Kalash (Chitral)

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Individus du peuple kalash.
Femmes kalashs.

Les Kalashs du Chitral forment un peuple du Pakistan septentrional parlant le kalashamon, une langue indo-aryenne, et encore polythéiste. Plus de 100 000 au XIXe siècle, ils ne sont plus que de 3 000 à 6 000 individus. La culture kalash a été jusqu'ici préservée grâce à l'isolement et au strict respect des traditions (les ethnologues estiment que leurs croyances n'ont que très peu évolué depuis 2 300 ans), cependant ils se convertissent peu à peu à l'islam.

Origines[modifier | modifier le code]

Comme les Nouristanis, ils gardent le phénotype européen (peau, cheveux et yeux clairs) que les légendes locales voudraient faire descendre de soldats issus des troupes d’Alexandre le Grand. Or, selon des études menées depuis trente ans par l'ethnologue Augusto S. Cacopardo, cette région de l’Hindou Kouch n’a jamais fait partie de la satrapie (division administrative dans l’Empire perse) de Bactriane. De plus, il n'existe aucune trace d’un personnage pouvant s’approcher d’Alexandre le Grand dans la tradition orale et la mythologie kalash. Par ailleurs, la linguistique met clairement en évidence l’absence de rapport entre le grec et le kalashamon. Les Kalashs sont en réalité le dernier peuple issu des habitants du Kafiristan (littéralement, « pays des infidèles »), dont la grande majorité a été convertie à l’islam, il y a moins de deux siècles[1]. En 2014, un article publié dans la revue Science mentionne cependant une étude génétique liant l'ADN des Kalashs à celui de peuples qui vivaient sur les territoires actuels de Allemagne et de l'Autriche entre 990 et 210 avant notre ère[2].

Ils ne vivent plus que dans trois vallées du Pakistan, Bumboret (en), Rumbur (en) et Birir (en). Il n'y a pas actuellement de rapport entre les Kalashs du Pakistan et ceux d'Afghanistan.

Les hommes s'en vont sur les pâturages d'altitude avec leurs troupeaux tandis que les femmes cultivent les champs, dans les vallées, près de leurs villages. Cette société est fortement patriarcale, les valeurs viriles étant exacerbées. Elle était patrilinéaire.

La fête la plus importante est celle de Joshi au mois de mai qui annonce les premières transhumances. Les Kalashs sont également réputés pour leurs fêtes de solstice, durant plusieurs jours et incluant des sacrifices animaux.

Alors qu'ils étaient 40 000 en 1950, ils ne sont plus que 4 100 en 2016, notamment à cause des pressions du prosélytisme musulman (religion d'État du Pakistan), qui refuse leur culte polythéiste (reconnu par les autorités du pays seulement depuis 2015) et leurs coutumes (culture du vin, absence d'obligation pour les femmes de porter le voile). Leur isolement géographique, qui autrefois les protégeait (leur présence ici remonte bien avant la naissance de l'islam) contribue désormais à leur persécution, alors que la vallée attire peu de touristes[2].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nicolas Autheman, « Nous sommes les descendants d’Alexandre le Grand », Le Monde diplomatique, mai 2010, p. 22.
  2. a et b Vincent Jolly, « Les Kalash face à l'islam », Le Figaro Magazine, semaine du 26 février 2016, p. 46-53.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • J.-M. Guillard, Seul Chez Les Kalash, Carrefour des Lettres, 1974, 221 p.
  • Jean-Yves Louee, Kalash, Les derniers « infidèles » de l'Hindu-Kush, Berger-Levrault, collection Espace des hommes, Paris, 1980.
  • Jean-Yves Loude et V. Lièvre, Solstice païen - Fêtes d'hiver chez les Kalash du Nord -Pakistan, Presses de la Renaissance, collection De Près comme de Loin, Paris, 1984.
  • R. Quadrini (photographies), A. Henrion et Létocart (textes), Peuple Kalash : Nord C. Pakistan, Golias, Villeurbanne, 2010. 96 p.
  • Érik L'homme, Des pas dans la neige. Aventures au Pakistan, Gallimard, Paris, 2008.
  • Gabi Martinez, Histoire vraie de l'homme qui cherchait le yéti, Autrement, Paris, 2013.