Judex (film, 1916)

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Judex
Description de cette image, également commentée ci-après
Judex avec René Cresté
Réalisation Louis Feuillade
Scénario Louis Feuillade
Arthur Bernède
Acteurs principaux
Sociétés de production Société des Établissements L. Gaumont
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Thriller
Durée 300 min
Sortie 1916

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Judex est un film muet français en 12 épisodes, réalisé par Louis Feuillade, sur un scénario de Louis Feuillade et Arthur Bernède. Succès commercial lors de sa sortie, le film connaît l'année suivante une suite, La Nouvelle Mission de Judex.

Synopsis[modifier | modifier le code]

La série raconte les exploits d'un mystérieux vengeur drapé d’une grande cape noire, Judex, qui s'acharne à provoquer la chute d'un banquier malhonnête, Favraux. On découvre par la suite que Judex mène une vengeance personnelle, Favraux ayant ruiné sa famille. Il tombe cependant amoureux de la fille de Favraux, Jacqueline, dont il a indirectement provoqué la ruine en se vengeant de son père, et jure de la protéger contre tous les dangers[1].

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Affiche par Leonetto Cappiello (1916) mettant en parallèle le feuilleton publié dans Le Petit Parisien et le film de Louis Feuillade.

Autour du film[modifier | modifier le code]

Après les succès de Fantômas (1913) et des Vampires (1915-1916) Louis Feuillade adopte une approche différente, en prenant pour héros un justicier et non plus un criminel : Judex est délibérément conçu comme une version positive de Fantômas, et il avait d'ailleurs été un temps envisagé de confier le rôle à René Navarre, interprète de Fantômas à l'écran. L'histoire de Judex, qui provoque la ruine de Favraux par vengeance personnelle, doit cependant aussi beaucoup à celle du Comte de Monte-Cristo[1].

Après son succès en Irma Vep dans Les Vampires, la belle Musidora est ici la méchante gouvernante et aventurière Diana Monti. Marcel Lévesque, le Mazamette des Vampires, est ici le détective Cocantin et partage la vedette avec René Cresté en Judex.

La sortie de Judex ayant été retardée de quelques mois en raison de la Première Guerre mondiale - Gaumont craignait en effet d'être accusé de « défaitisme » en mettant en scène une nouvelle histoire criminelle - le film est victime d'un imitateur, Ravengar, un film tourné aux États-Unis par Pathé Exchange, filiale américaine de Pathé, pour couper l'herbe sous le pied à celui de Gaumont. Judex sort aux États-Unis après Ravengar, mais parvient à être distribué en France avant le film concurrent[1],[4].

À la fin de Judex, le protagoniste, ayant pris sa revanche sur Favraux, met un terme à sa carrière de justicier et s'installe avec Jacqueline. Devant le succès du film, les auteurs tournent cependant une suite, La Nouvelle Mission de Judex, où le héros ne se limite plus à sa vengeance personnelle et reprend du service en défendant les innocents[1].

Remakes et influences[modifier | modifier le code]

Très marqué par son rôle dans l'esprit du public, René Cresté reprend ensuite au théâtre le personnage de Judex.

Maurice Champreux, gendre de Feuillade tourne un remake en 1934 avec René Ferté, Marcel Vallée, Mihalesco, Jean Lefèbvre, René Navarre, Constantini.

Georges Franju a tourné en 1963 un remake du sérial de Feuillade, Judex, dont le scénario est signé de Jacques Champreux (petit-fils de Feuillade et fils de Maurice Champreux) et Francis Lacassin.

Judex et Ravengar ont très probablement contribué à inspirer The Shadow, un personnage de pulps apparu en 1930, qui porte un costume semblable à celui de Judex et possède le pouvoir d'invisibilité de Ravengar (par ailleurs, le premier épisode de Judex s'intitulait aux États-Unis The Mysterious Shadow, tandis que Ravengar s'intitulait The Shielding Shadow). Précurseur immédiat des super-héros, The Shadow est à son tour l'une des inspirations de Batman. Pour Xavier Fournier, historien de la bande dessinée, Judex est, « d'une certaine manière, le grand-père du célèbre homme chauve-souris »[1].

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Xavier Fournier, Super-héros : une histoire française, Huginn Muninn, 2014, p. 69-73
  2. Les Films de la semaine, Hebdo-Film, 23 décembre 1916
  3. « Cinémas dans lesquels seront projetés à partir du 19 janvier 1917 les films de notre grand roman-cinéma Judex », Le Petit Parisien,‎ , p. 4 (lire en ligne)
  4. [Les deux premiers épisodes de Ravengar sont sortis en France en mai 1917] « Ravengar (1er épisode : Les Torches vivantes) – Louis J. Gasnier et Donald MacKenzie – 1917 », sur filmographie.fondation-jeromeseydoux-pathe.com (consulté le 2 février 2017)