Josu Urrutikoetxea

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Josu Urrutikoetxea Bengoetxea
Nom de naissance José Antonio Urruticoechea Bengoechea
Alias
Josu Ternera
Naissance (64 ans)
Ugao-Miraballes
Pays basque Pays basque
Drapeau de Biscaye Biscaye
Drapeau de l'Espagne Espagne
Nationalité Espagne
Autres activités
Membre historique d'ETA

Josu Urrutikoetxea Bengoetxea, alias Josu Ternera, né le 24 décembre 1950 à Ugao-Miraballes en Biscaye, est un membre historique de l'organisation séparatiste ETA et ancien député du Parlement basque pour Euskal Herritarrok[1].

Activité armée[modifier | modifier le code]

Il a appartenu à ETA - Ve Assemblée dans laquelle il a occupé, jusqu'à son passage à la clandestinité, la charge de responsable politique en Biscaye. En mai 1971 il s'enfuit en France, moment où il est incorporé au front militaire de l'organisation séparatiste. Le 15 juillet 1972 il attaque l'usine d'Orbegozo à Hernani (Guipuscoa), dérobant approximativement quatre millions de pesetas de l'époque. Le 28 juillet 1972 il participe à l'attaque d'un camion qui transportait des devises pour la Banque de Biscaye dans la localité de Pasaia (Guipuscoa), dérobant plus de 12 000 000 de pesetas. Le 6 décembre la même année il prend part à l'attentat à la Maison Syndicale de Hernani. Le 21 janvier 1973, il attaque, avec d'autres membres de l'organisation, une poudrerie de Hernani dérobant plus de 3 000 kilos de dynamite et divers autres explosifs. Une partie de ces explosifs seront utilisés en décembre la même année pour l'attentat contre Luis Carrero Blanco, alors président du Gouvernement sous Franco. Après la mort du responsable du front militaire Eustakio Mendizábal Benito, il prend en charge cette responsabilité.

Il a été reconnu comme un des participants, qui, le mois de juillet 1972, a visité l'étage numéro 12-C, de la rue 1 Mirlo, pour assister à la réunion coordinatrice qu'ETA-Ve Assemblée a tenue à Madrid.

En 1980 il entre à l'exécutif de l'organisation séparatiste. En juillet 1984 il devient le numéro deux d'ETA. Il s'oppose pendant ces années aux conversations d'Alger, entre le gouvernement de Felipe González et ETA, qui se traduiront par un échec. Après la mort de Txomin Iturbe Abasolo il devient le numéro un de l'organisation.

Détention[modifier | modifier le code]

En janvier 1989 il est arrêté à Bayonne avec sa femme, la dirigeante des relations extérieures d'Herri Batasuna, Elena Beloki Resa. Celle-ci sera condamnée en décembre 2007 par l'Audition Nationale à 13 années de prison pour une infraction d'appartenance à une organisation terroriste en qualité de dirigeant. Il est écroué à la prison de Fresnes (Paris). Il sera ensuite extradé vers l'Espagne, où il reste en liberté, considérant qu'il avait été jugé en France pour appartenance et financement d'ETA et que les autres infractions dont il pouvait être accusé avaient été prescrits.

Condamnation[modifier | modifier le code]

Le 26 octobre 1990, il est condamné à dix années de prison pour association de malfaiteurs, utilisation de fausse documentation et port d'armes prohibé. Le Ministère public de l'Audition Nationale requiert en juillet 1993 douze années de prison pour Ternera en tant que responsable de l'appareil international d'ETA, entre 1984 jusqu'à sa détention en 1989[2]. Après sa mise en liberté il est expulsé par les autorités françaises et est livré à l'Espagne le 4 mai 1996.

Le juge de l'Audition Nationale Javier Gómez de Liaño décrète sa détention en prison et ce même mois le condamne pour appartenance à une bande armée et dépôt d'armes. En juin 1996 il est déclaré comme impliqué pour l'attentat de la place de la République Argentine de Madrid en 1986, où douze gardes civils ont trouvé la mort.

Le "repenti" Juan Manuel Suárez Gamboa reconnaît alors que Josu Ternera était un des principaux dirigeants de l'organisation. Le terroriste José Rego maintient en octobre 1996 que Josu Ternera était le principal dirigeant d'ETA en 1987, ce pourquoi le magistrat Gómez de Liaño rouvre quatre rapports à son encontre.

Il a été cité à comparaitre à deux occasions devant le Tribunal Suprême qui enquête s'il a donné l'ordre de commettre l'attentat contre la garnison de la Garde Civile de Saragosse en 1987, dans lequel sont mortes onze personnes, dont cinq enfants[3].

Activité politique[modifier | modifier le code]

Il a été délégué du Parlement basque élu en Biscaye dans les listes d'Euskal Herritarrok, aujourd'hui illégale. Il a été, de même, membre de la Commission de Droits de l'homme de cette chambre.

Maladie[modifier | modifier le code]

En novembre 2008 on a appris que Josu Ternera souffrait d'un cancer de l'estomac en phase terminale, selon des sources de la lutte antiterroriste espagnole, et qu'il se trouvait en traitement depuis quelques années. Ces sources ont considéré qu'il était écarté de la direction d'ETA[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Euskal Herritarrok (EH, Citoyens Basques, en euskara) a été une coalition indépendantiste de la gauche nationaliste basque apparue en octobre 1998 comme organe électoral abertzale après la signature de l'accord d'Estella. Il a regroupé Herri Batasuna et d'autres partis de gauche qui ne sont pas définis comme nationaliste basques, comme Zutik et Batzarre.
  2. La branche internationale (NASA en langage codé) était chargée de nouer des contacts avec les organisations amies. Le prestige acquis dans la lutte contre le franquisme a permis à ETA de bénéficier d'importants supports auprès d'autres mouvements de libération nationale, sans parler du soutien politique et matériel apportés par les États en délicatesse avec l'Espagne comme l'Algérie. La branche internationale à d'abord été dirigée par l'un des trois cofondateurs d'ETA, Julen de Madariaga y Aguirre, né en octobre 1932 à Bilbao. En 1988, la société Aturri qu'il dirigeait à Bayonne a même été accusée de fabriquer des aimants destinés aux bombes-ventouse d'ETA (ETA histoire secrète d'une guerre de cent ans, Jacques Massey, Éditions Flammarion, ISBN 978-2-08-120845-2, page 32).
  3. El País: Zaragoza: cinco ataúdes blancos.
  4. (es) Un cáncer terminal aparta a Josu Ternera de la dirección de la banda terrorista ETA, 20 minutos, 17 novembre 2008.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en espagnol intitulé « Josu Ternera » (voir la liste des auteurs).
  • (fr) Jean Chalvidant, ETA : L'enquête, éd. Cheminements, coll. « Part de Vérité »,‎ , 426 p. (ISBN 978-2-84478-229-8)
  • (es) José María Benegas, Diccionario de Terrorismo, Madrid, Espasa Calpe, coll. « Diccionario Espasa »,‎ , 920 p. (ISBN 978-8-46701609-3)
  • (fr) Jacques Massey, ETA : Histoire secrète d'une guerre de cent ans, Flammarion, coll. « EnQuête »,‎ , 386 p. (ISBN 978-2-08-120845-2)