Julia Cagé

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Julia Cagé
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Julia Cagé en 2017.
Biographie
Naissance
Voir et modifier les données sur Wikidata (37 ans)
MetzVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activité
Fratrie
Agathe Cagé (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Conjoint
Autres informations
A travaillé pour
Directeurs de thèse
Site web
Distinctions
Prix des Assises (d) ()
Prix Pétrarque ()
Prix éthique d'Anticor ()Voir et modifier les données sur Wikidata

Julia Cagé, née le à Metz (Moselle), est une économiste française, spécialiste d'économie politique et d'histoire économique. Publiquement engagée à gauche, elle travaille en particulier sur l'économie des médias et le financement de la démocratie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et formation[modifier | modifier le code]

Julia Cagé est la fille d'une mère "femme au foyer" et d'un père "cadre supérieur"[1]. Sa sœur jumelle, Agathe Cagé, est ancienne élève de l'ENA[2], ancienne haut-fonctionnaire, dirigeante d'un cabinet de consulting et intervenante régulière sur le service radiophonique public français[3]. Elle a une sœur aînée, également "cheffe d'entreprise"[1]. Julia est depuis 2014 l'épouse de Thomas Piketty.

Après des classes préparatoires B/L au lycée Thiers à Marseille, Julia Cagé intègre en 2005, avec sa sœur jumelle, l’École normale supérieure[4]. Elle obtient une licence d'économétrie à l'université Panthéon-Sorbonne en 2006 et un master « Analyse et politique économiques » à l'École d'économie de Paris en 2008.

En 2014, elle soutient une thèse d'économie à l'université Harvard, s'intitulant « Essays on the Political Economy of Information », sous la direction d'Alberto Alesina, Nathan Nunn et Andrei Shleifer[5]. Elle obtient par la suite à l'EHESS un doctorat d'économie, après avoir soutenu la thèse « Essais en économie politique de l'information et de la taxation » rédigée sous la direction de l'économiste Daniel Cohen[6].

Julia Cagé a une sœur jumelle, Agathe Cagé, ancienne directrice adjointe du cabinet de Najat Vallaud-Belkacem[7], secrétaire générale de la campagne présidentielle de Benoît Hamon[8], fondatrice du think tank Cartes sur tables[9], et présidente d'un cabinet de conseil.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Depuis , Julia Cagé est assistant professor d'économie à Sciences Po Paris[7],[10],[11],[12],[13].

Elle est également chercheuse associée au Centre for Economic Policy Research (CEPR)[14] et co-directrice de l'axe « Évaluation de la démocratie » du LIEPP[15],[16].

En 2019, elle est nommée au prix du meilleur jeune économiste de France (Le Cercle des économistes - Le Monde)[17].

Autres activités[modifier | modifier le code]

Julia Cagé est membre du conseil d'administration de l'Agence France-Presse (AFP) depuis [18]. Elle a également été membre de la Commission économique de la nation[19].

Elle a été chroniqueuse à Alternatives économiques[20] et à France Culture[21], ainsi qu'à l'émission Le Monde d'après sur France 3[22].

Début , Julia Cagé est nommée présidente de la Société des lecteurs du Monde[23]. Elle est la première femme de l'histoire de la SDL à être élue par le conseil d'administration pour occuper la fonction de présidente[24].

L'association Un bout du Monde[modifier | modifier le code]

En juillet 2020, Julia Cagé lance avec la Société des lecteurs et le Pôle d’Indépendance du Monde l’association Un Bout du Monde[25] « pour la reconquête citoyenne de l’actionnariat des médias d’information », dont elle devient présidente. Elle fixe comme objectif de permettre aux salariés, aux journalistes et aux lecteurs de devenir les garants de l’indépendance des médias aux cours des mois et des années à venir[26]. Pour elle, « les médias sont l’un des piliers essentiels de notre démocratie. Pour cette raison et parce que l’information est un bien public, leur gouvernance doit être démocratique. Or, la démocratie, ce n’est pas la générosité d’une poignée de mécènes ; la démocratie, ce sont des millions de citoyens qui contribuent chacun à hauteur de quelques euros au capital et à la gouvernance de leurs médias. L’indépendance, ce sont les lecteurs et les journalistes qui doivent la garantir.[27]»

Vie privée[modifier | modifier le code]

Elle est mariée depuis 2014 à l'économiste Thomas Piketty[7].

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Lors de l'élection présidentielle française de 2012, Julia Cagé signe l'appel des économistes en soutien au candidat François Hollande en raison de « la pertinence des options [proposées], en particulier pour ce qui concerne la reprise de la croissance et de l'emploi »[28].

En , dans la perspective de l'élection présidentielle de 2017, Julia Cagé est l'un des onze initiateurs de l'appel « Notre primaire » pour une primaire à gauche[29],[30].

Le , elle cosigne une tribune de soutien à Benoît Hamon en vue de la primaire citoyenne de 2017, intitulée « pour un revenu universel crédible et audacieux »[31].

Après la victoire de Benoît Hamon à la primaire, elle devient responsable du pôle « économie » pour sa campagne présidentielle[32]. Benoît Hamon lui confie une mission sur la mise en place du revenu universel d'existence (RUE). Son estimation est évaluée « à 45 milliards « maximum » financés par la fusion de la taxe foncière et de l'impôt sur la fortune et un transfert de richesses venant du Cice et du pacte de responsabilité, probablement à hauteur de 20 milliards d'euros[33]. » La Tribune.fr conteste le fondement de ce projet de réforme[34].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Le Prix de la démocratie[modifier | modifier le code]

Dans cet ouvrage publié en , elle interroge l'épuisement démocratique et le poids des intérêts privés dans le financement de la vie politique et ses conséquences[35]. Ses analyses la conduisent à avancer deux propositions pour rendre nos démocraties véritablement représentatives : assurer le financement de la vie politique par un prélèvement annuel modique sur chaque citoyen au bénéfice du parti de son choix, avec la possibilité de réviser ce choix chaque année. En même temps, les dons privés aux partis politiques seraient fortement réduits ou supprimés. Les partis politiques ne seraient ainsi plus incités à répondre aux attentes des gros donateurs, mais à celles de chaque citoyen. D'autre part, elle envisage de modifier le mode d'élection à l'Assemblée nationale : tandis que les deux tiers des députés continueraient à être élus sur une base territoriale (celle des circonscriptions), le dernier tiers seraient "élus à la proportionnelle sur des listes comptant au moins une moitié d'employés/ouvriers" (p. 423) - conformément à leur proportion dans la population. Elle ajoute : "L'ensemble des représentants - politiques et sociaux - se réuniraient dans la même Assemblée et auraient les mêmes prérogatives" (p. 423).

Sauver les médias[modifier | modifier le code]

Dans ce livre publié en , et sous-titré Capitalisme, financement participatif et démocratie,[36] elle propose notamment un nouveau modèle pour organiser les médias, la « société de média à but non lucratif » (ou « fondaction »), intermédiaire entre la fondation et la société par actions classique. L'objectif est de permettre un partage et un renouvellement démocratique du pouvoir et des financements. Les lecteurs, journalistes et autres « crowdfunders » verraient leur apport en capital reconnu par des droits de vote majorés, alors que ceux des plus gros actionnaires seraient minorés. Les médias bénéficieraient ainsi de la réduction fiscale ouverte aux dons, ce qui permettrait, selon Julia Cagé, de remplacer le système souvent opaque et inefficace d'aides à la presse par un soutien « neutre, transparent et citoyen »[37]. Selon Éric Fottorino, ce modèle peut difficilement fonctionner pour des médias de grande taille, qui ne peuvent pas se passer de gros actionnaires de référence[38].

Ce livre s'appuie notamment sur une analyse de l'évolution historique des médias et de leur mode de gouvernance et de financements en Europe et aux États-Unis depuis le début du XXe siècle, ainsi que sur des travaux précédemment menés sur l'impact d'une concurrence parfois excessive entre supports médiatiques sur l'émiettement des rédactions, en prenant l'exemple de la presse quotidienne régionale en France depuis 1945[39].

L'information est un bien public[modifier | modifier le code]

Cet ouvrage, écrit avec Benoît Huet et publié en , est consacré au financement des médias, à leur modèle de gouvernance et de propriété[40]. Elle y propose une « loi de démocratisation de l'information » qui permettrait notamment l'ouverture des instances de direction aux salariés et la mise en place de droit d'agrément pour les nouveaux actionnaires.

Dans la continuité de ses ouvrages précédents, ce livre s'inspire notamment sur le transfert du quotidien Libération à une société à but non lucratif par son actionnaire en 2020[40].

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Qui sont Julia et Agathe Cagé, mobilisées pour Benoît Hamon jusqu’au bout ? - Elle », sur elle.fr, (consulté le )
  2. Qui sont Julia et Agathe Cagé, mobilisées pour Benoît Hamon jusqu’au bout ?, (actualité), Hachette et Groupe Lagardère, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata
  3. « Agathe Cagé : biographie, actualités et émissions France Culture », sur France Culture (consulté le )
  4. Arrêté du 10 février 2006 portant nomination d'élèves à l'École normale supérieure (session 2005), (liste), [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  5. Julia Cagé, Certification of doctoral defense of "Essays on the Political Economy of Information", (certification), Université Harvard, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  6. Julia Cagé, Certification de la soutenance de thèses « Essais en Économie Politique de l’Information et de la Taxation », (certification), École des hautes études en sciences sociales, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  7. a b et c Sophie Fay, « Julia et Agathe Cagé, les sœurs douées », L'Obs, France,‎ (ISSN 0029-4713, notice BnF no FRBNF11946121, lire en ligne)Voir et modifier les données sur Wikidata.
  8. « Benoît Hamon dévoile son équipe de campagne », Challenges,‎ (lire en ligne).
  9. Cartes sur table, (organisation)Voir et modifier les données sur Wikidata.
  10. Aude Carasco, Julia Cagé, économiste : « L’information est un bien public », (actualité), Bayard Presse, Paris, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  11. The Good Life, numéro 14, 2014.
  12. Julia Cagé, juliacage.com, (site web)Voir et modifier les données sur Wikidata.
  13. [PDF] CV de Julia Cagé, janvier 2015.
  14. Julia Cagé has won the Prix Pétrarque de l’Essai France Culture – Le Monde, (actualité), Center for Economic and Policy Research, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  15. Voir ""site officiel" à Julia Cagé, (être humain)Voir et modifier les données sur Wikidata.
  16. « julia.cage | Sciences Po », sur sciencespo.fr (consulté le ).
  17. « Prix du meilleur jeune économiste 2019 », sur Le Cercle des économistes (consulté le ).
  18. « Communiqué », sur afp.com (consulté le ).
  19. « Une composition renouvelée de la Commission économique de la Nation », sur tresor.economie.gouv.fr, décembre 2014.
  20. Alter Eco Plus, décembre 2014.
  21. France Culture, L'économie en questions.
  22. France 3, Le Monde d'après.
  23. Thierry Wojciak, Julia Cagé à la présidence de la Société des lecteurs du Monde, (actualité), , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  24. Communiqué : Julia Cagé devient présidente de la Société des lecteurs du « Monde », (actualité), Societe Editrice Du Monde (d), Paris, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  25. Un Bout du Monde, (organisation)Voir et modifier les données sur Wikidata.
  26. Arthur Porto, Un Bout du Monde: pour un actionnariat citoyen des médias!, (article de blog), Edwy Plenel, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  27. Voir le communiqué de presse du lancement de Un bout du Monde, 28 septembre 2020.
  28. Philippe Aghion, et al., Nous, économistes, soutenons Hollande, (actualité), Societe Editrice Du Monde (d), Paris, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  29. « Pour une primaire à gauche », sur Libération.fr, .
  30. Voir sur notreprimaire.fr.
  31. Piketty, Méda, Landais... Des économistes « pour un revenu universel crédible et audacieux », (actualité), Societe Editrice Du Monde (d), Paris, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  32. Boris Manenti, Qui compose l'équipe de campagne de Benoît Hamon ?, (actualité), France, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  33. Erwan Bruckert, Julia Cagé, la sage-femme du revenu universel, (actualité), Kering, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  34. Ivan Best, Piketty pour un revenu universel... non universel, (actualité), LVMH Moët Hennessy Louis Vuitton, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  35. Aude Carasco, Julia Cagé : « Le jeu démocratique est capturé par les intérêts privés », (actualité), Bayard Presse, Paris, , [lire en ligne]Voir et modifier les données sur Wikidata.
  36. Julia Cagé, Sauver les médias. Capitalisme, financement participatif et démocratie, (œuvre littéraire), Éditions du Seuil, Voir et modifier les données sur Wikidata.
  37. « Il faut considérer l'information comme un bien public », Libération, 14 février 2015.
  38. « Faut-il réinventer les médias ? », Les matins de France Culture, 5 février 2015.
  39. (en) « Media competition, information provision, and political participation », Harvard University, 2014.
  40. a et b Jérôme Lefilliâtre, « D'actualité », Libération, no 12344,‎ , p. 28 (ISSN 0335-1793, lire en ligne, consulté le ).
  41. « Les lauréats des prix des Assises 2016 », sur journalisme.com (consulté le ).
  42. « Qui fabrique l'info? », sur France Culture (consulté le ).
  43. « Julia Cage », sur observatoireethiquepublique.com (consulté le ).
  44. ANTICOR, « La Cérémonie 2019 des Prix éthiques et des Casseroles » (consulté le ).
  45. « Julia Cagé, lauréate de la 8e édition du Prix Pétrarque de l’Essai France Culture-Le Monde », sur France Culture, (consulté le ).

Liens externes[modifier | modifier le code]