Julien l'Hospitalier

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Saint Julien l'Hospitalier, détail d'une fresque de Domenico Ghirlandaio.

Saint Julien l'Hospitalier est un saint dont l'histoire est largement légendaire, et dont on ignore quels sont les éléments réellement historiques. Il est notamment le patron des charpentiers, des hôteliers et des passeurs. Ses attributs sont le faucon ou l'épée. Au cours du Moyen Âge, il a supplanté le martyr saint Julien de Brioude en notoriété et dans la titulature de quelques églises comme l'église Saint-Julien-le-Pauvre à Paris.

Histoire[modifier | modifier le code]

La légende de saint Julien l'Hospitalier a été largement diffusée au Moyen Âge par la célèbre Légende dorée de Jacques de Voragine (chap. 30). Julien était un jeune noble. Un jour qu'il poursuivait un cerf, celui-ci se retourna et lui dit : "Tu me suis, alors que tu tueras ton père et ta mère?" Pour éviter que cela n'advienne, il s'enfuit jusqu'à une terre lointaine où il se mit au service d'un prince. Vaillant combattant, il fut fait chevalier et le prince lui donna pour épouse une jeune veuve et un château en dot. Entre-temps, ses parents étaient partis à sa recherche, et finirent par arriver à son château. Julien était alors parti à la chasse. Ses parents se firent connaître à son épouse, qui les accueillit, les restaura et les coucha dans le lit conjugal. Julien rentra le lendemain matin, alors que sa femme était à la chapelle, et trouva dans son lit un homme et une femme qu'il prit pour son épouse et un amant. Il les tua tous les deux. En voyant sa femme revenir de l'église, il prit conscience de sa terrible méprise, et accablé de chagrin résolut de partir accomplir sa pénitence. Mais son épouse, arguant des liens du mariage et de sa part de responsabilité, insista pour l'accompagner. Ils s'installèrent alors au bord d'une rivière, où Julien se fit passeur et où ils accueillaient les pauvres dans un petit hospice (en ancien français hospital). Une nuit d'hiver, Julien entend une voix qui l'appelle : il recueille un misérable lépreux mourant de froid, qu'il tente en vain de réchauffer par un bon feu, puis qu'il couche dans son propre lit et couvre amoureusement. Alors le lépreux se lève, soudain resplendissant, et montant au ciel déclare à Julien et à son épouse que Dieu leur a pardonné leur crime, et qu'ils ne tarderaient pas à mourir dans la paix du Seigneur.

Il s'agit d'un court récit qui reprend en fait une tradition littéraire représentée par deux vies : l'une, en prose, largement diffusée (Elle se retrouve dans pas moins de 25 légendiers français du milieu du XIIIème au XVème siècle); l'autre, en vers, est connue par une unique copie complète (manuscrit Paris, Bibl. de l'Arsenal 3516, f° 84r°-96r°), daté de 1267-1268, et un fragment manuscrit détenu par les archives communales de Chieri (Italie). En fait, ces deux versions sont dérivées d'une vie en vers aujourd'hui disparue, écrite aux environs de 1200, dont la vie en prose est une version dérimée restée fidèle à l'original, alors que la vie en vers est une version plus romanesque et augmentée de nombreux épisodes. Les deux versions ont en commun de présenter Julien comme le fils du comte et de la comtesse d'Anjou, Geoffroy et Emma, de le faire s'engager dans l'Ordre des Hospitaliers, et de faire s'établir le couple au bord du Gardon, près de Saint-Gilles du Gard, au débouché du chemin de Régordane et au carrefour des trois chemins de pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, de Rome et de Jérusalem. La prédiction est faite non par un cerf, mais par une bête à tête humaine, et le malheureux accueilli par le couple est un lépreux. La version en vers donne à son épouse le nom de Clarisse, et introduit le personnage de Gervais, bon bourgeois de Nantes. Ces deux textes ont fait l'objet d'une édition critique et d'une étude comparée dans le cadre d'une thèse non publiée. (N.B. C'est d'une copie tardive et remaniée de la version en prose que s'est inspiré Flaubert pour sa légende.)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jacques Hillairet - Dictionnaire historique des rues de Paris - T.1, p. 565 - Édition 1997

Hagiographie[modifier | modifier le code]

  • À Thieffrain, la tradition de Saint-Mammès évoque Julien l'Hospitalier sous le nom de saint Julien de Magnant, lequel est particulièrement honoré dans l'Aube à Magnant (église Saint-Julien-l'Hospitalier).

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques de Voragine, La Légende dorée, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2004, publication sous la direction d'Alain Boureau.
  • Gustave Flaubert, la Légende de Saint Julien constitue l'un des Trois contes.
  • La Vie de saint Julien l'Hospitalier, édition critique et étude comparée des deux versions médiévales françaises en prose et en vers, thèse pour l'obtention du doctorat présentée par Sandra DUCRUET, Université de Savoie, 2006.
  • Jean-Pierre PERROT, Moi, Julien, dit l'Hospitalier, pèlerin de Saint-Gilles, établi passeur au bord du Gardon, sur le chemin de Regordane..., Roman historique, éd. Lacour-Ollé, Nîmes, 2015

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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