Jules Doinel

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Jules Doinel
Description de l'image Doinel, Jules.jpg.
Naissance
Décès
Nationalité Flag of France.svg Français
Profession

Jules Doinel (Jules-Benoît Stanislas Doinel du Val-Michel) (Moulins, - Carcassonne, ) est un archiviste et occultiste français. Il est le fondateur en 1890 de l'Église gnostique de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

On lui connaît de nombreux pseudonymes (Jean Kostka, Nova-lis, Kostka de Borgia, Jules-Stanislas Doinel, Jules-Stany Doinel, Jules Doinel Du Val-Michel).

Jules Doinel nait à Moulins (Allier) le 8 décembre 1842 de Louis Honoré Doinel et de Marie Passant dans une famille très catholique. En 1853, il entre au Petit Séminaire des Jésuites d'Yzeure, à proximité de Moulins, mais vers la fin de 1860, il change d'idée et quitte le noviciat qu'il a commencé en 1859. Il achève ses études secondaires au collège Stanislas à Paris, puis est admis à l'École des chartes. Il en sort en 1866, après avoir rédigé une thèse intitulée Essai sur la vie et les principales œuvres de Pierre de la Palu, patriarche de Jérusalem, 1275 ou 1280-1342. Durant les années 1860-70, parallèlement à son travail d'archiviste, il publie différents ouvrages sur l'histoire médiévale, notamment, sur Jeanne d'Arc, Blanche de Castille, Hugues Le Bouteiller et les Croisades. Il a notamment été archiviste du Cantal (1871), du Loiret (1875), de l'Aude (1900).

Fin 1884, Doinel est reçu apprenti au Grand Orient de France et sera reçu maître en avril 1886 (il s'en distanciera durant les années 1890).[réf. nécessaire] Il est aussi membre de l'ordre Martiniste.

À la fin du XIXe siècle, Doinel travaille comme archiviste pour les Archives départementales du Loiret. Ayant trouvé des documents d'époque, il est fasciné par le martyre des Cathares et se met à étudier leurs doctrines ainsi que celles de ceux dont ils s'étaient inspirés, notamment les Bogomiles, les Pauliciens, les Manichéens et surtout les Gnostiques. Tellement imprégné de cette littérature, une nuit de 1888, il a la vision de l'« éon Jésus » qui le charge de fonder une nouvelle église. Par la suite Doinel tente d'utiliser le spiritisme pour entrer en contact avec des esprits cathares et gnostiques au cours de séances dans les salons de Lady Caithness (Maria de Mariategui, duchesse de Medina Pomar (en)), une riche théosophe, disciple d'Anna Kingsford. Les manifestations spirites le confortent dans sa mission.

Jules Doinel fonde, en 1890, l'Église gnostique de France, et décrète 1890, « l'an 1 de la Restauration de la Gnose ». Lors d'un synode, tenu le 12 septembre 1893, il est élu Patriarche sous le nom mystique de Valentin II, en hommage à Valentin, le plus grand des gnostiques. Cependant, en 1894, il démissionne de sa fonction. Sous le pseudonyme de Jean Kostka, Doinel publie Lucifer démasqué en 1895, dirigé contre les occultistes et certains franc-maçons. Léonce Fabre des Essarts devient Patriarche sous le nom de Tau Synésius le 3 janvier 1896. Plus tard en 1896, Jules Doinel réintègre l'Église gnostique en tant qu'évêque d'Alet et de Mirepoix, vu qu'entre temps il avait fixé sa résidence à Carcassonne, où il avait été nommé bibliothécaire.

À la fin du XIXe siècle, il y a des sièges de l'Église gnostique dans seize villes de France, dont Paris, mais d'autres aussi en Pologne (Varsovie), en Belgique, en Bohème, et en Italie (Milan, Concorezzo).

Des occultistes connus ont adhéré à l'Église gnostique. On peut citer, entre autres, Papus, Sédir, Lucien Chamuel, Louis-Sophrone Fugairon, Jean Bricaud, Déodat Roché. René Guénon, qui s'est fait consacrer évêque d'Alexandrie sous le nom de Tau Palingenius, fait un passage éphémère dans l'Église gnostique de Doinel, cette église, selon lui, ne bénéficiant d'aucune transmission authentique.

Doinel meurt subitement dans la nuit du 16 au 17 mars 1902.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Publications de Jules Doinel[modifier | modifier le code]

  • Histoire de Blanche de Castille (1870)
  • Discours sur l'histoire de la Franc-Maçonnerie orléanaise (1887), 23 p.
  • Jeanne d'Arc telle qu'elle est (1892)
  • Lucifer démasqué (1895), 394 p. (ISBN 2-914354-00-2). Signé Jean Kostka. Édition Dualpha, 2009, 408 p. Il s'agirait selon l'auteur de dénoncer un endoctrinement programmé visant à asseoir une forme de gouvernance occulte néo-luciférienne. [1]
  • Hymnarium gnosticum oratorii Electensis et Mirapiscencis dioceseos, editum jusu ("sic") illustrissimi et honoratissimi D. D., episcopi (1901), 16 p.
  • Première Homélie. Sur la Sainte Gnose (1890). [2]
  • Études gnostiques : La gnose de Valentin [3] (extrait du Traité méthodique de science occulte de Papus), 1891, t. II, p. 627-634)
  • Études gnostiques (février 1890-mars 1893) : "La Gnose et l'Inquisition", Revue L'Initiation, août 1891. Recueil : Études gnostiques, Cariscript, 1983.
  • Études gnostiques : "Les Philosophumena", Revue L'Initiation, août 1892 [4]
  • Études gnostiques : "La Gnose Ophite ou Naassénienne", Revue L'Initiation, août 1892
  • Études gnostiques : "La Gnose d'Amour", Revue L'Initiation, juin 1893 [5]
  • Études gnostiques : "Rituel gnostique de l'appareillamentum", Revue L'Initiation, juin 1894.

Études sur Jules Doinel[modifier | modifier le code]

  • Jean Pierre Bonnerot, « Un aventurier de la gnose occidental : Jules Doinel », in Le monde Inconnu, décembre 1979
  • Robert Amadou, « L'Église Gnostique - histoire, doctrine, rites », in L'Autre Monde, mai 1982
  • Robert Amadou, préface à Lucifer démasqué, Slatkine, 1983.
  • René Le Forestier (1868-1951), L'occultisme en France au XIXe et XXe siècle : l'Église Gnostique, 1990, Archè, Milan.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]