Jus de noni

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Le jus de Noni provient du fruit de l’arbre de Morinda citrifolia également appelé Nono ou pomme-chien, originaire d’Asie du Sud-Est ou d’Australie.

Morinda citrifolia

Il est connu pour être un remède contre un certain nombre de maladies. Cependant aucune preuve scientifique n’a pu vérifier la véracité de ces allégations.[1]

Histoire[modifier | modifier le code]

Jus de noni

La première méthode d’extraction du fruit a été sous forme de pulpe en poudre et vendue par la suite sous forme de capsule. C’est Herbet Moniz Herb’s Herbs en 1992 qui a breveté une méthode unique de déshydratation du fruit de l’arbre nono.

Réglementation et tests de sécurité[modifier | modifier le code]

La marque américaine Flora a en aout 2004 reçue une lettre d’avertissement de la part de l’administration « Food, Drug and Insecticide administration » (FDA) pour violation de l’article 201 de la loi fédéral sur les aliments, les drogues et les cosmétiques. En effet, la marque Flora a fait l’objet de douze allégations de santé pour avoir évalué le jus de noni comme étant un médicament[2]. Pour indiquer qu’un produit à un effet sur la santé il doit préalablement avoir eu des essais cliniques.

La lettre de la FDA a montré l’absence de preuve scientifique pour un quelque bénéfice sur la santé des êtres humains. Elle monte également du doigt le docteur Isabella Abbot et le docteur Ralph Heinicke.[2]

Dans l’Union Européenne des tests de sécurité ont été passés sur le jus de noni et aucun n’a pu prouver la véracité d’un effet relatif à la santé[2].

Recherche[modifier | modifier le code]

En 2005, deux publications scientifiques ont décrit des cas d’hépatite aiguë causée par l’ingestion de jus de noni. Ils ont montré que les feuilles, les racines et les fruits de l’arbre noni[3] étaient potentiellement toxiques pour le foie et d’autres organes[4]. En 2006 l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA) n’établit pourtant aucun lien de causalité[5]. L'AESA conseille néanmoins aux personnes ayant des antécédents de troubles hépatiques de ne pas consommer de jus de noni[6].

Le potentiel de toxicité causé par les jus de noni reste sous surveillance par l’AESA ainsi que par les autorités individuelles de sécurité alimentaire en France[7], en Finlande[8], en Irlande[9] et en Allemagne[10]. Des études ont publié des tests constatant qu’il n’y avait pas d’effets néfastes de la consommation des jus[11], mais d’autres ont montré que ces études n’ont pas été faite de manière adéquate[6].

Les consommateurs de jus de noni sont invités à vérifier soigneusement les étiquettes, qui comportent des avertissements comme « non sûr pour les femmes enceintes » ou « à conserver hors de la portée des enfants ».

Danger[modifier | modifier le code]

Les plantes et les jus de noni ont été promus par des praticiens de la médecine alternative comme aidant un certain nombre de maladies humaines comme le VIH, les maladies cardiaques et le cancer[2]. Cependant les produits noni peuvent contenir des quantités élevées de potassium, interdit pour les personnes ayant des problèmes rénaux[6]. En outre, selon l’American Cancer Society « il n’existe aucune preuve clinique fiable disant que le jus de noni est efficace pour prévenir ou traiter le cancer ou toute autre maladie chez les humains »[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (en-GB) Administrator, « Agroforestry.org - Traditional Tree Profiles », sur agroforestry.org (consulté le 10 avril 2017)
  2. a b c et d « Noni - Bienfaits, Mensonges, Propriétés, Précautions », sur http://www.passeportsante.net/ (consulté le 10 avril 2017)
  3. Alison D. Pawlus, Bao-Ning Su, William J. Keller et A. Douglas Kinghorn, « An anthraquinone with potent quinone reductase-inducing activity and other constituents of the fruits of Morinda citrifolia (noni) », Journal of Natural Products, vol. 68, no 12,‎ , p. 1720–1722 (ISSN 0163-3864, PMID 16378361, DOI 10.1021/np050383k, lire en ligne, consulté le 10 avril 2017)
  4. Darol E. Dodd, Debra K. Layko, Katherine E. Cantwell et Gabrielle A. Willson, « Subchronic toxicity evaluation of anthraquinone in Fischer 344 rats », International Journal of Toxicology, vol. 32, no 5,‎ , p. 358–367 (ISSN 1092-874X, PMID 23966314, DOI 10.1177/1091581813501701, lire en ligne, consulté le 10 avril 2017)
  5. (en) « EFSA re-assesses safety of noni juice | European Food Safety Authority », sur www.efsa.europa.eu/fr (consulté le 10 avril 2017)
  6. a b et c (en) « Noni », sur NCCIH (consulté le 10 avril 2017)
  7. (en-GB) Dominique Patton, « France warns consumers off noni juice », NutraIngredients.com,‎ (lire en ligne, consulté le 10 avril 2017)
  8. (en) « Food », Evira (consulté le 10 avril 2017)
  9. « Food Safety Authority Warns of Unsubstantiated Claims on Noni Juice » (consulté le 10 avril 2017)
  10. B. Yuce, V. Gulberg, J. Diebold et A. L. Gerbes, « Hepatitis induced by Noni juice from Morinda citrifolia: a rare cause of hepatotoxicity or the tip of the iceberg? », Digestion, vol. 73, nos 2-3,‎ , p. 167–170 (ISSN 0012-2823, PMID 16837801, DOI 10.1159/000094524, lire en ligne, consulté le 10 avril 2017)
  11. (en) B.j. West, C.j. Jensen, J. Westendorf et L.d. White, « A Safety Review of Noni Fruit Juice », Journal of Food Science, vol. 71, no 8,‎ , R100–R106 (ISSN 1750-3841, DOI 10.1111/j.1750-3841.2006.00164.x, lire en ligne, consulté le 10 avril 2017)