Joy Buolamwini

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Joy Adowaa Buolamwini est une informaticienne et militante numérique américano-ghanéenne basée au MIT Media Lab. Elle est la fondatrice de Algorithmic Justice League, une organisation qui cherche à combattre les préjugés dans les processus de décision des logiciels[1].

Enfance et éducation[modifier | modifier le code]

Buolamwini est née au Canada, a grandi dans le Mississippi et fait son secondaire à la Cordova High School[2]. À l'âge de 9 ans, elle est inspirée par Kismet, le robot du MIT, et apprend elle-même les langages XHTML, JavaScript et PHP[3],[4],[5]. Elle a fait du saut à la perche en compétition[6].

En premier cycle universitaire, Buolamwin étudie l'informatique au Georgia Institute of Technology, où elle fait des recherches sur l'informatique de la santé[7]. Buolamwini obtient la bourse Stamp President de la Georgia Tech en 2012[8], et est la plus jeune finaliste du Prix Georgia Tech InVenture en 2009[9].

Buolamwini est une boursière Rhodes, une membre du programme Fulbright, une boursière Stamp, une boursière Astronaut, un Érudit et une boursière de l'Institut Anita Borg[10]. En tant que boursière Rhodes, elle étudie l'apprentissage et la technologie à l'Université d'Oxford[11],[12]. Au cours de son année en tant que boursière, elle prend part au premier Service Year, travaillant sur des projets axés sur la communauté[12],[13]. Elle obtient une Maîtrise du Massachusetts Institute of Technology en 2017 avec une thèse supervisée par Ethan Zuckerman[14].

Carrière de chercheuse[modifier | modifier le code]

En 2011, elle fait équipe avec le programme Trachome à la Fondation Carter pour développer un système android pour l'Éthiopie et l'aide à l'éradication des maladies dans le monde[15],[4].

Joy Buolamwini à la Wikimania 2018 dans la Ville du Cap

En tant que membre du programme Fulbright en 2013, Buolamwini collabore avec des informaticiens en Zambie pour aider les jeunes du pays à se lancer dans la technologie[16]. Le , elle apparaît à la Maison Blanche au sommet sur l'Informatique pour Tous[17],[18].

Elle est chercheuse au MIT Media Lab, où elle identifie les biais dans les algorithmes et développe des pratiques de reddition de comptes au cours de leur conception[19] ; au laboratoire, Buolamwini est une membre du Center for Civic Media group d'Ethan Zuckerman[20],[21]. Au cours de ses recherches, Buolamwini fait une expérience en montrant 1 000 visages à un système d'identification faciale pour leur faire déterminer si les visages étaient de sexe masculin ou féminin. En conclusion, elle constate qu'il est difficile pour les logiciels d'identifier correctement les sujets féminins à peau foncée[22],[23]. Son projet, Gender Shades, attire l'attention des médias et devient une partie de sa thèse du MIT[14],[24],[25],[26],[27],[28],[29],[30],[31]. Son papier, édité en 2018, engendre des réponses de IBM et Microsoft, qui décident d'améliorer leurs logiciels[32],[33]. Elle créé également Aspire Mirror, un appareil qui offre un reflet de soi-même basé sur ce qui nous inspire[34]. Son programme, Algorithmic Justice League, a pour objectif de mettre en évidence les biais dans le code qui peut conduire à la discrimination de groupes sous-représentés[35]. Elle crée deux films basé sur cette idée, Code4Rights et Algorithmic Justice League: Unmasking Bias[36],[37]. Elle est directrice technologique pour Techturized Inc, une entreprise technologique de soins de cheveux[7].

Distinctions[modifier | modifier le code]

En 2017, Buolamwini remporte le grand prix dans la catégorie professionnelle du concours Search for Hidden Figures, lié à la sortie du film Les Figures de l'ombre en [38]. Le concours, sponsorisé par PepsiCo et 21st Century Fox a pour but « d'aider à découvrir la prochaine génération de dirigeantes dans les domaines des sciences, des technologies, de l'ingénierie et des mathématiques »[39],[40] et attire cette année-là 7 300 soumissions à travers les États-Unis[8].

Buolamwini présente à Beacon Street (Boston) une conférence TED intitulée « How I'm fighting bias in algorithms »[41],[42],[43]. En 2018, elle apparaît à la TED Radio Hour[44]. Elle figure également sur la liste Smart Girls d'Amy Poehler en 2018[2]. Le magazine Fast Company la classe parmi les quatre « héros du design qui défendent la démocratie en ligne »[45]. Elle est classée parmi les 100 Women de la BBC en 2018[46]. En 2018, elle figure parmi les « 50 meilleures femmes américaines dans le domaine de la technologie» de Forbes[47].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Buolamwini a vécu au Ghana, à Barcelone, à Memphis et à Atlanta[9].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (en) Joy Buolamwini et Timnit Gebru, « Gender Shades: Intersectional Accuracy Disparities inCommercial Gender Classification – MIT Media Lab », Proceedings of Machine Learning Research,‎ (lire en ligne)

Références[modifier | modifier le code]

  1. Site officielVoir et modifier les données sur Wikidata
  2. a et b Elizabeth Beauvais, « The Future of Computer Science and Tech: 12 Young Women to Watch — Part 2 », sur Amy Poehler's Smart Girls, (consulté le )
  3. (en) « TechDrawl Interviews GT Stamps President's Scholar, Joy Buolamwini », Vimeo (consulté le )
  4. a et b (en) « Joy Buolamwini | TryComputing.org », www.trycomputing.org (consulté le )
  5. (en) « Meet The Digital Activist That's Taking Human Prejudice Out of Our Machines », sur www.bloomberg.com, (consulté le )
  6. « CHS Pole Vaulting - Joy Buolamwini », vault.awardspace.com (consulté le )
  7. a et b (en-US) « Tech Startup of The Week: Techturized Wins With Hair Care Company », sur Black Enterprise, (consulté le )
  8. a et b « Joy Buolamwini wins national contest for her work fighting bias in machine learning », sur MIT News (consulté le )
  9. a et b (en) « Rhodes Scholar Shows ‘Compassion through Computation’ », www.news.gatech.edu (consulté le )
  10. « Filmmakers Collaborative | Profile », filmmakerscollab.org (consulté le )
  11. (en) « Increasing participation in graduate level computer science education : a case study of the Georgia Institute of Technology's master of computer science », sur solo.bodleian.ox.ac.uk (consulté le )
  12. a et b (en-US) « Joy Buolamwini Profile », The Rhodes Project (consulté le )
  13. (en) « Oxford Launchpad: Confessions of an Entrepreneur: Joy Buolamwini | Enterprising Oxford », www.eship.ox.ac.uk (consulté le )
  14. a et b (en) Joy Adowaa Buolamwini, « Gender shades : intersectional phenotypic and demographic evaluation of face datasets and gender classifiers », Massachusetts Institute of Technology,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. (en-US) « Scholar Spotlight: Joy Buolamwini | Astronaut Scholarship Foundation », astronautscholarship.org (consulté le )
  16. ZamrizeMedia, « Joy Buolamwini | Fulbright Fellow 2013 | Zambia » (consulté le )
  17. Buolamwini, « #CSForAll Tribute to Seymour Papert », MIT MEDIA LAB, (consulté le )
  18. Joy Buolamwini, « Seymour Papert - #CSForAll Tribute - Joy Buolamwini » (consulté le )
  19. « Project Overview ‹ Algorithmic Justice League – MIT Media Lab », MIT Media Lab (consulté le )
  20. (en) « interview: joy buolamwini | MIT Admissions », mitadmissions.org (consulté le )
  21. « Group People ‹ Civic Media – MIT Media Lab », MIT Media Lab (consulté le )
  22. (en) Parmy Olson, « Racist, Sexist AI Could Be A Bigger Problem Than Lost Jobs », sur Forbes (consulté le )
  23. Tom Simonite, « Photo Algorithms ID White Men Fine—Black Women, Not So Much », Wired,‎ (ISSN 1059-1028, lire en ligne, consulté le )
  24. (en-GB) Zoe Kleinman, « Is artificial intelligence racist? », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  25. (en) « Ghosts in the Machine », sur www.pbs.org (consulté le )
  26. (en) rel=, « Gender Shades », gendershades.org (consulté le )
  27. (en-US) Steve Lohr, « Facial Recognition Is Accurate, if You’re a White Guy », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le )
  28. Lauren Goode, « Facial recognition software is biased towards white men, researcher finds », sur The Verge, (consulté le )
  29. (en-US) « Facial-recognition technology works best if you’re a white guy, study says », sur The Seattle Times, (consulté le )
  30. (en-US) « MIT Researcher: AI Has a Race Problem, and We Need to Fix It », sur Boston Magazine, (consulté le )
  31. (en-US) Pranjal Mehar, « Study demonstrates gender and skin-type bias in commercial artificial-intelligence systems », sur Tech Explorist, (consulté le )
  32. (en-US) « Mitigating Bias in Artificial Intelligence (AI) Models -- IBM Research », www.ibm.com, (consulté le )
  33. « Gender Shades: Intersectional Accuracy Disparities in Commercial Gender Classification », Proceedings of Machine Learning Research, (consulté le )
  34. (en) « Aspire Mirror », Aspire Mirror (consulté le )
  35. (en-US) International, « A Search For 'Hidden Figures' Finds Joy », Huffington Post, (consulté le )
  36. « Filmmakers Collaborative | Code4Rights », filmmakerscollab.org (consulté le )
  37. « Filmmakers Collaborative | Algorithmic Justice League: Unmasking Bias », filmmakerscollab.org (consulté le )
  38. (en-US) « Hidden No More: STEM Spotlight Shines On 'Hidden Figures' Like MIT's Joy Buolamwini », Youth Radio,‎ (lire en ligne)
  39. PepsiCo, « Search for Hidden Figures Grand Prize Winner - Joy Buolamwini » (consulté le )
  40. (en-US) « "Hidden Figures" Inspires A Scholarship Contest For Minority STEM Aspirants », Fast Company,‎ (lire en ligne)
  41. (en) « Speaker Joy Buolamwini: How I'm Fighting Bias in Algorithms », scholar.harvard.edu (consulté le )
  42. Buolamwini, « How I'm fighting bias in algorithms – MIT Media Lab », MIT Media Lab (consulté le )
  43. TED, « How I'm fighting bias in algorithms | Joy Buolamwini » (consulté le )
  44. (en) « Joy Buolamwini: How Does Facial Recognition Software See Skin Color? | TED Radio Hour », sur WNYC (consulté le )
  45. (en-US) Katharine Schwab, « Meet 4 design heroes who are defending democracy online », sur Fast Company, (consulté le )
  46. (en-GB) « BBC 100 Women 2018: Who is on the list? », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le )
  47. « Anne Aaron », Forbes

Liens externes[modifier | modifier le code]