Julia Cagé

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Julia Cagé
Julia Cage (cropped).jpg

Julia Cagé en janvier 2017.

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Julia Cagé, née le à Metz (Moselle), est une économiste française spécialiste d'économie du développement, d'économie politique et d'histoire économique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Après des classes préparatoires lettres et sciences sociales au lycée Thiers à Marseille, elle intègre en 2005 avec sa sœur jumelle l’École normale supérieure dans la section Lettres[1] où elle sera étudiante jusqu'en 2010.

Diplômé d'une licence en économie de l'Université Pantéhon-Sorbonne puis d'un Master cohabilité EHESS-ENS, elle obtient ensuite successivement un doctorat à l'EHESS en économie en 2013 « Essays in the Political Economy of Information and Taxation », sous la direction de Daniel Cohen[2], puis en économie à l'université Harvard en 2014 sous la direction de Nathan Nunn spécialiste en histoire économique[3].

Elle est mariée depuis 2014 à l'économiste Thomas Piketty[4],[5].

Julia Cagé a une sœur jumelle, Agathe Cagé, ancienne directrice adjointe du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem[6], et secrétaire générale de la campagne présidentielle de Benoît Hamon[7].

Carrière[modifier | modifier le code]

Depuis juillet 2014, Julia Cagé est assistant professor d'économie à Sciences Po Paris[6],[8],[9],[10],[11].

Elle est également chercheuse associée au Center for Economic Policy Research (CEPR).

Travaux et publications[modifier | modifier le code]

Sauver les médias[modifier | modifier le code]

En février 2015, Julia Cagé publie l'ouvrage Sauver les médias. Capitalisme, financement participatif et démocratie qui inclut plusieurs des conclusions de ses travaux antérieurs, est largement commenté dans les grands médias français : Les Échos[12], Libération[13], Télérama[14], Les Inrocks[15], La Croix[8], Mediapart[16], Alternatives économiques[17], France Culture[18], Europe 1[19], France 24[20], France inter[21]etc.

Dans ce livre, elle propose notamment un nouveau modèle pour organiser les médias, la « société de média à but non lucratif » (ou « fondaction »), intermédiaire entre la fondation et la société par actions classique. L'objectif est de permettre un partage et un renouvellement démocratique du pouvoir et des financements. Les lecteurs, journalistes et autres « crowdfunders » verraient leur apport en capital reconnu par des droits de vote majorés, alors que ceux des plus gros actionnaires seraient minorés. Les médias bénéficieraient ainsi de la réduction fiscale ouverte aux dons, ce qui permettrait selon Julia Cagé de remplacer le système souvent opaque et inefficace d'aides à la presse par un soutien « neutre, transparent et citoyen »[13]. Selon Éric Fottorino, ce modèle peut difficilement fonctionner pour des médias de grande taille, qui ne peuvent pas se passer de gros actionnaires de référence[18].

Ce livre s'appuie notamment sur une analyse de l'évolution historique des médias et de leur mode de gouvernance et de financements en Europe et aux États-Unis depuis le début du XXe siècle, ainsi que sur des travaux précédemment menés sur l'impact d'une concurrence parfois excessive entre supports médiatiques sur l'émiettement des rédactions, en prenant l'exemple de la presse quotidienne régionale en France depuis 1945[22].

Mondialisation et financement des biens publics[modifier | modifier le code]

Dans un article co-écrit en 2012 avec Lucie Gadenne, Julia Cagé montre que la libéralisation des échanges commerciaux entre 1975 et 2010 a privé nombre de pays pauvres de droits de douanes très importants, sans que cela ait été compensé par le développement de nouvelles recettes fiscales (par exemple impôt sur le revenu) qui auraient permis de financer les biens publics indispensables pour la croissance économique et le développement[23] : éducation, santé, infrastructures, etc.

Les médias en Afrique[modifier | modifier le code]

Dans un article co-écrit en 2014 avec Valéria Rueda, Julia Cagé étudie les conséquences de long terme des conditions d'introduction de l'imprimerie sur le développement des médias dans les différents pays du continent africain[24],[25].

Dans un article de synthèse publié en 2014 dans le Oxford Handbook of Africa and Economics, elle analyse les enjeux spécifiques et les difficultés particulières liées au développement d'un modèle de médias propre à l'Afrique, qui ne passe pas nécessairement par les étapes et les séquences observées dans d'autres régions du monde[26].

Aide au développement, commerce international et réputation des pays[modifier | modifier le code]

Dans une série d'articles écrits entre 2009 et 2014, Julia Cagé montre que l'aide au développement est plus efficace dans les pays pratiquant une plus grande transparence de l'information, et que les indicateurs utilisés par les organisations internationales prennent ce type de critère démocratique et médiatique insuffisamment en compte[27].

Dans un article publié en 2015 avec Dorothée Rouzet, elle montre que les réputations nationales, déterminées notamment par la couverture des différents pays dans les médias des pays importateurs, ont un impact décisif sur la structure du commerce international[28]. Ce travail ouvre une voie nouvelle permettant de comprendre l'importance de l'information et de médias crédibles pour le développement économique[29].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Prises de position politiques[modifier | modifier le code]

Présidentielles 2012 : soutien à François Hollande[modifier | modifier le code]

Lors de l'élection présidentielle française de 2012, Julia Cagé signe l'appel des économistes en soutien au candidat François Hollande en raison de « la pertinence des options [proposées], en particulier pour ce qui concerne la reprise de la croissance et de l'emploi »[32].

Présidentielles 2017 : soutien à Benoît Hamon[modifier | modifier le code]

En janvier 2016, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017, Julia Cagé est l'un des onze initiateurs de l'appel « Notre primaire » pour une primaire à gauche[33],[34].

Le , elle cosigne une tribune de soutien à Benoît Hamon en vue de la primaire citoyenne de 2017, intitulée « pour un revenu universel crédible et audacieux »[35]. Elle s'indigne dans un tweet[36] que le site La Tribune.fr ait défendu qu'il ne s'agissait pas, en réalité, d'un revenu universel[37].

Le lendemain du second tour de la primaire et de l'élection de Benoît Hamon, Thomas Piketty explicite les modalités de versement de la proposition de revenu universel défendu par les 10 économistes signataires de la tribune[38].

Après la victoire de Benoît Hamon à la primaire, elle devient responsable du pôle « économie » pour sa campagne présidentielle[39].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Julia Cagé est membre du conseil d'administration de l'Agence France-Presse (AFP) depuis novembre 2015[40]. Elle est également membre de la Commission économique de la nation[41].

Elle a été chroniqueuse à Alternatives économiques[42] et à France Culture[43], ainsi qu'à l'émission Le monde d'après sur France 3[44].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Voir sur archicubes.ens.fr.
  2. (en) Julia Cagé, « Essays in the Political Economy of Information and Taxation », Theses.fr,‎ (lire en ligne)
  3. Voir sur sudoc.fr.
  4. L'Obs, 19 novembre 2014.
  5. New York Magazine, avril 2014.
  6. a et b « Julia et Agathe Cagé, les sœurs douées », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne).
  7. « Benoît Hamon dévoile son équipe de campagne », Challenges,‎ (lire en ligne).
  8. a et b « L'information est un bien public », La Croix.com, 20 février 2015.
  9. The Good Life, numéro 14, 2014.
  10. Home page de Julia Cagé, février 2015.
  11. [PDF] CV de Julia Cagé, janvier 2015
  12. « Innover pour une presse de qualité », Les Échos, 5 février 2015
  13. a et b « Il faut considérer l'information comme un bien public », Libération, 14 février 2015.
  14. « Y a-t-il un modèle économique pour sauver les médias ? », Télérama, 5 février 2015.
  15. « Il faut sauver les médias et se battre pour ce bien public », Les Inrocks, 6 février 2015
  16. « Il faut réintroduire le temps de la qualité », Mediapart, 1er mars 2015
  17. Alternatives économiques, mars 2015
  18. a et b « Faut-il réinventer les médias ? », Les matins de France Culture, 5 février 2015.
  19. « L'information sur internet, on la survole », Europe 1 Social club, 10 février 2015
  20. L'invité de l'économie, France 24, 6 février 2015
  21. « À qui appartient l'information », France Inter, L'instant M, 19 février 2015.
  22. (en) « Media competition, information provision, and political participation », Harvard University, 2014
  23. (en) « The fiscal cost of trade liberalization », Vox.eu
  24. (en) « The printing press's long-term impact on newspapers and civic attitudes in Africa », Vox.eu
  25. (en) The Guardian, 14 janvier 2014
  26. (en) « The economics of the African media », Oxford Handbook of Africa and Economics, 2014
  27. (en) « Asymetric information, rent extraction and efficiency », 2009. « Improving upon the World Bank CPIA: a new performance indicator based upon aid effectiveness », Journal of Globalization and Development, 2014
  28. (en) « Improving national brands. Reputation for quality and export promotion policies », Journal of International Economics 2015
  29. Enjeux Les Échos, 1er décembre 2012.
  30. « Les lauréats des prix des Assises 2016 - Journalisme.com », sur www.journalisme.com (consulté le 11 mars 2016).
  31. « Qui fabrique l'info? », sur France Culture (consulté le 11 mars 2016).
  32. Philippe Aghion et al., « Nous, économistes, soutenons Hollande », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  33. « Pour une primaire à gauche », sur Libération.fr,
  34. Voir sur notreprimaire.fr.
  35. « Piketty, Méda, Landais… Des économistes "pour un revenu universel crédible et audacieux" », Le Monde.fr, 24 janvier 2017.
  36. Tweet de Julia Cagé, Twitter.com, 25 janvier 2017.
  37. « Piketty pour un revenu universel… non universel », Ivan Best, La Tribune.fr, 25 janvier 2017.
  38. « Notre revenu universel est-il vraiment universel ? », blog de Thomas Piketty sur Le Monde.fr, 30 janvier 2017.
  39. Boris Manenti, « Qui compose l'équipe de campagne de Benoît Hamon ? », L'Obs.com,‎ (lire en ligne).
  40. « AFP.com », sur www.afp.com (consulté le 19 novembre 2015)
  41. « Une composition renouvelée de la Commission économique de la Nation », sur tresor.economie.gouv.fr, décembre 2014.
  42. Alter Eco Plus, décembre 2014.
  43. France Culture, L'économie en questions
  44. France 3, Le monde d'après/

Liens externes[modifier | modifier le code]