Julien Blanc-Gras

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Julien Blanc-Gras
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Julien Blanc-Gras
Naissance (44 ans)
Gap, France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Julien Blanc-Gras est un écrivain français et journaliste-reporter né le à Gap. Plusieurs de ses ouvrages traitent, avec humour, des voyages ou du tourisme, deux autres de la paternité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts[modifier | modifier le code]

Julien Blanc-Gras est né le à Gap de parents coiffeurs, qui exerçaient leur métier dans un salon pour femmes[1],[2]. Il a fait des études de journalisme à Grenoble, où il obtient un Deug d'histoire et une maîtrise en journalisme[3]. Profitant du programme Erasmus, il part étudier à Hull, sur la côte au nord-est de l'Angleterre, où il travaille parallèlement en intérim dans une usine de poissons[4]. Il écrit ses premières piges pour Le Petit Bulletin, un hebdomadaire culturel gratuit grenoblois, et pour Le Dauphiné Libéré[5] à Gap, qu'il quitte pour entamer un voyage sans but précis[6]. En 2001, il part pendant un an dans les continents nord et sud-américains, notamment au Mexique, au Guatemala, à Cuba, au Belize et aux États-Unis, ce qui lui donne matière à écrire son premier roman paru en 2005, Gringoland [7]. Cette période correspond pour lui à « la découverte du vrai voyage en solitaire en toute liberté »[8]. Gringoland est récompensé en 2006 par le Prix du Premier Roman de Chambéry[9]. En 2012, il reçoit le Prix littéraire Jackie-Bouquin[10] pour Touriste, qui deviendra six ans plus tard la meilleure vente (40.000 exemplaires) parmi ses huit romans[1]. Pour Julien Blanc-Gras, Touriste constitue « une compilation des différents voyages [qu'il avait faits] au fil des années. Il y avait des voyages qui étaient à but professionnel, d’autres à but personnel »[8]. Il reconnaît avoir pris quelques fois des libertés avec des personnages ou la chronologie pour écrire ce récit[4]. Ce roman sera adapté en 2015 en bande dessinée par l'illustratrice et blogueuse Mademoiselle Caroline, aux éditions Delcourt[11]. L'accueil de cet ouvrage est plutôt mitigé sur Actua BD[12] et BoDoï[13].

L'appel du voyage[modifier | modifier le code]

Son quatrième livre sort en 2013: il s'agit de Paradis (avant liquidation). Cet ouvrage a été écrit après un séjour de six semaines dans les Kiribati, un chapelet de trois îles perdues dans l'océan Pacifique et menacées par la montée des eaux liée au réchauffement climatique. C'est en lisant une dépêche de l'Associated Press datant du , qu'il décide de s'y rendre[14]. Le titre de cette dépêche ? « Island nation Kiribati considers moving populace » (« La république des Kiribati envisage de déplacer sa population »)[15]. Aussi, l'écrivain séjourne dans ce pays en septembre et afin d'y décrire «la face humaine du changement climatique»[16].

En 2016, Julien Blanc-Gras est invité par les éditions Paulsen à participer à une résidence artistique à bord d'un voilier, l'Atka, qu'il décrit comme « un petit bijou des océans dont la vue illumine l’œil des bourlingueurs »[17]. En compagnie de deux marins et d'un peintre, Gildas Flahaut, l'écrivain séjourne ainsi quelques semaines au Groenland le temps d'alimenter son prochain livre Briser la glace[6]. Dans ce dernier livre, il confie que son père aimait pratiquer la chasse dans les Alpes[18]. En 2017, il publie Dans le désert, sur les des monarchies du Golfe Persique, « petits pays bizarres (...) qui bousculent notre point de vue d'Occidentaux », selon Julien Blanc-Gras, qui avait assisté à l'inauguration du Ferrari World, à Abou Dabi en 2010[19]. La même année, il participe à l'ouvrage collectif Merci Paris!, en décrivant le quartier parisien où il habite, le XIXe arrondissement, un « texte drôlissime », selon Gérard Mordillat, qui a dirigé le livre[20].

« J'ai organisé ma vie autour d'une ambition saugrenue, la quadrillage méthodique de la planète », explique l'écrivain dans son livre Paradis (avant liquidation)[21], précisant ailleurs que Sur la route de Jack Kerouac et Voyage au bout de la nuit de Céline ont probablement déclenché ses envies de voyage[22]. En 2018, il disait admirer l'écrivain voyageur français Sylvain Tesson[1]. Dans un de ses livres précédents, Touriste, Julien Blanc-Gras racontait qu'enfant il s'endormait avec « en guise de doudou (....) un ballon gonflable et translucide sur lequel était imprimée une carte du monde » et que le premier livre qu'il a ouvert était un atlas[23]. Il préfère voyager seul de manière à faciliter les rencontres[14]. Il raconte préférer écrire assis, sur son ordinateur chez lui et sur un calepin quand il voyage, éventuellement avec de la musique sans paroles[18]. Parallèlement à son activité d'écrivain, il mène une carrière de journaliste avec des reportages pour L'Express, Canal+, le magazine de voyages A/R, la revue Long Cours[7]...

La question de la paternité[modifier | modifier le code]

En 2015, il délaisse les thèmes du voyage et du tourisme pour écrire la chronique des neuf mois de grossesse de sa compagne, native de la Corée et adoptée en France[1]. Il s'agit du livre In Utero[24]. « Du test à l'accouchement, c'est le récit d'une aventure à la fois intime et universelle, avec ses joies et ses angoisses. Une aventure (très) rarement racontée du point de vue masculin », pointe Brigitte Lahaie sur RMC[25]. Julien Blanc-Gras met néanmoins en perspective sa propre expérience de la paternité, au regard de celle vécue dans d'autres pays du monde ou à d'autres époques, après s'être documenté[26]. Pour lui, il a traité de sa vie intime comme de ses voyages, « avec le même ton, la même distance et le même humour »[27]. Après la naissance de son fils, le journaliste se voit attribuer une chronique, un « billet » dans le magazine français Parents[28].

En 2019, après In Utero et la naissance de son fils, Julien Blanc-Gras poursuit dans son roman Comme à la guerre (Stock) sa réflexion sur la paternité et la parentalité dans le contexte des attentats en France en janvier et novembre 2015. Une paternité qu'il confronte également à l'histoire de ses deux grands-pères, qui ont combattu durant la Seconde Guerre mondiale et ont consigné leurs souvenirs dans des carnets[29],[30].

Réception critique[modifier | modifier le code]

Son troisième roman Touriste est chroniqué dans l'émission radio Le Masque et la Plume le , où il reçoit un accueil favorable des quatre critiques présents ce jour-là[31]. De son côté, Le Nouvel Observateur est également enthousiaste : « La grande réussite du livre tient évidemment à sa drôlerie. Elle est constante, servie par une plume acérée, un art irrésistible de la formule, un talent du comique de situation. Cela va avec un certain désenchantement. »[32] Mais ce roman ne trouve pas grâce auprès du magazine culturel Gonzaï qui écrit : « Les anecdotes de voyage se succèdent mais, jamais véritablement développées, elles laissent un goût d’inachevé[33]. » Paru en 2016, Briser la glace se voit « une lecture chaudement recommandée » par Paris Match[34], tandis que Le Bien Public le considère comme « un récit de marin d’eau douce, court, cocasse, instructif, émouvant »[35].

France Inter qualifie Julien Blanc-Gras d'« écrivain voyageur », dont les « romans de voyage se caractérisent par leur côté surprenant »[36]. De son côté, Le Bien Public juge ses récits de voyage de « très remarqués pour leur humour décapant »[37]. Pour Elle, « il porte un regard à la fois désopilant et plein de perspicacité sur le monde »[38]. La Bulac le situe dans la lignée des écrivains voyageurs comme le Suisse Nicolas Bouvier et le Polonais Ryszard Kapuściński[39], deux auteurs que Julien Blanc-Gras apprécie beaucoup[22], tandis que La Croix le désigne comme un « Lévi-Strauss goguenard »[40]. En 2018, Le Nouvel Observateur voit en lui et Cédric Gras « les deux meilleurs écrivains-voyageurs français de leur génération »[41].

Son roman Comme à la guerre, sorti en 2019, est considéré par Le Monde comme « une première réponse à la question de la transmission, sensible et enthousiaste »[42]. Julien Blanc-Gras a « trouvé un nouveau continent à visiter : la paternité », estime l'écrivain Frédéric Beigbeder dans Le Figaro[43]. Pour La Croix, l'écrivain a conservé dans ce livre son « ton narquois et [il] truffe son récit de saynètes désopilantes, sa marque de fabrique »[44].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Virginie Bloch-Lainé, « Julien Blanc-Gras, voyageur du monde », Libération,‎ (lire en ligne)
  2. « Le Daddy du mois : Julien Blanc-Gras », daddycoool.fr,‎ (lire en ligne)
  3. « A/R Magazine voyageur », sur www.ar-mag.fr (consulté le 3 janvier 2018)
  4. a et b Tewfik Hakem et Jacques Munier, « À plus d'un titre : Littérature : Julien Blanc-Gras / Essais : Sébastien Roux », France Culture,‎ (lire en ligne)
  5. « Julien Blanc-Gras », sur premiere.fr (consulté le 3 janvier 2018)
  6. a et b Cécile Pellerin, « Cap au Nord avec Julien Blanc-Gras : l'écrivain-voyageur court le monde sans se prendre au sérieux », ActuaLitté,‎ (lire en ligne)
  7. a et b « Long Cours : nos auteurs », sur http://revue-longcours.fr (consulté le 3 janvier 2018)
  8. a et b François Alquier, « Julien Blanc-Gras : interview pour Touriste et Paradis [avant liquidation] », Les Chroniques de Mandor,‎ (lire en ligne)
  9. « Lauréats du Festival du Premier Roman de Chambéry »
  10. a et b Lauréats 2012, article du journal La Nouvelle République du 22 février 2012.
  11. D.P., « Touriste », L'Express,‎
  12. DT, « Touriste - Par Julien Blanc-Gras & Mademoiselle Caroline - Delcourt », sur Actua BD,
  13. Benjamin Roure, « Touriste », sur Bodoï,
  14. a et b Mathias Deguelle, « Conduite accompagnée : Julien Blanc-Gras, accompagné de Gaspard Royant », France Inter,‎ (lire en ligne)
  15. (en) Associated Press, « Island nation Kiribati considers moving populace », CBS News,‎ (lire en ligne)
  16. AFP, « Voyage aux Kiribati, «pays en voie de disparition» pour cause de réchauffement », 20 Minutes,‎ (lire en ligne)
  17. (en) « Atka 1 », sur atka.f (consulté le 2 janvier 2019)
  18. a et b Clara Dupont-Monod, « L'amuse-bouche : "Briser la glace" avec Julien Blanc-Gras », France Inter,‎ (lire en ligne)
  19. Delphine Peras, « Julien Blanc-Gras aux pays de l'or noir », L'Express,‎ (lire en ligne)
  20. TV5 Monde, « Gérard Mordillat : Les 20 arrondissements de Paris vus par des écrivains amoureux », TV5 Monde,‎ (lire en ligne)
  21. « Julien Blanc-Gras - La Matinale - 060613 », sur .dailymotion.com (consulté le 2 janvier 2018)
  22. a et b guide-evasion.fr, « Julien Blanc-Gras, touriste… et alors ? », guide-evasion.fr,‎ (lire en ligne)
  23. François, « Touriste : Un tour du monde par tous les pays du globe », unmondedaventures.fr,‎ (lire en ligne)
  24. Delphine Peras, « Julien Blanc-Gras tient le journal d'une grossesse », L'Express,‎ (lire en ligne)
  25. L'équipe de Lahaie, l'Amour et vous, « Lahaie, l'Amour et Vous : Le coup de coeur de Brigitte », rmc.bfmtv.com,‎ (lire en ligne)
  26. Alexandra Lemasson, « In utero" de Julien Blanc-Gras: voyage en terre inconnue », Francetvinfo,‎ (lire en ligne)
  27. « Julien Blanc-Gras - In utero », sur YouTube, (consulté le 4 janvier 2019)
  28. Julien Blanc-Gras, « Noël : comment le père gère le calvaire des jouets sonores », parents.fr,‎ (lire en ligne)
  29. Véronique Rossignol, « La Gloire des Pères », Livres Hebdo,‎ (lire en ligne)
  30. Léonard Billot, « "Est-il bien raisonnable d'avoir des enfants en ce moment ?", se demande Julien Blanc-Gras dans son dernier livre », Les Inrockuptibles,‎ (lire en ligne)
  31. Jérôme Garcin, « Le Masque et la plume », France Inter,‎ (lire en ligne)
  32. François Reynaert, « Marco en polo », bibliobs.nouvelobs.com,‎ (lire en ligne)
  33. Ursula Michel, « Julien Blanc-Gras - Touriste », Gonzaï,‎ (lire en ligne)
  34. Philibert Humm, « Julien Blanc-Gras: les calottes sont cuites », Paris Match,‎ (lire en ligne)
  35. Françoise Monnet, « Julien Blanc-Gras : un trip bien givré au Groenland », Le Bien Public,‎ (lire en ligne)
  36. « Julien Blanc-Gras / Ecrivain voyageur », sur www.franceinter.fr/ (consulté le 3 janvier 2018)
  37. « l'auteur », sur bienpublic.com, (consulté le 3 janvier 2018)
  38. Pascale Frey, « « Touriste» de Julien Blanc-Gras », Elle,‎ (lire en ligne)
  39. « Le voyage, un pré-texte. Écrire et photographier les métamorphoses du monde. », sur bulac.fr, (consulté le 3 janvier 2018)
  40. Jean-Claude Raspiengeas, « « Briser la glace » de Julien Blanc-Gras, un Lévi-Strauss goguenard sur le toit du monde », La Croix,‎ (lire en ligne)
  41. Grégoire Leménager, « Voyager, à quoi ça sert, au 21e siècle ? Rencontre avec deux baroudeurs professionnels », Le Nouvel Obs,‎ (lire en ligne)
  42. Nils C. Ahl, « « Comme à la guerre », ou ce monde que Julien Blanc-Gras lègue à son fils », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  43. Frédéric Beigbeder, « Julien Blanc-Gras, un aventurier des temps modernes », Le Figaro,‎ (lire en ligne)
  44. Jean-Claude Raspiengeas, « « Comme à la guerre » de Julien Blanc-Gras », La Croix,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]