Julia Cagé

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Julia Cagé
Julia Cage (cropped).jpg
Julia Cagé en janvier 2017.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (35 ans)
MetzVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
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Agathe Cagé (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
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Distinction

Julia Cagé, née le à Metz (Moselle), est une économiste française spécialiste d'économie politique et d'histoire économique. Elle travaille en particulier sur l'économie des médias et le financement de la démocratie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Après des classes préparatoires B/L au lycée Thiers à Marseille, Julia Cagé intègre en 2005, avec sa sœur jumelle, l’École normale supérieure[1]. Elle obtient une licence d'économétrie à l'université Panthéon-Sorbonne en 2006 et un master « Analyse et Politique Economiques » à l'École d'économie de Paris en 2008.

Elle obtient à l'EHESS, en 2013, un doctorat d'économie, après avoir soutenu la thèse « Essais en économie politique de l'information et de la taxation » rédigée sous la direction de l'économiste Daniel Cohen[2]. En 2014, elle soutient une thèse en sciences économiques d'Harvard, s'intitulant « Essays on the Political Economy of Information »[3].

Julia Cagé a une sœur jumelle, Agathe Cagé, ancienne directrice adjointe du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem[4], secrétaire générale de la campagne présidentielle de Benoît Hamon[5], fondatrice du think tank Cartes sur tables [6], et présidente d'un cabinet de conseil.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Depuis juillet 2014, Julia Cagé est assistant professor d'économie à Sciences Po Paris[4],[7],[8],[9],[10].

Elle est également chercheuse associée au Center for Economic Policy Research (CEPR)[11] et co-directrice de l'axe « Évaluation de la démocratie » du LIEPP[12],[13].

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Lors de l'élection présidentielle française de 2012, Julia Cagé signe l'appel des économistes en soutien au candidat François Hollande en raison de « la pertinence des options [proposées], en particulier pour ce qui concerne la reprise de la croissance et de l'emploi »[14].

En janvier 2016, dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017, Julia Cagé est l'un des onze initiateurs de l'appel « Notre primaire » pour une primaire à gauche[15],[16].

Le , elle cosigne une tribune de soutien à Benoît Hamon en vue de la primaire citoyenne de 2017, intitulée « pour un revenu universel crédible et audacieux »[17].

Après la victoire de Benoît Hamon à la primaire, elle devient responsable du pôle « économie » pour sa campagne présidentielle[18]. Benoît Hamon lui confie une mission sur la mise en place du revenu universel d'existence (RUE). Son estimation est évaluée « à 45 milliards "maximum" financés par la fusion de la taxe foncière et de l'impôt sur la fortune et un transfert de richesses venant du Cice et du pacte de responsabilité, probablement à hauteur de 20 milliards d'euros[19]. » La Tribune.fr conteste le fondement de ce projet de réforme[20].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Julia Cagé est membre du conseil d'administration de l'Agence France-Presse (AFP) depuis novembre 2015[21]. Elle a également été membre de la Commission économique de la nation[22].

Elle a été chroniqueuse à Alternatives économiques[23] et à France Culture[24], ainsi qu'à l'émission Le monde d'après sur France 3[25].

Travaux[modifier | modifier le code]

Au fil de ses ouvrages, Julia Cagé analyse le financement économique des médias.

Le Prix de la Démocratie[modifier | modifier le code]

Dans cet ouvrage publié en septembre 2018, Julia Cagé prolonge sa réflexion sur les médias en interrogeant le poids des « intérêts privés » dans le financement de la vie politique et ses conséquences[26].

Sauver les médias[modifier | modifier le code]

Dans ce livre publié en février 2015, et sous-titré Capitalisme, financement participatif et démocratie, elle propose notamment un nouveau modèle pour organiser les médias, la « société de média à but non lucratif » (ou « fondaction »), intermédiaire entre la fondation et la société par actions classique. L'objectif est de permettre un partage et un renouvellement démocratique du pouvoir et des financements. Les lecteurs, journalistes et autres « crowdfunders » verraient leur apport en capital reconnu par des droits de vote majorés, alors que ceux des plus gros actionnaires seraient minorés. Les médias bénéficieraient ainsi de la réduction fiscale ouverte aux dons, ce qui permettrait selon Julia Cagé de remplacer le système souvent opaque et inefficace d'aides à la presse par un soutien « neutre, transparent et citoyen »[27]. Selon Éric Fottorino, ce modèle peut difficilement fonctionner pour des médias de grande taille, qui ne peuvent pas se passer de gros actionnaires de référence[28].

Ce livre s'appuie notamment sur une analyse de l'évolution historique des médias et de leur mode de gouvernance et de financements en Europe et aux États-Unis depuis le début du XXe siècle, ainsi que sur des travaux précédemment menés sur l'impact d'une concurrence parfois excessive entre supports médiatiques sur l'émiettement des rédactions, en prenant l'exemple de la presse quotidienne régionale en France depuis 1945[29].

Sauver les médias a déjà été traduit en 10 langues, dont l'anglais, l'allemand, l'italien, l'espagnol, le coréen, le japonais, etc.[30]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée depuis 2014 à l'économiste Thomas Piketty[31].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Arrêté du 10 février 2006 portant nomination d'élèves à l'École normale supérieure (session 2005) (lire en ligne).
  2. « Julia Cagé, “Essais en économie politique de l’information et de la taxation“ », sur lettre.ehess.fr, (consulté le 29 décembre 2017).
  3. (en) julia cagé, « scholar.harvard.edu », Harvard University,‎ (lire en ligne).
  4. a et b « Julia et Agathe Cagé, les sœurs douées », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne).
  5. « Benoît Hamon dévoile son équipe de campagne », Challenges,‎ (lire en ligne).
  6. Voir sur www.cartes-sur-table.fr.
  7. « L'information est un bien public », La Croix.com, 20 février 2015.
  8. The Good Life, numéro 14, 2014.
  9. Home page de Julia Cagé, février 2015.
  10. [PDF] CV de Julia Cagé, janvier 2015.
  11. Voir sur cepr.org.
  12. Site du LIEPP.
  13. « julia.cage | Sciences Po LIEPP », sur sciencespo.fr (consulté le 12 octobre 2018).
  14. Philippe Aghion et al., « Nous, économistes, soutenons Hollande », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  15. « Pour une primaire à gauche », sur Libération.fr, .
  16. Voir sur notreprimaire.fr.
  17. « Piketty, Méda, Landais… Des économistes "pour un revenu universel crédible et audacieux" », Le Monde.fr, 24 janvier 2017.
  18. Boris Manenti, « Qui compose l'équipe de campagne de Benoît Hamon ? », L'Obs.com,‎ (lire en ligne).
  19. « Julia Cagé, la sage-femme du revenu universel », sur lepoint.fr, (consulté le 21 novembre 2018)
  20. « Piketty pour un revenu universel… non universel », Ivan Best, La Tribune.fr, 25 janvier 2017.
  21. « Communiqué », sur afp.com (consulté le 19 novembre 2015).
  22. « Une composition renouvelée de la Commission économique de la Nation », sur tresor.economie.gouv.fr, décembre 2014.
  23. Alter Eco Plus, décembre 2014.
  24. France Culture, L'économie en questions.
  25. France 3, Le monde d'après.
  26. La-Croix.com, « Julia Cagé : "Le jeu démocratique est capturé par les intérêts privés" », sur La Croix, (consulté le 12 novembre 2018).
  27. « Il faut considérer l'information comme un bien public », Libération, 14 février 2015.
  28. « Faut-il réinventer les médias ? », Les matins de France Culture, 5 février 2015.
  29. (en) « Media competition, information provision, and political participation », Harvard University, 2014.
  30. « Julia Cage », sur observatoireethiquepublique.com (consulté le 12 novembre 2018).
  31. Sophie Fay, « Julia et Agathe Cagé, les sœurs douées », nouvelobs.com, 27 mai 2015.
  32. « Les lauréats des prix des Assises 2016 », sur journalisme.com (consulté le 11 mars 2016).
  33. « Qui fabrique l'info? », sur France Culture (consulté le 11 mars 2016).
  34. ANTICOR, « La Cérémonie 2019 des Prix éthiques et des Casseroles » (consulté le 7 février 2019)

Liens externes[modifier | modifier le code]