Josué Guébo

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Josué Guébo
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Josué Guébo à Abidjan, Cocody, le 18 juillet 2016
Nom de naissance Josué Yoroba Guébo
Naissance
Abidjan, Drapeau de la Côte d'Ivoire Côte d'Ivoire
Activité principale
Distinctions
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Compléments

  • 6e Président de l'AECI (2011-2016)

Josué Yoroba Guébo ou Josué Guébo né le 21 juillet 1972 à Abidjan, en Côte d'Ivoire, est un homme de lettres et universitaire ivoirien. Figure contemporaine de la poésie africaine, il est également nouvelliste, dramaturge, essayiste et auteur de livre de jeunesse. 6e président de l'Association des écrivains de Côte d’Ivoire (AECI), il est récipiendaire du Grand prix Bernard Dadié et du Prix Tchicaya U Tam'si pour la poésie africaine.

Biographie[modifier | modifier le code]

Josué Guébo nait à Abidjan le 21 juillet 1972. Il effectue l’essentiel de ses études secondaires et universitaires à Abidjan, sanctionnées par un doctorat en histoire et philosophie des sciences. Enseignant-chercheur à l’Université Félix-Houphouët-Boigny d’Abidjan[1], il est membre de la Société ivoirienne de bioéthique, d’épistémologie et de logique (SIBEL)[2]. Guébo a dirigé l’Association des écrivains de Côte d'Ivoire (AECI) de 2011 à 2016[3],[4].

Oeuvre[modifier | modifier le code]

Premiers pas en littérature[modifier | modifier le code]

Très tôt, Josué Guébo commence à écrire des poèmes. Le premier semble avoir été composé à l’âge de douze ou treize ans[5] lorsqu’il est au collège à Grand-Bassam. Son intérêt pour la lecture le porte vers les œuvres d’Aimé Césaire, ou ceux de Paul Verlaine[5]. Il cultive aussi les grands africains en particulier Bernard Dadié, Léopold Sédar Senghor et Tchicaya U Tam'si qu’il découvre durant son parcours scolaire et universitaire[5].

Un concours littéraire organisé par l’Association des écrivains de Côte d'Ivoire (AECI), le fait connaitre en 2000, pour son texte Noël, un fusil nous est né. Cependant, La Paix par l’écriture[6] est le recueil collectif au sein duquel Josué Guébo révèle ses premiers textes, après avoir été sacré double lauréat au concours national de littérature Les manuscrits d’or dans les catégories Poésie et Nouvelle.

Technique d'écriture[modifier | modifier le code]

Pour l’essentiel, les textes de Guébo sont courts et incisifs. Le souffle poétique est, pour sa part, comme retenu ; les vers sont brefs, comme si le poète entendait garder prisonnier le dire[7]. Les recueils L’or n’a jamais été un métal, D’un mâle quelconque et Carnet de doute témoignent de ce procédé, auquel ne déroge, du reste, Mon pays ce soir dans lequel il écrit :

« Du pétrole
En jets autoritaires
Et la gouache
Du cauchemar
Procession
Ebranlée en
L’artère ouverte de la ville[8] »

L’enfant qui disparaît est une lettre d’alphabet et Dapidahoun optent cependant pour l’usage d’un vers au jet plus étendu, de même que Songe à Lampedusa où l’auteur énonce :

« Je serais toujours là – en ces arènes de sable – écaille centenaire
Stèle de stalactite
À garder dans l’étincelle de mes mots
La tour d’un monde mêlé (...)[9] »

Outre cette approche particulière du vers, l’on note chez Guébo, l’écriture de textes au long cours. Ainsi, hormis L’or n’a jamais été un métal, les ouvrages poétiques de Guébo restent des textes unitaires, composés d’un seul tenant en « une seule et longue phrase ininterrompue ».

Thématiques[modifier | modifier le code]

L’écriture de Guébo se tourne vers la défense de l’idéal égalitaire. Certains de ses textes sont marqués par cette revendication. Elle prend des accents de dénonciation, non pas seulement en direction de l’ordre économique international, mais aussi à l’endroit de ses supposés relais locaux. Guébo semble trouver dans l’appel à une Afrique unie, la solution aux écueils par lesquels s’affaisse le continent noir. L’idéal panafricaniste se révèle par endroit et pose l’unité africaine comme condition de liberté, de succès économique et politique des micro-États africains. Une telle approche semble aller de pair avec une réflexion sur la réalité identitaire.

Celle-ci fait précisément surface dans Le blues des oranges, création dramaturgique où transparaît le regard de l’auteur sur les crises identitaires agitant son pays et plus généralement la scène du monde. Pour Guébo « S’il faut à tout prix avoir une couleur, porter vaille que vaille les couleurs et les douleurs d’une équipe » l’on doit soustraire les concepts de « Noir » et de « Blanc » de la chaîne de la compétition ». Guébo semble ainsi militer pour un monde accordé et intégré, où la concorde et le métissage se révèlent voie de salut,

De même note-t-on l’aveu lyrique, généralement exprimé sous des accents interculturels dans la poésie, le recueil de nouvelles ou même dans le texte de littérature de jeunesse

Publications[modifier | modifier le code]

Poésie
  • 2009 : L'or n'a jamais été un métal (Vallesse, Abidjan) ;
  • 2010 : D'un mâle quelconque (Apopsix, Paris) ;
  • 2011 : Carnet de doute (Panafrika/Silex/Nouvelles du sud, Dakar) ;
  • 2011 : Mon pays, ce soir (Panafrika/Silex/Nouvelles du sud, Dakar) ;
  • 2014 : Songe à Lampedusa (Panafrika/Silex/Nouvelles du sud, Paris) ;
  • 2015 : L’Enfant qui disparaît est une lettre d’alphabet (Panafrika/Silex/Nouvelles du sud, Paris) ;
  • 2015 : Dapidahoun, chantiers d'espérances (Les Editions du Net) ;
  • 2016 : My country, tonight (Action Books), traduit en anglais par Todd Fredson ;
  • 2016 : Aux chemins de Babo Naki (l'Harmattan, Paris) ;
  • 2017 : Think of Lampedusa (University of Nebraska Press, Nebraska).
Nouvelles
  • 2012 : L'ombre du pont (Balafons, Abidjan).
Jeunesse
  • 2013 : Le père Noël aime l'attiéké (Les classiques ivoiriens).
Essais
  • 2015 : Une histoire de l'objectivité : L’objectivité dans les sciences, de Parménide à l’intelligence artificielle (Presses Académiques Francophones).
  • 2016 : Les Sommeils des indépendances, Chroniques pour une Afrique intégrée (Harmattan Côte-d'Ivoire) ;
  • 2016 : Dictionnaire des mots et expressions du français ivoirien (l'Harmattan, Paris).

Théâtre

  • 2016 : Le blues des oranges (Les Editions du Net).
Ouvrages collectifs
  • 2007 : La paix par l’écriture (Vallesse, Abidjan), Collectif ;
  • 2010 : Des paroles de Côte d’Ivoire pour Haïti, notre devoir de solidarité (Ceda/Nei), Collectif ;
  • 2013 : Monsieur Mandela (Panafrika/Silex/Nouvelles du sud, Paris), Collectif ;
  • 2015 : Ce soir quand tu verras Patrice (Panafrika/Silex/Nouvelles du sud, Paris), Collectif.
Préfaces

Distinctions[modifier | modifier le code]

Distinctions littéraires[modifier | modifier le code]

Autres distinctions[modifier | modifier le code]

  • 2012 : Chevalier du Mérite culturel ivoirien.

Citation[modifier | modifier le code]

« Un mot n'est jamais aussi explosif que comprimé !... »[7]

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Josué Guébo, Côte d'Ivoire », sur L'oiseau indigo (consulté le 23 octobre 2017)
  2. « M. Josué Yoroba GUEBO, Université Félix Houphouët-Boigny, Côte d'Ivoire », sur Agence universitaire de la francophonie (consulté le 22 octobre 2017)
  3. M’Bah Aboubakar, « Interview / Josué Yoroba Guébo (président de l’Association des écrivains de Côte d’Ivoire) : "Nous voulons renouer le dialogue entre les écrivains" », L'expression,‎ (lire en ligne)
  4. SY/ls/APA, « Macaire Etty élu nouveau président des écrivains de Côte d’Ivoire », Agence de presse africaine,‎ (lire en ligne)
  5. a, b et c Guy Constant Neza, Josué Guebo (poète) : « D’un mâle quelconque… une expression de révolte contre la tyrannie mâle », Le Nouveau Courrier, 12 février 2011 [lire en ligne (page consultée le 20 décembre 2011)]
  6. « La paix par l'écriture », sur Vallesse éditions, (consulté le 22 octobre 2017)
  7. a et b Henri N'koumo, « Josué Guébo : Un mot n’est jamais aussi explosif que comprimé ! », Magazine Point de Lecture N° 6,‎
  8. Josué Guébo, L’or n’a jamais été un métal, Abidjan, Vallesse Edition, , 103 p. (ISBN 9782916532158), p. 9
  9. Josué Guébo, Songe à Lampedusa, Dakar, Panafrika, , 100 p. (ISBN 978-2912717702)
  10. Jischvi King, « “L’or n’a jamais été un métal” aux mains de nombreux lecteurs et critiques », sur http://www.avenue225.com, (consulté le 24 août 2014)
  11. Le Matin, « L’Ivoirien Josué Guébo remporte à Assilah l’édition 2014 », sur http://www.lematin.ma, (consulté le 24 août 2014)
  12. Cheickna D. Salif, « Littérature : Josué Guébo, grand prix national Bernard Dadié », sur https://www.fratmat.info, 26 mai 2017  (consulté le 27 mai 2017)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]