohammed VI[9]. Ce dernier lui remettra d'ailleurs l'ordre du Ouissam El Alaouite[9],[20].

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

En 2003, après trois ans passés loin des rings[6], il met fin à une carrière auréolée de succès en organisant son dernier combat. Et c’est dans son pays d’origine, au palais des Congrès de Marrakech (sous l'égide de Mohammed VI[21]) qu’il donne ce combat, le 23 mars. Ce dernier combat l'oppose d'ailleurs au champion du monde WKA, seule ceinture qui manque à son palmarès[6].

En 2009, la nouvelle salle de boxe de la ville de Sèvres ouvre ses portes et, en hommage au temps où Chouaref préparait ses combats dans l'ancienne salle, est baptisée le 7 juin la salle « Kamel Chouaref, champion du monde de boxe française savate, kick-boxing et full contact »[22].

Grâce aux diplômes obtenus à l'INSEP, Chouaref peut se diriger vers le coaching et le personal training (pour le GIGN, la police nationale, des personnalités VIP...) [23]. De 1995 à 2010, il est l’entraîneur du Levallois Sporting Club en boxe française et, en 1998, coordinateur au Service de la jeunesse et du sport de la ville de Clichy-la-Garenne[6]. Il s’oriente logiquement vers la transmission de son art en ouvrant différentes salles de boxe (le KFBC Clichy à partir de 2001 et la salle de Villeneuve-la-Garenne en 2003) [24]. Il est également conseiller sportif chargé de mission au conseil général des Hauts-de-Seine[6] à partir de 2003[25].

Il sera également l’entraîneur de l’équipe du Maroc en kick-boxing[26] et en boxe thaïlandaise en 2005, puis l’entraîneur et sélectionneur de l’équipe de France de kick-boxing depuis 2008[27].

Palmarès[modifier | modifier le code]

Au total, Kamel Chouaref a participé à 135 combats officiels pour un résultat de 130 victoires, 4 défaites et 1 nul. Il a obtenu, dans les différentes disciplines qu'il a pratiquées, 15 titres de champion du monde, 5 titres de champion d'Europe et 12 titres de champion de France, ayant ainsi l'un des plus beaux palmarès de cette discipline[6].

Savate/boxe française 
92 combats - 89 victoires - 3 défaites
  • Championnat national :
    • Champion de France : 1987, 1988, 1989, 1990, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996.
    • Vice-champion de France : 1991, 1997, 1998.
    • Membre de l'équipe de France de 1987 à 1998.
  • Compétitions :
    • Vainqueur des Internationaux France-Italie : 1990
    • Vainqueur de la Coupe de France : 1988, 1992, 1993 (meilleur styliste 1988 et 1992)
    • Vainqueur des Internationaux de France : 1991
    • Vainqueur du Défi des champions : 1993
    • Vainqueur des Internationaux Italie-Europe : 1996
  • Championnat international :
    • Champion d'Europe : 1990, 1992, 1994, 1996.
    • Champion du monde : 1993 et 1995.
Kick-boxing américain 
35 combats - 34 victoires - 1 nul.
  • Champion de France pro : 1988, 1989, 1990 (WKA)
  • Champion d'Europe pro : 1990 (WKA)
  • Champion du monde pro :
    • WAKO : 1997, 1998 et 1999
    • WPKL : 1997, 1998, 1999 et 2000
    • ISKA : 1998, 1999 et 2000
    • WKA : 2003
Full-contact 
8 combats - 7 victoires - 1 défaite
  • Vice-champion du monde amateur : 1990
  • Membre de l'équipe de France.
  • Champion du monde : 2000 et 2001 (WKN)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Christian Julia, Kamel Chouaref, La boxe pieds-poings, 25 janvier 2010, consulté le 19 octobre 2013.
  2. a et b Informations sur le club KC Boxing de Villeneuve-la Garenne, sur Fédération française de muay thaï (consulté le ).
  3. a, b, c et d [PDF]Agnès Paquelin, Kamel Chouaref vers le grand chelem, Uppercut, no 7, avril 1995, consulté le 19 octobre 2013.
  4. KC Boxing le club des champions, agence de promotion Vilain Mac, 14 octobre 2013, consulté le 19 octobre 2013.
  5. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j [PDF]Le phénomène LKC, Boxe française Savate, novembre 1990, consulté le 19 octobre 2013.
  6. a, b, c, d, e, f et g Laurent Pruneta, Le dernier défi de Kamel Chouaref, Le Parisien, 22 mars 2003, consulté le 19 octobre 2013.
  7. a, b et c Laurent Pruneta, Le challenge de Kamel Chouaref, Le Parisien, 18 juillet 1998, consulté le 19 octobre 2013.
  8. a, b, c, d, e et f [PDF] Brice Moulin, Coups de pompe et maux de tête, Uppercut, 1997, consulté le 19 octobre 2013.
  9. a, b, c, d et e Laurent Pruneta, Chouaref prépare son jubilé, Le Parisien, 8 novembre 2002, consulté le 19 octobre 2013.
  10. http://www.clg-pompidou-villeneuve.ac-versailles.fr/IMG/pdf/journal_info_relais_2010-2011_session_2.pdf
  11. a et b [PDF]Et encore trois champions de France !, Clichy Mag, mai 1995, consulté le 19 octobre 2013.
  12. [PDF]Karem Ben-Ismaïl, Chouaref est géant, Zankifo impressionnant, Uppercut, no 16, février 1996, consulté le 19 octobre 2013.
  13. [PDF]Kamel Chouaref, d'un ring à l'autre, 92 Express, septembre 1997, consulté le 19 octobre 2013.
  14. Il n'y a pas de coups portés sous la ceinture dans cette discipline.
  15. http://kcboxing.esthar.fr/wp-content/uploads/2013/06/1995.06-Uppercut.pdf
  16. Les partenaires sur le site officiel de Kamel Chouaref, consulté le 19 octobre 2013.
  17. [PDF]Kamel Chouaref, 10 ans de victoires, 92 Express, no 69, mars 1996, consulté le 19 octobre 2013.
  18. [PDF]Arts martiaux et champions du monde, Clichy Mag, juin 1999, consulté le 19 octobre 2013.
  19. [PDF]Dôme Imax, temple du sport, 92 Express, avril 1995, consulté le 19 octobre 2013.
  20. Distinctions sur le site officiel.
  21. [PDF]Jérôme Beatygue, Je ne me suis jamais considéré comme une star, 20 minutes, février 2003, consulté le 19 octobre 2013.
  22. Ville de Sèvres, Actualité, consulté le 19 octobre 2013.
  23. http://roadsmag.com/sonia-rolland-la-justice-ecoute-aux-portes-de-la-beaute028336363290/
  24. http://www.vilainmac.com/sport-fr/2013/10/14/kc-boxing-le-club-des-champions/
  25. [PDF]Chouaref raccroche les gants, 92 Express, janvier 2003, consulté le 19 octobre 2013.
  26. http://www.aufaitmaroc.com/sport/sports-divers/2012/6/19/tournoi-international-de-kick-boxing-samedi-prochain-a-rabat_180204.html#.UmQz3b-geQs
  27. http://www.ffscda.com/nouvelles-566-equipe-de-france-de-kick-boxing-et-kick-light-wako-skopje-macedoine-.html

Liens externes[modifier | modifier le code]