Kémi Séba

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Kémi Séba
Image dans Infobox.
Kemi Seba en interview lors de la remise du prix MJA intellect à Bamako le 16 juillet 2017.
Biographie
Naissance
Nom de naissance
Stellio (Stélio) Gilles Robert Capo Chichi
Pseudonyme
Kémi Séba
Nationalité
Activité
Autres informations
Religion

Kémi Séba, de son vrai nom Stellio (Stélio) Gilles Robert Capo Chichi[1],[2], né le [3] à Strasbourg, est un activiste[4],[5] anticolonialiste[6],[7], et chroniqueur politique[8] de télévision en Afrique. Chef d'entreprise[9],[10] et essayiste[11] franco-béninois[12],[5], il est une figure du radicalisme noir[13] et du panafricanisme contemporain [14],[15],[16],[17],[18].

Initialement membre francophone de Nation of Islam[19], Kémi Séba se fait d'abord connaître en France en tant que fondateur ou porte-parole de plusieurs organisations, notamment « Tribu Ka » et « Génération Kémi Séba », toutes deux dissoutes par décret pour incitation à la haine raciale.

Se présentant comme anti-impérialiste et antisioniste, il est considéré, par de nombreux journalistes et politologues français et étrangers, comme un militant raciste antiblanc, racialiste et antisémite[20],[21],[22],[23],[24],[25],[26],[27] ainsi qu'un adepte de l'action violente dans les années 2000[28]. Il est également considéré comme un suprémaciste noir[29],[30].

Il s'installe ensuite en février 2011 au Sénégal[31], où il poursuit son militantisme politique en devenant notamment conférencier intervenant sur la thématique du panafricanisme, au sein des universités dakaroises[14],[32]. À partir de 2013, il est engagé en tant que chroniqueur politique sur la première chaîne de télévision privée du Sénégal[32], à savoir la 2stv. Cette nouvelle activité lui vaut une certaine popularité auprès d'une partie de la jeunesse africaine francophone, qui le considère comme un défenseur de la souveraineté africaine[14].

Il mène à partir de l'année 2017, à la tête de son ONG Urgences panafricanistes, une lutte « contre le néocolonialisme » français[6],[33]. Il dénonce le franc CFA et le manque de souveraineté monétaire qui touche les pays utilisant cette devise, à travers des manifestations politiques dans l'ensemble des pays d'Afrique francophone, ce qui lui vaut à la fois, honneurs et récompenses d'un côté[34],[35],[36],[18], et plusieurs expulsions[30] pour menace grave « à l'ordre public »[37],[38],[39] de l'autre.

Biographie[modifier | modifier le code]

Stellio (Stélio) Gilles Robert Capo Chichi est né en France de parents béninois[40]. D'autres origines (ivoirienne et haïtienne) lui ont cependant été parfois attribuées[41]. Son père est un médecin ayant fait faillite dans le privé à ses débuts en province en France (à cause, selon Kémi Séba, du racisme du début des années 1980) et sa mère, un mannequin au Bénin dans sa jeunesse, avant de devenir infirmière[42],[43] en France.

Séba apparaît sur la scène médiatique française en mai 2006 en réalisant, dans le cadre d'un affrontement physique[44] voulu avec la ligue de défense juive[45] et le Betar[46], une descente dans le quartier juif historique de la rue des Rosiers[47] à Paris (4e arrondissement) en étant accompagné des militants de son groupuscule, la Tribu Ka. En effet, Séba justifia[48] cette action par le fait que la Ligue de Défense Juive et le Betar avaient agressé des Noirs en marge de la manifestation à la mémoire d'Ilan Halimi.[49],[50]

Cette opération a conduit le ministre de l'Intérieur à dissoudre l'organisation, en , pour « incitation à la haine raciale » et « antisémitisme »[47]. Il a été par ailleurs, plusieurs fois condamné par la justice française pour provocation à la haine raciale, propos antisémites, outrages[47].

En , il se convertit à l'islam[51] après son séjour en prison[52],[53] et affirme avoir abandonné ses références « suprémacistes » au profit d'une vision « ethno-différencialiste », ne pensant plus que « l'homme blanc est le diable[47] ».

Le , il annonce le lancement du Black Pempers Center, un centre de loisir destiné aux enfants noirs[54] en France. Kémi Séba se justifie en niant que ce centre de loisir soit réservé aux enfants noirs mais qu'il est ouvert aux enfants de toutes origines dont les parents souhaitent qu'ils acquièrent une connaissance de l'Afrique[55].

En , Kémi Séba est frappé d'une interdiction d'entrer en Suisse alors qu'il doit y tenir une conférence à l'invitation de la branche suisse du mouvement d'extrême droite Égalité et Réconciliation, les autorités suisses craignant qu'il puisse à cette occasion troubler l'ordre public et lancer des appels à la haine raciale[56]. Cette interdiction se reproduit lors de sa venue suivante le à Genève[57].

Il participe ou organise des conférences, des manifestations politiques ou culturelles qui se déroulent en Afrique, en France, en Belgique et à Haïti[58],[59].

En , il est reçu en Guadeloupe par le syndicaliste Élie Domota[60].

Sénégal[modifier | modifier le code]

En , Kémi Séba quitte la France pour rejoindre le Sénégal[61]. Peu de temps après son arrivée au Sénégal, il est engagé comme porte-parole du « mouvement mondial de la jeunesse panafricaine pour les États unis d'Afrique », mettant en avant le fait que le coordinateur en est le ministre-conseiller chargé du panafricanisme Amadou Lamine Faye. Kémi Séba quitte ce poste deux mois plus tard, les deux hommes se renvoyant les raisons de ce départ[62].

Déclarant avoir abandonné l'« afrocentricité » pour l'idéal plus « universel » du panafricanisme[16], il dit par ailleurs ne regretter aucune étape de son parcours[63],[64].

Il est représentant de à juillet 2013 de la société Afrikan Mosaique, une entreprise sénégalaise qui indique avoir déjà investi près de 360 000 euros dans des projets locaux et qui prône le retour des afrodescendants en Afrique afin de participer à la reconstruction de cette dernière par le biais de ponts, puits, forages, centre commercial, maison bioclimatique, étang avec puits et bassin[61].

Médias africains[modifier | modifier le code]

Il travaille pendant deux ans à la télévision sénégalaise 2sTV, où il officie en tant que chroniqueur politique au sein du talk-show le Grand Rendez-vous à partir de 2013[65],[66],[32].

En , il est nommé directeur général de la chaîne de télévision Afrique Media[67].

En , Kemi Seba est engagé en tant que chroniqueur pour la chaîne VoxAfrica[68].

Il produit et anime depuis à Dakar une émission radio sur le web nommée Afro-Insolent.

Il est à l'origine de l'idée d'un magazine féminin en ligne[réf. nécessaire] publié en et intitulé RHA-Magazine[69][source insuffisante], qui traite des femmes noires illustres du passé à nos jours.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Séba est bigame et marié à l'institutrice camerounaise Etuma Seba depuis 2004[70] et depuis 2010 à Natou Pedro Sakombi[71], chercheuse en histoire africaine de nationalité belge et d'origine congolaise. Il est père de quatre enfants[42].

Formation en politique[modifier | modifier le code]

Nation of Islam[modifier | modifier le code]

Kémi Séba, au retour d'un voyage à Los Angeles[72],[73], se forme à la politique, au sein de Nation of Islam [74] à Paris à partir de 1999, et ce durant un an et demi. Il y acquiert ses bases militantes, doctrinales, idéologiques[3] et surtout ses capacités d'orateur[75],[76]

Conformément aux enseignements de l'organisation, il prône la « revalorisation de la race noire », qui passe selon Elijah Muhammad le guide de la Nation Of Islam par la « séparation » des Noirs et des Blancs (que Seba nomme « leucodermes ») « descendants d'esclavagistes colonisateurs » et qui selon lui, pour beaucoup, pratiquent encore le rejet des Noirs[3].

Il s'est présenté en 2007 comme un « militant de métier au service des citoyens victimes de racisme, à cause de la couleur foncée de leur peau », vivant « des dons de ses sympathisants, 300 à 600 euros par mois »[77].

Kémi Séba redevient en 2010 membre de la Nation of Islam avant de la quitter à nouveau en 2013.

Trajectoire politique en France[modifier | modifier le code]

Parti Kémite[modifier | modifier le code]

Alliant panafricanisme et kémitisme, il participe à la fondation du groupuscule noir radical Parti kémite en 2002[3], dont il est pendant deux ans le porte-parole national, avant de quitter ce dernier le trouvant trop intégrationniste à son goût[3]. En cette période il adopte le pseudonyme « Kémi Séba »[3], transcription francisée d'un terme d' égyptien ancien signifiant « Étoile Noire »[78].

Puis, en , il fonde une scission du parti kémite, la Tribu Ka, cette dernière organisation étant considérée comme un mouvement politico-mystique d'obédience kémite[3] (Ka signifiant kémitisme atonien).

Tribu Ka[modifier | modifier le code]

La Tribu Ka est un mouvement français, créée par Kémi Séba en , se présentant comme le défenseur du « peuple noir », attribuant aux populations noires, dans un discours s'inscrivant dans la mouvance du kémitisme, la fondation de la civilisation égyptienne et prônant la ségrégation raciale[79],[80]. Kémi Séba se présente comme le leader de ce groupe.

Il appelle les personnes afrodescendantes à aller vivre en Afrique, à ne pas se métisser, ni s'intégrer dans la société française[81]. L'organisation rejette le judaïsme, l'islam et le christianisme et promeut la vénération du dieu Aton de la mythologie égyptienne[81]. Ce projet ne séduit que très peu de personnes, le nombre d'adeptes reste minuscule, mais est fortement médiatisé[81].

En , après le meurtre d'Ilan Halimi, organisé par Youssouf Fofana, Kémi Séba s'adresse en ces termes à plusieurs associations juives : « Que notre frère [Fofana] soit coupable ou pas, nous vous prévenons que si d'aventure, il vous prenait l'envie d'effleurer ne serait-ce qu'un seul [de ses] cheveux au lieu de lui laisser avoir un procès équitable, nous nous occuperons avec soin des papillotes de vos rabbins ». Le Figaro évoque alors des « délires antisémites »[82].

Dissolution pour incitation à la haine raciale[modifier | modifier le code]

Ce mouvement a été dissous le pour incitation à la haine raciale, par décision du gouvernement Dominique de Villepin[83]. Les motivations de cette dissolution sont les suivantes :

« Considérant que le groupement de fait “Tribu Ka”, à travers ses communiqués de presse, les publications sur son site internet et les déclarations de ses responsables, se livre à la propagation d'idées et de théories tendant à justifier et à encourager la discrimination, la haine et la violence raciales, notamment à l'encontre des personnes qui ne sont pas de couleur noire ; qu'il prône également l'antisémitisme et qu'il a organisé des actions menaçantes à l'égard de personnes de confession juive ;
Considérant que, pour des raisons inhérentes aux nécessités de l'ordre public, il convient de réprimer les manifestations d'une idéologie raciste et discriminatoire, ainsi que tout encouragement à l'antisémitisme. »

Les multiples reconstitutions de la Tribu Ka de 2006 à 2009[modifier | modifier le code]

Génération Kémi Séba[modifier | modifier le code]

Le , Kémi Séba tient une conférence à Tours dans laquelle il annonce la création de son nouveau groupe « Génération Kémi Séba » formé afin de succéder à la Tribu Ka[84]. Ce nouveau groupe reprend la doctrine antisémite, racialiste et afrocentriste de la Tribu Ka[85]. À cette occasion, il a déclaré :

« Je rêve de voir les Blancs, les Arabes et les Asiatiques s'organiser pour défendre leur identité propre. Nous combattons tous ces macaques qui trahissent leurs origines, de Stéphane Pocrain à Christiane Taubira en passant par Mouloud Aounit. […] Les nationalistes sont les seuls Blancs que j'aime. Ils ne veulent pas de nous et nous ne voulons pas d'eux. […] Parce qu'il y aurait eu la Shoah, je n'ai rien le droit de dire sur mon oppresseur sioniste[85] ? »

Le 1er avril 2008, Kémi Seba est condamné pour avoir tenté de recréer illégalement la Tribu Ka sous l'appellation Génération Kémi Séba. Il écope d'une peine de six mois de prison dont 2 ferme ainsi que d'un an de privation de ses droits civiques, civils et de famille[86].

Jeunesse Kémi Séba[modifier | modifier le code]

Nonobstant cette première condamnation, Kémi Séba fonde le groupe « Jeunesse Kémi Séba ». Là encore, Kémi Séba et ses sympathisants sont poursuivis pour reconstitution illégale d'une ligue dissoute, à savoir la Tribu Ka[87]. Le nouveau groupe est dissous par décret le 15 juillet 2009, en vertu notamment de l'article 1er (6°) de la loi du 10 janvier 1936 relative aux groupes de combat et milices privées qui exige la dissolution de « toutes les associations ou groupements de fait qui soit provoqueraient à la discrimination, à la haine ou à la violence envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de la non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, soit propageraient des idées ou théories tendant à justifier ou encourager cette discrimination, cette haine ou cette violence[88] ».

Mouvement des damnés de l'impérialisme[modifier | modifier le code]

En mars 2008, Kémi Séba crée le groupe Mouvement des damnés de l'impérialisme (MDI), dont il est à la fois le secrétaire général et président. Contrairement aux précédentes organisations qu'il a fondées, l'adhésion à ce mouvement n'est pas limitée aux personnes noires. Dés sa création, l'organisation se rapproche des mouvements islamistes[89] et de l'extrême droite[90], dans une alliance qu'ils qualifient d'anti-systeme[91].

Bien que se présentant comme étant anti-imperialiste [92], les objectifs politiques du MDI sont qualifiés par les politologues français d'antisémites et complotistes. En effet le MDI se donne pour objectif de rassembler les peuples Noirs, Arabes et Blancs contre l'« impérialisme sioniste » et les illuminatis; sa communication est relayée par les sites communautaires musulmans[93] et par la droite radicale et nationaliste[94].

Le MDI déclare admirer et soutenir le Hezbollah[95]. Des alliances entre le mouvement de Kemi Seba et le centre chiite Zahra, ont été confirmés.[96]

Le MDi prône aussi l'alliance avec les militants juifs antisionistes de Neturei Kerta[97]

Boris Le Lay, antisémite notoire, militant français d'extrême droite, est chargé des relations avec l'Europe[98].

Salim Laibi, chirurgien-dentiste et activiste complotiste et islamiste algerien. est à la fois chargé de mission[99] aux loges occultes et Responsable de l'antenne PACA[94].

Le groupe se dote d'un site internet et diffuse des vidéos sur des sites de partages de vidéo comme Youtube ou Dailymotion[100].

En juin 2008, Christophe Cornevin (du Figaro) relève que, depuis mai, une organisation d'« inspiration néonazie », dénommée la Droite socialiste, a « amorcé une alliance insolite avec les Mouvements des damnés de l'impérialisme ». Selon le journaliste, Kemi Seba « surfant sur son dégoût de « l'impérialisme sionisme », avait déjà [en 2006] jeté une passerelle en direction de responsables de l'ancien Bloc identitaire, noyau d'extrémistes de droite dont se réclamait Brunerie »[101].

Seba quittera le MDI en 2010 après sa nomination à la tête de la branche francophone du New Black Panther Party[102].

New Black Panther Party[modifier | modifier le code]

Le , il est nommé « ministre francophone » de l'organisation New Black Panther Party [103],[104]qui est basée à Washington, et représentant du prédicateur extrémiste noir Khalid Abdul Muhammad. Il reçoit à cette occasion le nom de « Kemiour Aarim Shabazz »[105]. Il quitte la présidence du MDI, et se consacre la branche française du mouvement afro-américain durant 1 an, avant de rejoindre le continent africain.

Il conseille depuis le New Black Panther Party.[réf. nécessaire]

Activités politiques en Afrique francophone[modifier | modifier le code]

Les débuts médiatico-politiques en Afrique[modifier | modifier le code]

À partir de 2011, Kemi Seba intervient comme conférencier[106] sur la thématique du panafricanisme, au sein des universités sénégalaises[107].

De 2013 à 2015 il est engagé comme chroniqueur politique sur la première chaine privée du Sénégal, la 2STV, dans l'émission le grand rendez vous. Au sein de ce programme, ses chroniques et ses capacités de débatteur [108] lui permettent très rapidement d'obtenir une certaine popularité[109] auprès d'une partie de la jeunesse d'Afrique francophone[110], qui voit en lui une figure de la souveraineté africaine.

Création de l'ONG Urgences panafricanistes[modifier | modifier le code]

L'ONG Urgences panafricanistes est fondée en 2015[111] à Dakar par Kémi Séba, Hery Djehuty [112], son plus proche collaborateur, et Toussaint Alain[113], ancien conseiller politique de Laurent Gbagbo.

Le but initial de l'ONG est d'apporter une aide médicale et scolaire sur les terrains de conflit en Afrique afin de concurrencer les ONG occidentales[66], mais très rapidement, c'est de par sa présence sur de nombreux fronts dont la justice sociale, la lutte contre le néocolonialisme, le franc CFA et contre la corruption des États africains qu'elle gagne en audience en Afrique francophone[114],[115],[116],[30],[117].

Selon Kémi Séba, son association est notamment financée par des footballeurs africains dont Nicolas Anelka et Demba Ba[118]. D'après le journal le Monde, le rappeur sénégalais Thiat aussi ferait partie de ses soutiens confirmés[118].

Mobilisation contre l'esclavage des Noirs en Mauritanie[modifier | modifier le code]

L'une des premières actions de l'Ong Urgences panafricanistes consiste à dénoncer à partir de 2016[119] l'esclavage des populations haratines en Mauritanie[120]. Leur action se matérialisera par le soutien du leader Biram Dah Abeid[121],[122],[123]

Actions sociales[modifier | modifier le code]

L'ONG Urgences panafricanistes met, à partir d'avril 2018, un programme d’aide financière[124] en faveur des femmes les plus précarisées[125]. Baptisé « Alodo »[126] (Aide financière en Fon), ce programme vise, l’amélioration des conditions de vie des mères de familles en état de précarité par la mise en place d’une activité génératrice de revenu.

Les membres de l’ONG ont identifié des femmes qui répondent aux critères de sélection du programme « Alodo ». Ces dernières ont ensuite bénéficié d’une formation en création et gestion des activités génératrices de revenu. Des micro-crédits avec un taux de remboursement de 0% sur 6 mois leur ont été octroyé afin qu’elles puissent mettre en œuvre ces activités. Les membres de l’ONG ont été repartis en plusieurs équipes sur le terrain pour suivre les bénéficiaires et être à leur écoute tout au long du programme[127].

Mobilisation contre le néocolonialisme et le franc C.F.A[modifier | modifier le code]

À partir de janvier-février 2017[128] il organise[129],[130],[131],[132] via le Front Anti CFA qu'il a fondé avec son ONG Urgences panafricanistes[133], des manifestations contre le franc CFA, un peu partout en Afrique Francophone notamment au Mali[134],[135],[136]. Pendant qu’il s’apprête à quitter le pays, il est arrêté et contrôlé par Interpol à l'aéroport de Bamako qui l'interroge sur ses activités anti franc-CFA. Il est relâché au bout de 30 minutes[137].

En , Séba est accusé d'être « une menace grave pour l'ordre public » après avoir brûlé un billet de franc CFA afin de protester contre le manque de souveraineté monétaire qui touche les pays d'Afrique francophone. Il est expulsé du Sénégal vers la France[29]. En octobre 2017, il arrive à l'aéroport de Cotonou, où il reçoit, d'après Xalima et Benin Web TV, un accueil triomphal[138],[139]. Il décide dès lors de s'y installer et d'y continuer son combat politique[12]. Il reçoit l'année 2018, de nombreux prix pour son combat politique[140], dont certain même qu'il refuse[141], arguant que c'est à la fin d'un combat que l'on gagne les trophées, pas à la mi-temps.

Selon le journaliste reporter Ousmane Laye Diop, Kemi Seba est « accusé de souffler sur les braises d’un nationalisme économique naissant, de se nourrir et de nourrir une démagogie anticoloniale et antifrançaise »[142].

Felwine Sarr critique sa méthode d'activisme provocatrice[143].

Le , Kémi Seba est refoulé de l'aéroport international de Conakry, alors qu'il venait en Guinée pour y donner une série de conférences portant sur les questions de souveraineté africaine conjointement avec le mouvement « Le peuple n’en veut plus »[144],[145]. Il est renvoyé à Cotonou[146].

Le , Kémi Séba est reçu au Burkina Faso par le président de la République Roch Marc Kaboré[147],[148].

En , toujours dans le cadre de sa lutte contre le franc CFA, Kémi Séba se rend en Côte d'Ivoire et tente d'y organiser une manifestation. Il en est expulsé vers le Bénin[149] en raison de « risques potentiels de troubles » liés à la manifestation. À son arrivée à Cotonou, il est interrogé par la police béninoise[150].

En , tout en accusant la France d'être en partie responsable du terrorisme au Sahel, Kémi Séba se met à la disposition des armées régionales, afin de lutter contre les djihadistes. Il propose ainsi, aux présidents du G5 Sahel, la création d'un groupe de « Volontaires civils panafricanistes » dirigés par les membres de son association mais formés par les armées régionales[151],[152],[153],[154].

En , il est interdit d'embarquement à l’aéroport de Cotonou alors qu'il voulait manifester au Mali contre la présence française. Le collectif « Sortir du Franc CFA » l'accuse de propager la haine, la désinformation et la xénophobie[155].

En , bien qu'étant interdit de séjour en territoire ivoirien, Kémi Séba se rend clandestinement en Côte d'Ivoire et demande un report de l'élection présidentielle de 2020, s'opposant à un troisième mandat d'Alassane Ouattara[156].

En 2020, le chercheur universitaire et politologue francais Christophe Premat, de l'université de Stockholm analyse[157] que :

« Depuis son retour en Afrique, le discours de Kemi Seba a gagné une légitimité politique et prône un discours révolutionnaire panafricain. Seba s'est investi progressivement dans la compréhension des luttes africaines avec en particulier un soin à réactualiser l'idéologie panafricaniste fondée sur la nécessité d'assumer une autonomie complète des peuples africains vis-à-vis des anciennes puissances coloniales. En circulant en Afrique et en endossant un ethos révolutionnaire, Kémi Séba a construit une parole politique massivement écoutée. »

— Christophe Premat[158]

En , Kémi Séba est arrêté au Burkina Faso alors qu'il se rend à un meeting politique « contre le néo-colonialisme », et plus spécifiquement contre l'opération militaire française « Barkhane », qui se tient à Bobo-Dioulasso. Il est ensuite expulsé vers le Bénin[159].

Analyses critiques de son discours[modifier | modifier le code]

Racialisme[modifier | modifier le code]

En 2010, le politologue Stéphane François décrit la posture politique de Kémi Séba comme celle d'un « racialiste intégral qui a renversé la pyramide raciale élaborée au XIXe siècle : le peuple civilisateur n’est plus celui des Aryens, mais l’Africain noir[160]. » En 2017, il est présenté comme un racialiste par le journaliste Luca Andreolli de VSD[161].

Kémi Séba déclare en 2008 abandonner l'afrocentricité (qu'il qualifie d'ethnocentrisme) pour le panafricanisme[162].

Suprémacisme et racisme[modifier | modifier le code]

En 2017, le journaliste Racine Assane Demba analyse les écrits de Kémi Seba comme du Suprémacisme et du racisme et le compare à Marine Le Pen[163].

Religion[modifier | modifier le code]

Initialement membre francophone de Nation Of Islam [164], Seba développe ensuite, à la suite de son départ du mouvement, un discours afrocentriste hostile aux religions abrahamiques. Ce n'est qu' après son premier séjour en prison en 2007 qu'il reviendra à l'islam[165] en étant fortement influencé par les thèses de René Guénon [166] Dans la continuité de son étude des écrits de ce dernier, il rejoint en 2014 l'école du pérennialisme et se fait depuis lors, un virulent défenseur des thèses de la « tradition primordiale »,[167] comme il l'expose dans son second ouvrage Black Nihilism, en explorant les spiritualités africaines, sous le prisme des travaux de l'école de René Guénon[168],[169]

Activités politiques et médiatiques[modifier | modifier le code]

Kémi Séba à Dakar en août 2011.

Kémi Séba a présenté en un spectacle intitulé « Politik Street Show : Sarkophobie » au Théâtre de la Main d'or dirigé par Dieudonné. Il a un temps envisagé de se présenter aux élections municipales de 2008 à Sarcelles sur une liste « identitaire[84] », candidature abandonnée[170].

À la fin de la manifestation pro-palestinienne à Paris du , il déclare : « Les sionistes sont les nazis du XXIe siècle. […] Ce qui se passe aujourd'hui en Palestine est mille fois pire que la Shoah. […] Nous abattrons les sionistes, nous abattrons l’impérialisme. […] Que tous les sionistes sur Paris sachent qu'ils ne dormiront plus tranquilles » et, repris par l'assistance, « À mort Israël » puis « À mort les sionistes »[171]. Quelques jours plus tôt, il a établi un parallèle entre la situation israélo-palestinienne « Les colons, c'est le SIDA de l'humanité » et un complot occidental contre l'Afrique :

« À Kinshasa, les impérialistes, ils ont balancé des maladies. […] Ceux qui balancent au Zimbabwe le virus Ebola. […] Contre Mugabe, ils ont balancé le choléra[172]. »

Fin , Kémi Séba est invité par Dieudonné à participer à sa liste électorale des élections européennes de 2009 mais il refuse, ses idées étant en contradiction avec l'anti-communautarisme invoqué par Dieudonné et Alain Soral (également sur la liste). Toutefois, plusieurs colistiers de Dieudonné rejoindront le MDI après l'élection[173].

Dans une vidéo du MDI, décrivant Hitler comme un « raciste, un fumier, un ségrégationniste, un fasciste » il dit « préférer Hitler à Bonaparte », et disant citer Malcolm X : « Au moins, sous Hitler, les Noirs trouvaient du travail […], parce qu'ils étaient engagés dans les armées pour lutter contre le péril nazi »[174]. Il déclare aussi : « La seule chose qui nous rapproche des nazis, et que je ne renie pas, c'est qu'ils aimaient l'Allemagne plus que l'Allemagne s'aimait elle-même »[82].

Il est qualifié par le magazine Jeune Afrique de « Louis Farrakhan français[175] » ainsi que par Seneweb de « Malcolm X des temps modernes[61] ».

Il travaille à la télévision sénégalaise 2sTV où il officie en tant que chroniqueur politique au sein du talk-show le Grand Rendez-vous depuis 2013[65].

Affaires judiciaires[modifier | modifier le code]

En , après certaines de ses prises de positions médiatiques, il est mis en examen à la suite d'une plainte de Patrick Karam, originaire du Liban, qu'il aurait stigmatisé comme un « blanc », à la tête du collectif antillais DOM montré comme « majoritairement noir ». Dieudonné, qui, jusque-là, mettait son théâtre parisien du passage de la Main d'Or à sa disposition pour l'organisation de meetings, prend officiellement ses distances avec lui pour avoir organisé des réunions dans lesquelles il interdisait l'entrée aux non-noirs[3].

Le , il tient une conférence à Chartres, où des policiers dépêchés sur place en raison d'un « trouble à l'ordre public » auraient été traités de « policiers sionistes à la solde d'un gouvernement sioniste ». Arrêté pour violences et menaces, Kémi Séba a été condamné en comparution immédiate et immédiatement incarcéré[176]. En appel, le à Chartres, Kémi Séba revendique ses propos, et précise qu'être antisioniste ne fait pas de soi un antisémite argumentant que dans ce cas tous les anticommunistes seraient de facto « antirusses[177]». Le verdict prononcé le par le tribunal correctionnel de Chartres le condamne à 6 mois de prison avec sursis, 1 500  d'amende et 1 000  de dommages-intérêts à la LICRA, le procureur ayant demandé 6 mois de prison ferme et 10 000 euros d'amende. Son porte-parole national, Héry Djéhuty Séchat de son vrai nom Cyrille Kamdem, est condamné à 3 mois de prison avec sursis et 750  d'amende, ainsi que 1 000  de dommages-intérêts à la Licra.

Le , il est condamné en première instance à un mois de prison ferme, à deux ans d'inéligibilité et à des dommages-intérêts par le tribunal correctionnel de Paris pour la diffusion sur site Internet de propos antisémites et négationnistes en [178]. Kémi Séba a fait appel et aurait donc pu se présenter aux élections municipales, l’appel étant suspensif. La candidature est finalement abandonnée.

Jugé pour avoir reconstitué sous le nom de « Génération Kémi Séba » la Tribu Ka dissoute, Kémi Séba est jugé le . Le 1er avril, il est condamné à six mois de prison, dont deux fermes, ainsi qu'à un an de privation de droits civiques, civils et de famille. Il annonce son intention de faire appel[179]. L'appel est renvoyé au par la cour d'appel de Paris[180]. À propos de ces procès, il déclare :

« Les procès sont la preuve, pour la rue, pour les nôtres, qu'on s'attaque au système. Plus ils nous attaquent, mieux c'est[47]. »

À la suite de la diffusion sur son site web d'une vidéo appelée « nuits de l'anti-impérialisme » considéré par l'UEJF comme un « appel au meurtre dirigé contre les juifs » et qualifié par le ministère public d'incitation à la haine raciale, l'UEJF et l'association « J'accuse », soutenues par SOS Racisme et le MRAP, attaquent Kémi Séba en justice pour faire interdire son site[181], mais le juge des référés s'estime non compétent pour en ordonner le retrait[182].

Le , Kémi Séba est placé en garde à vue dans le cadre de l'agression dont a été victime Ahmed Meguini, un journaliste qui avait réalisé un « film très critique sur lui[183] ». Le , il est condamné par le tribunal correctionnel de Paris à deux mois d'emprisonnement avec sursis assortis d'une mise à l'épreuve de 18 mois[184].

Le , l'organisation de jeunesse « Jeunesse Kémi Séba » est dissoute par décret, sur proposition du ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, en application de la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées, l'accusant de « propager une idéologie raciste et antisémite » et de « se livrer à des actes intolérables de provocation et de violence »[185].

Alors qu'il devait donner une conférence au théâtre de la Main d'Or, à Paris, il est arrêté le pour l'exécution de sa condamnation de 2008 portant sur des violences en réunion. Le sursis dont il avait à l'époque bénéficié avait été révoqué en 2011 pour non-respect de sa mise à l'épreuve. Il vivait depuis au Sénégal. Il est présenté le lendemain au parquet de Paris et purge sa peine[186]. Le , il sort de la maison d'arrêt de Fleury-Mérogis après 45 jours de détention.

Le , il est interpellé à Dakar et placé sous mandat de dépôt après avoir brûlé le en public un billet de 5000 F CFA lors d'un rassemblement contre cette devise dans la capitale sénégalaise[187]. Séba est relaxé par la justice sénégalaise le [188]. Le , le Sénégal l'expulse vers la France[189],[190]. Le mois suivant, il s'installe au Bénin.

En , dans le cadre d'une conférence à l’université Joseph Ki-Zerbo à Ouagadougou, Kemi Seba dénonce la soumission des présidents africains au gouvernement français[191] et qualifie les présidents burkinabè de « passoire ou robot », nigérien de « fou », ivoirien de « dramatique » et français de « marionnettiste »[192]. À la suite de ses propos, Kémi Séba est arrêté puis condamné à une peine de deux mois d'emprisonnement avec sursis et à une amende de 200 000 francs CFA pour outrage à chefs d'État[réf. souhaitée]. Il assure néanmoins ne pas regretter ses paroles[193],[194].

Le , Séba revient au Sénégal pour assister à l'appel de son procès pour avoir brûlé un billet de franc CFA. Il est arrêté à l'aéroport Blaise-Diagne, détenu pendant 30 heures puis expulsé vers la Belgique. La tenue du procès est ensuite repoussée[195].

Amitiés et alliances[modifier | modifier le code]

En , Kémi Séba est reçu en Iran par Mahmoud Ahmadinejad, pour parler de la nécessité de collaborer entre pays du Sud confrontés à ce qu'ils considèrent être l'impérialisme occidental[196].

En , il est invité à Moscou par l'intellectuel nationaliste russe Alexandre Douguine pour parler de la nécessité de créer une alliance géopolitique entre les mouvements prônant le panafricanisme et ceux prônant l'Eurasisme, afin d'unir leurs forces contre l'hégémonie de l'Occident, et consolider le projet politique d'un monde multipolaire[197].

En , il est reçu à Rome par des cadres du Mouvement 5 étoiles[198] afin de leur remettre un dossier sur le franc CFA et la Françafrique. Quelques mois plus tard, Luigi Di Maio et Alessandro Di Battista fustigent la France pour sa politique de maintien du franc CFA et son supposé néocolonialisme en Afrique. Ces attaques sont à l'origine d'un incident diplomatique entre la France et l'Italie[198].

Honneurs et récompenses[modifier | modifier le code]

En mars 2015, Kémi Séba reçoit à Dakar le prix de « la résistance africaine » à l'Institut africain de management[Quoi ?][199].

En janvier 2018, il est élu personnalité politique africaine de l'année 2017 par la chaîne Africanews, succédant ainsi au médecin congolais Denis Mukwege[200].

Le , il se voit décerner par l'association américaine MIPAD[Quoi ?], le prix américain « Most Influential People of African Descent » (MIPAD) qui récompense 100 personnes influentes en Afrique. Il refuse cependant de venir chercher à New York son trophée, déclarant qu'il est temps d'arrêter de recevoir des médailles à la mi-temps d'un combat qui à ses yeux, est loin d'être terminé[201],[202],[203].

Le à Douala, Seba est élu leader d'opinion du panafricanisme[18] lors de la cérémonie des Panafrican awards. Il refuse néanmoins ce prix, demandant à ce que ce dernier ne lui soit remis que lorsque le néocolonialisme et la mal-gouvernance africaine seront complètement éradiqués.

Auteur[modifier | modifier le code]

En 2013, il sort un essai intitulé Supra-Négritude[204], traitant de la négritude, de l'histoire du panafricanisme et du retour à la terre mère des afro-descendants afin de contribuer au développement de leur continent[42].

En , il sort son second essai intitulé Black Nihilism et se fait arrêter le à la sortie de sa conférence de présentation de son ouvrage au théâtre de la Main d'Or, à Paris. Il est arrêté pour l'exécution d'une condamnation de 2008. Le sursis dont il avait à l'époque bénéficié avait été révoqué en 2011 pour le non-respect de sa mise à l'épreuve. Il est présenté le lendemain au parquet de Paris et purge sa peine[186].

En 2016, il publie un roman intitulé Obscure époque, qu'il présente comme « une fiction géopolitique, inspirée de faits réels ». Selon Streetpress, l'ouvrage prétend notamment démontrer l'existence de liens entre les mouvements terroristes islamistes et une « conspiration américano-saoudo-sioniste » ainsi que l'existence de réseaux pédocriminels au sommet de l'État français. Séba affirme que son roman serait « inspiré de faits réels »[205].

Le , Kémi Séba publie un nouvel essai intitulé L'Afrique libre ou la mort. Cet ouvrage est préfacé par Élie Domota, Alexandre Douguine, Biram Dah Abeid, Djimon Hounsou, Nicolas Anelka, tous apportant leur soutien à l'auteur[206].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]