Kaédi

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Kaédi
(ar) كيهيدي
Kaédi
Un des axes majeurs de Kaédi, devant l'hôpital
Administration
Pays Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
Région Gorgol
Département Département de Kaédi
Maire
Mandat
Sow Moussa Demba dit Thiombe
3e mandat
Démographie
Population 55 000 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 16° 09′ 02″ nord, 13° 30′ 20″ ouest
Altitude 23 m
Divers
Site(s) touristique(s) troglodytes, rupestres et autres scorie.
Localisation

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Kaédi

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Kaédi (arabe: كيهيدي) est une ville du sud de la Mauritanie, l'un des plus gros centres urbains du pays et la capitale de la région du Gorgol. Elle est située sur la rive droite du fleuve Sénégal qui délimite la frontière entre la Mauritanie et le Sénégal – une localisation propice aux échanges commerciaux, mais qui place aussi la ville au cœur des tensions entre les communautés locales comme entre les deux pays, comme ce fut le cas lors du conflit sénégalo-mauritanien des années 1980[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Kaédi est situé au confluent du fleuve Sénégal et de l'un de ses affluents, le Gorgol, qui a donné son nom à la région.

La ville est distante d'environ 435 km de la capitale, Nouakchott.

Population[modifier | modifier le code]

La population s'est fortement accrue dans les années 1980, atteignant 30 515 habitants au moment du recensement de 1988, alors qu'ils n'étaient que 20 000 dix ans plus tôt[1]. L'essor démographique, quoiqu'un peu plus modéré, s'est poursuivi et les chiffres du recensement de 2000 font état de 34 274 habitants[1].

Culturellement, Kaédi est l'une des villes les plus diversifiées en Mauritanie, sa population étant composée de communautés de Soninkés, de Peuls qui constituent la grande majorité de ses habitants, de « Maures blancs » (en arabe : البيضان beydhan ), et de « Maures noirs » (en arabe : : السودان. es soudann)

Économie[modifier | modifier le code]

Cette région est l'une des rares du pays à avoir une activité dans le domaine de l'agriculture sédentaire (riziculture).

C'est une ville commerciale, un centre médical et un centre pour les fermiers de la région. Le marché est considéré comme un des plus intéressants de Mauritanie, bien qu'il soit un reflet plus de la culture subsaharienne du Sénégal voisin que de celle maure comme plus au nord dans le pays.

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Architecture et urbanisme[modifier | modifier le code]

L'architecture de la ville consiste principalement en des bâtiments à toit plat de couleur brune. Certains sont en terre (notamment dans la vieille ville), d'autres sont en blocs de ciment recouverts d'un crépi pigmenté à l'ocre d'une teinte similaire à la terre.

Une exception remarquable cependant est constituée par l'architecture inhabituelle de l'hôpital régional de Kaedi, qui a été construit en 1989 et est constitué de dômes ogivaux reliés par des couloirs voûtés. Cette architecture, récompensée par l'Agha Khan Award, est l’œuvre de Fabrizio Carola de l'ADAUA, l'Association pour le développement de l'architecture et de l'urbanisme africain, qui a pour objectif le développement de modèles architecturaux urbains africains utilisant les matériaux et les technologies locales.

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Éducation[modifier | modifier le code]

Le lycée de Kaédi est l'un des plus anciens de la Mauritanie. Il a formé plusieurs hauts cadres du pays et continue d'avoir l'un des taux de réussite le plus élevé au Bac. Il accueille des élèves qui viennent de toute la région et même d'autres régions grâce à sa tradition de sérieux et de rigueur dans le travail. Depuis 2016, une MFR (Maison Familiale Rurale)est en activité. Ses premières actions de formation sont tournées vers la production agricole (productions végétales et élevage) afin que les jeunes se dotent de compétences permettant d'améliorer les performances de production des espaces agricoles exploités par les familles disposant d'un lopin de terre (source : MFR d'Indre-et-Loire, partenaires de la MFR de Kaédi)

Kaédi, comme beaucoup de villes le long du fleuve Sénégal, a été profondément affectée par le Conflit sénégalo-mauritanien de 1989, et ne s'en n'est pas encore vraiment remise d'un point de vue économique, victime de la position de ses habitants vis-à-vis de la politique de l'État. Cette ville est considérée comme étant la plus opposée à la politique destructrice de l'ancien dictateur Ould Taya mais elle se relève. Ces dernières années elle a vu ses enfants retourner au bercail et investir.

Transport[modifier | modifier le code]

Kaedi possède un aéroport (code AITA : KED).

En 2008, un accord a été signé avec des intérêts chinois pour la construction d'une ligne de chemin de fer de Kaedi jusqu'à la capitale, principalement pour le transport de phosphates. 200 km supplémentaires seraient nécessaires pour se connecter aux chemins de fer sénégalais à Linguère et 250 km pour se connecter à Bala.

Personnalités liées à Kaédi[modifier | modifier le code]

  • L'écrivain Youssouf Gueye est né à Kaédi en 1928.
  • Youssouf Koïta (ex député-maire de Kaédi) et ex président de l'Assemblée Nationale.
  • MPaly Kaba, homme de Dieu et riche commerçant, décédé le 16 avril 1965 à Gagnoa (en Côte d'Ivoire).
  • Ousmane Diagana, vice-président à la Banque Mondiale.
  • Youssouf Moussa Diagana, ingénieur géomètre, décédé en 1999 à l'âge de 84 ans.
  • Djimé Diagana, économiste, ancien directeur général de banques.
  • Stephane Diagana, athlète international.
  • Docteur Diagana Youssouf, médecin et ancien Ministre de la santé.
  • Docteur BA Bocar Alpha.
  • Docteur Mamadou Touré, premier docteur de médecine de Mauritanie.
  • Docteur Mamoudou Toure, ancien ministre des finance du Sénégal, Ancien Directeur du FMI département Afrique.
  • Abdoul Ibra Toure, enseingant, inspecteur d’enseignement et econome du Lycée de Kaédi.
  • Professeur Diagana Ousmane Moussa.
  • Professeur Diagana Tocka.
  • Moustapha Ismaél Tandia, cadre de génie civil et fervent défenseur de sa ville décédé en avril 2013 à l'âge de 62 ans.
  • Docteur Tidiane Koita.
  • Docteur Diagana Oumar dit Faras, ancien joueur de football.
  • Lamine Diop, dit Gérard, ancien instituteur et ancien président de la ligue régionale de football du Gorgol.
  • Djibril Niang, directeur du budget.
  • Diagana Mamadou Youssouf, directeur général CDD.
  • Sow Alassane, banquier
  • Sow Amadou Moctar, ancien dbu
  • Docteur Bâ Oumar Ousmane, ancien ministre.
  • Professeur Bâ Mohamed Lamine, cardiologue.
  • Abdoul Aziz Ba, ancien Directeur d'Air Mauritanie et maire de Kaedi; philantrophe dont le pere, Bocar Ba fut chef de Canton; a marqué Kaedi dans les années 80 par sa prodigalité et son amour immodéré pourla ville.
  • Mohamed Ba, ancien Directeur de la Somima et frere de Abdoul Aziz Ba.
  • Sambayal Gaye, richissime personnage, haut en couleurs, dont les frasques sont connus jusquèn France

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c (en) Anthony G. Pazzanita, « Kaédi », in Historical dictionary of Mauritania, Scarecrow Press, Lanham (Maryland) ; Toronto, Plymouth (Royaume-Uni), 2008 (3e éd.), p. 283-284 (ISBN 9780810855960)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Anthony G. Pazzanita, « Kaédi », in Historical dictionary of Mauritania, Scarecrow Press, Lanham (Maryland) ; Toronto, Plymouth (Royaume-Uni), 2008 (3e éd.), p. 283-284 (ISBN 9780810855960)
  • H. Bessac, « Découverte d'un site rupestre près de Kaédi (Mauritanie) », in Notes africaines (Dakar), no 66, avril 1955, p. 34-38
  • Boubacar Tidjane Diagana, Contribution à l'étude urbaine des villes secondaires de la Mauritanie : la ville de Kaédi, Université de Nouakchott, 1987, 85 p. (mémoire)
  • Ousmane Moussa Diagana, Sooninka'ra gànnìnkà-n-sùugú : maàñù-n-sùugù, kútúntá-n-súugù do suugu ta'nanu, ì wùtí Kàyìháydì yá--Morita'ni / Chants traditionnels du pays soninké : chants nuptiaux, de circoncision et autres recueillis à Kaédi (Mauritanie), collectés, transcrits, traduits et commentés par Ousmane Moussa Diagana, préface de Claude Hagège, L'Harmattan, Paris, 1990, 268 p. (ISBN 2738408257)
  • Ousmane Moussa Diagana, La langue soninkée : morphosyntaxe et sens à travers le parler de Kaédi (Mauritanie), L'Harmattan, Paris, 1995, 529 p. (ISBN 2-7384-3290-5) (texte remanié d'une thèse d'Etat, Paris 5, 1984)
  • Tidane Koïta Le nomade à Kaedi (Mauritanie) : la gestion urbaine à l'épreuve, L'Harmattan, Paris, 1995, 123 p. (ISBN 9782738435514) (texte remanié d'une thèse de 3e cycle d'Urbanisme, Paris 8, 1990)
  • Tidiane Koïta Le parcours inacheve d'un enfant noir, Publibook, Paris 2009, 125p.a
  • Tidiane Koïta Kaédi ville éternelle de Mauritanie, éditions mon petit éditeur, Paris, juin 2016, 170p.
  • Kane Moctar, « Bata Koita, teinturière à Kaédi », in Blafon (Abidjan), no 121, avril-mai 1995, p. 10
  • Mangassouba Aliou Abdellahi sociologue , Professeur , Assistant Projet Developpement .

Liens externes[modifier | modifier le code]