Juan Vernet

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Juan Vernet
Biographie
Naissance
à Barcelone (Espagne)
Décès
à Barcelone (Espagne)
Nationalité Drapeau de l'Espagne Espagnol
Thématique
Formation Licence de philologie sémitique (arabe et hébreu) et thèse de doctorat sur l'astronomie marocaine du XIVe siècle.
Titres Professeur de langue et littérature arabe à l'université de Barcelone.
Profession Historien, arabisant, professeur d'université (d) et traducteur (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Employeur Université de BarceloneVoir et modifier les données sur Wikidata
Travaux Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne (1978/1985).
Approche histoire des rapports scientifiques et intellectuels entre le monde arabe et l'Espagne.
Distinctions Creu de Sant Jordi () et prix Narcís Monturiol ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Membre de Académie royale d’histoire (depuis ), Académie royale des belles-lettres de Barcelone (depuis ), Section historico-archéologique de l'Institut d'études catalanes (d) (depuis le ), Académie royale des sciences et arts de Barcelone (depuis ) et Académie internationale d’histoire des sciencesVoir et modifier les données sur Wikidata
Auteurs associés
Partisans
(A influencé)
Julio Samsó Moya et l'école barcelonaise d'histoire des sciences arabes en Occident.
Astrolabe d'Ibrahim ibn Said al-Sahli, Tolède, XIe siècle .
Al-Fârâbî traduit par Gérard de Crémone, ms. du XIIIe siècle .

Juan Vernet est un historien des sciences et arabisant espagnol, né en 1923 et mort en 2011, professeur à l'université de Barcelone pendant plus de trente ans.

Il est l'élève et l'héritier intellectuel du grand orientaliste Maria Millàs Vallicrosa. La rigueur et l'étendue de son œuvre savante lui confèrent une autorité internationale dans le domaine de l'histoire des sciences et des transferts culturels entre l'Orient et l'Occident.

Auteur du livre Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, il est aussi traducteur du Coran et des Mille et une Nuits en langue espagnole (castillan).

Biographie[modifier | modifier le code]

Juan Vernet, ou Juan Vernet Ginés ou Joan Vernet i Ginés, est né le à Barcelone, d'une famille venant de Tarragone[1]. Sa mère était originaire d'El Puente del Arzobispo (province de Tolède) et son père un catalan de la commune d'El Masroig (province de Tarragone)[2].

Il meurt à Barcelone le à l'âge de quatre-vingt-sept ans.

Formation scolaire[modifier | modifier le code]

Pensionado de la Enseñanza, Barcelone.

Dans les années 1931-1932, Juan Vernet est élève au Colegio Alemán (collège allemand), situé Calle Moià à Barcelone[3]. En 1933, il fréquente l'école municipale de Prades (province de Tarragone)[2],[3].

À partir de 1936 et jusqu'en 1939, il prépare son baccalauréat à l'Institut Salmerón, rue Muntaner à Barcelone[4], dans lequel il entre sur la suggestion du professeur Pere Bosch Gimpera. Il y apprend notamment le français en mémorisant des textes et en traduisant des nouvelles. Dans son autobiographie intellectuelle, Juan Vernet se souvient du nom de plusieurs de ses professeurs mais aussi des événements extérieurs à l'école comme l'activité des milices anarchistes[3].

Affecté très jeune par une bronchite chronique, qui l'affligea toute sa vie, il est contraint à de longs mois de claustration et d'alitement qu'il consacre à l'étude. Adolescent, il entreprend de déchiffrer l'écriture cunéiforme quand il peut se rendre[3] à la prestigieuse biblioteca del Ateneo de Barcelone où il découvre la Revue d'Assyriologie et les ouvrages contenant la correspondance d'Hammourabi[5].

Parallèlement à l'Institut Salmerón, il suit des cours privés en astronomie et mathématiques avec Joaquín Febrer Carbó[6] (1893-1970) qui dirigeait l'Observatoire Fabra[7]. Le professeur Febrer conduisait ses élèves dans les locaux de la Société astronomique d'Espagne et d'Amérique, situés dans le pensionnat de la Enseñanza et leur expliquait l'algèbre, la trigonométrie plane et sphérique, le calcul infinitésimal[3]. Dans ce groupe se trouvait également Juan-José Orús Navarro (1921-2005)[8] qui succéda à Febrer, en 1964, à la chaire d'Astronomie de l'université de Barcelone[9].

Grand lecteur dès sa scolarité secondaire, à côté de son attrait pour les mathématiques et l'astronomie, Juan Vernet est également passionné par l'histoire[3], au point qu'il hésite jusqu'au dernier moment entre un baccalauréat scientifique ou littéraire. Il choisit finalement le second[1]. Mais il continue à se rendre à l'Observatoire astronomique Fabra scruter le ciel et ses astres[1].

Formation universitaire[modifier | modifier le code]

Université de Barcelone, avant 1914 (carte colorisée).
Millàs Vallicrosa, avant 1949.

En novembre 1942[2],[4], Juan Vernet entame des études de lettres et de philosophie à l'université de Barcelone, dans le contexte de dénuement des années qui suivent la guerre civile[5]. Il doit subvenir au coût de ses études et commence à travailler : stagiaire auprès d'un procureur nommé Sola, surveillance du travail des manutentionnaires qui déchargeaient les wagons de charbon sur le port de Barcelone[5] et diverses autres tâches[3].

En 1943, il découvre à la bibliothèque de l'Athénée, le livre de Josep Maria Millàs Vallicrosa[10], Assaig d'història de les idees físiques i matemàtiques a la Catalunya medieval (Essai sur l'histoire des idées physiques et mathématiques dans la Catalogne médiévale, en catalan, 1931) qui décide de son attirance vers l'histoire des sciences arabes.

Durant les vacances universitaires de l'année 1944-1945, il traduit tous les textes arabes et hébreux qui figuraient dans les anthologies du professeur Millàs Vallicrosa[3].

Manuscrit d'Ibn al-Banna (1256-1321).

Juan Vernet suit pendant deux ans les cours d'arabe du professeur Ramón Mallofré y Lletgé[11] puis, la troisième année, les cours d'arabe et d'hébreu du professeur Millàs Vallicrosa[10].

Ce dernier, constatant un jour, par hasard, l'inclination de son étudiant pour les astres, l'invita à devenir son successeur : «Il m'a convaincu que je ne devais pas étudier l'arabe et l'hébreu pour, une fois la guerre terminée, partir à l'étranger me consacrer au sumérien et à l'assyrien, mais que je devais rester ici et poursuivre son propre travail. Il pourrait se passer de nombreuses années avant qu'on ne trouve un autre étudiant qui connaisse à ce point les mathématiques et l'astronomie nécessaires pour continuer avec succès mes recherches, argumenta-t-il»[3].

En 1946, Juan Vernet obtient sa licence en philologie sémitique[12], et en 1948 son doctorat de Lettres et Philosophie, à l'université de Madrid, avec une thèse sur Ibn al-Banna, astronome marocain (1256-1321). Le choix de ce travail fut le résultat d'un accord entre Millàs Vallicrosa et son disciple[3]. La thèse s'intitule : Contribución al estudio de la labor astronómica de Ibn al-Banna’[13].

C'est dans ce milieu d'érudits de haut niveau que Juan Vernet acquiert les connaissances scientifiques, philologiques et linguistiques qui lui permirent ensuite de mener des investigations savantes en histoire des sciences[5].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Alcazarquivir, ancien Protectorat espagnol au Maroc.

En 1946, Vernet fait partie de la délégation d'étudiants de la section de philologie sémitique de l'université de Barcelone qui effectue un voyage de fin d'année scolaire au Maroc, sous la direction de Millàs Vallicrosa. Il visite Tétouan, Chaouen, Alhucemas, Larache et Alcazarquivir.

Dès sa licence obtenue, en 1946, Juan Vernet sollicite une place de professeur de lettres auprès du Centro Oficial de Enseñanza Media de Alcazarquivir, l'organisme qui s'occupait des écoles hispano-arabes[14] dans les petites provinces de la zone du Protectorat espagnol au Maroc. Il obtient ce poste et arrive sur place le 20 septembre 1946[15]. Il y enseigne pendant quelques mois mais fréquente aussi, en tant qu'élève adulte, une école arabe où il se familiarise avec le dialecte qu'il trouve assez proche de l'arabe classique acquis à l'université. Il retourne à Barcelone en juin 1947.

Édifice historique de l'université de Barcelone (2004).

Millàs Vallicrosa le recrute, après un test réussi, comme chargé de cours pour l'année 1947-1948. Il demeure adjoint de Millàs Vallicrosa, de 1947 à 1954. Cette fonction lui laisse le temps de se préparer aux épreuves pour accéder à un poste de professeur. Il dépouille alors tous les articles du Journal asiatique (depuis 1822 !) et de la Revue des études islamiques, fondée par Louis Massignon.

En 1954, enfin, il accède au poste de professeur, chargé de toutes les disciplines relatives à la langue arabe, à l'université de Barcelone. Il y demeure jusqu'en 1987, formant un grand nombre de disciples.

Idées politiques[modifier | modifier le code]

Juan Vernet a révélé dans son autobiographie intellectuelle qu'avant d'être nommé professeur à Alcazarquivir (1946), la police de Barcelone avait enquêté sur son passé politique et qu'elle n'avait rien trouvé en sa faveur ni en sa défaveur : «Religion et politique, dans le sens que l'on donne à ses termes, ne m'intéressent plus depuis 1939 - avant, j'étais trop jeune»[3].

Sur le jihad et l'extrémisme musulman[modifier | modifier le code]

Interrogé, en 2001, par le journal El País, Juan Vernet exprime des positions plutôt modératrices. Ses propos ont été relayés en 2005 par une association musulmane espagnole (le Rassemblement islamique d'al-Andalus)»[16].

À la question : sommes-nous confrontés à une guerre sainte ? il répond : «La guerre sainte n'existe pas. J'ai traduit deux fois le Coran et le mot jihad y apparaît dans le sens d'effort. Dans mes éditions du Coran, j'ai ajouté en italique des petits titres. Et dans certains cas, j'ai indiqué guerre sainte, geste que je regretterai toute ma vie. Le problème est celui de la transmission et de l'interprétation selon les différentes écoles»[17].

À la question : pensez-vous que l'islam soit intégriste ? Juan Vernet répond : «Je n'aime pas le mot intégriste. Je préfère extrémiste. On ne peut identifier l'islam avec un intégrisme»[17].

À propos des caricatures de Mahomet[modifier | modifier le code]

À propos des caricatures de Mahomet parues dans un journal danois en 2005, Juan Vernet a déclaré qu'elles ne lui plaisaient pas car «elles suscitaient la haine sans raison". Il a ajouté que "la liberté d'expression, c'est aussi le respect des autres»[18].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il épouse en 1961 Leonor Martínez Martín (née le 5 juin 1930 et morte le 11 janvier 2013)[19] qui était professeur de langue et littérature arabe à la faculté de philologie de l'université de Barcelone[2]. Avec elle, il a trois filles : Leonor, Isabel et Diana[12].

À la mort de leurs parents[20], les trois filles ont légué à la bibliothèque de l'université de Barcelone, un fonds de 4 000 volumes : histoire de la science et de la technologie, et études arabes et islamiques pour le fonds Juan Vernet ; philologie et littérature pour le fonds Leonor Martínez Martín[21].

Travaux et apports à l'histoire[modifier | modifier le code]

Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne[modifier | modifier le code]

Présentation[modifier | modifier le code]

Tour de guet musulmane à Torrelodones (proche de Madrid).

En 1978, Juan Vernet fait paraître un livre, achevé depuis 1974 : La cultura hispano-árabe en Oriente y Occidente. Sa traduction en langue française est due à Gabriel Martinez-Gros et paraît en 1985.

L'auteur affiche son objectif dès le prologue : «Ce livre prétend faire l'inventaire de ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne. Qu'il soit bien entendu d'emblée que le mot «arabe» ne renvoie pour moi, ni à une ethnie, ni à une religion, mais à une langue : celle des Arabes, des Perses, des Turcs, des Juifs et des Espagnols au Moyen Âge et qui fit office de vecteur dans la transmission des savoirs les plus divers de l'Antiquité - classique ou orientale - au monde musulman. L'Islam les réélabora et les accrut de nouveaux apports décisifs - l'algèbre et la trigonométrie pour ne citer qu'un exemple ; de l'arabe, ils passèrent à l'Occident grâce aux traductions en latin et en langues romanes et débouchèrent sur le majestueux déploiement scientifique de la Renaissance»[22].

Pour l'historien Floréal Sanagustin[23] : «L'intérêt majeur de ce livre, outre la qualité de ses annotations et son index très fouillés (...) réside dans le fait que Juan Vernet a su éviter l'écueil qui eût consisté à établir un inventaire pur et simple des œuvres scientifiques traduites en Andalus entre le Xe et le XIIIe siècle. Bien au contraire, l'auteur étudie en détail le contexte historico-culturel qui favorisa l'éclosion de ce qu'il est convenu d'appeler la culture arabo-musulmane et sa transmission en Occident chrétien, par le biais de l'Andalus»[24].

L'arabisant espagnol, Serafín Fanjul, par ailleurs très critique sur le mythe d'un Andalus tolérant[25], reconnaît que : «L'apport des scientifiques d'al-Andalus fut sans doute important, surtout dans la transmission des connaissances perses, indiennes et de l'Antiquité grecque qui parvinrent en Europe par diverses voies dont celle d'al-Andalus»[26].

Résumé[modifier | modifier le code]

Astrolabe, Saragosse, 1079-1080.

Le livre commence par l'évocation du contexte historique, politique et dynastique, dans lequel la science hispano-arabe a pris son essor à l'époque de l'émir Abd al-Rahmân II (822-852). Les aspects de l'héritage antique dans le monde arabe sont ensuite examinés dans leur rapport avec la péninsule hispanique. Puis les activités de traduction sont envisagées dans le sens des langues grecque et syriaque vers l'arabe et dans le sens de l'arabe au latin.

Les chapitres suivants étudient les sciences, siècle par siècle, du Xe au XIIIe : astronomie, astrologie, alchimie ésotérique, alchimie exotérique, médecine, sciences occultes, mathématiques, physique, alchimie, technique, nautique, géologie, botanique, zoologie, médecine ; mais aussi : la philosophie, la religion, l'art, l'épique, la lyrique, l'art narratif.

Au XIVe siècle, l'élan est brisé : «à l'époque de Muhammad V, quand on acheva l'Alhambra, on vit encore scintiller quelques brèves lueurs de l'antique splendeur d'al-Andalus. Mais la toile de fond, c'est une lente, progressive mais profonde décadence que n'enrayent pas quelques figures isolées de savants de grande envergure comme le mathématicien al-Qalasâdî ou le médecin Muhammad al-Saqurî»[27].

Chronologie du déploiement culturel hispano-arabe[modifier | modifier le code]

Si l'œuvre de Juan Vernet établit l'importance de la dette culturelle à l'égard des Arabes d'Espagne (et non pas de la dette culturelle de l'Espagne à l'égard des musulmans), elle en fixe aussi les limites dans son rayonnement et dans sa chronologie.

  • Vernet reconsidère à la baisse l'opinion de la Renaissance qui considérait que tous les scientifiques arabes avaient été espagnols ; et celle du grand historien de la science George Sarton qui «n'hésite pas à écrire que l'Espagne fut au Moyen Âge le plus grand centre culturel mondial grâce aux Musulmans et aux Juifs»[28].
  • Dans le temps, la diffusion culturelle hispano-arabe couvre quatre siècles : «le premier siècle de l'occupation musulmane (notre VIIIe siècle) fut totalement stérile sous ce rapport : les envahisseurs, hommes de guerre, étaient pratiquement analphabètes et les historiens postérieurs, comme Ibn al-Qûtiyya[29] ou Ibn Tumlus[30] ne tentèrent jamais de le dissimuler»[28]. Quant aux deux derniers siècles d'al-Andalus, correspondant à la période du royaume nasride de Grenade, ils ne ressemblent en rien à l'époque précédente. Une culture arabo-andalouse renaît : «mais très pauvre, et qu'on ne peut en aucune façon comparer à celle des Xe-XIIe siècles, même si, grâce à elle, de nouvelles techniques s'introduisirent en Europe chrétienne»[31].
Dirham en argent de l'époque d'Abd al-Rahman II, Cordoue.

L'introduction de la culture "orientale" en Espagne - «si par culture nous entendons les Belles-Lettres et les sciences juridico-religieuses, celles qui revêtaient la plus grande importance pour les nouveaux arrivants»[28] - est liée au fondateur de l'émirat de Cordoue, Abd al-Rahman Ier, survivant de la dynastie omeyyade massacrée par les Abbassides et réfugié en Occident.

Mais il faut attendre un siècle pour que ces "infiltrations" culturelles, selon Juan Vernet, «commencent à pénétrer la Chrétienté. C'est à l'époque d'Abd al-Rahman II (822-852) qu'apparaissent les premiers savants dignes de ce nom, dont la production atteint déjà un niveau supérieur à celui de la renaissance carolingienne, et que sont dépassés les manuels latino-arabes d'astronomie et de médecine»[32].

Après ces débuts assez lents du temps de l'émirat (756-929), Juan Vernet distingue trois séquences chronologiques :

  • «Le califat de Cordoue (929-1031) marque le début de trois siècles d'apogée culturelle espagnole»[33].
  • «L'époque des taïfas fut celle de plus grande splendeur de la science espagnole qui fut cultivée d'un bout à l'autre de notre territoire avec une grande intensité»[34].
  • La période "des Almoravides et des Almohades, loin de marquer le début du déclin culturel d'al-Andalus approfondit l'acquis malgré la résistance de quelques oulémas»[35].

À l'intérieur de ces phases, on discerne la primauté de certaines disciplines :

  • «Si le XIe siècle fut celui des grands astronomes, le XIIe donna le premier rôle aux médecins et aux philosophes»[36].
  • Et plus tard, autre exemple : «Au XIIe siècle, commença l'infiltration de l'alchimie arabe en Europe, mais quantitativement et qualitativement, le nombre de ces traductions fut très inférieur à celui des livres de sciences exactes. Au XIIIe siècle, les choses s'inversent et c'est une masse énorme de matériaux orientaux qui passe, dans ce domaine, en Occident, davantage sous la forme de réélaboration que de traductions proprement dites ; très fréquemment, on ignore qui fit ces adaptations et comment elles se firent. Qu'elles procèdent de l'arabe est hors de doute, si l'on en juge par la terminologie qu'on y emploie...»[37].

Sucre, coton, artichauts, abricots et autres produits...[modifier | modifier le code]

La culture arabe fut le vecteur de nombreux produits «dont beaucoup conservent encore aujourd'hui chez nous leur nom arabe» :

Abricots d'Espagne.

« Ainsi, le sucre (sukar en arabe) de canne qui remplaça l'hydromel et d'autres produits similaires, est mentionné en 643 en Égypte, plus tard en Syrie (680), à Chypre (700) et en Espagne (714). Sa progression dans le monde occidental se poursuivit et il apparut vite dans les textes littéraires arabes et chrétiens (Berceo, Conde Lucanor[38], etc.) ; le coton (qutun en arabe) originaire de l'Inde, bien que connu dès l'Antiquité, n'atteint son plein développement qu'avec l'introduction de sa culture par les Arabes en Andalousie ; d'où il passe en Italie et en France (XIIe s.), dans les Flandres (XIIIe s.), en Allemagne (XIVe s.) et en Angleterre (XVe s.).

C'est la même route que suivent les épinards, les aubergines, les artichauts, la pastèque, l'abricot, le citronnier, le riz, la figue sauvage (cabrahigo)[39], le safran, etc. Et s'il est vrai que certains de ces produits avaient été utilisés dans le monde antique avant l'expansion arabe, c'est seulement grâce à elle qu'ils jouirent d'une réelle popularité et que s'amorça leur culture systématique, qui retentit ensuite sur la gastronomie[40] »

Provenance arabe de produits vers al-Andalus, selon Juan Vernet.

Les traductions[modifier | modifier le code]

Plusieurs mouvements de transferts des savoirs ont eu lieu dans le monde arabo-islamique et en Andalus plus particulièrement.

Sous le califat abbasside, les traductions vers l'arabe furent effectuées à partir d'œuvres scientifiques sanscrites, pehlevies, syriaques et grecques[41]. Mais, ce fut principalement la production grecque qui intéressa les traducteurs :

  • «leur travail se fonda d'abord sur des versions syriaques réalisées à partir du IIIe siècle par de nombreux érudits orientaux qui pensaient que la philosophie de l'Antiquité étaient compatible avec le christianisme et essayaient de le prouver par l'étude des auteurs classiques, Aristote surtout. C'est ce qui explique l'abondance de textes philosophiques grecs que nous voyons traduits en arabe à la fin du VIIIe siècle. Dans une moindre mesure suivirent les versions de textes médicaux d'Hippocrate et de Galien (...). Mais à partir de la seconde moitié du VIIIe siècle, les califes se sentirent vivement intéressés par la science grecque (...). C'est ainsi que l'Almageste et les Éléments d'Euclide étaient déjà traduits en arabe avant la fin du VIIIe siècle. En revanche, les Arabes négligèrent les textes littéraires grecs (...)»[42].

Dans le monde latin, les traducteurs manifestent également des préférences dans «le legs reçu du monde arabe» : les sciences exactes représentent 47 % des traductions, la philosophie et la médecine 20 % chacune, les sciences occultes 4 % ; et en-dessous la religion et la philosophie. «Les traducteurs latins négligèrent les œuvres philologiques et littéraires»[43].

En Espagne, il faut distinguer les territoires chrétiens du Nord (en expansion dans le temps avec les succès de la Reconquête) et l'espace musulman d'al-Andalus.

Monastère Santa Maria de Ripoll, nord de la Catalogne.
  • «Les premières traductions de l'arabe au latin se firent dans la Marche d'Espagne vers le milieu du Xe siècle». Elles sont notamment connues grâce aux manuscrits du monastère de Santa Maria de Ripoll qui permettent de «mesurer le haut niveau culturel de la Catalogne du Xe siècle, conséquence de l'immigration de Mozarabes venant de toute l'Espagne musulmane». Ces textes «sont le plus ancien témoignage connue de l'influence islamique sur la culture occidentale»[44]. Les œuvres traduites permirent la construction des premiers astrolabes et quadrants.
  • Dans la partie musulmane de la péninsule ibérique : «il y a très peu de témoignages, pour ne pas dire aucun, des traductions à partir de l'arabe qui auraient pu se faire au XIe siècle (...) Ibn ‘Abdûn[45] (actif vers 1100) interdit dans son traité de hisba la vente de livres arabes à des Chrétiens ou à des Juifs»[46].

L'«école de Tolède»[modifier | modifier le code]

Tolède est reconquise par les chrétiens (Alphonse VI) en 1085. Au XIIe siècle, «travaillèrent en Espagne de nombreux érudits, dont une bonne part s'attachèrent à la protection de l'archevêque don Raimundo (1125-1152) ; celui-ci passe pour être le créateur de ce qu'on appelle l'école des traducteurs de Tolède»[47]. Cette expression n'est pas rigoureuse, selon Jean Vernet, car le seul lien entre les traducteurs était géographique et de mécénat et qu'il n'y a jamais eu de magistère organisé et continu.

Parmi les étudiants-traducteurs, qu'on raccroche à cette "école"[48], se trouvent Platon de Tivoli installé à Barcelone, Hugues de Santalla à Tarazona, et Gérard de Crémone à Tolède même.

  • «Les traducteurs du XIIe siècle ont le mérite d'avoir fait connaître, outre la science orientale, la science classique (Aristote, Archimède, Ptolémée, Euclide, etc.) à l'Occident bien avant les premières versions directes à partir des originaux grecs»[49]. Notons que cette thèse est discutée par le médiéviste français Sylvain Gouguenheim dans son ouvrage Aristote au mont Saint-Michel (2008).
  • C'est toujours dans le cercle de ces traducteurs liés par «des rapports d'amitié et de travail»[49] qu'apparaît le personnage de Jean de Séville, à l'identité peu connue et au patronyme incertain. Intellectuel le plus important de la première moitié du XIIe siècle, selon Juan Vernet. Il traduisait de l'arabe au castillan, et Domingo González, archidiacre de Ségovie, retraduisait en latin[50]. Jean de Séville a ainsi rendu accessibles des œuvres d'Avicenne (980-1037) et de Ghazâlî (1058-1111).
Détail d'une enluminure du XIVe siècle, au début des Éléments d'Euclide, dans une traduction attribuée à Adélard de Bath.

La seconde moitié du XIIe siècle, dans la partie chrétienne, est marquée par la figure de Gérard de Crémone (1114-1187) qui vécut et mourut à Tolède : «Son œuvre fut immense, et à sa disparition, la plus grande part de la science orientale ou de la science antique vue à travers la science orientale, avait été traduite en latin»[50].

Mathématiques[modifier | modifier le code]

Kitâb al-Mukhtasar fî hisâb al-jabr wa-l muqâbala d'al-Khwârizmî, IXe siècle.

«La première traduction complète en latin médiéval des Éléments du charpentier Euclide est d'Adélard de Bath, qui se fonda sur la version arabe d'al-Hajjâj Yûsuf ibn Matar (IXe siècle)», nous dit Juan Vernet[51]. Adélard de Bath était un savant anglais qui a, certes, voyagé et même possiblement séjourné à Tolède, mais pas un traducteur espagnol.

Pour autant, ajoute Vernet : «Les Éléments étaient déjà connus de l'Espagne musulmane dès le Xe siècle au moins, puisqu'Abd al-Rahman ibn Badr (mort vers 1000) reçut le surnom d'«Euclide espagnol» et qu'au XIe siècle Ibn al-Samh en écrivit un commentaire»[52].

Il en va de Robert de Chester comme d'Adélard de Bath, c'est un Anglais. En 1145, il traduit une partie de l'œuvre du savant oriental Khwârizmî[53].

Mais, le tolédan Gérard de Crémone en fit une deuxième version reconnue comme excellente, sous le titre Liber algebrae et almucabala : «Ainsi s'introduisit en Europe une science complètement inconnue jusqu'alors et avec elle une nouvelle terminologie encore fluctuante, mais déjà parfaitement développée. Cette discipline prit le nom des deux termes techniques qui figuraient dans les titres de ses premières traductions latines jusqu'au moment où Canacci (au XIVe siècle) se mit à n'employer que le premier, algèbre ; deux siècles plus tard, cette innovation acheva de s'imposer et le mot almucabala tomba en complète désuétude»[54].

Juan Vernet évoque aussi le cas des fractions égyptiennes figurant dans des ouvrages traduits par Gérard de Crémone et Jean de Séville[55] : «Le système, déjà développé, passa en Europe à travers les traductions espagnoles et les œuvres de Fibonacci»[56].

On doit encore au XIIe siècle hispanique trois révélations :

  • «Non moins intéressantes les opérations avec fractions sexagésimales, indispensables à l'astronomie. Khwârizmî donna quelques règles (Algorismus de minutiis) qui, à travers le De numero indorum[57], mais surtout par Jean de Séville, s'imposèrent rapidement dans l'enseignement des universités européennes»[56].
  • «On doit peut-être à Gérard de Crémone d'avoir fait connaître au monde latin une œuvre dont l'original grec nous est parvenu tronqué. Nous voulons parler des Coniques d'Apollonius de Perga, créatrices en mathématiques de la théorie des sections coniques, où on démontre que la parabole, l'hyperbole, l'ellipse et la circonférence sont les figures qu'on obtient par l'intersection d'un cône et d'un plan qui forme, respectivement, des angles différents avec son axe. Dans le domaine de l'astronomie, on lui doit la doctrine des excentriques»[58].
  • «Les traducteurs espagnols du XIIe siècle mirent l'Occident en contact avec l'un des procédés les plus raffinés de la géométrique grecque, et qu'on considère comme un ancêtre lointain du calcul infinitésimal : le procédé d'exhaustion, que caractérisa si bien Archimède, un de ses plus grands utilisateurs dans sa Méthode»[59].

Astronomie[modifier | modifier le code]

En France, Nicolas Oresme traduit le De Coelo du latin en français, 1370-1373.

Depuis sa passion de jeunesse, Juan Vernet n'a cessé de s'intéresser à l'astronomie. Dans l'Occident chrétien, plusieurs siècles furent perdus quant à la connaissance déjà acquise dans l'Antiquité. Il fallut attendre la réforme carolingienne puis le séjour de Gerbert d'Aurillac (945/950-1003) en Catalogne pour renouer avec les connaissances astronomiques.

«On affirme qu'on connut Aristote en Espagne par les traductions que fit Gérard de Crémone du De Coelo[60], inséparablement uni, dans le savoir médiéval, au De Mundo[61] et aux Météores[62]. Le premier connut de multiples traductions arabes, les deux premières de Yahya ibn al-Bitrîq[63]. Le De Mundo, réélaboration de matériaux du Ier siècle av. J.-C., avait été traduit en syriaque par Sergios de Rechayna, et de là en arabe. Le commentaire de Thémistios, perdu en grec, fut traduit en arabe. On y exposait les différents systèmes astronomiques connus dans l'Antiquité et on y effleurait la doctrine de la rotation de la Terre, attribuée à Platon»[64].

  • «Mais l'influence d'Aristote se fit sentir bien avant dans la péninsule[65]. On la retrouve dans le Kitâb al-‘aqîda al-rafî‘a écrit en 1168 par le Juif tolédan Abraham ibn Daud (mort vers 1180) ; plus nettement encore, selon Maqqarî, le chef de la police (churta) de Cordoue, Ahmad in Âbân (mort en 992) rédigea un Al-Samâ' wa-l-‘âlam (De Coelo et De Mundo) que son titre désigne, semble-t-il, comme une réélaboration d'Ibn al-Bitrîq. Ibn al-Bitrîq traduisit les Météores à partir d'un original syriaque et Gérard les trois premiers livres en latin»[66].
  • «À ce genre d'œuvres, qu'on peut nommer cosmographiques, appartiennent celle qu'a fait connaître Maria Millàs Vallicrosa sous le titre Une œuvre astronomique inconnue de Johannes Avendaut Hispanus et surtout celle de Fargânî[67] Usûl ‘ilm al-nujûm traduite par Jean de Séville (1134) et Gérard de Crémone. C'est de cette dernière traduction que dérivent les versions médiévales italienne et française. Ce manuel exerça une énorme influence en Occident jusqu'à l'époque de Regiomontanus»[68].
  • «La première mention d'une mesure de la Terre effectuée par les Arabes gagna l'Occident avec les tables astronomiques traduites Adélard de Bath en 1126 (...) dont nous connaissons en détail l'introduction en Espagne»[69].
Traduction des Tables tolédanes d'Azarquiel par Gérard de Crémone.

C'est le forgeron de précision, devenu astronome, Azarquiel qui mit au point des tables astronomiques[70] à partir d'observations effectuées à Tolède entre 1060 et 1080. On les appelle Tables tolédanes. Elles furent traduites en latin par Gérard de Crémone.

  • «Les Tables tolédanes étaient si fort en crédit qu'elles furent même traduites en grec - à partir du latin naturellement - autour de 1340. Azarquiel les avait composées sur ordre du roi al-Ma'mûn - le protecteur d'Alphonse VI - qui voulait ainsi imiter le calife oriental dont il avait adopté le nom»[71].

En forme de bilan, Juan Vernet résume trois thèmes mathématico-astronomiques qui font voir ce que l'Occident doit à la culture arabe au milieu du XIIe siècle :

  • une connaissance très large de la chronologie tant mathématique qu'historique ;
  • l'enseignement à l'Occident d'une nouvelle science : la trigonométrie ; son origine paraît purement arabe ;
  • l'établissement définitif des règles mathématiques et du cycle intercalaire par lesquels est encore à présent régi le calendrier musulman.
L'Univers dans le système de Ptolémée, dessin de Fusoris, 1431.

La dernière partie du XIIe siècle est marquée par la traduction latine de l'œuvre de Ptolémée par Gérard de Crémone que les Arabes ont appelée l'Almageste. Gérard de Crémone était venu spécialement en Espagne car le livre était inaccessible en Italie. Il s'est fondé sur la traduction arabe de al-Hajjâj ibn Yûsuf (827) dérivant elle-même d'une version syriaque.

  • «Avec l'Almageste s'introduisit en Europe une astronomie mathématique de haut niveau et la connaissance des récurrences cyclique»[72].

Astrologie[modifier | modifier le code]

Juan Vernet note l'abondance des traités d'astrologie à cette époque. Il cite la traduction par Platon de Tivoli du Tetrabiblos de Ptolémée, «probablement d'après la version arabe d'Ibrâhîm ibn Salt[73], révisée par Thâbit ibn Qurra»[74].

Jean de Séville a traduit les Flores astrologiae[75] d'Albumasar, persan qui vivait au VIIIe siècle à Bagdad. Adélard de Bath a traduit, en 1130, sa Petite introduction à l'astrologie et, en 1133, l'Introduction majus. Les thèses d'Albumasar atteignirent une très ample diffusion, affirme Juan Vernet.

Tous ces traités évoquaient les différents types d'astrologie pratiquées[76] :

  • l'astrologie généthliaque (judiciis nativitatum) qui établit l'avenir d'un individu d'après le moment de sa naissance.
  • l'astrologie universelle, fondée sur les grandes conjonctions, ou bien sur l'entrée du Soleil dans le signe du Bélier, c'est-à-dire le début du printemps de l'année considérée ou d'un cycle d'années déterminées : «À ce type de prédictions appartiennent celles qui annonçaient la fin du Califat de Cordoue et la guerre civile qui s'ensuivrait»[76].
  • l'astrologie interrogative ou d'élections, qui calcule le moment approprié pour entamer une action afin que la configuration astrale soit favorable. «Bien des fois les armées en lice semblent s'être mises en marche au moment choisi par l'astrologue de la Cour. Ainsi faisait Almanzor, et, encore Abû-l-Hasan au XIVe siècle»[77].

Optique[modifier | modifier le code]

Schéma de l'œil, édition en latin de Ibn al-Haytham, 1572.
Moine utilisant un verre grossissant, fresque, église San Nicolò à Trévise (1352).

Le savoir scientifique sur l'optique arrive dans la Chrétienté également au XIIe siècle : Adélard de Bath traduit l'Optique d'Euclide et Eugène de Palerme celle de Ptolémée. Mais ces livres «étaient déjà repris et surpassés par Ibn al-Haytham (965-1039) dans sa grande œuvre, le Kitâb al-manâzir[78], probablement traduite en latin par Gérard de Crémone»[79].

Juan Vernet conclut qu'à la fin du XIIe siècle, l'Europe connaissait les trois doctrines conçues sur la nature de la lumière[79] :

  • l'émission de rayons par les yeux, selon Aristote et Euclide ;
  • la réception des rayons émis ou reflétés en toutes directions par les différents corps, d'Épicure ;
  • une doctrine intermédiaire, selon Empédocle.

«Ibn al-Haytham défendit la deuxième et admit que l'image se formait dans le cristallin, et non dans la rétine, sans quoi elle devrait se présenter inversée, de la même façon qu'il la voyait lui-même dans ses expérimentations en chambre noire, terme qui, dans la version latine, traduit littéralement l'arabe bayt muzlim. D'autre part, il découvrit la permanence rétinienne de l'image, ce qui l'amena à supposer que la nature de la lumière était matérielle, en précurseur de la théorie corpusculaire. Il s'opposait ainsi à Aristote, tel que l'expliquait Hunayn ibn Ishâq»[79].

En matière d'optique, encore, Juan Vernet s'interroge sur le fait de savoir si les Arabes connurent la lentille : «Il est vrai qu'Ibn al-Baytar, à l'article sabaj, donne de cette «pierre» une description que Dozy (1820-1883) allègue pour preuve dans son Supplément (I, 498 b)[80] et qu'on peut traduire comme suit : «Quand on l'emploie sous forme de lentille (mir'a), elle sert à ceux qui ont la vue faible en raison de leur âge ou d'une maladie. Elle fait disparaître les fausses images et ralentit le développement des cataractes». De plus, le P. Alcalá donne, pour le pluriel de mir'a (amriya), la traduction lunettes ; verres de lunettes. Quel que soit le sens de ce passage qui date de la première moitié du XIIIe siècle, c'est en Europe chrétienne, dès le début du XIVe siècle, que la fabrication de lentilles prend son essor»[81].

Enfin, l'auteur se pose la question des miroirs à fins crématoires :

  • «la connaissance par l'intermédiaire des Arabes des traités sur les miroirs ardents eut son influence. Ainsi ceux qu'Alhazen attribue à Archimède, De speculo comburente, et à Anthémios, mathématicien byzantin (mort vers 534). Gérard de Crémone traduisit en latin le Liber de speculis comburentibus d'Alhazen et l'œuvre de Dioclès (actif au IIe siècle av.). On attribue à celui-ci la découverte des miroirs paraboliques et leur application à l'incinération»[81].

Alchimie[modifier | modifier le code]

La chronologie globale de l'arrivée de l'alchimie en Occident est connue[82] : au Ier siècle, il existe une alchimie gréco-égytienne dont les textes sont traduits en arabe à partir du VIIIe siècle : ainsi se développe une alchimie arabe, objet de traductions par les latins aux XIIe et XIIIe siècles et base d'une alchimie latine.

Mais, les Arabes n'ont pas seulement joué un rôle de passeurs : «Non seulement une bonne partie des textes classiques [de l'alchimie européenne médiévale] sont traduits de l'arabe, mais le monde islamique a créé les genres, les concepts, le vocabulaire, frayé les principales voies où chemineront les adeptes médiévaux», écrit le spécialiste Robert Halleux[83].

Juan Vernet relate que : «Hugues de Santalla est l'introducteur dans le monde latin de la vieille et complexe tradition occultiste, ésotérique, arrivée en Espagne, venant d'Orient, de façon ininterrompue à partir du IXe siècle. Dhû-l-Nûn (796-859) eut peut-être pour disciple Abd Allâh (qui résida en Orient à partir de 854 et y mourut en 899) ; homme instruit, mu'tazil, il légua tous ses livres à son fils Ibn Mussa (883-931)»[84].

  • «Peu après, le Madrilène Abû Maslama al-Majriti (qu'il ne faut pas confondre avec Abû-l-Qâsim Maslama al-Majriti, astronome)[85] écrit ses deux grandes œuvres alchimiques, le Rutbat al-Hakîm (vers 1047) et le Ghâyât al-Hakîm (1056), traduit en castillan sous le nom de Picatrix à l'époque d'Alphonse X ; un résumé d'un disciple d'Abû Maslama, madrilène lui aussi, Ibn Bichrun, sur l'alchimie, nous a été conservé par Ibn Khaldûn sous la forme d'une épître adressée à Ibn al-Samh[86] (mort en 1035). Ces doctrines présentaient déjà à ce moment le double aspect qui a caractérisé le développement de l'alchimie à travers les âges : l'aspect pratique et l'aspect théorique, allégorique»[87].
Manuscrit d'un texte d'Albumasar, d'origine perse, XVe siècle.
  • L'aspect allégorique de l'alchimie apparaît dans la Tabula Smaragdina, attribuée à Hermès Trismégiste, connue à Cordoue dès le Xe siècle (en version arabe, bien sûr), traduite plus tard en latin par Hugues de Santalla et diffusée par Albert le Grand dans son De rebus metalicis et mineralibus.
  • Albumasar écrivit aussi des traités importants évoquant les trois Hermès qui, selon Juan Vernet eurent leur ample diffusion dans le monde latin au XIIIe siècle.
  • Autre œuvre majeure de l'alchimie, traduite à Tolède au XIIe, la Turba philosophorum : ce texte «mentionne fréquemment un certain Agadimon (...) qui apparaît dans le Picatrix et d'autres livres ésotériques comme expert dans l'art de fabriquer des talismans - souvent formés de carrés magiques. Les sources arabes en font le maître ou disciple d'un des Hermès, fondateur de l'école pythagoricienne, et Ibn Wahchiyya lui attribue l'invention des trois alphabets - ce qui pourrait être une réminiscence des trois systèmes graphiques (hiéroglyphe, hiératique, démotique) utilisés par les anciens Égyptiens»[88].

Pour Juan Vernet, le trait le plus important de ces traités alchimiques c'est l'influence qu'ils ont exercée sur «l'expression littéraire de beaucoup d'idées médiévales ; dans la littérature, comme la légende du Graal dans le Parzifal de Wolfram ou chez Chrétien de Troyes, ou dans la philosophie. C'est à Robert de Chester qu'on doit l'entrée massive de ce type d'alchimie dans le monde occidental, puisqu'il traduisit un Liber de compositione alchemiae, où on raconte l'initiation par le moine Marianus du prince et mécène Khâlid ibn Yazîd[89], à qui l'œuvre est dédiée, et, peut-être le Livre de Crates[90], dont une partie fut intégrée à la Turba»[91].

Médecine[modifier | modifier le code]

Traité de médecine traduit par Gérard de Crémone, manuscrit du XIIIe siècle.

C'est à Gérard de Crémone et Marc de Tolède[92] qu'on doit les premières traductions de traités médiévaux de l'Antiquité : ainsi les œuvres d'Hippocrate.

«Mais l'auteur favori des Arabes fut Galien. (...) Parmi les médecins arabes traduits en Espagne, citons Ibn Serapion le Vieux, Mesué[93], Hunayn ibn Ishâq et Alî ibn ‘Îsa[94] (mort vers 1030) qui, malgré leur influence positive sur la médecine du bas Moyen Âge, présentent un intérêt moindre que certains autres de leurs compatriotes comme Kindî» (801-873)[95].

Al-Razî dans un recueil traduit par Gérard de Crémone, 1250-1260.

C'est encore Gérard de Crémone qui traduit l'œuvre médicale de Kindî : De medicinarum compositarum gradibus investigandi libellus dans laquelle il établit l'efficacité des médicaments selon des relations mathématiques : progression arithmétique de la sensation / progression géométrique de l'excitant (médicament).

C'est à nouveau par les traductions de Gérard de Crémone que l'on connut Râzî, le Rhazès des Latins (865-925) et trois manuels couvrant toutes les curiosités scientifiques : «une médecine générale, le Canon, d'Avicenne (980-1037) ; une chirurgie, celle d'Abulcasis ; une pharmacologie et une diététique, celle d'Ibn Wâfid[96]» (1007-1074)[97].

Selon Juan Vernet :

  • L'avicennisme médical régna sur les universités européennes jusqu'à la fin du XVIe siècle.
  • L'introduction dans la Chrétienté de l'œuvre d'Abulcasis signifia une avancée profonde de la chirurgie.
  • La phamacologie d'Ibn Wâfîd, recueillait vingt ans d'expériences et suivait, en général Dioscoride et Galien.

L'élan du XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le transfert d'idées d'Orient en Occident subit une accélération au XIIIe siècle, à la faveur de plusieurs circonstances nouvelles à cette époque[98] :

  • La vie intellectuelle pluriculturelle qui se manifeste à la cour de l'empereur Frédéric II (1194-1250), où l'on trouvait, par exemple, Michel Scot (1175-1232), qui avait travaillé à Tolède, et le grand mathématicien Léonard de Pise, dit Fibonacci. Le souverain entretenait une correspondance avec les savants musulmans les plus importants.
Alphonse X le Sage, enluminure du Livre des jeux, 1251-1283.
  • Le travail culturel du roi Alphonse X (1221-1284), commanditaire de nombreuses traductions arabo-romanes auprès de spécialistes Juifs arabophones, Arabes convertis ou Mozarabes comme Bernard l'Arabe[99].
  • L'apparition des premières universités en Europe.
  • Les traductions de l'arabe à l'hébreu par des opérateurs appartenant souvent à la même famille. Juan Vernet cite l'exemple de la famille des Tibbonides, originaire de Grenade, migrant en Provence mais ayant toujours maintenu des liens culturels avec les communautés juives de Catalogne.
  • L'un des facteurs de «l'entrée massive de connaissances orientales dans l'Europe du XIIIe siècle est due aux Mongols» (Juan Vernet) avec la dynastie des Ilkhans, installée en Perse puis conquérant de Bagdad en 1258 : collaboration à Maraga, en Perse, d'astronomes grenadins, perses, arabes et chinois ; introduction de la carte plane quadrillée, de la poudre, etc.

Philosophie et religion, Coran[modifier | modifier le code]

Au XIIIe siècle, on découvre la valeur des écrits d'Averroès (1126-1198), notamment traduits, dès la fin du XIIe, par Gérard de Crémone puis par Michel Scot (1175-1232) durant son séjour à Tolède. Il transfère en langue latine les commentaires d'Aristote dus au philosophe cordouan[100].

Coran, traduction Robert de Chester (1141-1143), édition 1543.

Selon Juan Vernet, «l'intérêt pour la philosophie était suscité par ses relations avec la religion de deux points de vue différents : celui de l'apologétique et celui de l'harmonie de la raison et de la foi»[101]. Tenter de démontrer la supériorité de sa foi par la raison a conduit les chrétiens à mieux connaître la foi adverse, d'où les traductions du Coran.

  • La première, en Espagne, fut l'œuvre de Robert de Ketene, à la demande Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, vers 1141-1143.
  • Au XIIIe siècle et plus tard, des versions romanes sont éditées dont celle en catalan, de Pierre IV de Punyalet (1319-1387) ; et la trilingue, latin-castillan, arabe, de Jean de Ségovie (1400-1458) ; toutes les deux perdues.
  • Au XVIe siècle, des versions bilingues arabe-castillan, à finalité liturgique, sont mises au point par les érudits morisques car leurs fidèles ne comprenaient que le castillan.

Le contexte de simultanéité des trois religions est à l'origine du projet apologétique du franciscain Raymond Llull (1232-1315) qui, très jeune, apprit l'arabe dans l'île de Majorque où il était né. Pour Juan Vernet : «Llull était si imprégné de culture musulmane qu'il tenta de démontrer le christianisme avec les mêmes arguments apologétiques qu'employait l'islam pour défendre ses vérités»[102].

Sciences occultes, oniromancie[modifier | modifier le code]

Juan Vernet affirme que : «Selon la légende, les Arabes furent maîtres en tous genres de sciences occultes, et Tolède, héritière de toute la science arabe, le bon comme le mauvais, fut considérée comme l'endroit adéquat pour les étudier»[103].

L'onirologie arabe était représentée par l'œuvre d'Ibn Sīrīn (654-728). Ce dernier est déjà cité en al-Andalus par Ibn Abd Rabbihi (mort en 940). Et l'on recueille, en Espagne, des récits de rêves prémonitoires comme celui d'Almanzor qui lui annonce la défaite de León ou celui d'Alphonse VI sur la défaite de Zalaca (1086)[104].

D'autres branches de l'occultisme se développèrent aussi : la physiognomonie, la chiromancie, la mantique, l'arithmomancie.

Astronomie sous le roi Alphonse X[modifier | modifier le code]

Le roi Alphonse X (1221-1284) est à l'origine de toute une œuvre intellectuelle connue sous le nom de littérature d'Alphonse X le Sage.

  • Juan Vernet relate que ce souverain : «fit traduire en espagnol par Abraham Hebreus[105] l'astronomie d'Alhazen, Configuration du monde, rendue ensuite en latin sous le titre de Liber de mundo et caelo, puis en hébreu. L'œuvre en soi est une cosmographie sans appareil mathématique d'aucunen sorte qui exerça une forte influence sur les auteurs de la Renaissance, en particulier Peuerbach et, à travers ses Novae theoricae planetarum[106], sur Regiomontanus, Copernic et Reinhold»[107].
  • «On doit à Alphonse X d'avoir fait composer les tables astronomiques qui connaîtront la vogue et l'utilisation la plus longue en Occident. Judas ibn Mosé et Isaac ibn Sîd les rédigèrent en 1272, en prenant pour point de départ le 1er janvier 1252, année initiale du règne du roi Sage, et pour lieu d'origine Tolède, comme l'indiquent les canons rédigés en castillan»[108].
  • «Le grand succès des Tables alphonsines, fondées sur les Tolédanes d'Azarquiel réside, comme l'ont signalé Poulle et Gingerich, dans leur indépendance vis-à-vis des calendriers chrétien et musulman grâce à un artifice mathématique simple. Leur grande diffusion explique que, peu à peu, le 1er mars ait été abandonné dans les calculs astronomiques au profit du 1er janvier comme date du début de l'année»[109].
Tables alphonsines, rédigées par Judas ibn Mosé et Isaac ibn Sîd en 1272.

Quelques techniques[modifier | modifier le code]

Céramique, Alcazar de Séville.

La faïence, avec reflet métallique ou vitrifiée, qui existait dans l'Antiquité et le Moyen Âge oriental, a été réintroduite dans le monde latin à travers l'Espagne.

«La faïence s'introduisit en Espagne, par exemple à Malaga, dès le Xe siècle ; selon le témoignage d'Idrîsî on en fabriquait à Calatayud au moment de la reconquête de la ville par Alphonse Ier d'Aragon (1120). De Malaga, cette industrie passa à Majorque et de là en Italie (Faenza), amenée par des commerçants catalans ; c'est l'origine du nom de maiolica sous lequel elle fut connue dans ce pays. Les ateliers qui se consacraient à la fabrication de faïence et d'azulejos (mot qui dérive du persan lâzûrd) furent de fait jusqu'au XVe siècle aux mains des Musulmans mudéjars et morisques de Valence (Manises), Séville, Grenade, d'Aragon sans qu'à notre connaissance ils aient écrit des traités techniques»[111].

L'élevage des pigeons voyageurs - très ancienne technique de circulation des informations - était connu en Espagne avant que les Croisés ne le redécouvrent en Orient au XIIe siècle : «Ainsi à l'époque des taïfas, on en use pour la transmission de nouvelles officielles comme de nouvelles privées. Al-Mu'tamid (1040-1095), après la bataille de Zalaca, informa Séville par l'envoi d'un pigeon ; al-Mu'tasim[112] (1038-1091), quand il était absent d'Alméria, correspondait avec ses femmes en utilisant la même voie»[113].

Nautique[modifier | modifier le code]

«L'un des plus grands services peut-être rendus par les Arabes à la culture, c'est la transmission à l'Occident de divers éléments de l'architecture navale (voile latine et gouvernail d'étambot), de techniques astronomiques (détermination de coordonnées) et géographiques (cartes nautiques) qui allaient permettre la navigation dans l'Atlantique»[114].

Botanique, médecine au XIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Scène d'agriculture, manuscrit andalousien, vers 1200.

En Botanique, selon Juan Vernet, la filiation est la suivante : les œuvres d'Aristote et de Théophraste sont refondues par Nicolas de Damas (Ier siècle av.) puis traduites par Ishâq ibn Hunayn (830-910) et de là au latin par Alfred de Sareshel en 1227[115].

  • «À ce courant classique s'ajouta vite un autre, tourné vers la pratique, avec la traduction castillane du Traité d'Agriculture du Tolédan Ibn Wâfîd[116] (Abencenif) (997-1074), découverte par notre maître Millàs et qu'on conserve dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale de Madrid»[115].

À partir du XIIIe siècle, la diffusion des traductions latines et romanes relatives aux questions médicales devient considérable.

  • Les traducteurs ne sont pas toujours connus comme ceux des ouvrages suivants : Traité des fièvres d'Isaac Israeli ; du Taqwîm al-sihha d'Abû-l-Hasan al-Mukhtâr ibn Butlân[117] (mort en 1068) ; du De balneis d'Ibn Wâfîd, un des premiers traités de balnéologie[118].

Au milieu du XIIIe siècle, deux œuvres, devenues des ouvrages majeurs du savoir médical espagnol, sont traduites : le Kitâb al-Kulliyât d'Averroès, par Bonacosa, médecin juif de Padoue (1255) sous le titre Colliget ; et le Taysîr d'Avenzoar, par Paravicius (1281). Le Colliget se compose de sept livres consacrés à l'anatomie, à la physiologie, à la pathologie, à la sémiotique[120], à la thérapeutique, à l'hygiène et à la médication. On y trouve, par exemple, que «la variole immunise ceux qui l'ont déjà eue»[121].

  • Juan Vernet évoque le cas d'Ibn al-Nâfîs (mort en 1288), médecin damascène et auteur d'un commentaire de l'Anatomie d'Avicenne (Kitâb charch tachrîh Ibn Sînâ). Cet ouvrage exposerait deux siècles avant Michel Servet les théories de ce dernier sur la circulation pulmonaire. «Il est probable - dit Juan Vernet - qu'on ait reçu en Espagne, au XVe siècle, le texte d'Ibn al-Nâfîs si on considère le haut niveau de la médecine grenadine de ce temps, et la vitesse de transmission des idées. Ainsi, par exemple, le médecin historien et vizir persan Rachîd -al-Dîn (1247-1318) donne instruction à l'un de ses agents de récompenser ses correspondants scientifiques d'Occident. Des dix qu'il mentionne, six résident en al-Andalus, et quatre à Tripoli, Tunis et Kairoun»[122].

Un rapprochement de civilisations ?[modifier | modifier le code]

Armée musulmane, nord de l'Espagne Xe siècle.
Église Sancti Spiritus, Salamanque, Santiago matamoros (tueur des Maures), début XVIe.

Cette période d'absorption par les chrétiens d'une partie de la culture du monde islamique et de coprésence des trois religions dans des territoires unilatéralement dominés, soit par les musulmans soit pas les chrétiens, ne doit pas être confondue avec un temps d'harmonie interculturelle dans un arrière-fond de pacifisme œcuménique.

  • Des historiens comme l'Espagnol Serafín Fanjul[25], ou le médiéviste français Gabriel Martinez-Gros[123] ont mis en garde contre le «mythe de l'Andalousie». L'hostilité et la rivalité n'ont jamais cessé. Et les échanges culturels furent très inégaux.

Juan Vernet a noté que les traducteurs latins avaient négligé les œuvres philologiques et littéraires du monde de l'Islam.

En effet, la curiosité et le travail de traduction étaient motivés par la recherche d'un savoir fondé sur des textes fiables et à l'autorité incontestable[124], pour des motifs de puissance et de prestige, plutôt que par la valeur éventuelle d'une culture «autre».

Les Latins, dans l'ensemble, sont restés persuadés de leur supériorité morale et religieuse. Il en a été de même pour les musulmans qui n'ont pas traduit du latin vers l'arabe.

  • «L’échange n’a guère lieu que dans un sens, car les Arabes n’importent presque pas de textes latins, se contentant d’exploiter la "science des Anciens". Les traductions du latin à l’arabe sont exceptionnelles et limitées, semble-t-il à al-Andalus. En effet, dès la fin du IXe siècle, les Mozarabes traduisent des passages de la Bible latine en arabe. Les califes Abd al-Rahman III et al-Hakam II commandent à des clercs quelques traductions comme le Calendrier de Cordoue, qui contient un calendrier liturgique chrétien offert par l’évêque Recemundo au calife en 961, ou bien la chronique universelle d’Orose, un historien hispanique antique qui va devenir la source de base des chroniqueurs musulmans d’al-Andalus. Il ne s’agit cependant pas d’une véritable "translation de savoir" comme celle qui alimenta l’Occident», expliquent plusieurs universitaires[125].

Ce dernier aspect a été souligné par plusieurs historiens.

  • Pierre Guichard et Philippe Sénac notent que : «Du côté musulman, jusqu'au milieu du Xe siècle pour le moins, on ne discerne aucun souci de mieux connaître les Latins d'Occident. Ceux-ci étaient perçus comme des infidèles et des polythéistes et ce que l'on savait de l'autre était mince, y compris en Espagne ou en Sicile où les musulmans étaient pourtant au voisinage immédiat des chrétiens»[126].

Ce n'est donc pas d'un rapprochement de civilisations qu'il s'est agi, mais d'une opportunité saisie par les chrétiens d'acquérir des savoirs mieux maîtrisés par leurs voisins et adversaires, dans l'espace géographique d'une conflictualité permanente : Sicile, Espagne.

  • «Qu'a-t-on traduit de l'arabe ? Pas des textes religieux, ni des textes issus de la culture littéraire. Quand on a traduit le Coran, c'était dans une perspective polémique, pour le connaître et le combattre. On s'est intéressé à ce qui pouvait correspondre à un savoir universel, au domaine de la philosophie et de la science. Dans ce cas-là, l'origine supposée musulmane de ce savoir (il y a toutefois beaucoup d'auteurs qui ont écrit en arabe et qui n'étaient pas musulmans, mais soit des chrétiens soit des juifs) ne posait pas plus de problèmes que l'origine païenne des auteurs grecs. (...) L'acte de traduire hier comme aujourd'hui n'est pas nécessairement un signe de faiblesse, mais au contraire d'ouverture et de curiosité. Lorsque ces mouvements amples de traduction surviennent, il y a eu un renouveau intellectuel dans les siècles précédents, et le contexte est celui d'une relative prospérité. La proximité du monde arabe et son rayonnement culturel ont pu jouer ainsi que l'accessibilité à ses œuvres au fur et à mesure de la reconquête en Espagne», affirme Danielle Jacquart[127].

Place historiographique de Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne[modifier | modifier le code]

Juan Vernet a amassé, dans ce livre, une somme considérable de connaissances et de références (près de 1500 notes bibliographique !) sur le transfert de savoir et de sagesse de l'Orient à l'Occident. Ce transfert ne doit pas être entendu comme un apport délibéré du monde de l'Islam au monde latin, dans une vision anachronique de partage généreux et sans contrepartie de l'intelligence.

Il s'agit plutôt d'une assimilation, recherchée par les chrétiens, des avancées d'une culture concurrente qui tenait son prestige autant de sa considération à l'égard des savants grecs et perses de l'Antiquité que de sa dynamique propre.

Ch. Haskins.
  • Pour la médiéviste Danielle Jacquart : «Après une longue somnolence, dont il ne faut pas exagérer la profondeur, l'Occident médiéval connut au XIIe siècle un renouveau intellectuel, qualifié de "renaissance" depuis l'ouvrage de Charles Haskins paru en 1933. (...) L'Occident se mit à s'approprier les richesses intellectuelles du monde arabe, au moment même où il se sentait assez fort pour le combattre par les armes. Alors que les expéditions des croisés en Orient ne jouèrent qu'un rôle mineur, le transfert de savoir se fit en Europe, aux marges des régions qui connurent l'occupation musulmane. (...) Au XIIe siècle, les acquis et les progrès de la Reconquête firent de l'Espagne le lieu privilégié de la transmission. Vers le milieu du siècle, Tolède devint, par ses traducteurs, le symbole du renouveau occidental»[128].

Toutes les œuvres et traductions dont parle Juan Vernet ne concernent finalement que des milieux très restreints. Il est impossible d'en faire une histoire sociale ni de connaître la diffusion réelle de ce savoir au-delà de ces micro-milieux. Il faut souvent se contenter d'une stratigraphie intellectuelle des transferts et d'une analyse du contenu des œuvres traduites.

  • «Si l'impact des traductions tolédanes est incontestable et relativement bien connu, les conditions de leur élaboration gardent une partie de leur mystère. La tentation d'éclairer les zones d'ombre amène souvent l'historien le plus honnête à se transformer en romancier. La personnalité des traducteurs et leur méthode de travail ne se discernent dans les sources qu'à travers un voile qu'il serait hasardeux de faire arbitrairement tomber»[129].

Sur le plan formel, le livre de Juan Vernet présente quelques anomalies de narration : il cherche à suivre la chronologie mais ne l'observe pas toujours. Il revient plusieurs fois sur des aspects identiques dans différents chapitres. L'ouvrage a vraisemblablement été composé à partir d'éléments antérieurs déjà rédigés et assemblés pour l'occasion. Ce qui ne retire rien à sa valeur d'ensemble, aujourd'hui encore inégalée.

Traduction du Coran[modifier | modifier le code]

Page manuscrite d'un Coran andalou du XIIe siècle.

Juan Vernet effectua deux traductions du Coran en langue castillane, l'une en 1953 et l'autre en 1963. Ses éditions comportent des notes, des petits titres thématiques à l'intérieur des sourates et la double numérotation des versets[130] (comme le faisait l'orientaliste français Régis Blachère dans sa propre traduction dès 1949). L'œuvre de Vernet a reçu de multiples approbations aussi bien académiques que des milieux croyants musulmans.

L'arabisant espagnol et catalan, Mikel de Epalza, observe que la traduction par Juan Vernet du Coran en castillan est : «considérée comme un classique unique en cette langue. Elle est apparue meilleure que celle de ses prédécesseurs argentins et que celle de l'écrivain juif-espagnol, Raphaël Cansinos-Assens (1863-1964). Les études universitaires ont utilisé une méthode "laïque", non confessante et objective d'étude des phénomènes religieux de l'islam, avec l'approche qui domine en général dans l'université européenne»[131].

Ailleurs, Mikel de Epalza cite les propos du traducteur spécialisé dans les versions coraniques en espagnol, Juan Pablo Arias Torres[132] : «les versions de Vernet durant les décennies antérieures et celle de Cortés, plus récente, ont joué le rôle d'une sorte de "traduction académique officielle" et ont été l'objet de références obligées dans la plupart des travaux scientifiques en langue castillane sur ces questions»[133].

Traduction des Mille et une Nuits[modifier | modifier le code]

C'est en 1964 que Juan Vernet proposa sa traduction[135] des Mille et une Nuits[2]. L'accueil que lui réserva le public fut un succès durable.

ʾAlf Laylah wa-Laylah (Les Mille et une Nuits, en arabe.

La traductrice et chercheuse Margarida Castells Criballés[136] note : «ce qui est certain, c'est qu'en Espagne, la traduction standard en castillan - intégrale, directement de l'arabe et réalisée selon les critères philologiques appropriés - est encore celle de Juan Vernet, continuellement rééditée. Vernet, exceptionnellement et au-delà de sa tâche de traducteur, était aussi un arabisant universitaire attaché à communiquer ses recherches sur les Mille et une Nuits au monde académique. Sa traduction est basée sur une réimpression de l'édition égyptienne de Bulaq avec des ajouts provenant de la seconde édition arabe publiée à Calcutta et d'autres sources»[137].

Biographie de Mahomet[modifier | modifier le code]

Juan Vernet a publié, pour la première fois en 1974, une biographie de Mahomet qu'il a rééditée en 2006[138]. C'est à la suite de ses traductions du Coran qu'il est conduit à travailler sur la vie du prophète de l'islam. Sa biographie est marquée par une empathie à l'égard du personnage dont il regrette qu'il soit une figure mal connue et chargée de préjugés en Occident[139].

La vie de Mahomet est marquée par de récurrentes guerres tribales. Cependant dit Juan Vernet : «L'Islam s'est consolidé avec les guerres, certes, mais toutes les religions ont agi de même». Au sujet des relations avec les chrétiens, Vernet note que le prophète les admirait. Quant aux Juifs «il les a tolérés et ne les a combattus que pour des disputes temporaires». Selon le biographe, le Coran signale qu'avec «la mort de Muhammad, les guerres n'étaient plus "saintes"», bien que «les chiites croient que la "guerre sainte" continue avec les descendants du Prophète», selon lui[140].

Mahomet, copie ottomane du XVIIe siècle d'un manuscrit nord-iranien ou nord-irakien du XIVe siècle.

Le savant espagnol de Barcelone explique encore : «Muhammad était un garçon orphelin et un homme pratique, juste, impartial et pieux, de grande intelligence. Il a eu des révélations, a répété la parole de Dieu et a créé une religion qui s'est répandue dans le monde entier». À l'encontre de l'opinion répandue dans le monde islamique, Vernet affirme que Muhammad savait lire et écrire parce qu'il était le chef des caravanes, ce qui impliquait, ajoute-t-il, «acheter, vendre et assurer le contrôle des marchandises»[138].

Sa méthode d'investigation reste fidèle aux sources islamiques traditionnelles, particulièrement la Sîra, mais il les utilise toutes sans se préoccuper de l'interprétation exclusiviste de tel ou tel courant de la tradition musulmane. Selon Julio Samsó, Vernet «avait envie de suivre scrupuleusement le contenu de la Sîra d'Ibn Ishâq, la source historique la plus ancienne de la vie du Prophète»[141].

  • Or, pour les musulmans malékites, cette source est irrecevable. Un membre du Collectif al-Hanifiyyah, qui prétend présenter une image correcte et non déformée de l’Islam, explique : «Ibn Ishâq ne fait pas l'unanimité parmi les spécialistes du hadîth, certains l'encensent et d'autres l'accusent de tous les maux. Par exemple, selon le grand Imam Malik, Ibn Ishâq rapporterait ses histoires des juifs qui lui racontaient le déroulement des campagnes ou des guerres. C'est pour cette raison que l’Imam Malik le traita de "menteur" et "d’imposteur"»[142].
  • Que Juan Vernet, savant formé aux critières de validité de la méthodologie historienne, n'ait pas privilégié le champ du hadîth n'est pas surprenant : la crédibilité historique de ces ensembles de propos n'a jamais été établie par la critique non confessante[143]. La probabilité d'authenticité de l'œuvre des historiens musulmans est plus forte, en tout cas pour l'épistémologie du savoir rationnel occidental.

Lola Infante, de la revue en ligne Revista de Libros[144] consigne la remarque suivante : «La biographie de Mahomet publiée cette année [2006] par l'illustre Juan Vernet (une réédition de celle parue en 1987), auteur de la première traduction du Coran en espagnol, suit scrupuleusement les données du Coran lui-même et des sources canoniques musulmanes de la vie du Prophète : la Sira d'Ibn Hisham, probable refonte de celle d'Ibn Ishaq, celle des Annales de Tabari, les campagnes de Muhammad écrites par Al-Waqidi et le Tabaqat[145] d'Ibn Saad. À travers sa lecture, il est impossible de conclure qu'il n'y a rien de vrai dans le stéréotype chrétien médiéval : guerres, meurtres, terreur, extermination, viols de prisonniers, désir de pillage, assassinats par traîtrise, élimination préméditée des Juifs de Médine...»[146].

Témoignages et jugements[modifier | modifier le code]

Jugements approbateurs[modifier | modifier le code]

  • Serafín Fanjul, à l'occasion de la réédition, augmentée, du recueil Littérature arabe en 2002, écrit : «Juan Vernet, arabisant reconnu à juste titre, chez nous comme à l'extérieur de nos frontières, et depuis de nombreuses années membre de l'Académie royale d'Histoire espagnole, a dédié la plus grande partie de sa vie professionnelle aux études spécialisées de la science arabe ; champ dans lequel il laissera une école - fondamentalement composée de catalans - d'autant plus nécessaire qu'elle est rare. Cependant, si le professeur Vernet est connu parmi le public espagnol cultivé, cela est dû à l'attention qu'il consacra à quelques-unes des œuvres fondamentales de la littérature arabe : ses traductions des Mille et une Nuits et du Coran comptent parmi les raretés existantes dans notre langue, et au moment de leur apparition elles ont constitué des apports indispensables face à l'océan des multiples lacunes concernant les œuvres de base, lacunes dont nous avons souffert quand nous étions étudiants»[147].
Université de Salamanque, salle des actes.
  • Julio Samsó[141] : «Quand, avec le temps, j'ai pu connaître personnellement les arabisants espagnols de sa génération, j'ai réalisé qu'ils étaient tous des spécialistes d'une discipline spécifique, alors que Vernet les contrôlait toutes avec une compétence totale»[148].
  • Miquel Forcada[149] : «Juan Vernet était parmi nous, les Occidentaux, l'un des plus grands chercheurs et propagateurs de la civilisation arabo-islamique dans trois des domaines les plus importants de son apport : la science, la littérature et la religion. Il le fut aussi pour les Arabes et les musulmans en général, à qui il a fait découvrir des profondeurs inexplorées de leur propre passé»[150].
  • Camilo Álvarez de Morales[151] et Concepción Vázquez de Benito[152] : «La plupart des arabisants espagnols, en tout cas tous ceux qui ont passé l'âge de cinquante ans, ont eu, en Vernet, un professeur plus ou moins direct, dont nous avons appris en lisant son travail ou lors de conversations directes en de multiples occasions, contacts qu'il n'a jamais négligés. C'était un maître chaleureux chez qui on trouvait toujours une réponse assurée et prévenante aux questions posées, à laquelle il savait joindre quelque chose de personnel qui le faisait sentir proche et ouvert»[153].

Jugements critiques[modifier | modifier le code]

  • Serafín Fanjul reproche à Juan Vernet sa vision irénique des liens entre hommes et femmes dans le monde de l'Islam ou entre musulmans et non musulmans : «Juan Vernet se montre assez désinvolte en s'appuyant sur des exceptions à propos de la question clé et très sérieuse des relations des musulmans avec le reste des êtres humains, à propos du mariage ou de la liaison sexuelle et affective, ou encore des rapports entre les musulmans et ceux qui ne le sont pas, sans oublier la mention inévitable de la bienheureuse Wallada bint al-Mustakfi (XIe siècle) que tout arabisant se doit d'exhumer pour attester, à grand-peine, la liberté des femmes musulmanes d'al-Andalus»[154].

Postérités inégales[modifier | modifier le code]

Fonds Maria Millàs Vallicrosa dans une bibliothèque de l'université de Barcelone.

Étrangement, l'accueil de l'œuvre de Juan Vernet en France est resté très modeste. Exception faite, bien sûr, de la traduction de La cultura hispano-árabe en Oriente y Occidente (1978) sous le titre Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne par le médiéviste Gabriel Martinez-Gros en 1985.

Aucun autre ouvrage n'a été traduit, très peu d'écho universitaire, des comptes rendus quasi squelettiques. Le livre Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne est souvent cité dans les bibliographies mais son contenu ne fait pas l'objet d'une réelle appropriation en termes d'analyses et de discussions de fond. Mentionné mais rarement lu. À tel point qu'on attribue parfois à l'héritage andalousien ce qui revient aux traducteurs chrétiens de «l'école de Tolède», oubliant que ce travail s'est effectué dans les territoires reconquis par les souverains catholiques.

Il en va différemment en Espagne, bien sûr. Une école d'arabisants et d'historiens des sciences, axée sur les apports arabes à l'Occident durant le Moyen Âge - la période de rencontre des cultures wisigothique, latine, et arabe (et des deux dernières avec l'héritage de l'Antiquité) dans les deux espaces : musulman (al-Andalus) et chrétien (Reconquista) - s'est constituée, à l'université de Barcelone, depuis l'époque de Maria Millàs Vallicrosa (1897-1970)[155].

Ce dernier a eu pour disciple Juan Vernet et lui-même pour disciple Julio Samsó Moya[156] (né en 1942). Ce travail se poursuit avec de nombreux chercheurs[157] : María Mercè Viladrich[158], Mercé Corres, Emilia Calvo[159], Miguel Forcada[160], Mónica Rius Piniés[161], Joan Carandell[162], Margarita Castells Criballés[163] et Roser Puig Aguilar[164].

Publications[modifier | modifier le code]

Auteur de 22 livres et de 325 articles[165].

le prophète Mahomet, miniature ottomane, XVIe siècle.
  • Contribución al estudio de la labor astronómica de Ibn Al-Bannā', memoria que presenta... D. Juan Vernet Ginés para obtener el título de Dr en filosofía y letras, sección de filología semítica, Tétouan, 1951.
  • Historia de Marruecos. La islamización (681-1069), Tétouan, éd. Marroquí, 1957.
  • Los musulmanes españoles, Barcelone, 1961.
  • Literatura árabe, éd. Labor, Barcelone, 1966.
  • Astrología y astronomía en el Renacimiento. La revolucíon copernicana, éd. Ariel, Barcelone, 1974.
  • Historia de la ciencia española, Madrid, 1975.
  • Estudios sobre historia de la ciencia medieval, Faculté de philologie de l'université de Barcelone, 1979.
  • Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne (1978), traduction de l'espagnol par Gabriel Martinez-Gros, éd. Sindbad, 1985.
  • Estudio sobre historia de la ciencia arabe, éd. CSIC, Madrid, 1980.
  • El Islam y Europa, éd. El Abir, Barcelone, 1982.
  • Nuevos estudios sobre astronomía española en el siglo de Alfonso X, éd. CSIC, 1983.
  • La ciencia en Al-Andalus, Editoriales Andaluzas Unidas, Séville, 1986.
  • Al-Andalus, el islam en España, Barcelone, Madrid, 1987.
  • De Abd al-Rahman I a Isabel II, Instituto Millá Vallicrosa de historia de la ciencia árabe, Barcelone, 1989.
  • Mahoma (1953-1963), éd. Espasa-Calpe, Madrid, 1992.
  • El legado científico andalusí, Exposition du musée archéologique national, Madrid, 1992.
  • Astrología y astronomía en el Renacimiento, d. Acantilado, Barcelone, 2000.
  • Los orígenes del Islam, éd. Acantilado, Barcelone, 2001-2013.
  • El Corán, traduction en castillan (1953 et 1963), Plaza & Janés, Barcelone, 2001.
  • Al-Andalus, culturas de convivencia, Barcelone, 2002.
  • Literatura árabe, éd. Acantilado, Barcelone, 2002.
  • Les Mille et une Nuits (1964), traduction en castillan, Círculo de Lectores, Barcelone, 2006.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Anthropos. Revista de documentacion cientifica de la cultura, no 117 : "Juan Vernet, historia de la ciencia y de la cultura. Aportaciones de la Escuela de Barcelona", Barcelone, février 1991.
  • "Recuerdos de un estudiante de la facultad de filosofía y letras (1942-1946)", Juan Vernet, Boletín de la Real Academia de la Historia, tome CXCIX, n° I, année 2002, p. 35-40.
  • "Joan Vernet i Ginés (1923-2011). In memoriam", Dolors Bramon i Planas, Catalan Historical review, 5 : 239-240, 2012.
  • Serafín Fanjul, "Juan Vernet Ginés. Oración necrológica", Boletín de la Real Academia de la Historia, tome 209, cahier II, mai-août 2012, p. 135-140.

Annexes[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et Références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c "Joan Vernet, un arabista total", Carles Geli, El País, 26 juillet 2011
  2. a b c d et e Diccionario Akal de Historiadores españoles contemporáneos, Ignacio Peiró Martín y Gonzalo Pasamar Alzuria, Madrid, 2002, notice "Vernet Ginés Juan".
  3. a b c d e f g h i j et k Juan Vernet, "Autobiografía intelectual", Anthropos. Revista de documentacion cientifica de la cultura, n° 117 : "Juan Vernet, historia de la ciencia y de la cultura. Aportaciones de la Escuela de Barcelona", Barcelone, février 1991.
  4. a et b "Recuerdos de un estudiante de la facultad de filosofía y letras (1942-1946)", Juan Vernet, Boletín de la Real Academia de la Historia, tome CXCIX, n° I, année 2002.
  5. a b c et d "Joan Vernet (1923-2011) y la luz de Oriente y Occidente", Miquel Forcada, Quaderns de la Mediterrània, 16, 2011, Barcelone.
  6. Joaquim Febrer i Carbó
  7. "Joaquín Febrer Carbó", Biografías y Vidas.
  8. Jorge Núñez, Boletín de la SEA, n° 15, invierno 2005-2006, p. 2-3.
  9. Iván Fernández Pérez, Aproximación histórica al desarrollo de la astronomía en España, 2009, p. 128-129.
  10. a et b Josep Maria Millàs Vallicrosa. Millàs Vallicrosa, érudit renommé, travaillait à la résurrection des textes littéraires, scientifiques et religieux laissés par les Juifs catalans.
  11. Ramón Mallofré y Lletgé était chargé de cours. Il meurt en 1951 et lègue à Juan Vernet tous les livres qu'il désire de sa bibliothèque.
  12. a et b Biographie parue sur le site de l'Académie royale d'histoire.
  13. Contribution à l'étude de l'œuvre astronomique d'Ibn al-Banna'
  14. González González Irene, «École et idéologie dans le protectorat espagnol au Nord du Maroc (1912-1956)», Carnets de l’IREMAM, 18 octobre 2012.
  15. "Juan Vernet: su presencia en Marruecos y en Madrid", Mariano Arribas Palau, Anthropos. Revista de documentacion cientifica de la cultura, n° 117 : "Juan Vernet, historia de la ciencia y de la cultura. Aportaciones de la Escuela de Barcelona", Barcelone, février 1991.
  16. Islam y al-Andalus, en ligne, 1er mai 2005.
  17. a et b El País, propos recueillis par Javier Rodrígues Marcos, 29 septembre 2001.
  18. El PaÍs (Madrid), 7 février 2006.
  19. Fiche data.bnf.fr sur Leonor Martínez Martín et sur 'blogarabiia.
  20. Julio Samsó Moya leur a rendu hommage en ces termes : "Avec leur mort disparaît la génération des maîtres du département d'Arabe de l'université de Barcelone, auquel mari et femme ont été liés toute leur vie et sur lequel ils ont laissé leur empreinte", in "Leonor Martínez Martín (1930-2013)", Traducir el mundo árabe. Homenaje a Leonor Martínez Martín, publications de l'université de Barcelone, 2014, p.11.
  21. Biblioteca Leonor Martínez i Juan Vernet.
  22. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 11.
  23. Floréal Sanagustin, professeur de langue et civilisation arabes à l’Université.
  24. Floréal Sanagustin, Bulletin critique des annales islamologiques, 4, 1987, p. 175-177.
  25. a et b Serafín Fanjul, Al Andalous, l'invention d'un mythe: La réalité historique de l'Espagne des trois cultures, éd. L'Artilleur, octobre 2017.
  26. « Entretien avec Serafín Fanjul, propos recueillis par Arnaud Imatz » (entretien republié sur le site Novopress), La Nouvelle Revue d'histoire, n° 62, septembre-octobre 2012.
  27. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 67.
  28. a b et c Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 38.
  29. Article Ibn al-Qūṭiyya, en langue anglaise.
  30. Article Ibn Ṭumlūs, en langue anglaise.
  31. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 66.
  32. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 39.
  33. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 46.
  34. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 53.
  35. "Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 58.
  36. "Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 60.
  37. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 228.
  38. Page Wikipédia en espagnol sur El Conde Lucanor.
  39. Le figuier sauvage, ou caprifigiuer, ne produit que des fleurs mâles, non comestibles, mais servant à augmenter la production du figuier domestique ; cf. Dictionnaire universel de matière médicale et de thérapeutique générale, F. V. Mérat et A.J. De Lens, tome troisième, 1831, p. 255 et Le magasin pittoresque, Euryale Cazeaux et Édouard Charton, 1834, p. 20. Sinon, la figue était connue en Occident dès l'Antiquité. Pline l'Ancien (23-79) dans son Histoire naturelle, au livre quinze, recense vingt-neuf espèces de figues.
  40. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 42.
  41. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 90.
  42. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 92-93.
  43. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 95-96.
  44. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 116-117.
  45. Fiche data.bnf.fr sur Muḥammad Ibn Abdūn. Voir aussi : Évariste Lévi-Provençal, Séville musulmane au début du XIIe siècle. Le traité d'Ibn Abdun sur la vie urbaine et les corps de métiers, 1947 (rééd. 2001).
  46. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 121.
  47. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 123.
  48. Sur les traducteurs de Tolède, voir Alain de Libera, La philosophie médiévale, Puf, 3e éd., 1998, p. 346-348.
  49. a et b Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 124.
  50. a et b Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 126.
  51. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 131.
  52. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 131-132.
  53. Le titre en est : Kitâb al-Mukhtasar fî hisâb al-jabr wa-l muqâbala.
  54. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 135.
  55. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 137-138.
  56. a et b Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 139.
  57. Il s'agit du livre de Khwârizmî.
  58. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 139-140.
  59. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 140.
  60. On trouve deux formulations selon qu'on retient celle du latin médiéval De Coelo ou celle du latin De Caelo : Du Ciel, traité d'Aristote. Il couvre, sous ce titre ou sous celui de Météorologiques tout ce qui relève du monde sublunaire.
  61. Le De Mundo (Sur le Cosmos) est un traité de cosmologie et de théologie attribué à Aristote alors qu'il remonte probablement au Ier siècle av. notre ère.
  62. Les Météores est un ouvrage d'Aristote.
  63. Syrien, né à une date inconnue et mort en 815.
  64. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 143.
  65. "Depuis le XIe siècle, on connaissait parfaitement en Espagne musulmane la quasi totalité de l'œuvre d'Aristote", cf. Juan Vernet, op. cit., p. 203.
  66. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 143-144.
  67. Page Wikipédia en anglais sur Ahmad ibn Muhammad ibn Kathir al-Farghani (805-870).
  68. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 144.
  69. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 145.
  70. Matthieu Husson "Bibliographie sur les tables astronomiques médiévales. Introduction", Laboratoire SPHERE, Cnrs.
  71. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 147-148.
  72. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 155.
  73. Article Abu al-Salt sur Wikipédia en anglais.
  74. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 161.
  75. Les Fleurs d'Abu Ma'shar peuvent être téléchargées sur le site de la Bibliothèque numérique mondiale, dans une édition de 1488 de la traduction de Jean de Séville.
  76. a et b Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 163.
  77. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 163-164.
  78. Kitâb al-manâzir : Traité de l'optique.
  79. a b et c Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 165.
  80. Voir l'original de la référence sur Bnf Gallica.
  81. a et b Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 167.
  82. "L'âge d'or des alchimistes ?", Didier Kahn, Le vrai visage du Moyen Âge. Au-delà des idées reçues, dir. Nicolas Weill-Parot et Véronique Sales, éd. Vendémiaire, 2017, p. 242. Sur l'alchimie en Occident, voir aussi l'article "Alchimie" du Dictionnaire du Moyen Âge, dir. Claude Gauvard, Alain de Libera, Michel Zink, éd. Quadrige/Puf, 2002.
  83. Cité par Pierre Lory, Alchimie et mystique en terre d'Islam, éd. Verdier, 1989, p. 9 ; cet ouvrage est traduit en espagnol, par Gracia Lopez Anguita, sous le titre Alquimia y mística en el Islam, Madrid, Mandala Ediciones, 2005.
  84. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 168.
  85. Il règne en effet une certaine confusion sur l'identité du Ghâyât al-Hakîm. L'ouvrage est souvent attribué à l'astronome, mort vers 1005/1008.
  86. Voir sa page Wikipédia en anglais.
  87. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 168-169.
  88. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 172.
  89. Sur Calid, voir la page Wikipédia en langue anglaise.
  90. Sur le Livre de Cratès, voir la fiche data.bnf.fr.
  91. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 173.
  92. Né à Tolède, traducteur actif entre 1197 et 1234. Cf. Clara Foz, Le traducteur, l'Église et le Roi, Presses universitaires d'Ottawa, 1998, p. 61-62.
  93. Probablement nommé aussi Abou Zakaria, Syrien et chrétien, médecin du calife Harûn al-Rachid. Cf. Pierre-Joseph Amoreux (1741-1824), Essai historique et littéraire sur la médecine des arabes, 1804, p. 176.
  94. Alî ibn ‘Îsa, Iranien dont le nom a été latinisé en Jesu (ou Jesus) Haly, auteur d'un important traité d'ophtalmologie.
  95. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 175.
  96. Sur Ibn al-Wafid, voir la page Wikipédia en langue anglaise.
  97. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 176-177.
  98. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 180-183.
  99. Selon Clara Foz, Bernard l'Arabe serait plutôt un musulman converti ; cf. Le traducteur, l'Église et le Roi, Presses universitaires d'Ottawa, 1998, p. 67-68.
  100. Sur la chronologie précise des traductions et traducteurs de l'Aristote arabo-latin, voir Alain de Libera, La philosophie médiévale, Puf, 3e éd., 1998, p. 360.
  101. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 185.
  102. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 187.
  103. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 188.
  104. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 190.
  105. Rabbi Abraham Hebreus connu aussi sous les noms de Aben Hazra, Abenhazara, Abraham ben Meir ibn Ezra, Abnhaçara.
  106. Novae theoricae planetarum
  107. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 198.
  108. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 202.
  109. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 203.
  110. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 244.
  111. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 244-245.
  112. Muhammad al-Mu'tasim (1038-1091), roi de la taïfa d'Alméria ; cf. biographie en langue espagnole.
  113. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 245.
  114. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 247.
  115. a et b Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 262.
  116. Voir la page Wikipédia Ibn al-Wafid en langue anglaise.
  117. Voir la page Wikipédia d'Ibn Butlan en langue anglaise.
  118. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 265.
  119. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 265-266.
  120. Kitâb al-alâmât, Livre des symptômes
  121. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 266.
  122. Juan Vernet, Ce que la culture doit aux Arabes d'Espagne, trad. Gabriel Martinez-Gros, éd. 1989, p. 269.
  123. Gabriel Martinez-Gros, "Al-Andalus ou le «vivre-ensemble» ?" Le vrai visage du Moyen Âge. Au-delà des idées reçues, dir. Nicolas Weill-Parot et Véronique Sales, éd. Vendémiaire, 2017, p. 79-93.
  124. Danielle Jacquart, "L'école des traducteurs", Tolède, XIIe-XIIIe. Musulmans, chrétiens et juifs : le savoir et la tolérance, dir. Louis Cardaillac, éd. Autrement, 1991, p. 178.
  125. Pays d’Islam et monde latin, 950-1250, Gabriel Martinez-Gros (dir.), éd. Atlande, 2001, p. 111
  126. Pierre Guichard, Philippe Sénac, Les relations des pays d'Islam avec le monde latin, milieu Xe-milieu XIIIe, éd. Sedes, 2000, p. 13.
  127. Danielle Jacquart, "Traduire : émulation et nécessité", Le vrai visage du Moyen Âge. Au-delà des idées reçues, dir. Nicolas Weill-Parot et Véronique Sales, éd. Vendémiaire, 2017, p. 299-300.
  128. Danielle Jacquart, "L'école des traducteurs", Tolède, XIIe-XIIIe. Musulmans, chrétiens et juifs : le savoir et la tolérance, dir. Louis Cardaillac, éd. Autrement, 1991, p. 178-179.
  129. Danielle Jacquart, "L'école des traducteurs", Tolède, XIIe-XIIIe. Musulmans, chrétiens et juifs : le savoir et la tolérance, dir. Louis Cardaillac, éd. Autrement, 1991, p. 179.
  130. Celle de l'Allemand Flügel et celle de l'édition arabe du Caire (1923).
  131. Mikel de Epalza, "Antecedentes islamocristianos concretos de la traducción del Corán al catalán", 'Ilu. Revista de Ciencias de las Religiones, n° 8, 2003, p. 213.
  132. Juan Pablo Arias Torres, Universidad de Málaga, Traducción e Interpretación.
  133. Mikel de Epalza, El Corán y sus traducciones: propuestas, publications de l'université d'Alicante, 2008, p. 309
  134. Una temporada en el infierno, Juan Pedro Quiñonero, 7 décembre 2017.
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  136. Éléments biographiques sur Margarida Castells Criballés : Centre de culture contemporaine de Barcelone (2013) et Dialnet (2007-2014).
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  166. Unesco, Communiqué de Presse n° 2004 - 83.
  167. Prix de l'Académie internationale d'histoire des sciences.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Madinat al-Zahra, Xe siècle.

Liens externes[modifier | modifier le code]