Jules Leleu

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Jules Leleu
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Concepteur de meublesVoir et modifier les données sur Wikidata

Jules-Émile Leleu, né à Boulogne-sur-Mer le 17 juin 1883 et mort à Paris le 11 juillet 1961, est un ébéniste français dans le domaine de l'Art déco.

Biographie[modifier | modifier le code]

Exposition "la maison Leleu" (musée des années 30, Boulogne-Billancourt) (2135116038).jpg
"La Maison Leleu" au Musée des Années 30 (Boulogne-Billancourt) (2132078468).jpg
La maison Leleu (Musée des années 30, Boulogne-Billancourt)
La maison Leleu (Musée des années 30, Boulogne-Billancourt)
La maison Leleu (Musée des années 30, Boulogne-Billancourt)

Débuts[modifier | modifier le code]

Jules-Émile Leleu étudie aux Beaux-Arts à Boulogne-sur-Mer puis le trompe-l'œil à Bruxelles.

Il succède à son père en 1909 dans l’entreprise de peinture que celui-ci avait fondée en 1882. Associé à son frère Marcel, il ajoute une branche « décoration » à l’activité d’entreprise et crée en 1910 un atelier d’ébénisterie.

Les deux frères sont mobilisés en 1914, Marcel dans la DCA et Jules dans l’aviation. À son retour en 1918 Jules se spécialise dans la création de meubles et devient un des premiers officiers de l’Ordre des Arts et Lettres en raison de ses connaissances dans le milieu artistique. La maison prend nom de « Leleu Frères » et acquiert en 1920 un hôtel particulier de trois étages à Boulogne sur Mer. Aménagé en magasin d’exposition, il est tenu par l’épouse de Jules, Julienne. Leleu participent régulièrement dans les salons, mais ses créations ne portent pas encore l’empreinte d’un style Leleu. En 1924 Jules Leleu s’installe à Paris dans le 8e arrondissement.  

Cette famille d'ébénistes, de créateurs et d'ensembliers, fut au sommet de la décoration française durant deux périodes très fécondes du XXe siècle : les années 1920-1948 sous la houlette de Jules Leleu, puis les années 1948-1970 sous la direction de son fils André Leleu, de sa sœur Paule, créatrice des tapis et leur frère Jean.

Années 1920-1948[modifier | modifier le code]

À l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925, il expose une salle à manger qui lui rapporte un Grand prix[N 1]. Parmi les meubles présentés à cette exposition figure une commode actuellement dans les collections du Metropolitan Museum of Art de New York.

En 1926, Jules Leleu ouvre une nouvelle activité dans le cadre de sa maison : l’aménagement de paquebots (il participe à l’aménagement de 17 paquebots et de quelques cargos). La Cie Générale Transatlantique lui commande l’installation et la décoration du salon de lecture et d’écriture du paquebot « Île-de-France » - ambassadeur du style « Art Déco » français vers les États-Unis. Leleu participe à la décoration de salons du paquebot « Atlantique » (1928-1930) destiné aux lignes de l’Amérique du Sud. Les aménagements de ce bateau préfigurent le paquebot « Normandie » de 1935[N 2].

Dès 1930, Jules Leleu fait participer sa fille Paule qui deviendra une créatrice de textiles et tapis[N 3]. Un département « tissus - papier-peint » ouvre quelques années plus tard, dont certaines collections furent imprimées par la maison Follot.

Leleu réalise l’installation d'ambassades françaises et étrangères, et travaille pour le Prince Pierre de Monaco, le Prince Takatma Tsu du Japon, le Roi du Roumanie. Il réalise la « Société des Nations » à Genève – devenue l’O.N.U. – le grand salon des ambassadeurs, désigné maintenant «  salon Leleu » et conservé jusqu’à ce jour dans son état d’origine. Avec son fils André, Jules Leleu réalise l’aménagement, pour l’Armée de l’Air, du sanatorium Martin de Janville. Le mobilier dessiné d’après des modelés en bois fut réalise en tôle pliée et laquée par l’atelier Jean Prouvé qui apporte son savoir-faire à Jules Leleu dans la réalisation de meubles économiques.

Années 1948-1970[modifier | modifier le code]

Après la guerre, la Maison Leleu reprend encore plus d’ampleur. Parmi les projets les plus connus ; Les compagnies maritimes pour l’aménagement des bâtiments de leur flotte ou bien la salle à manger privé du Palais de l’Élysée (sur Président Vincent Auriol). En 1954 la SNCF confie à Leleu l’aménagement du train présidentiel inauguré par le président René Coty. L’épouse du Président américain Eisenhower vient elle-même choisir le mobilier chez Leleu pour leur résidence française. C'est à cette époque que Leleu s'installe à New York dans le quartier chic de Upper East Side à côté de Baccarat.

La Cie General Transatlantique qui entreprend la construction du paquebot « France » confie à la Maison Leleu la bibliothèque, le salon de lecture et d’écriture et le salon de bridge. En 1957, les aménagements de la villa « Medy Roc » au Cap d’Antibes sont confiés à Leleu. En 1962 le Président de la République tunisienne, Habib Bourguiba, demande à Leleu l’aménagement de la grande salle à manger, la chambre à coucher de Madame la Présidente et la chambre à coucher du Président réalisée en galuchat.

Le 1er salon International Communication Organisation de Bureaux (S.I.C.O.B.) au C.N.I.T. à la Défense ouvre en 1960. Il durera une dizaine d’années et Leleu y présentera chaque année un ensemble différent.

En 1961, Jules Leleu meurt dans un accident de la circulation.

Fin de la Maison Leleu[modifier | modifier le code]

La direction de la Maison reste familiale. La clientèle particulière se fait plus rare, mais les bureaux prennent la relève. Les administrations telles que le Palais des Congrès de Versailles, et banques comme la Société Générale, la Banques Populaire et des sociétés comme la Librairie Larousse et la Librairie Hatier sont aménagées et décorées par la Maison Leleu.

Le Shah d'Iran désire célébrer l'anniversaire des 2500 ans de l'empire perse. La conception et la décoration du "camp", cadre de cette fête, déployé sur 64 hectares au pied des ruines de Persépolis, est confiée à la Maison Jansen, qui pour cette occasion fusionne avec la Maison Leleu fondant la "Société Nouvelle Jansen".

En 1973, c'est l'ère du design, l'emploi de matériaux différents, l'oubli du bois au profil du verre et de l’acier, l’abandon des formes chantournées au profil de lignes pures. Les stocks de bois précieux dont les débouchés sont moins réguliers deviennent difficiles à gérer. La décoration tel que la conçoit Leleu dans son souci extrême du détail et sans préoccupation de prix de revient devient un luxe inaccessible et anachroniques. Après 50 ans d'activité, la fermeture de cette maison tourne une page dans le domaine de l'art décoratif.

Musées possédant des pièces de Leleu[modifier | modifier le code]

  • Musée des Arts Décoratives, Paris
  • Musée des Années 30, Boulogne
  • Musée Piscine Roubaix
  • Metropolitan Museum of Art, New York

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. G. Remon écrit dans la revue Mobilier et Décoration d’août 1925 « Jules Leleu peut tenir pour l’un des plus sûrs artisans du beau meuble »
  2. Les deux paquebots furent détruits par un incendie peu après.
  3. Certainement motivée par Da Silva Bruhns, grand ami de Jules

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Viviane Jutheau, Jules et André Leleu, Paris, Éditions Vecteurs, 1989
  • Leleu : 50 ans de mobilier et de décoration, 1920-1970 (exposition, Roubaix, La Piscine, 15 juin-16 septembre 2007, Boulogne-Billancourt, Musée des années 1930, 25 septembre 2007-6 janvier 2008), catalogue par Françoise Siriex, Bruno Foucart, Yves Badetz, et al., Paris, Somogy, 2007
  • Françoise Siriex, Leleu, décorateurs ensembliers, Ed. Monelle Hayot, Saint-Rémy-en-l'Eau, 2007
  • Interview avec Françoise Siriex par Yana Mihailuka (Galerie Lefebvre) Paris, 2014