Jumilhac-le-Grand

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Jumilhac-le-Grand
Jumilhac-le-Grand
La perspective devant le château de Jumilhac.
Blason de Jumilhac-le-Grand
Blason
Jumilhac-le-Grand
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Nouvelle-Aquitaine
Département Dordogne
Arrondissement Nontron
Intercommunalité Communauté de communes Périgord-Limousin
Maire
Mandat
Annick Maurussane
2020-2026
Code postal 24630
Code commune 24218
Démographie
Population
municipale
1 144 hab. (2020 en diminution de 7,96 % par rapport à 2014)
Densité 17 hab./km2
Géographie
Coordonnées 45° 29′ 40″ nord, 1° 03′ 50″ est
Altitude Min. 186 m
Max. 442 m
Superficie 66,67 km2
Unité urbaine Commune rurale
Aire d'attraction Saint-Yrieix-la-Perche
(commune de la couronne)
Élections
Départementales Canton de Thiviers
Législatives Troisième circonscription
Localisation
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Liens
Site web Site officiel

Jumilhac-le-Grand est une commune française située dans le département de la Dordogne, en région Nouvelle-Aquitaine. De 1790 à 2015, la commune était le chef-lieu du canton de Jumilhac-le-Grand.

Elle est intégrée au parc naturel régional Périgord-Limousin. La commune est notoirement connue pour son château.

Géographie[modifier | modifier le code]

Généralités[modifier | modifier le code]

Avec plus de 66 km2, Jumilhac-le-Grand est la septième commune la plus étendue du département de la Dordogne. En Périgord vert, en limite nord-est du département, elle est limitrophe de la Haute-Vienne. Elle est arrosée par l'Isle et son affluent le Périgord.

Le bourg de Jumilhac-le-Grand, à l'intersection des routes départementales 78 et 79, se situe, en distances orthodromiques, onze kilomètres à l'ouest-sud-ouest de Saint-Yrieix-la-Perche et quatorze kilomètres au nord-est de Thiviers. Il est établi en rive gauche de l'Isle qui le contourne dans des gorges à l'ouest.

Le territoire communal est également desservi au nord par la route départementale 79E et au sud par la route départementale 80.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Carte de Jumilhac-le-Grand et des communes avoisinantes.

La commune est limitrophe de huit autres communes, dont quatre dans le département de la Haute-Vienne. Au nord, Bussière-Galant n'est limitrophe que sur une soixantaine de mètres.

Géologie et relief[modifier | modifier le code]

Géologie[modifier | modifier le code]

Situé sur la plaque nord du Bassin aquitain et bordé à son extrémité nord-est par une frange du Massif central, le département de la Dordogne présente une grande diversité géologique. Les terrains sont disposés en profondeur en strates régulières, témoins d'une sédimentation sur cette ancienne plate-forme marine. Le département peut ainsi être découpé sur le plan géologique en quatre gradins différenciés selon leur âge géologique. Jumilhac-le-Grand est dans le gradin extrême nord-est que constitue le dernier contrefort du Massif central, avec des roches cristallines formées à l'ère primaire, antérieurement au Carbonifère[1].

Les couches affleurantes sur le territoire communal sont constituées de formations superficielles du Quaternaire, de roches sédimentaires datant pour certaines du Cénozoïque, et pour d'autres du Mésozoïque et du Paléozoïque, ainsi que de roches métamorphiques et magmatiques. La formation la plus ancienne, notée ξ1, se compose de micaschistes lamelleux à deux micas, parfois grenats et silicates d'alumine (groupe de la Dronne, Néoprotérozoïque à Cambrien). La formation la plus récente, notée CFp, fait partie des formations superficielles de type colluvions indifférenciées de versant, de vallon et plateaux issues d'alluvions, molasses, altérites. Le descriptif de ces couches est détaillé dans les feuilles « no 711 - Châlus » et « no 712 - Nexon » de la carte géologique au 1/50 000 de la France métropolitaine[2],[3] et leurs notices associées[4],[5].

Carte géologique de Jumilhac-le-Grand.

Relief et paysages[modifier | modifier le code]

Le département de la Dordogne se présente comme un vaste plateau incliné du nord-est (491 m, à la forêt de Vieillecour dans le Nontronnais, à Saint-Pierre-de-Frugie) au sud-ouest (2 m à Lamothe-Montravel). L'altitude du territoire communal varie quant à elle entre 186 m[6] au sud-ouest, là où l'Isle quitte la commune pour servir de limite entre celles de Saint-Paul-la-Roche et Sarrazac, et 442 m[6] en limite nord-est du territoire communal, en bordure de Saint-Yrieix-la-Perche, au lieu-dit la Croix de Teulet[7].

Dans le cadre de la Convention européenne du paysage entrée en vigueur en France le , renforcée par la loi du 8 août 2016 pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages, un atlas des paysages de la Dordogne a été élaboré sous maîtrise d’ouvrage de l’État et publié en [8]. Les paysages du département s'organisent en huit unités paysagères[Note 1] et 14 sous-unités[9]. La commune est dans l'unité paysagère du « Périgord limousin » qui correspond à la région naturelle du Nontronnais. Ce territoire forme un plateau collinaire aux pentes douces et sommets arasés, d’altitude moyenne autour des 300 m dont le point culminant est également celui de la Dordogne. Ce plateau cristallin est vallonné et dominé par les prairies aux horizons boisés. Il est entaillé de vallées profondes aux versants forestiers[10],[11].

La superficie cadastrale de la commune publiée par l'Insee, qui sert de référence dans toutes les statistiques, est de 66,67 km2[6],[12],[Note 2]. La superficie géographique, issue de la BD Topo, composante du Référentiel à grande échelle produit par l'IGN, est quant à elle de 68,05 km2[3].

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Réseau hydrographique[modifier | modifier le code]

La commune est située dans le bassin de la Dordogne au sein du Bassin Adour-Garonne[15]. Elle est drainée par l'Isle, la Rochille, le Périgord, le Roulet, la Fouillarge, le Galet, le Grand Gaulier, le ruisseau de Combeyrol, le ruisseau du Ruchalait et par divers petits cours d'eau, qui constituent un réseau hydrographique de 86 km de longueur totale[16],[Carte 1].

L'Isle, d'une longueur totale de 255,29 km, prend sa source dans la Haute-Vienne dans la commune de Janailhac et se jette dans la Dordogne — dont elle est le principal affluent — en rive droite face à Arveyres, en limite de Fronsac et de Libourne[17],[18]. Elle traverse la commune sur plus de vingt kilomètres, marquant sa limite sur sept kilomètres au nord-est, face au Chalard, et sur trois kilomètres et demi au sud-ouest, face à Saint-Paul-la-Roche.

La Rochille, d'une longueur totale de 10,47 km, prend sa source dans la commune de Saint-Priest-les-Fougères et se jette dans la Valouse en rive gauche à Saint-Paul-la-Roche, 550 mètres en amont de la confluence Valouse-Isle[19]. Elle sert de limite territoriale à l'ouest sur un kilomètre, face à Saint-Paul-la-Roche et à Saint-Priest-les-Fougères.

Le Périgord, d'une longueur totale de 11,13 km, prend sa source dans la Haute-Vienne dans la commune de Bussière-Galant et se jette dans l'Isle en rive gauche sur la commune, à 1,2 km au nord du bourg, au lieu-dit la Faye[20]. Il arrose la commune depuis le nord-est sur près de trois kilomètres et demi.

Le Roulet, ou Laveau dans sa partie amont, d'une longueur totale de 11,71 km, prend sa source dans l'est de la commune, au lieu-dit Fayemendie, et se jette dans le Boucheron en rive droite à Sarrazac, 1,2 km au sud-est du bourg[21]. Il sert de limite communale à l'est sur 500 mètres face à Saint-Yrieix-la-Perche puis sur trois kilomètres au sud, face à Sarrazac.

Cinq autres affluents de l'Isle arrosent le territoire communal :

  • en rive droite, à l'ouest le Grand Gaulier sur près de deux kilomètres et demi en limite de Saint-Paul-la-Roche, et au nord le Galet qui borde la commune sur trois kilomètres et demi face à Ladignac-le-Long et Le Chalard ;
  • en rive gauche, la Fouillarge sur plus de trois kilomètres et demi, le ruisseau du Ruchalait sur près de cinq kilomètres et demi et le ruisseau de Combeyrol sur plus de trois kilomètres dont 500 mètres en limite de Sarrazac.

Gestion et qualité des eaux[modifier | modifier le code]

Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Isle - Dronne ». Ce document de planification, dont le territoire regroupe les bassins versants de l'Isle et de la Dronne, d'une superficie de 7 500 km2, a été approuvé le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est l'établissement public territorial de bassin de la Dordogne (EPIDOR)[22]. Il définit sur son territoire les objectifs généraux d’utilisation, de mise en valeur et de protection quantitative et qualitative des ressources en eau superficielle et souterraine, en respect des objectifs de qualité définis dans le troisième SDAGE du Bassin Adour-Garonne qui couvre la période 2022-2027, approuvé le [23].

La qualité des eaux de baignade et des cours d’eau peut être consultée sur un site dédié géré par les agences de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité[Carte 2].

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat qui caractérise la commune est qualifié, en 2010, de « climat océanique altéré », selon la typologie des climats de la France qui compte alors huit grands types de climats en métropole[24]. En 2020, la commune ressort du même type de climat dans la classification établie par Météo-France, qui ne compte désormais, en première approche, que cinq grands types de climats en métropole. Il s’agit d’une zone de transition entre le climat océanique, le climat de montagne et le climat semi-continental. Les écarts de température entre hiver et été augmentent avec l'éloignement de la mer. La pluviométrie est plus faible qu'en bord de mer, sauf aux abords des reliefs[25].

Les paramètres climatiques qui ont permis d’établir la typologie de 2010 comportent six variables pour les températures et huit pour les précipitations, dont les valeurs correspondent à la normale 1971-2000[Note 3]. Les sept principales variables caractérisant la commune sont présentées dans l'encadré ci-après.

Paramètres climatiques communaux sur la période 1971-2000[24]

  • Moyenne annuelle de température : 11,6 °C
  • Nombre de jours avec une température inférieure à −5 °C : 3,7 j
  • Nombre de jours avec une température supérieure à 30 °C : 5,3 j
  • Amplitude thermique annuelle[Note 4] : 14,7 °C
  • Cumuls annuels de précipitation[Note 5] : 1 125 mm
  • Nombre de jours de précipitation en janvier : 13 j
  • Nombre de jours de précipitation en juillet : 7,9 j

Avec le changement climatique, ces variables ont évolué. Une étude réalisée en 2014 par la Direction générale de l'Énergie et du Climat[28] complétée par des études régionales[29] prévoit en effet que la température moyenne devrait croître et la pluviométrie moyenne baisser, avec toutefois de fortes variations régionales. Ces changements peuvent être constatés sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « La Coquille », sur la commune de La Coquille, mise en service en 1982[30] et qui se trouve à 9 km à vol d'oiseau[31],[Note 6], où la température moyenne annuelle est de 11,9 °C et la hauteur de précipitations de 1 199 mm pour la période 1981-2010[32]. Sur la station météorologique historique la plus proche, « Limoges-Bellegarde », sur la commune de Limoges, dans le département de la Haute-Vienne, mise en service en 1973 et à 42 km[33], la température moyenne annuelle évolue de 11,2 °C pour la période 1971-2000[34], à 11,4 °C pour 1981-2010[35], puis à 11,8 °C pour 1991-2020[36].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Typologie[modifier | modifier le code]

Jumilhac-le-Grand est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 7],[37],[38],[39].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saint-Yrieix-la-Perche, dont elle est une commune de la couronne[Note 8]. Cette aire, qui regroupe 11 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[40],[41].

Occupation des sols[modifier | modifier le code]

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (63,4 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (57,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (37,5 %), forêts (33,4 %), prairies (19 %), terres arables (6,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,6 %), cultures permanentes (0,8 %), zones urbanisées (0,7 %)[42].

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 3].

Prévention des risques[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune de Jumilhac-le-Grand est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), inondations, feux de forêts, mouvements de terrains et séisme (sismicité très faible). Il est également exposé à un risque particulier : le risque de radon[43]. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle[44].

Risques naturels[modifier | modifier le code]

Certaines parties du territoire communal sont susceptibles d’être affectées par le risque d’inondation par débordement de cours d'eau, notamment l'Isle, le Périgord, la Rochille et le ruisseau le Roulet. La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1993, 1999, 2008 et 2012[45],[43].

Jumilhac-le-Grand est exposée au risque de feu de forêt. L’arrêté préfectoral du fixe les conditions de pratique des incinérations et de brûlage dans un objectif de réduire le risque de départs d’incendie. À ce titre, des périodes sont déterminées : interdiction totale du 15 février au 15 mai et du 15 juin au 15 octobre, utilisation réglementée du 16 mai au 14 juin et du 16 octobre au 14 février[46]. En septembre 2020, un plan inter-départemental de protection des forêts contre les incendies (PidPFCI) a été adopté pour la période 2019-2029[47],[48].

Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Jumilhac-le-Grand.

Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des tassements différentiels[49]. Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie[50]. 10,7 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (58,6 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national métropolitain)[Carte 4]. Depuis le , en application de la loi ÉLAN, différentes contraintes s'imposent aux vendeurs, maîtres d'ouvrages ou constructeurs de biens situés dans une zone classée en aléa moyen ou fort[Note 9],[51].

La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2003 et 2012 et par des mouvements de terrain en 1999[43].

Risque particulier[modifier | modifier le code]

Dans plusieurs parties du territoire national, le radon, accumulé dans certains logements ou autres locaux, peut constituer une source significative d’exposition de la population aux rayonnements ionisants. Selon la classification de 2018, la commune de Jumilhac-le-Grand est classée en zone 3, à savoir zone à potentiel radon significatif[52].

Toponymie[modifier | modifier le code]

Panneau d'entrée à Jumilhac-le-Grand, en français et en occitan.

Dès le VIe siècle, dans une correspondance entre les évêques de Limoges et de Périgueux, le lieu est identifié sous le nom latin de Diocesis Gemiliacensis, évoluant au siècle suivant vers Gemiliacus puis vers Jumilhacum au XIVe siècle[53]. Le nom a pour origine un personnage gallo-roman Gemellius auquel a été accolé le suffixe -acum[53], indiquant par-là le domaine de Gemellius.

Le qualificatif « le Grand » se réfère à la taille du château, très importante, mais aussi pour différencier Jumilhac-le-Grand d'une autre petite localité périgordine : Jumilhac-le-Petit, devenue Jumilhac-de-Cole au XIXe siècle[53].

Sur la carte de Cassini représentant la France entre 1756 et 1789, le lieu est appelé « Le Grand Jumilhac ».

En occitan, la commune porte le nom de Jumilhac lu Grand[54].

Sur la planète Mars, fin , l'une des cibles d'analyses poussées effectuées sur un affleurement sédimentaire par l'astromobile Curiosity de la NASA, est baptisée d'après la commune[55].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

Au Ve siècle av. J.-C., les Gaulois Lémovices commencèrent à exploiter plus d'une vingtaine de mines d'or sur le territoire de la commune actuelle, avec un village peuplé de mineurs. Plusieurs nécropoles du Premier âge du fer ont aussi été retrouvées dans la commune[56], au sein du district minier de Saint-Yrieix-la-Perche. L’exploitation de ces mines a été arrêtée après la conquête romaine[57].

La mine des Fouilloux, située à Jumilhac, a été fouillée de façon particulièrement approfondie. On sait ainsi qu’avant la mise en exploitation, les Gaulois ont pratiqué des sondages exploratoires qui leur ont permis de déceler l’orientation et la puissance des gisements[58]. Alors que l’exploitation a commencé par le creusement en fosse (donc à ciel ouvert) elle se poursuit en galeries à partir des périodes de La Tène D1-D2[59]. Cette évolution de l’exploitation a entraîné l’installation d’un boisage de soutènement dense, retrouvé en place lors des fouilles[60]. L’évacuation des eaux a contraint au creusement d'une galerie d’exhaure pour la fosse à ciel ouvert, et l’installation[61]. Il semble que l’exhaure ait ensuite été assurée par une vis d’Archimède lorsque le chantier de la mine s’est approfondi[61]. Enfin, il semble que l’importante population minière vivait à l'écart des mines (aucun habitat à proximité immédiate des fosses)[62].

La fosse de la mine des Fouilloux, comblée par du bois d’abattage aux VIe – VIIe siècles, témoigne du défrichement des zones voisines ainsi remises en culture[63].

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

Un prieuré (ou celle) de l'ordre de Grandmont est fondé en 1194 à l'écart du bourg à La Faye. Il abritait sept clercs en 1295[64]. Au Moyen Âge, la paroisse de Jumilhac était divisée en trois seigneuries dictinctes : celle de la famille de Bruchard (Bruchardie), celle de la famille de La Porte et celle de la famille Teyssières. Au XIVe siècle ne restaient plus que les seigneuries de Bruchardie, dont le château était à l'emplacement du château actuel de Jumilhac, et de La Porte, dont le château se confrontait au cimetière, au chemin de l'Église au pont du Mur.

La seigneurie de Bruchardie appartint à la famille puis successivement aux familles de Coignac, Salignac, La Roche-Aymon et Vars, alors que celle de La Porte appartint successivement aux familles Robert de Saint-Jal, Salignac et Crevant.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

À la fin du XVIe siècle apparaît alors un riche maître de forges, Antoine Chapelle. En 1579, Antoine Chapelle est veuf de Catherine Baillot. Il a eu de son premier mariage au moins deux filles et un fils. Le , il se remarie avec Marguerite de Vars qui lui a apporté la seigneurie de Bruchardie à Jumilhac. François de Crevant lui a vendu, par un acte du , la seigneurie de La Porte avec les ruines du château situées à Jumilhac. Il a alors réuni toutes les seigneuries de Jumilhac. Celui-ci avait prêté de fortes sommes d'argent à Henri de Navarre pour financer ses campagnes. Il était probablement protestant. Marguerite de Vars l'était. Henri de Navarre étant devenu roi de France, il l'a anobli en , faisant de lui le premier baron de Jumilhac, ce qui a peut-être tenu lieu de remboursement[65]. Son fils, Antoine Chapelle, baron de Jumilhac, s'est marié le avec Louise de Hautefort (morte en 1645), fille de François de Hautefort (vers 1541-1640), premier marquis de Hautefort.

Son petit-fils François Chapelle, obtient que Jumilhac soit érigé en marquisat, par lettres patentes de 1655, enregistrées en 1657 par le parlement de Bordeaux. Ses descendants gardent le titre et le portent jusqu'en 1980.

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

En l'An II de la Révolution, la commune de Chalusset fusionne avec celle de Jumilhac[53].

Liste des barons puis marquis de Jumilhac[modifier | modifier le code]

Les armoiries de Jean-François Chapelle de Jumilhac.
  • 1581-1611 Antoine Ier Chapelle (v.1529-1611), 1er comte de Jumilhac
  • 1611-1631 Antoine II Chapelle (+1631), 2e comte de Jumilhac, son fils
  • 1631-1633 Jacques Chapelle (v.1579-1633), 3e comte de Jumilhac, son frère
  • 1633-1675 François Chapelle (1617-1675), 1er marquis de Jumilhac en 1655, son fils
  • 1675-1693 Jean-François Chapelle (1649-1693), 2e marquis de Jumilhac, son fils
  • 1693-1783 Pierre-Joseph Chapelle (1692-1783), 3e marquis de Jumilhac, son fils
  • 1783-1798 Pierre-Marie Chapelle (1735-1798), 4e marquis de Jumilhac, son fils
  • 1798-1826 Antoine Pierre Joseph Chapelle (1764-1826), 5e marquis de Jumilhac, son fils
  • 1826-1879 Armand-Odet Ier Chapelle (1804-1879), 6e marquis de Jumilhac, son fils, 6e duc de Richelieu et 9e duc de Fronsac en 1822, par héritage de son oncle
  • 1879-1880 Armand Chapelle (1847-1880), 7e marquis de Jumilhac, 7e duc de Richelieu et 10e duc de Fronsac, son neveu
  • 1880-1952 Odet-Armand Chapelle (1875-1952), 8e marquis de Jumilhac, 8e et dernier duc de Richelieu et 11e et dernier duc de Fronsac.
  • 1952 Armand-Odet II Chapelle (1886-1966), 9e marquis de Jumilhac, arrière-arrière-petit-neveu du 5e marquis
  • 1952-1980 Raymond-Odet Chapelle (1887-1980), 10e marquis de Jumilhac, son frère
  • 1980-en cours Henry Armand de La Tour-du-Pin, 11e marquis de Jumilhac, son petit-fils.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Rattachements administratifs et électoraux[modifier | modifier le code]

La commune de Jumilhac-le-Grand (appelée Jumilhac à l'époque) est devenue, dès 1790, le chef-lieu du canton de Jumilhac qui dépendait du district d'Excideuil jusqu'en 1795, date de suppression des districts. En 1801 le canton est rattaché à l'arrondissement de Nontron[6].

Dans le cadre de la réforme de 2014 définie par le décret du , ce canton disparaît aux élections départementales de mars 2015[66]. La commune est alors rattachée au canton de Thiviers.

Intercommunalité[modifier | modifier le code]

Fin 1995, Jumilhac-le-Grand intègre dès sa création la communauté de communes du Pays de Jumilhac-le-Grand. Celle-ci est renommée le en communauté de communes des Marches du Périg'Or Limousin Thiviers-Jumilhac[67] puis en en communauté de communes Périgord-Limousin[68].

Administration municipale[modifier | modifier le code]

La population de la commune étant comprise entre 500 et 1 499 habitants au recensement de 2017, quinze conseillers municipaux ont été élus en 2020[69],[70].

Liste des maires[modifier | modifier le code]

L'Hôtel de ville.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
         
1963 1971 Gabriel Breton    
1971 1977 François Tilly   Compagnon de la Libération
1977 1983 René Vidal    
1983 1995 Fernand Lapouyade    
1995 mars 2008 Michel Karp PS Conseiller général du canton de Jumilhac-le-Grand (1998-2015)
mars 2008[71] avril 2015 Yves Congé[Note 10] PS[72] Adjoint administratif
avril 2015[73]
(réélue en juillet 2020[74])
En cours Annick Maurussane PS  

Juridictions[modifier | modifier le code]

Dans le domaine judiciaire, Jumilhac-le-Grand relève[75] :

Politique environnementale[modifier | modifier le code]

Jumilhac-le-Grand a obtenu le diplôme du Prix spécial du jury pour le « Concours départemental du fleurissement année 2010 » et a reçu sa première fleur au « Concours des villes et villages fleuris » d'Aquitaine en 2012. Dans son palmarès 2020, le Conseil national de villes et villages fleuris de France a attribué une fleur à la commune[76].

Sur la commune voisine du Chalard, en limite de Jumilhac-le-Grand, se trouve l'ancienne mine aurifère du Bourneix, exploitée jusqu'en 2002 par Areva, aujourd'hui sous surveillance environnementale[77] pour le traitement de eaux. Cette ancienne mine inquiète les associations environnementales locales qui redoutent des pollutions diffuses des eaux de l'Isle par des métaux lourds (résidus de l'exploitation de la mine)[78].

Jumelages[modifier | modifier le code]

Huit des neuf communes de l'ancienne communauté de communes du Pays de Jumilhac-le-Grand, dont Jumilhac-le-Grand, sont jumelées avec la municipalité allemande de Romrod depuis 2012, La Coquille l'étant depuis 1990[79].

Démographie[modifier | modifier le code]

Pendant plus de deux siècles, la population communale a dépassé les 2 500 habitants, jusqu'à atteindre un maximum en 1901 avec 3 406 habitants. Elle a ensuite décru de façon quasi continue depuis cette date pour descendre en dessous des 1 300 habitants depuis les années 1990.

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[80]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[81].

En 2020, la commune comptait 1 144 habitants[Note 11], en diminution de 7,96 % par rapport à 2014 (Dordogne : −0,85 %, France hors Mayotte : +1,9 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 6042 4242 5413 1703 1883 1923 1343 2593 277
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
3 2702 9483 0502 5832 7072 7552 8463 0803 130
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
3 4063 3503 1422 8192 6132 4642 3692 2722 045
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 8961 6541 5351 4111 2601 2131 2331 2421 214
2015 2020 - - - - - - -
1 2491 144-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[6] puis Insee à partir de 2006[82].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Emploi[modifier | modifier le code]

En 2015[83], parmi la population communale comprise entre 15 et 64 ans, les actifs représentent 541 personnes, soit 43,3 % de la population municipale. Le nombre de chômeurs (70) a augmenté par rapport à 2010 (61) et le taux de chômage de cette population active s'établit à 12,9 %.

Établissements[modifier | modifier le code]

Au , la commune compte 180 établissements[84], dont 75 au niveau des commerces, transports ou services, quarante-sept dans l'agriculture, la sylviculture ou la pêche, vingt-sept dans la construction, vingt relatifs au secteur administratif, à l'enseignement, à la santé ou à l'action sociale, et onze dans l'industrie[85].

Prospection[modifier | modifier le code]

Le territoire communal a, depuis l'époque celte, comme d'autres situés en Haute-Vienne, fait l'objet d'extraction d'or, le dernier site minier ayant fermé en l'an 2000[86]. En , le secrétaire d'État chargé de l'industrie a accordé à une entreprise minière un permis de recherche d'or et d'autres métaux rares sur un territoire englobant la commune et neuf autres de la Haute-Vienne[86],[87].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

Parc naturel régional Périgord-Limousin[modifier | modifier le code]

Depuis sa création en 1998, le parc naturel régional Périgord-Limousin intègre la commune de Jumilhac-le-Grand.

La commune propose plusieurs parcours de randonnées (pédestre et à vélo) ainsi qu'un parcours de santé, à proximité des gorges du Ruchalet.

ZNIEFF[modifier | modifier le code]

La commune présente une zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique (ZNIEFF) de type I : depuis la Chatonnière, au nord du bourg de Jumilhac, jusqu'au Moulin de Loule, en limite de la commune de Saint-Paul-la-Roche, l'Isle sinue sur environ quatre kilomètres dans des gorges présentant une flore dont certaines espèces sont de type montagnard[93],[94].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Jumilhac-le-Grand Blason
Coupé, au premier d’azur au château du lieu d’or mouvant du trait de partition, au deuxième parti, au I d’azur à l’église du lieu d’or en perspective, ouverte et ajourée de sable, et au II, d’azur à la lettre capitale cursive J d’or colletée d'une couronne de marquis du même.
Détails
Officiel, présent sur le site internet de la commune[101].

Étape[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes et cartes[modifier | modifier le code]

  • Notes
  1. Une unité paysagère est un pan de territoire qui présente des caractéristiques paysagères propres.
  2. La superficie publiée par l’Insee est la superficie évaluée en 1975 par le service du cadastre de la Direction Générale des Impôts, corrigée des modifications communales intervenues depuis 1975. Elle comprend toutes les surfaces du domaine public et privé, cadastrées ou non cadastrées, à l'exception des lacs, étangs et glaciers de plus d'un kilomètre carré ainsi que des estuaires et ne correspond pas obligatoirement à la surface géographique[13],[14]
  3. Les normales servent à représenter le climat. Elles sont calculées sur 30 ans et mises à jour toutes les décennies. Après les normales 1971-2000, les normales pour la période 1981-2010 ont été définies et, depuis 2021, ce sont les normales 1991-2020 qui font référence en Europe et dans le monde[26].
  4. L'amplitude thermique annuelle mesure la différence entre la température moyenne de juillet et celle de janvier. Cette variable est généralement reconnue comme critère de discrimination entre climats océaniques et continentaux.
  5. Une précipitation, en météorologie, est un ensemble organisé de particules d'eau liquide ou solide tombant en chute libre au sein de l'atmosphère. La quantité de précipitation atteignant une portion de surface terrestre donnée en un intervalle de temps donné est évaluée par la hauteur de précipitation, que mesurent les pluviomètres[27].
  6. La distance est calculée à vol d'oiseau entre la station météorologique proprement dite et le chef-lieu de commune.
  7. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  8. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  9. Dans les zones classées en aléa moyen ou fort, différentes contraintes s'imposent :
    • au vendeur d'informer le potentiel acquéreur du terrain non bâti de l’existence du risque RGA ;
    • au maître d’ouvrage, dans le cadre du contrat conclu avec le constructeur ayant pour objet les travaux de construction, ou avec le maître d'œuvre, le choix entre fournir une étude géotechnique de conception et le respect des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire ;
    • au constructeur de l'ouvrage qui est tenu, soit de suivre les recommandations de l’étude géotechnique de conception, soit de respecter des techniques particulières de construction définies par voie réglementaire.
  10. Démissionnaire.
  11. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2023, millésimée 2020, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2022, date de référence statistique : 1er janvier 2020.
  • Cartes
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  2. « Qualité des eaux de rivière et de baignade. », sur qualite-riviere.lesagencesdeleau.fr/ (consulté le )
  3. IGN, « Évolution comparée de l'occupation des sols de la commune sur cartes anciennes », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le ).
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Références[modifier | modifier le code]

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  4. « Notice associée à la feuille no 711 - Châlus de la carte géologique harmonisée au 1/50 000 de la France métropolitaine », sur Infoterre, le site du BRGM (consulté le )
  5. « Notice associée à la feuille no 712 - Nexon de la carte géologique harmonisée au 1/50 000 de la France métropolitaine », sur Infoterre, le site du BRGM (consulté le )
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