Jules Borelli

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Jules Borelli
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Jules Borelli (Marseille, 1852-) est un explorateur français, compagnon d'Arthur Rimbaud en Éthiopie.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carte schématique des itinéraires de Rimbaud en Éthiopie (1880-1891)
Collines d'Entoto surplombant l'actuelle Addis-Abeba (2014)
Vallée de l'Awash (2014)

Né à Marseille, dans une famille bourgeoise de la ville, il s'embarque comme mousse à l'âge de quinze ans, à bord d'une goélette à destination de San Francisco[1]. Il rejoint ensuite son frère, qui est avocat à la cour khediviale, au Caire. Celui-ci lui conseille de solliciter un ordre de mission du ministère de l'Instruction publique. Jules obtient en mars 1885 une mission d’exploration en Afrique orientale. Il séjourne d'abord à Aden, où il fait la connaissance d'Arthur Rimbaud[1]. Puis, il s'associe avec un commerçant du nom de Bremond, et avec celui-ci, projette un transport de fusils, destinés à Menelik, roi du Choa, projet qui n'aboutit qu'en avril 1886. Jules Borelli reste dix mois dans le Choa et met ce délai à profit pour réaliser nombre des clichés qui constitue le fonds actuel du musée du Quai Branly. Menelik l'envoie à Tadjourah et, par la vallée de l'Awash, il atteint Entoto, sur les hauteurs de l’actuelle Addis-Abeba.

Le 3 mai 1887, il retrouve Arthur Rimbaud à Ankober et rejoint avec lui Tadjourah par la route de Harar. Octave Borelli, frère de Jules, également rédacteur en chef du journal Le Bosphore égyptien au Caire, édite les notes de voyage de Rimbaud les 25 et 27 août[2]. En 1888, Jules Borelli remonte l'Awash jusqu'à sa source et établit le tracé des affluents de l'Abaï. Il entre dans le Kaffa et, en 1889, relève le bassin de la rivière Omo, reconnaît le lac Abbala et atteint le mont Bobbé, affirmant ainsi, contrairement aux géographes de l'époque, que l'Omo se jette dans le lac Chambara (ou Sambourou). Il sera plus tard prouvé qu'il se jette en réalité dans le lac Rodolphe (Basso-Narok).

Borelli mesure l'altitude de plusieurs sommets du Kaffa dont le mont Derro (3 100 m) et le Maï-Goudo (3 300 m). On lui doit de nombreuses observations de géographie physique et d'importantes études météorologiques, ethnographiques et linguistiques ainsi qu'entre autres relevés, huit cents photographies des lieux parcourus et des gens rencontrés qui ont été confiées à l'ancien musée d'ethnographie du Trocadéro.

Lors d'une expédition au Zingero[3], il est atteint de paludisme et doit regagner la France, s'installant à Marseille. Il donne une conférence à la Société de géographie en décembre 1889[4]. Il mène ensuite une existence plus sédentaire et se consacre à la peinture[5].

Au musée du Quai Branly, le fonds photographique Jules Borelli, restauré en 2011, comprend 540 négatifs gélatino-argentiques pelliculaires, pour la plupart inédits[6].

Travaux[modifier | modifier le code]

« Bourham, fils d'Abou-Bakhr », ill. de René Jacker pour Éthiopie méridionale
  • Itinéraire de mon voyage aux pays Oromo et Sidama. Observations sur le cours de l'Omo, 1889
  • Éthiopie méridionale. Journal de mon voyage aux pays Amhara, Oromo et Sidama, septembre 1885 à novembre 1888, Quantin, Paris, 1890, 520 p. + pl., disponible sur Gallica [lire en ligne]

Distinctions[modifier | modifier le code]

  • Son œuvre scientifique est récompensée en 1890 de la médaille d'or de la Société de géographie.
  • Il est fait chevalier de la Légion d'honneur le 13 juillet 1890, sur contingent du ministère de l'instruction publique[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Antoine Lefébure
  2. J.-J. Lefrère, Arthur Rimbaud, Fayard, 2001, p. 1009.
  3. Ou Zengero, Zingiro, Zanjipo, Zindjoro, Djimijiro, Gingiro, Zendero, Gingioe, selon Louis J. Morié, Histoire de l'Éthiopie (Nubie et Abyssinie) : depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours, tome II, L'Abyssinie (Éthiopie moderne), Chalamel, Paris, 1904,p. 21
  4. Communication faite par Jules Borelli à la Société de géographie de Paris, Maison Quantin, Paris, s. d., 68 p.
  5. Jacques Borelli, « Borelli Jules (1852-1943) », in Hommes et destins : dictionnaire biographique d'outre-mer, vol. V, Académie des sciences d'outre-mer, 1975, p. 75
  6. « Restauration du fonds photographique Jules Borelli (2011) », in Le plateau des collections en 2013. Une collection permanente, Musée du Quai Branly, p. 78-79 [lire en ligne]
  7. Base Léonore

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jacques Borelli, « Borelli Jules (1852-1943) », in Hommes et destins : dictionnaire biographique d'outre-mer, vol. V, Académie des sciences d'outre-mer, Paris, 1975, p. 72-76
  • Numa Broc, Dictionnaire des explorateurs français du XIXe siècle, T.1, Afrique, CTHS, 1988, p. 39-40 Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean-Baptiste Baronian, Dictionnaire Rimbaud, 2014 (Lire)
  • Antoine Lefébure et Aude Vassallo, Explorateurs photographes : Territoires inconnus (1850-1930), La Découverte, Paris, 2003, 240 p. (ISBN 978-2707141095)

Liens externes[modifier | modifier le code]