Julien Pépin de Belle-Isle

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Julien Pépin
Seigneur de Belle-Isle
Julien Pépin de Belle-Isle

Naissance
Saint-Malo
Décès (à 77 ans)
Hôtel Pépin de Bellisle à Nantes
Origine Français
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Arme Pavillon de la marine royale française Marine royale française
Grade Chef d'escadre des armées navales
Années de service 1745-1765
Conflits Guerre de Succession d'Autriche
Guerre de Sept Ans
Distinctions Chevalier de Saint-Louis

D’azur, à un chevron componné de sept pièces, trois d’argent et quatre de gueules, et accompagné de trois pommes de pin d’or, posées deux en chef, et l’autre en pointe.

Julien Pépin, seigneur de Belle-Isle[1], de Fruidière, etc. (1705-1785), est un corsaire et officier de marine français du XVIIIe siècle. Il termine sa carrière avec le rang de chef d'escadre des armées navales.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Julien Pépin de Belle-Isle est issu d'une famille de la petite noblesse bretonne dont les origines connues remontent au XVe siècle et qui a compté plusieurs marins[2]. Pierre Pépin de Belle-Isle (1631-1684), son grand-père, est tué en mer, au combat. Thomas-Jean Pépin (1676-1711), son père, commande en 1677 un navire de 30 canons[3].

Il est le fils de Thomas-Jean Pépin, seigneur de Belle-Isle, et de dame Françoise Morochg (ou Morrogh). Son père est capitaine-corsaire et armateur à Saint-Malo. Sa mère est veuve de Guillaume Prigent de Penlan qu'elle avait épousé en premières noces. Ses parents se marient le 28 février 1705 à Saint-Malo. Il naît trois ans plus tard puisqu'il est baptisé à Saint-Malo, le 5 mai 1708[4].

Carrière dans la Marine du Roi[modifier | modifier le code]

Devenu adulte, Julien Pépin entreprend une carrière militaire. Il débute comme gendarme de la garde, avant de céder à son tour à la tradition familiale. Il est un temps officier de marine dans la Compagnie des Indes à Lorient.

Il commande, en 1745, le navire corsaire l'Apollon (54 canons) de Rochefort[5]. Remarqué par la prise du vaisseau de guerre le HMS Anglesea (44 canons), dans l'océan Indien, il lui est permis d'intégrer la Marine royale. Le 15 avril 1745, il reçoit un brevet d'enseigne de vaisseau et le 14 octobre, il est reçu chevalier de Saint-Louis[3]. Il participe à cinq campagnes, dont certaines très difficiles.

Il prend part à la guerre de Succession d'Autriche et se rend en Argentine en 1743, puis au Portugal en 1745. Il semble même avoir été tenté de prendre la parti de Charles Édouard Stuart dans sa tentative de conquête du trône d'Angleterre. Il parcourt le monde, des Indes au Canada, de l'Isle de France au Brésil en passant par les Canaries et l'Irlande, avec, à chaque fois des combats, des tempêtes, et des soucis de santé mais toujours avec le même zèle pour le roi.

Progressant rapidement dans sa carrière, il est nommé lieutenant de vaisseau le 1er octobre 1747 et élevé au grade de capitaine de vaisseau seulement deux mois plus tard, pendant la campagne des Indes, grade qui ne deviendra effectif que dix ans plus tard[6]. Malgré ses nombreuses voyages, il assiste à l'Assemblée des États de Bretagne en 1750, dans l'ordre de la noblesse.

Après avoir commandé la frégate Hébé en 1763, Julien Pépin de Belle-Isle est choisi le 4 mars 1765 pour surveiller à Nantes la construction du vaisseau le Bretagne, offert au Roi par les États de Bretagne. Il est élevé au rang de chef d'escadre des armées navales par lettre patente du 1er septembre 1767[6].

Il meurt le 24 septembre 1785 dans son hôtel particulier[6].

Mariage[modifier | modifier le code]

Par son mariage dans la chapelle de la Haye, paroisse Saint-Luce, à Nantes, le 3 janvier 1746, avec Marie-Anne Fortin, fille de Louis Fortin ancien major du Cul-de-Sac, sur l'île de Saint-Domingue, et de dame Marie Anne Jarofroy.

Sa femme lui apporte en dot la moitié d'une plantation de sucre à Saint-Domingue, il peut réaliser ses projets : acheter un domaine, construire un château avec communs, parc, douves, étang et jardin à la française : le château de la Freudière dans le Pays de Retz et dix ans plus tard faire élever un hôtel particulier à Nantes, l'Hôtel Pépin de Bellisle[4].

De cette union naîtront neuf enfants, dont l'une épousera le général vendéen Pierre Prosper Gouffier de Boisy, une autre François Vincent d'Aux, une autre Jean Charles Julien d'Andigné et une autre le comte Jacques d'Escoubleau de Sourdis[6].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son fief est également orthographié « Belle-Isle » et « Bellisle ».
  2. La famille Pépin est une famille de vieille noblesse ducale, mais mise en « dormition » depuis le XVIe siècle pour cause de pratique du commerce de mer, elle avait renoncé à faire valoir des prétentions nobiliaires lors de la réforme de 1668 ; ce n'est qu'en 1736 que la branche malouine principale des Pépin de Belle-Isle se résout à faire valoir ses droits, en entamant la procédure de reconnaissance de noblesse. Elle parvient à ses fins en 1745, après que Julien Pépin de Belle-Isle ait pu mettre en évidence (preuves documentaires à l'appui) les prouesses maritimes et guerrières de son grand-père, Pierre Pépin de Belle-Isle. (Lespagnol 1997, p. 756)
  3. a et b Delaval 1998, p. 275
  4. a et b Preuves de noblesse…
  5. L'Apollon appartenait à un armateur dénommé Walsh, de Nantes.
  6. a b c et d Delaval 1998, p. 276

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Valence Bazire, Julien Pépin de Belle-Isle, Capitaine-corsaire de Saint-Malo, Chef d'escadre des Armées navales, Éditions Guénégaud, (ISBN 9-78285023-150-6)
  • Nicolas Viton de Saint-Allais, Nobiliaire universel de France : ou Recueil général des généalogies historiques des maisons nobles de ce royaume, vol. 16, Au bureau du Nobiliaire universel de France, (lire en ligne), p. 158-159
  • Alain Delaval, « Les maîtres d'œuvre du chef d'escadre Pépin de Bellisle : Contant d'Ivry, Galley, Baccarit, 1765-1775 », Bulletin Monumental, vol. 156,‎ , p. 275-286 (lire en ligne)
  • André Lespagnol, Messieurs de Saint-Malo : une élite négociante au temps de Louis XIV, vol. 2, Presses Universitaires de Rennes, (ISBN 9782868472298, lire en ligne), p. 756

Liens externes[modifier | modifier le code]