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Kah Walla

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Kah Walla
Illustration.
Kah Walla en 2010.
Fonctions
1re Présidente du Cameroon People's Party
En fonction depuis le
(13 ans, 2 mois et 18 jours)
Biographie
Nom de naissance Edith Kahbang Walla
Date de naissance (59 ans)
Lieu de naissance Ibadan (Nigeria)
Nationalité Camerounaise
Parti politique CPP (depuis 2011)
Diplômée de Howard University (États-Unis)
Profession Consultante

Edith Kahbang Walla, dite Kah Walla, née le à Ibadan au Nigeria, est une cheffe d'entreprise et femme politique camerounaise, candidate à l'élection présidentielle de 2011.

Elle est à la tête d'un cabinet conseil en leadership et management dénommé STRATEGIES! qu'elle créée en 1995[1]. Elle s'engage en politique au sein du Front social démocrate, parti politique leader de l’opposition, et est élue en 2007 au conseil municipal de la mairie de Douala I[2].

Elle démissionne du Front social démocrate en 2010 et devient la candidate du Cameroon People's Party (CPP) à l'élection présidentielle de 2011[3], à la suite de son élection à la tête de ce parti le [4], succédant ainsi au Pr Samuel Fon Tita qui avait créé ce parti en 1991.

Kah Walla est reconnue en 2007 comme l'une des sept femmes entrepreneures influentes d'Afrique par la Banque mondiale. En 2011, elle est comptée parmi les 150 femmes qui font bouger le monde d'après l'hebdomadaire américain Newsweek[5].

Originaire de la région du Nord-Ouest du Cameroun[6],, Edith Kahbang Walla naît le à Ibadan au Nigeria. Son père John Salomon Walla fut, avant sa mort, directeur de cabinet de John Ngu Foncha et de Salomon Tandeng Muna, puis inspecteur général, directeur de la marine marchande à Douala et enfin représentant du Cameroun à la conférence ministérielle d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale sur les affaires maritimes à Abidjan.

Sa mère, Grace Ebako Walla[7], aujourd'hui à la retraite, est titulaire de deux doctorats : un en santé publique et un autre en éducation pour la santé. Elle a dirigé l'ONG Cameroon National Association for Family Welfare (Camnafaw)[8].

Kah Walla commence ses études primaires à l’école américaine de Yaoundé.

Elle poursuit ensuite son cursus secondaire au lycée de Bouaké en Côte d’Ivoire. Après son baccalauréat, elle est admise à l'université Howard à Washington, aux États-Unis, où elle obtient une licence en zoologie en 1986, avant de se lancer à la quête d’un Master of Business Administration en 1990 toujours à la l'université Howard[4].

Carrière professionnelle

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Après l'obtention de son MBA, Kah Walla retourne au Cameroun, où elle exerce pendant quatre ans pour un cabinet dénommé Bikanda Conseil, avant de créer son propre cabinet, STRATEGIES!, en [9]. Elle est toujours à la tête de ce cabinet spécialisé en leadership et management.

Carrière politique

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Premiers pas

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Sa famille a toujours été une source de motivation et d'inspiration pour elle dans le domaine politique [2]. C’est au sein du Front social démocrate, au début des années 1990, qu’Edith Kahbang Walla commence sa carrière politique au Cameroun en tant qu’observatrice. Elle acquiert de l’expérience au fil des années ; avec l’appui d’un de ses collègues, ils rédigent le dernier discours du président du Front social démocrate, John Fru Ndi, prononcé lors de sa campagne en 1992[2]. En 2008, Cameroun Ô Bosso, son mouvement, voit le jour[4].

Entrée au Front social démocrate

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En 2007, elle décide de rejoindre officiellement le Front social démocrate et est élue conseillère municipale dans la ville de Douala, dans l'arrondissement de Douala I[10].

Le , elle démissionne du Front social démocrate après une accusation de malversation financière ; elle est élue présidente du Cameroon People's Party quelques mois plus tard[4].

Candidature à l'élection présidentielle de 2011

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Kah Walla déposant un bulletin de vote dans une urne, le .

C'est en 2010, que Kah Walla informe la presse de son intention de se présenter à l'élection présidentielle de 2011. Elle se désolidarise tout d'abord du Front social démocrate en donnant sa démission. Et, quelque temps plus tard, elle intègre le Cameroon People's Party (CPP) et en devient la présidente en avril 2011. Elle expliquera par la suite que le parti pour lequel elle a milité depuis sa création ne partageait plus les mêmes idéaux qu'elle, notamment en ce qui concernait la vision pour l'élection présidentielle[11].

Entre 2010 et 2011, Kah Walla multiplie les interventions dans la presse afin de faire connaître son parti, le CPP, inconnu quoique créé depuis 1991. À travers le slogan « The people first », le parti trouve un écho auprès des jeunes, qui sont sa cible principale.

Pour attirer le maximum de jeunes possible, Kah Walla encourage les inscriptions sur les listes électorales dans l'ensemble du pays. La campagne de sensibilisation lui aura permis de s'adresser à plus de 500 000 Camerounais en très peu de temps[2].

Kah Walla, en lice pour la présidentielle au même titre que 22 autres candidats, parmi lesquels Paul Biya, se lance activement dans la campagne et fait des propositions impliquant les jeunes et la grande majorité de la population. Entre révision du mandat présidentiel et limitation des mandatures, sous le slogan « Kah Walla 2011 – The Time is Now ! », ses propositions ont pour but d'affirmer sa candidature[5].

À l'issue de l'élection, elle est classée 6e sur les 23 candidats[5] avec 0,72 % des suffrages exprimés[12]. Le scrutin est remporté par le président sortant, Paul Biya[13].

Crise anglophone au Cameroun

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En mars 2019, elle suscite la controverse et les critiques de nombreux Camerounais anglophones pour des remarques qu'elle fait lors d'une table ronde à l'Elliott School of International Affairs de l'Université George-Washington. Elle s'exprimait lors d'un événement intitulé « Crisis in Cameroon »[14], assise aux côtés de la directrice de l'Institut d'études africaines, Jennifer Cooke, et de R. Maxwell Bone, ainsi que d'un étudiant de l'université qui avait passé du temps dans les régions anglophones du Cameroun. Elle accuse les militants et dirigeants séparatistes opérant depuis la diaspora de mensonges et d'hypocrisie. Les remarques qu'elle a faites suscitent l'approbation de Jennifer Cooke et de R. Maxwell Bone et sont ensuite devenues virales sur les médias sociaux. Les autres panélistes sont alors critiqués pour leur partialité et leur opposition à l'indépendance des régions anglophones du Cameroun, et accusés de vouloir devenir ministre dans le gouvernement actuel de Paul Biya. Elle, ainsi que les deux autres panélistes, déclarent que les commentaires sont sortis de leur contexte, et qu'elle, ainsi que Bone et Cooke, critiquent le gouvernement camerounais pendant d'autres parties du panel[15].

Après le panel, elle et R. Maxwell Bone sont victimes de menaces de mort et d'intimidation de la part d'individus affiliés à la cause indépendantiste. Ceci était particulièrement inquiétant pour R. Maxwell Bone qui travaille beaucoup avec les ONG des régions anglophones du Cameroun. Depuis l'été 2019, ils continuent de faire l'objet de menaces, de désinformation et d'intimidation. Des affirmations sont faites selon lesquelles cela montre la véritable nature des séparatistes, une affirmation que ces derniers nient.

Prix et distinctions

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Kah Walla reçoit plusieurs prix et distinctions en tant qu'entrepreneuse et en tant que militante :

  • En 2007, elle est reconnue par la Banque mondiale, dans son rapport Doing Business: Women in Africa, comme l'une des sept femmes entrepreneurs qui travaillent à améliorer l'environnement des affaires au Cameroun[réf. souhaitée].
  • En 2010, elle est citée par les magazines américains Newsweek et Daily Beast comme l'une des 150 femmes qui font bouger le monde[4].
  • En 2011, elle reçoit le Vital Voices Global Leadership Award in public Life[16].
  • En 2014, elle est titulaire du DVF Award (remis par Diane Von Furstenberg)[17].
  • En 2015, elle est récipiendaire du Vital Voices Vanguard Award 2015[18].

Notes et références

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  1. « Leadership : IMFURA donne 20 secrets de Kah Walla, CEO de STRATEGIES! », sur www.imfura.com (consulté le ).
  2. a b c et d Equipe Agence AIC, « Kah Walla, candidate à la présidentielle, face à Henri FOTSO - AIC - Agence Africaine d'Information et de Communication », sur agenceaic.net (consulté le ).
  3. « Cameroun, le Top 5 des femmes politiques célibataires : Tutu Muna, Kah Walla, Aminatou Ahidjo, Denise Fampou et Kalla Lobe - Camer.be », sur camer.be (consulté le ).
  4. a b c d et e « Cameroun : Kah Walla, une candidate ambitieuse à la présidentielle de 2011 - JeuneAfrique.com », sur JeuneAfrique.com (consulté le ).
  5. a b et c « Les 23 candidats à l'élection présidentielle 2011 », sur www.cameroon-tribune.cm (consulté le ).
  6. « Présidentielle camerounaise : les principaux outsiders de Paul Biya – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le ).
  7. « Vie publique - Edith Kahbang Walla candidate du CPP », sur www.guide.mboa.info (consulté le ).
  8. Ici Les Gens du Cameroun, décembre 2010, édition Groupe Millenium, p. 10.
  9. « Grioo.com : Kah Walla, candidate à l'élection présidentielle 2011 au Cameroun » (consulté le ).
  10. « Journal Du Cameroun.com: Kah Walla, le visage féminin de la politique au Cameroun », sur www.journalducameroun.com (consulté le ).
  11. « Kah Walla, adhérente au RFD, candidate à la présidence du Cameroun | Women's Democracy Network », sur www.wdn.org (consulté le ).
  12. « Journal Du Cameroun.com: Cameroun: Voici les résultats de l'élection présidentielle du 09 octobre 2011 », sur www.journalducameroun.com (consulté le ).
  13. « Paul Biya remporte sans surprise l'élection présidentielle au Cameroun », sur RFI Afrique (consulté le ).
  14. Elliott School of International Affairs, DSC04559, (lire en ligne).
  15. (en) « https://twitter.com/apocsnet/status/1119175000202842112 », sur Twitter (consulté le ).
  16. « Global Leadership Awards 2011: Kah Walla | Vital Voices », sur www.vitalvoices.org (consulté le ).
  17. (en-US) Lauren McCarthy, « DVF Awards Honor Extraordinary Women », (consulté le ).
  18. Vital Voices Global Partnership, « President Bill Clinton, Vital Voices Global Partnership Celebrate Groundbreaking Women from around the World », sur www.prnewswire.com (consulté le ).

Articles connexes

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