Judith décapitant Holopherne (Artemisia Gentileschi)

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Judith décapitant Holopherne
Artemisia Gentileschi - Judith Beheading Holofernes - WGA8563.jpg

Version du musée national Capodimonte de Naples

Artiste
Date
Technique
Dimensions (H × L)
158,8 × 125,5 cm
Localisation
Artemisia Gentileschi, Judith décapitant Holopherne, musée des Offices (199 × 162,5 cm).

Judith décapitant Holopherne est le titre de deux tableaux de la peintre italienne baroque Artemisia Gentileschi, réalisés vers 1614-1620. Gentileschi peint deux versions d'une même scène : l'une se trouve au Museo Nazionale di Capodimonte à Naples, l'autre est conservée au musée des Offices à Florence[1].

Thème[modifier | modifier le code]

L’œuvre met en scène Judith qui tranche la tête d'Holopherne, une scène biblique devenue courante dans le monde de la peinture depuis la Renaissance, et qui fait partie d'un groupe intitulé Le Pouvoir des femmes qui les montre dominant des hommes puissants. Tiré du livre de Judith des textes apocryphes bibliques, le tableau s'intéresse au moment où Judith, assistée de sa servante, décapite le général qui s'est endormi ivre.

Analyse[modifier | modifier le code]

Le tableau est d'une grande intensité physique, qu'il s'agisse des grands jets de sang qui jaillissent de la blessure ou de l'énergie déployée par les deux femmes qui commettent le meurtre. L'effort est particulièrement bien représenté sur le visage de la servante, qui est ici beaucoup plus jeune que dans la plupart des tableaux sur ce sujet : on la voit saisie au col par le poing énorme et musculeux d'Holopherne, qui lutte pour survivre. La scène est tirée d'un épisode biblique, mais c'est elle-même qu'Artemisia Gentileschi emploie comme modèle pour Judith, tandis qu'Holopherne a les traits de son ancien mentor et violeur Agostino Tassi. Mary Garrard, biographe de Gentileschi, suggère une vision autobiographique de ce tableau et montre qu'il fonctionne comme une expression cathartique de la rage intime (et peut-être silencieuse) qui anime l'artiste[2].

Influence[modifier | modifier le code]

Le tableau de Caravage sur le même sujet constitue probablement l'influence principale sur cette œuvre, à cause du naturalisme et de la violence qui transparaissent sur la toile. Dans chacun des deux tableaux, on note l'absence de détail décoratif en arrière-plan. Le père d'Artemisia, Orazio Gentileschi, lui-même peintre célèbre, avait été très influencé par Caravage et avait peint sa propre version de la scène de Judith et Holopherne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Esperança Camara, « Gentileschi, Judith Slaying Holofernes », sur Khan Academy.
  2. (en) Mary Garrard, Artemisia Gentileschi, , citée par (en) Patricia Berrahou Phillippy, Painting women: cosmetics, canvases, and early modern culture, JHU Press, (ISBN 978-0-8018-8225-8, lire en ligne), p. 75.