Junius Annius Bassus

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Junius Bassus est un homme politique romain ayant vécu au cours du IVe siècle, sous le règne de Constantin.

Son nom[modifier | modifier le code]

Au cours de la première moitié du IVe siècle apparaissent plusieurs personnages portant le cognomen de Bassus. Les informations concernant chacun d'eux étant très partielles, ils sont souvent confondus. Junius Bassus aurait été appelé également Annius Bassus mais il s'avère qu'aucun homme politique romain portant ce nom n'a en fait existé[1]. Il existe une autre confusion possible avec Septimius (ou Caesonnius) Bassus qui est consul en 317, fonction qu'il cumule avec celle de préfet de la Ville[b 1].

Carrière[modifier | modifier le code]

Préfet du prétoire[modifier | modifier le code]

Junius Bassus est préfet du prétoire pendant quatorze ans comme nous l'apprend une inscription découverte sur une base honorifique dédiée en 364 à son fils trouvée dans la villa des Junii Bassi près d`Aqua Viva[b 1] : filio Iuni Bassi v. c., praefecti praetorio per annos XIIII et consulis ordinari[b 2]. Les dates précises de début et de fin de sa fonction ne sont pas connues mais elles peuvent être devinées grâce aux mentions ad Bassum (« adressé à Bassus ») figurant sur de nombreuses lois du Codex Theodosianus. Junius Bassus entre en fonction entre décembre 317 et l'été 320, il succède à Petronius Annianus, et abandonne son poste (pour une raison inconnue) entre la fin de 331 et l'été 334[b 3].

Au début du IVe siècle, on compte deux préfets du prétoire pour l'Occident, l'un est préfet du césar Crispus en Gaule et l'autre est préfet de Constantin. À partir de fin 317 ou début 320 et jusqu'en 324, Junius Bassus prend le poste de préfet ministériel de Constantin quand celui-ci réside en Illyricum. Il a pour collègues les préfets du césar Crispus : Vettius Rufinus (décembre 318 - août 320), Rufus Volusianus (août 321) et Acilius Severus (décembre 322 - janvier 324)[b 4]. Après 324, Junius Bassus est maintenu en charge et conserve son rôle de préfet d'Occident (sorte de « superpréfet ») le temps d'organiser les nouvelles préfectures d'Italie et d'Afrique. Il semble qu'il devienne ensuite préfet d'Italie[b 2] avec pour collègues Aemilianus (mai 328) puis Lucius Papius Pacatianus (à partir de 329)[2]. Ce dernier lui succède en 331 ou 334, jusqu'en 337[b 4].

Consul ordinaire[modifier | modifier le code]

Junius Bassus atteint le consulat pour l'année 331[b 1], fonction qu'il cumule avec son poste de préfet[b 2]. Durant cette année, il fait construire à Rome, sur l'Esquilin, la basilique qui porte son nom[a 1], demeurée célèbre pour sa décoration en opus sectile, comme l'atteste une inscription jointe à la mosaïque de l'édifice : Iunius Bassus, v.c., consul ordinarius, propria impensa a solo fecit et dedicavit feliciter[3],[a 2].

Descendance[modifier | modifier le code]

Son fils Junius Bassus est préfet de la Ville et consul ordinaire à sa mort en 359[b 2],[a 3]. Son sarcophage est connu pour être le plus ancien à être décoré de scènes chrétiennes, mélangées à d'autres scènes païennes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  • André Chastagnol, Les Fastes : de la préfecture de Rome au Bas-Empire, Nouvelles Éditions Latines, Paris, 1962.
  1. Chastagnol, op. cit., p. 72.
  2. Chastagnol, op. cit., p. 71.
  3. Chastagnol, op. cit., p. 212.
  • André Chastagnol, L'Italie et l'Afrique au Bas-Empire : études administratives et prosopographiques : scripta varia, Presses Univ. Septentrion, 1987.
  1. a, b et c Chastagnol, op. cit., p. 337.
  2. a, b, c et d Chastagnol, op. cit., p. 338.
  3. Chastagnol, op. cit., p. 339.
  4. a et b Chastagnol, op. cit., p. 340.
  • Autres sources :
  1. Marc Heijmans, Arles durant l'antiquité tardive : de la duplex Arelas à l'urbs genesii, École française de Rome, 2004, p. 382.
  2. Pierre Maraval, Constantin le Grand, Tallandier, 2013.
  3. CIL VI 1737.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) J.R. Elsner, Imperial Rome and Christian Triumph : The Art of the Roman Empire AD 100-450, Oxford University Press, 1998, ISBN 0-19-284201-3, p. 192.
  • (en) John Robert Martindale et Arnold Hugh Martin Jones, The Prosopography of the Later Roman Empire, Cambridge University Press, 1971, ISBN 0-521-07233-6, p. 154–155.