Juge-mage

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Le juge-mage, parfois écrit juge-maje, du latin judex major (« grand juge ») est une ancienne fonction juridique variant selon les lieux et les époques.

Depuis l’Antiquité romaine le judex major était le premier juge d’un tribunal.

L'exemple français[modifier | modifier le code]

Dans les circonscriptions de la France de l’Ancien Régime des sénéchaussées (de la fin du XVIe siècle à la Révolution), le juge-mage, également appelé lieutenant général, venait dans la hiérarchie immédiatement après le sénéchal. Il ne faut pas confondre la charge de lieutenant général avec le grade militaire de lieutenant-général en usage dans diverses armées, ou des charges sensiblement différentes portant ce titre. La charge était achetée. Le sénéchal lui déléguait ses pouvoirs de justice pour se consacrer à l’administration et au domaine militaire.

Certaines villes avaient leur juge-mage, premier officier de la juridiction.

En France, cette fonction disparut à la Révolution.

Juges-maje de Bigorre[modifier | modifier le code]

Liste des juges-majes de Bigorre qui nous sont parvenus[1].

  • 1488 Raymond de Cazarré
  • 1545 Domenge de Mesmes
  • 1568 Arnaud de Cazarré Sieur de Galosse,
  • 1584 Pierre de la Barrière
  • 1612 Jean de Pujo, seigneur de Caixon
  • 1556 Jacques de Pujo, seigneur de Caixon
  • 1684 Jean d'Aignan, baron de Castelvieilh
  • 1704 Le baron de Castelvleilh, frère du précédent
  • 1720 Mde Pujo-Verdun, seigneur de Lafitole
  • 1730 Ambroise de Pujo
  • 1770 M de L'Assus de la Devèze, dernier juge-maje

L'exemple savoyard[modifier | modifier le code]

Dans le comté, puis le duché de Savoie, les juges mages, appelés parfois juges comtaux puis ducaux, sont les officiers territoriaux représentant le comte dans les judicatures, qui reprennent les limites des bailliages, puis plus tard des provinces. Ils sont mis progressivement en place à partir du règne de Pierre II de Savoie, à partir de la seconde partie du XIIIe siècle[2]. Laurent Chevailler dans son étude sur le Sénat de Savoie indique que « la carrière des juges-mages n'empêchaient point leur compétence et leurs attributions de varier de région à région, et même de judicature-mage à judicature-mage[3]. ». Cette magistrature disparaît lors de l'Annexion du duché de Savoie à la France en 1860.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Davezac-Macaya :Essai historique sur le Bigorre, 1823
  2. Christian Sorrel (sous la direction de), Haute-Savoie en images : 1000 ans d'histoire, 1000 images, Les Marches, La Fontaine de Siloé, coll. « Histoire de la Savoie en images : images, récits », , 461 p. (ISBN 978-2-84206-347-4, lire en ligne), p. 146-147.
  3. Laurent Chevailler, Essai sur le souverain Sénat de Savoie 1559-1793, thèse de doctorat, Droit, Paris, 1948, p. 61