Just et Pasteur

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Just et Pasteur
Image illustrative de l’article Just et Pasteur
Statues des saints Just et Pasteur par Francisco Alonso de la Raya (1659), musée diocésain d’Art sacré, Las Palmas, Îles Canaries.
Saints, martyrs
Naissance 292 et 295
Tielmes
Décès 304 
Alcalá de Henares
Vénéré à Alcalá de Henares
Vénéré par Église catholique, Église orthodoxe
Fête 6 août

D'après la tradition catholique, Just (ou Juste) et Pasteur, (en espagnol Justo y Pastor), sont deux frères chrétiens, martyrisés à Alcalá de Henares, près de Madrid, en 304, pendant les persécutions ordonnées par Dioclétien. Leur histoire, comme celles de la plupart des saints des premiers siècles, qui sont véhiculées par la tradition orale ou la Légende dorée, ne repose pas sur des documents historiques. Ils sont vénérés comme saints par l'Église catholique romaine et sont particulièrement populaires en Espagne. La cathédrale de Narbonne porte leur nom. Just et Pasteur sont fêtés le 6 août. Ils sont parmi les saints patrons des écoliers.

La basilique Saint-Just de Valcabrère, près de Saint-Bertrand-de-Comminges.

Hagiographie[modifier | modifier le code]

Nés à Tielmes, près de Madrid, peut-être fils de saint Marcel le Centurion dont, disent certaines légendes hagiographiques, douze fils auraient été martyrs. Just avait douze ans, Pasteur, neuf. Alors qu'ils sont à l’école ils apprennent la promulgation de l’édit de Dioclétien interdisant la religion chrétienne. Aussitôt, les enfants vont au palais du gouverneur Dacien pour lui demander des comptes. Dacien, devant leur jeune âge, ne les prend pas au sérieux et leur offre des cadeaux pour les faire changer d’avis.

Mais les frères restent intraitables et Dacien ordonne qu’on les fouette avec des verges, ce qui est fait avec tant de rigueur que le châtiment se termine par un bain de sang. Selon d’autres versions, les deux frères sont emmenés à l’extérieur de la ville et décapités, en un lieu qui s’appelle aujourd’hui Compluto (en fait Complutum est le nom romain de la ville), et dont le nom viendrait de Campo Laudable ou Campo Loable.

Les corps des martyrs sont ramenés à Alcalá, avec la pierre sur laquelle ils avaient été décapités, et qui n’a plus jamais quitté le sanctuaire élevé en leur honneur. Quelques siècles après, un pieux ermite, saint Urbez (en) (Urbisse ou Urbain), emporte les reliques pour les soustraire aux invasions et ne s'en sépare jamais dans ses ermitages du Haut-Aragon. Après sa mort, elles se retrouvent en la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de Narbonne.

Iconographie[modifier | modifier le code]

L'iconographie ancienne les représente traditionnellement, comme la plupart des saints « enfants », avec une taille d'adulte. Plus tard, ils sont représentés comme des écoliers.

Vénération[modifier | modifier le code]

Just et Pasteur sont honorés à Tolède, à Astorga, à Barcelone, à Narbonne (La cathédrale est consacrée en leurs noms depuis 782), ainsi qu'en Aragon... Au Pays Basque, saint Just est appelé Don Aisti, en aragonais, Sanchus.

Il ne faut pas confondre saint Just, compagnon de saint Pasteur, avec les nombreux saints appelés Just ou Juste, en particulier les deux archevêques saint Just de Lyon et saint Juste de Cantorbéry.

Saint Pasteur a donné son nom à deux communes françaises : Saint-Pastous (Hautes-Pyrénées) et Saint-Pastour. (Lot-et-Garonne).

Culture populaire[modifier | modifier le code]

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L'histoire de Just et Pasteur est rapidement évoquée dans le film Les Autres d'Alejandro Amenábar.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bénédictins de Ramsgate, Dix mille saints, dictionnaire hagiographique, Brepols, 1991.
  • R. Aymard, Les Pyrénées au miroir de leur toponymie, T. III, Pyrénées sacrées, Uzos, R. Aymard, 1997